Tout est dans la tête

Dans « Secrets pour gagner aux échecs : la préparation mentale« , Tayeb NAIDJI, ne nous donne pas de secrets qui vous permettront de gagner. Mais ces secrets sont hautement plus efficaces qu’une soi-disant ouverture secrète qui serait interdite en tournoi. Suivez mon regard !

Bref, petit bémol pour le titre du livre probablement choisi par l’éditeur. Mais au moins, Tayeb Naidi (dont l’elo suscite déjà un certain respect pour être pris au sérieux) aborde des notions complémentaires afin d’optimiser vos chance de réussite.  Et cela mérite bien un petit résumé.

Avant sa partie (ou tournoi), il faut se fixer des objectifs (quantifiables et réalisables). Se méfier de son impulsivité, penser à protéger son roi, être vigilant sur la pendule, gagner trois parties, etc. Y penser avant permet d’éviter d’y consacrer trop d’énergie pendant.

Dans les quelques minutes précédant le premier coup, établir un rituel qui servira d’ancrage et montrera à votre adversaire que vous êtes moralement prêt.

Pendant la partie, penser à la respiration. Oublier les coups précédents (surtout s’ils sont mauvais) et se consacrer à la position actuelle. Lors de la phase de réflexion de votre adversaire, reposer  votre cerveau. Se lever, aller boire un verre (d’eau !), regarder l’échiquier mais simplement pour évaluer la position (pas de réflexion tactique complexe). Lors d’une erreur de votre part, on revient à une profonde respiration, afin de se débarrasser de l’émotion qui apparait : colère, tristesse, énervement. Si la position est difficile, se dire que c’est la position, et non pas VOTRE position. Ce qui est compliqué est ce qui se passe sur l’échiquier : ce n’est qu’un jeu.

Après la partie: revivre ce qui s’est déroulé, analyser sans Monsieur Fritz (pourquoi pas avec votre adversaire, devenu votre partenaire qui va se faire un plaisir de vous montrer où vous avez failli).

L’examen des parties dans des bases de données montre que beaucoup d’entre elles ont été perdues avant les 20 premiers coups, suggérant des lacunes dans l’ouverture.  Si cela semble normal contre un adversaire supérieur, c’est surtout à cause d’un manque de concentration quand cela survient contre un adversaire du même niveau.

Le rituel de début de partie (série de respirations, manipuler un porte-bonheur), permet d’améliorer cette concentration. Autre rituel possible : annoter à l’avance la feuille de match : au dixième coup (pour penser à évaluer l’ouverture), au quarantième coup (dans les parties 40 coups en 1h30 par exemple), tous les dix coups pour penser à évaluer la position à intervalles réguliers. Jouer les premiers coups en prenant son temps donne au cerveau le temps de se mettre en marche. Dans une partie longue, profitez de cet instant pendant lequel vous n’êtes pas (encore) en zeitnot !

En cas d’erreur, faire de nouveau appel à la respiration. Mettre en marche un ancrage positif mis en place avant la partie. Avant une partie, se dire qu’on va faire une (ou plusieurs !) erreur permet de mieux l’accepter quand elle arrive. Et elle arrivera de toute façon, donc autant s’y préparer.

Éviter les pensées négatives : « Pourvu qu’il n’y ait pas une nimzo-indienne« , « J’espère qu’on n’ira pas en finale de pions« . Cela aboutirait à une défaite programmée si ces cas de figure se présentent. Travailler sur soi, travailler la technique de jeu… et tout ira bien. Les processus entamés avant la partie (respiration, concentration, rituel) effaceront certaines de ces pensées négatives.

Une partie d’échecs est une succession de décisions. Il faudra, grâce à la préparation technique et mentale, prendre un maximum de bonnes décisions. Pendant la partie, ne pas resté enfermé dans les règles et  les principes. Si votre analyse tactique est bonne, foncez !

Si Kotov préconise d’analyser une variante après l’autre, il semblerait malgré tout qu’il est plus intéressant d’analyser les variantes forcées en premier : mat, échec, capture, menace.

Les ouvertures : attention au par cœur qui déstabilise le joueur lorsqu’il est sorti de sa zone de confort. D’où l’intérêt de jouer lentement les premiers coups afin de ne pas montrer à l’adversaire qu’il y a un soucis dès qu’il se présente (là, c’est moi qui le dit ! ). Et surtout : au niveau amateur de niveau ordinaire, rien ne sert de réfléchir pendant plus de 15-20 minutes. C’est prouvé. Enfin, à choisir, jouez ce qui vous semble être un mauvais coup, plutôt que de perdre votre temps à trouver un bon coup qui vous mettra plus tard en zeitnot. Ne pas oublier que même un grand-maitre ne connait pas la vérité.

La position devant l’échiquier est importante. Pendule et pièces à portée de main, pieds à plat par terre, décontraction pour pouvoir respirer amplement si besoin était. Le cerveau ne peut pas être opérationnel pendant plusieurs heures. Au cours d’une partie, prendre le temps de regarder ailleurs, de s’étirer, se lever. La patience est une vertu. Exploitez-la.

Ne pas juger de la qualité du coup adverse avant de l’avoir analysé, et ne pas se féliciter d’avoir trouvé un bon coup avant d’avoir vu la réponse de l’adversaire !

(à suivre)

 

 

 

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2 Commentaires

  1. A reblogué ceci sur Titre du siteet a ajouté:
    Un excellent résumé de ce qu’il faut retenir de la préparation mentale aux échecs !

    Réponse
  2. Merci François pour votre excellent résumé de mon ouvrage sur la préparation mentale ! Je vous invite à découvrir de nouveaux articles sur mon blog http://www.echecs-et-psychologie.fr ! A bientôt .

    Réponse

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