C’est comment qu’on fait quoi ?

« J’ai le marteau, mais je n’ai pas un putain de clou ! »

Pour mieux jouer, l’acquisition de connaissances est utile. Les règles, les principes, la stratégie, les schémas tactiques… comment rester zen, bien dormir avant un tournoi, gérer la pendule. A la limite, c’est facile. Le problème est que devant l’échiquier, l’application devient compliquée. Bref, comment on fait ?

Un bon instructeur est un élément indispensable. Mais souvent, il s’agit de cours plus ou moins magistraux, au sein d’un club, avec plusieurs élèves. On y acquiert, à mon avis, plus de connaissances que de compétences. Il y a aussi les cours particuliers quand on peut s’offrir un coach. Mais en cette période de distanciation sociale, les coaches sont rares (oui, oui, le distanciel existe, mais pas aussi convivial que votre prof’ qui est assis en face de vous !) Reste alors la solution du livre qui apporte les bons conseils. Et là… franchement… il n’y en a pas des masses. Mis à part les ouvrages purement techniques : les ouvertures, les finales, les recueils de tactique. Mais qui ne servent qu’à acquérir des connaissances. Mais sinon…

Choisissez sur Variante ou Amazon : comment choisir son coup, calculez comme un grand maitre, progresser avec […] (mettez ici le nom de votre joueur préféré). Il s’avère qu’après en avoir parcouru quelques uns en diagonale, j’ai constaté que la plupart de ces livres vous disent : «  Il faut faire ceci, et attention à cela, et réfléchir ainsi. Regardez comment Machin – elo 2675 – exploite tout ça » L’auteur nous décortique alors une partie, souvent une des siennes, pour montrer l’importance de ses recommandations (Ah oui, contrôler une colonne avec ses tours !!!). Et le livre continue ainsi : quelques conseils généraux, quelques parties pour illustrer les conseils. Dans le meilleur des cas, l’auteur nous gratifie de quelques exercices. On referme le livre et on passe au suivant.

Les plus grands auteurs/joueurs font pareil : Dorfman, Yusupov, Dvorestky, Soltis, Aagaard, Nunn et les autres. Le soucis, à mes yeux, est que lorsque le livre est refermé, on en est au même point. Oui, bon… Silman, évidemment, la bible à en croire certains joueurs serait un must. Les déséquilibres, tout ça quoi ! Certes, leurs bons conseils se sont infiltrés dans une partie de notre cerveau. Certes, on utilise les outils tactiques de Lichess, certes on repère les faiblesses de l’adversaire avec pourquoi pas un beau pion arriéré. Mais au bout du compte… les résultats sont mitigés. Un fou se retrouve toujours enfermé (oui, je sais… le bon et le mauvais fou…), on a aucune case forte pour installer un cavalier sur la sixième rangée, le roque adverse n’a aucune faiblesse. Pire : même en ayant mis un post-it Echec-Capture-Menace à coté de l’échiquier, l’adversaire étouffe notre position au bout du 9ème coup alors que depuis 8 coups on tente désespérément d’appliquer les grands principes des ouvertures en réfléchissant sur au moins 1.5 coups.

On repère alors « Chess for Zebras« , « Move first, think later« , « Pump up your rating » ou « Improve your chess now » pour ne citer qu’eux. Faut déjà être à l’aise avec l’anglais. Mais on y trouve pas mal de conseils utiles et probablement déclencheurs d’une progression chez certains. Bien sûr, notre ami Dan Heisman nous éclaire toujours de ses lumières dans son Guide du joueur qui progresse « A Guide for chess Improvement » évoqué de multiples fois sur ce blog. Mais même l’identification des 10 blocages qui nous empêchent d’évoluer semble ne rien débloquer du tout. Et pour reprendre/paraphraser Jonathan Rawson : la plupart de tous ces livres nous disent que ça y est, avec celui-ci vous allez découvrir le nirvana grâce aux conseils que personne n’a encore eut l’idée de vous donner jusqu’à présent. Et comme votre adversaire ne les connait pas, vous allez donc gagner. Hélas votre adversaire a probablement lu aussi le même livre, vous partez à la recherche d’un autre bouquin.

Ne me dites pas que cela ne vous est jamais arrivé en lisant des avis ou la quatrième de couverture : « Wouah, si avec celui-là, je prends pas 100 elo dans les 6 mois, je me mets aux dominos ! » Bon, vous ne vous mettez pas aux dominos, mais 6 mois plus tard, vous stagnez toujours.

Alors, on répète les exercices tactiques, on analyse ses parties, on établit des programmes d’entrainement. On tient à jour le recueil de nos erreurs au cours des parties. Et on cherche d’autres bouquins. On traine sur des chaines YouTube qui montrent beaucoup de choses intéressantes. On tente Chessable. Mais au bout de trois mois avec la tête dans le guidon, le premier adversaire (non tricheur !) sur Internet avec une cote inférieure de 100 points à la votre vous explose au bout de 20 coups. Ou le jeune ado classé 1210 elo semble être d’une rare précision dans un open, vous achevant dans une finale épuisante.

Reste donc à trouver le bouquin qui nous emmène vers le bon mode de réflexion afin de pouvoir décider du coup à jouer grâce à un calcul efficace. Le bouquin qui nous prépare à mieux penser, qui nous accompagne jour après jour afin de repérer la bonne pièce à déplacer sur la bonne case. Et là… j’avoue que c’est un peu le désert.

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