De la Maza

Sur les quelques articles publiés sur ce blog, les deux consacrés à la méthode de de la Maza attirent le plus de monde.

Si sa méthode a sans doute du bon (trois conseils pour les joueurs de niveau faible à moyen : travailler la tactique, puis la tactique et enfin la tactique), il n’en reste pas moins que même à faible niveau, les combinaisons ne se présentent pas à chaque coup. Et je ne sais pas si travailler 80% de son temps sur la tactique dans des situations qui n’arrivent que sur 20 % des coups est réellement utile. A moins de considérer la loi de Pareto qui pourrait dire que ces 20% de situation tactique assurent 80% des victoires. Et à faible niveau, le mien,  la tactique est une simple menace de capture non détectée (éventuellement attaque double sans distraction ou suppression du défenseur). C’est du cash : on laisse carrément une pièce en prise (je sais de quoi je parle : dans un blitz récent, j’ai eu trois coups pour prendre la dame adverse avec la mienne, je ne l’avais pas vu, et je ne l’ai pas fait !!! C’était pendant une partie amicale, mais c’est quand même vexant.)

La déformation intellectuelle dans ce genre d’exercice pousse à rechercher une possibilité de gain à chaque coup. Même si bien sûr elle est systématique, cette recherche en devient, à mon avis, un peu obsédante, au détriment d’une vision plus globale sur la partie.

Et l’absence de considérations positionnelles, on se retrouve un peu désarmé quand il n’y pas les signaux d’alertes d’une combinaison (vous savez, la pièce pas ou mal protégée, ou le roi qui n’est pas en sécurité). Avec deux pièces inactives, un fou bloqué, une menace sur le roque et un pion en moins, ou quand les deux à trois coups candidats ne débouchent pas sur une situation claire, il devient très difficile de trouver le bon (moins mauvais) coup. D’autant plus qu’il semble admis qu’une domination stratégique débouche souvent sur un gain matériel. Reste l’analyse et l’évaluation.

Et là, de la Maza reste muet.

Muet, Jeremy Silman, lui, ne l’est pas resté sur ses commentaires au sujet de cette méthode. Certes, entre professionnels de l’édition échiquéenne, c’est de bonne guerre. Et Silman dénonce l’aspect purement mercantile. Car qui ne résisterait pas à l’achat d’une méthode qui vous promet de progresser  de 400 points Elo en à peine plus d’un an tout en vous faisant miroiter les gains issus de victoires dans des grands tournois ?!

On peut suivre ici une vieille discussion sur ce sujet (2006).

 

 

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