Le gambit Stafford

Développé je crois par Eric Rosen sur une défense russe (Petroff c’est pareil), et qui intervient après les coups suivants :

  1. e4 e5
  2. Cf3 Cf6
  3. Cxe5 Cc6

Cette petite découverte rend le travail des Blancs délicat vu les nombreuses options agressives que possèdent les Noirs si Cxc6 est joué. Les choix des blancs en réponse à ce Cc6 leur laissent que peu de réponses valides et ils risquent à tout moment, et sous la pression, de choisir un coup permettant à leur adversaire de prendre un avantage non négligeable. Il est amusant de constater que ce gambit est rarement joué par les Noirs à haut niveau (car les connaissances tactiques des Blancs leur permettent de déjouer les pièges), mais l’appât du gain le rend omniprésent sur les parties en ligne. Il est également curieux de constater que 3. … Cc6 est loin d’être le coup préconisé par Stockfish. Mais faut-il le rappeler, les moteurs d’analyse sont loin d’être les plus performants sur l’évaluation de la pertinence d’une ouverture. Toujours est-il que du haut de sa 7-8eme position dans le choix de SF14, ce coup est bien piégeux ! Là où SF14 est d’un mauvais conseil, c’est quand il donne un sérieux avantage aux Blancs si le gambit est accepté. Car n’oublions pas que le calcul de SF14 s’effectue avec l’hypothèse que nous allons réfléchir comme lui et garder les quelques 2 à 3 poins d’avance que son analyse procure aux blancs.

Sur 4. Cxc6, on peut se demander pourquoi ce coup serait joué en complète opposition avec les principes généraux des ouvertures : le cavalier blanc est joué deux fois (alors que les Blancs ont l’avantage d’un pion) et donnent ainsi aux Noirs la possibilité d’avoir deux fous et une dame prêts à dégainer alors que l’activité des blancs est réduite au minimum syndical sans avoir une seule pièce développée ! Ne pas oublier cet autre principe des ouvertures (souvent écrit en tout petit…) : « Appliquer les principes des ouvertures en empêchant son adversaire d’en faire autant« . Et là, autant dire, qu’en acceptant ce gambit, on aide les Noirs à se développer en toute impunité !!!

Après 4. … dxc6, les Blancs ont probablement la réponse 5. e5 qui limite la casse, mais qui nécessite quand même de connaitre quelques variantes par cœur et qui emmène malgré tout les blancs sur un terrain glissant.

Sylvain Ravot nous rappelle qu’on peut refuser un gambit. Et sur 3. … Cc6, les Blancs jouent tranquillement 4. Cf3, privant ainsi les Noirs d’un gain facile et quelque peu fourbe. Mais le cavalier, même s’il retourne sur une bonne case et donne aux blancs une bonne position, joue une troisième fois ! Et du coup : retard de développement ! On peut donc tenter 4. d4 qui ne présente que des avantages, dont celui de simplifier les différents complications et donc de limiter la théorie. Ces deux propositions efficaces, si elles ne nous donnent pas le gros avantage théorique procuré par 4. Cxc3 (selon SF14), sont donc à mettre dans notre arsenal anti-Stafford.

Et puis rien ne nous empêche non plus de jouer 3. d4.

Good bye, Stafford !

Sacré Stafford, toujours aussi farceur !

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