400 points en 400 jours (partie 2) : méthode de la Maza


(partie 1)

2) Améliorer vos capacités de calcul : les sept cercles.

Dans un premier temps, il faut avoir sous la main 1000 problèmes tactiques de difficulté croissante.

Vous avez 64 jours pour tous les faire (15 par jour environ). Puis vous recommencez avec 32 jours, puis 16, puis 8 puis 4, 2 et enfin 1 jour (oui, les 1000 problèmes en 1 jour). De 64 à 8 jours vous travaillez votre capacité de calcul, après la reconnaissance du motif tactique.

Les problèmes devront avoir les caractéristiques suivantes :

  1. Complexité croissante (mats/combinaisons en 1-2 coups, jusqu’à des mats/combinaisons en 7-8 coups)
  2. Issus de parties existantes.
  3. Solutions fiables

Un peu de pub : utiliser CT-Art (de la Maza évoque la version 3.0, mais le programme est passé par 4.0 pour arriver par 5.0 qui est en fait un package avec Ct-Art 4.0, Ct-Art for Beginners et Ct-Art mating combination) qui présente l’avantage d’avoir justement suffisamment de problèmes classés en ordre croissant !

Les problèmes étant de difficulté croissante, il faudra en travailler de moins en moins par jour (sur le premier cercle : prévoir environ 233 problèmes par semaine, pour finir par 9 problèmes au cours de la neuvième et dernière semaine). Pour chaque cercle, établir un planning et s’y tenir coûte que coûte ! (même pendant les vacances).

Pendant le premier cercle : consacrer 5 minutes pour trouver le premier coup, et 5 minutes pour explorer les variations (soit 10 minutes au total). En cas d’échec au bout de 5 mn, lire la solution. Si les problèmes de la première semaine ne sont pas résolus en moins de 5 mn, c’est que leur niveau est trop élevé.

Pendant le deuxième cercle consacrer 5 minutes par problème.

Cinquième cercle : 37.5 secondes tout compris par problème.

Sixième cercle : 30 secondes.

Septième cercle : vous avez 8h20mn pour tout faire.

A la fin de ces sept cercles, vous aurez passé 23 jours de micro-exercices plus 127 jours sur les sept cercles, soit 155 jours à améliorer votre vision  tactique.

3) Apprendre à penser

Au cours d’une partie, et après le coup de votre adversaire

  1. Bouger (ses jambes, ses doigts de pied, ses épaules) : 5 s.
  2. Utiliser les techniques de visualisation (cf les micro-exercices) : 10 s (15 s).
  3. Comprendre le coup adverse : 20 s (35 s).
  4. Écrire le coup joué : 5 s (40 s).
  5. Répondre à la menace, sinon calculer un coup tactique, sinon établir un plan : 70 s (110 s)
  6. Écrire le coup 5 s : ( 115 s).
  7. Avec les techniques de visualisation, vérifier la sécurité du coup. En cas de soucis repartir à l’étape 1 : 10 s (125 s).
  8. Appuyer sur la pendule.

L’étape cinq consiste à :

  1. Améliorer la mobilité des pièces.
  2. Empêcher l’adversaire de roquer.
  3. Échanger des pions.
  4. Garder  la dame sur l’échiquier

Le plan est très simple et permet d’économiser du temps.

Ces 8 étapes sont indispensables dans toutes les phases de jeu, de l’ouverture au mat en 1 coup. Elles ne sont pas facilement applicables au blitz qu’il faudra aborder plus tard, lorsque votre niveau aura augmenté de plusieurs centaines de points.

De la Maza n’a pas de réflexion particulière après avoir joué son coup et que son adversaire réfléchit.

Retour sur expérience

Dès les premiers cercles, de la Maza commença à rêver en plein jour de situations tactiques, à avoir des flashs. Il commença à pouvoir lire des parties d’échecs sans diagramme (jusqu’à 10 coup après une ouverture).

Pour aller plus vite.

Les sept cercles peuvent être raccourcis.

Choisir 200 problèmes et passer en 8-4-2-1. 25 problèmes par jour sur 8 jours, 50 par jour sur 4 jours, 100 sur 2 jours, et 200 le dernier jour. Compter 5 mn de réflexion et 5 mn de variation sur l’étape de 8 jours, puis diviser par 4 pour l’étape 4 jours, et 30 secondes pour les deux dernières étapes.

(à lire en complément)

400 points en 400 jours (partie 1) : méthode de la Maza.


Michael de la Maza aurait pu choisir 365 points en un an, ou pourquoi pas 1000 points en  1000 jours (on peut toujours rêver !).

