Choisir un bon coup

Un débutant commencera par choisir ses coups en fonction de critères un peu « loufoques », mais avec le mérite d’avoir malgré tout des critères de décision : long déplacement du fou (parce que cela fait joli !), horde de pions suicidaires, attaques par des cavaliers que le joueur estimera être ennuyeux pour son adversaire (ils le sont bien pour lui). Souvent, la réponse au coup de l’adversaire est rapide, même dans un tournoi à cadence lente. Des concepts imaginaires influencent ses décisions : l’échange des dames est l’un d’entre eux (C’est ma précieuse dame !)

En progressant, le débutant va se rendre compte qu’il ne pourra pas toujours gagner une partie sur les erreurs de son adversaire. Le coup à choisir n’est plus si évident et il découvre la notion de coup candidat (on voit parfois de jeunes joueurs réfléchir 3 secondes, lancer leur main vers un fou, avant de la dévier vers un cavalier, la laisser en suspend, puis revenir enfin vers le fou). Le choix de la pièce à déplacer et de la case à occuper s’effectue sur des critères un peu plus rationnels. Fini le temps où le joueur effectuait des chevauchées suicidaires ou sacrifiait une dame en f7 ou f2 ! Toutefois les menaces ne sont pas toujours estimées à leur juste valeur. Et quand elles le sont, les réponse à ces menaces ne sont hélas pas les meilleures.

Puis arrive le temps de l’amateur éclairé qui évite de laisser ses pièces en prise, qui détecte les fourchettes et les échecs intermédiaires. Un coup est souvent privilégié lors de la réflexion et un second coup candidat est examiné si la première solution n’est pas satisfaisante. Mieux : ce joueur évaluera les conséquences de ses choix. Malheureusement ses calculs ne l’orientent pas toujours vers les réponses adverses les plus dangereuses. Ou il n’y aura un calcul que pour une seule variante.

Enfin, notre joueur confirmé devient un joueur de tournoi. Il apprend à ne pas respecter les grands principes à la lettre, il se fie parfois à son intuition, et les grandes théories stratégiques ne lui sont pas inconnues. La profondeur de ses calculs varie selon les positions : parfois 1 à 2 coups suffisent, alors que parfois il va jusqu’au bout d’une suite forcée.

Avec un peu de chance, le joueur de tournoi commence à atteindre des sommets. L’intuition alliée à l’expérience lui permet de trouver quasi instantanément un bon coup. Les avantages et les inconvénients d’une position sont immédiatement pris en compte. Le calcul est utilisé à bon escient. Un second coup candidat, voire un troisième, est abordé.

d’après « How to choose a good move » de A. Soltis

Bon, faudra m’expliquer comment il peut y avoir un pion noir en d8 !!!

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