Améliorez votre puissance de calcul aux échecs

En cherchant sur Google avec « calculation » « chess » « improving », je suis tombé sur un document du GMI Davorin Kuljasevic qui nous donne quelques conseils pour progresser.

PROPHYLAXIE

Le première étape, incontournable, est de deviner les intentions de l’adversaire : « Qu’est-ce que mon adversaire jouerait s’il pouvait rejouer ? » Cela montre parfois des intentions simples, parfois des combinaisons de quelques coups. Ces coups ne sont pas nécessairement dangereux en soi, ou peuvent être contrés facilement. Mais parfois la situation est plus compliquée avec un risque de plusieurs menaces après un seul coup. Parfois les intentions sont plus complexes et nous ne sommes pas en mesure de les anticiper facilement. Malgré tout, prendre conscience des intentions de l’adversaire est réellement la clé. Il est facile de s’y entrainer lors de la résolution de problèmes tactiques.

ECHEC-CAPTURE-MENACE

Ensuite il faut chercher en priorité les coups qui donnent une variante forcée : échec, capture, menace. Beaucoup de parties se décident après ce type de coup.

Pourquoi envisager un échec en premier ? C’est le seul coup qui laisse le moins de choix de réponses à l’adversaire. Il n’y a pas toujours la possibilité de placer un échec, mais il faut en permanence scanner l’échiquier pour cette option. N’oubliez pas que si un échec ne fonctionne pas (= ne sert à rien), il est intéressant de le mettre de coté pour éventuellement s’en resservir quelques coups plus tard.

Attention : envisager la sainte trilogie échec-capture-menace est simplement l’ordre dans lequel il faut aborder les coups dans la réflexion, cela ne juge en rien de leur puissance. Les exercices tactiques sont souvent résolus par la « force brute » : suite de coups successifs ne laissant que peu de chances à l’adversaire.

Bien sûr, il n’y a pas toujours de suite forcée, mais il est nécessaire, à chaque coup de l’adversaire d’évaluer la position pour l’envisager. « A chaque coup » est important : il y a souvent peu d’opportunités dans une  partie d’obtenir un avantage et il serait dommage de le rater pour ne pas avoir analysé une position qui semblait « calme ». Le calcul est délicat lorsqu’il s’agit de faire un sacrifice, mais procéder ainsi impose votre volonté à l’adversaire. Se méfier des coups réflexes (si la dame est menacée, on a rapidement tendance à la soustraire à cette menace, sans envisager d’autres solutions). Le temps est un facteur limitant dans ce processus, mais encore une fois, il serait dommage de ne pas réfléchir ainsi, car parfois le bon coup est un échec, une capture, ou une menace. Ces priorités sont à considérer autant pour vous que pour votre adversaire : cela permet au  moins de voir un coup intermédiaire dévastateur.

COUPS CANDIDATS

Il est possible de tomber sur le bon coup avec ce protocole, mais pas toujours. Soit il n’existe pas de tels coups, soit ils ne sont pas aussi efficaces que ce à quoi on pourrait s’attendre. Il faut alors trouver un coup « non-forçant » qui améliore notre position ou qui s’oppose globalement aux projets de l’adversaire.

Quatre procédés :

  • Logique : une simple réflexion permet de résoudre le problème.
  • Amélioration d’une variante : coup qui n’est pas apparu immédiatement lors de la réflexion mais qui s’impose pendant celle-ci.
  • Comparaison de coups candidats : comme son nom l’indique ! Évaluation des avantages et des inconvénient de chaque coup candidat.
  • Élimination de coups candidats : certains coups semblent bons, mais nettement inférieurs à d’autres.

Il y a aussi les positions critiques dans lesquelles un seul coup est jouable (en général pour ne pas dégrader une position à mon avis !)

Reste à choisir le bon coup candidat : ce ne sera pas le meilleur coup, certes, mais il ne faut pas perdre de temps à trouver le meilleur.

Il est aussi nécessaire d’envisager des coups contre-intuitifs : coups inattendus, ressource cachée, coup tranquille, retrait.

Ces coups n’apparaissent pas spontanément, d’autant plus qu’ils sont souvent à la base de coups tactiques (dans lesquels on commence par chercher avec échec-capture-menace !)

Mais ils ne sont pas à négliger, car même un bon joueur en face de vous n’y pensent pas et se trouve ainsi pris au dépourvu.

LES RÉPONSES DE L’ADVERSAIRE

On résume : évaluation des intentions de l’adversaire, puis choix du coup candidat. Il n’y a plus qu’à envisager les réponses de l’adversaire. Il faut se méfier de plusieurs biais/imprécisions dans cette étape.

  • Le coup réflexe : celui qui marche en général, mais qui est effectué sans s’assurer de la réponse adverse.
  • La fainéantise /étourderie : souvent quand on a un avantage et qu’on s’imagine que, quoi qu’on fasse, la partie est gagnée.
  • Enfin se méfier des pions empoisonnés qu’on vous offre sur un plateau

Dans la recherche de la réponse de l’adversaire, il ne faudra pas passer à coté des coups inattendus, des échecs intermédiaires, des retraits/reculs. En tout cas ne surtout pas se dire : « il va donc obligatoirement jouer ainsi« . Le moindre relâchement, après avoir réussi à gagner un avantage substantiel, peut amener à la perte d’une partie sur un seul coup non calculé. Des erreurs de visualisation ne sont pas rares non plus. Il faudra porter une grande attention aux contre-attaques et aux coups intermédiaires (dont  les échecss intermédiaires) facilement négligés dans l’excitation du combat.

VISUALISATION

Donc :

  1. prophylaxie
  2. coup candidat
  3. réponse de l’adversaire

Mais un défaut de visualisation peut entrainer de gros dommages. La bonne nouvelle est que cette aptitude est perfectible.

Déplacement des pièces : on oublie pendant la réflexion qu’une pièce a été déplacée, ou capturée. On ne visualise pas qu’une colonne a été ouverte ou fermée, etc. Quand on a ce soucis, il est utile de reprendre la réflexion depuis la position de départ. Mieux vaut réfléchir 5 fois 1 minute sur une bonne position dans sa tête que 5 minutes sur une mauvaise !

Concentration de pièces : quand il y a une accumulation de pièces dans un secteur de l’échiquier. C’est probablement la situation la plus difficile à gérer, notamment quand des cavaliers sont impliqués. Il n’existe pas vraiment de moyen d’améliorer la visualisation dans ces conditions.

Longues variantes : longues (plus de 5 coups) et forcées. On les rencontre surtout en fin de parties (finales de pions) ou quand de nombreux échecs interviennent. L’amélioration de cette aptitude réside simplement dans la résolution d’exercices, sans déplacer les pièces.

Enfin, Davorin préconise la résolution de problème simples avec peu de pièces : on peut se concentrer sur l’élément tactique, et l’absence de pièces parasites permet de mieux visualiser la position.

Il faut également s’habituer à calculer, car cette tache est parfois difficile et nous amène éventuellement à l’arrêter avant son terme en raison de la complexité.

 

 

 

 

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