De la Maza est un joueur américain qui en a eu assez de stagner, et qui, partant du principe que la tactique est à la base de tout, s’est défini un plan de travail dans ce domaine pour améliorer son niveau. Il en a fait un livre, et malgré tout l’essentiel est résumé dans les colonnes de Chess Café (part I et part II)

Regardons un peu tout ça.

La connaissance du jeu n’a rien à voir avec l’aptitude à (bien) jouer. L’ouverture, les cases fortes… très bien. Mais la plupart des joueurs qui travaillent ces aspects ne progressent pas beaucoup. Les mêmes avec la possibilité de travailler 4 coups à l’avance auront de moins bons résultats que des joueurs avec une vision à 5 coups d’avance.

Les conseils des GM (qui ne sont pas devenus GM du jour au lendemain) sont intéressants pour les joueurs de bon niveau et leurs conseils ne sont pas adaptés pour des joueurs adultes de faible niveau. On ne sait pas de combien de points un joueur classé 1300 peut progresser en un an avec un plan de travail adapté. En fait, on connaît des coachs capables de faire évoluer de jeunes joueurs, et des coachs capables d’amener des très bons joueurs vers l’excellence, mais finalement aucun pour faire progresser des joueurs adultes rapidement.

Beaucoup de très bons joueurs mettent en avant le dur labeur qu’ils ont effectué durant leur jeunesse. Certains coachs réputés dénigrent l’apprentissage d’ouvertures  telle que l’Attaque Grand Prix alors que l’Espagnole ou l’Italienne n’est pas maîtrisée. Heureusement, d’autres entraîneurs attirent l’attention des joueurs de niveau moyen sur le fait qu’il n’atteindront jamais le haut niveau en passant leur temps dans des livres de théorie.

Lorsqu’on compare l’évaluation de parties jouées entre débutants et des parties entre GM (analyses via Fritz par exemple), on s’aperçoit que l’avantage bascule parfois d’un camp à l’autre très rapidement pour les premiers, alors que l »équilibre est maintenus loin dans la partie pour les seconds. Pour être un bon joueur il faut limiter les pertes de matériel qui aboutissent à un désavantage !

Plusieurs avantages à progresser en tactique.

1) Un coup tactique est facile à analyser (et à faire analyser)

2) étudier (au niveau « débutant ») les notions de case forte, de tour sur la 7ème rangée, ou d’avant poste, ne sert à rien si on est incapable de bouger les pièces de façon efficace.

3) A quoi cela sert-il de vouloir mettre en place un plan, alors qu’il est peut-être possible d’obtenir rapidement un avantage grâce à un coup tactique ? (ou inversement d’être incapable de le mener au bout à cause d’une erreur tactique ?)

Plan d’étude en trois étapes

  1. Améliorer la vision du jeu avec de mini exercices.
  2. Les sept cercles : travailler 1000 exercices tactiques sur 127 jours pour les résoudre de plus en plus vite.
  3. Intégrer ce travail au jeu sur l’échiquier.

1) Améliorer la vision du jeu avec de mini-exercices.

Permet d’appréhender ce qui se passe sur l’échiquier en  10 secondes.

Travail pendant 14 jours sur les clouages et les attaques X-ray avec la technique des carrés concentriques.

 

Il s’agit de déplacer la tour de case en case suivant le schéma ci-dessus et de trouver à chacune de ses positions, celle d’une dame blanche qui permettrait d’obtenir une fourchette ou une attaque X-ray.

(Pas de possibilité sur la position de départ. On déplace la tour en e4, on cherche une case pour la dame. Possible ? Oui, non ? Puis nouvelle case pour la tour : e5. Etc. quand l’opportunité tactique existe, poser la dame sur la case afin d’ancrer visuellement la position respective de chaque pièce. Par exemple, avec la tour posée en d2, fourchette avec la dame en g5 et a5 et attaque « rayon X » avec la dame en d8 et d7 : y poser la dame)
Lorsque le parcours de la tour est fini, recommencer avec un cavalier noir (en d4, puis e4, etc.), un fou noir  puis enfin avec une dame noire. En gros, pendant 14 jours, une série à chaque fois.

Déplacement du cavalier : poser la pièce sur a1, et désigner du doigt ses possibles déplacements. Recommencer avec le cavalier en a2, …, a8, b1, etc. Une fois par jour pendant 1 semaine.

Puis, pendant 1 semaine, placer le cavalier en d5 et calculer le nombre de coups nécessaires pour l’amener en d4. Puis recommencer pour l’amener de d5 en e5, puis de d5 en e6, etc. Une fois par jour pendant une semaine.

Il est temps d’aborder la deuxième étape.

 

PS : depuis cet article, Chess Café n’est accessible que sur abonnement. Une recherche sur Google permet probablement de retrouver l’original en anglais… A moins que vous investissiez dans son livre. (26/01/19)