Ami(e) lecteur(trice), et accessoirement joueur(se) d’échecs.


Un peu comme les vidéos qui vous demandent de l’ail-qué (arf), ou de cliquer sur des pouces, n’hésitez pas à donner votre avis et à mettre des étoiles sur les articles que vous avez lus.

Mais surtout, si vous mettez 1 seule, ou 2, étoile, dites-moi ce que vous n’avez pas apprécié :

  • Trop compliqué ou trop simple.
  • Pas assez de diagrammes (sorry mais le format de ce blog bloque certaine choses sympa telle que l’intégration de parties).
  • Vous ne retrouvez pas de recettes de cuisine.
  • Il y a trop de fautes d’orthographe.
  • Le mot wesh est absent.
  • Après avoir lu au moins 3 articles nous n’avez toujours pas trouvé l’explication de la prise en passant
  • Votre petit frère de huit ans vous plante régulièrement des mats en trois coups que vous ne voyez toujours pas venir malgré une lecture attentive du processus de réflexion.

Enfin, bref, 1 étoile, oui, mais dites pourquoi !

Steve, il faut être ré-a-lis-te sur tous les coups, combien de fois faudra-t-il que je te le répète ?

L’échange.


Oui, oui, je sais… des esprits chagrins me diront que c’est évident, yaka konté ! Mais, souvenez-vous de la dernière fois où vous vous êtes dit  :  » Oups… comment j’ai fait pour me retrouver avec un fou en moins sur cet échange ? » Si, si, souvenez-vous… C’était quand ?

Si vous voulez gagner une pièce lors d’un échange, il suffit que vous ayez une pièce (attaquante) de plus que le défenseur n’a de pièces en défense.

  • Trois contre un : ça gagne.
  • Deux contre un : ça gagne.
  • Un contre un : ça perd.

L’exception : à condition que vous n’ayez pas à entamer l’échange avec votre pièce la plus puissante (en d’autres termes : que vous puissiez finir l’échange avec la pièce la plus puissante).

Et inversement pour la protection d’une pièce : tant que votre adversaire n’a pas plus d’attaquants sur cette pièce que vous n’avez de défenseurs, tout va bien d’un point de vue comptable. Et à condition que la première pièce à se sacrifier dans l’échange ne soit pas votre pièce la plus puissante.

 

Relation client.


Le règlement des tournois impose de noter ses parties. Obligatoire ou pas, c’est de toute façon une bonne idée de pouvoir se pencher après coup sur ses parties. On ne reviendra pas sur les vertus de l’analyse.

En condition de tournoi, le délai entre deux rondes est parfois un peu serré, et le soir, chacun a peut-être plus envie de décompresser que de passer une heure à refaire le monde avec son adversaire.

Bref, quand on rentre chez soi et qu’on tente, comme moi, de tout remettre en ordre, eh bien… y’a comme un souci, enfin en ce qui me concerne. Absorbé par la partie, concentré sur les bonnes réponses de mon adversaire, j’en oublie parfois de noter au bon moment, et les coups sont parfois écrits avec un temps de décalage (le coup des blancs dans la colonne des noirs), parfois certains sont oubliés, j’écris Rc4, alors que c’est ma tour qui vient de bouger (Rook… Tour), si j’ai les noirs j’écris sans hésiter h8 au lieu de h1, enfin bref, c’est la cata !

Dernier tournoi : 5 finales sur 6 parties ! Très intéressé par ces fins de partie, je me plonge dans les formulaires. Big problème. Inexploitables, oserais-je dire : bien sûr ?

Que faire ?

En toute logique, j’envoie un mail au président du club auquel mon ex adversaire est affilié (tout du moins j’envoie un mail à l’adresse indiquée dans la rubrique contact du club). Je lui explique la situation et lui demande poliment (j’ai de l’éducation, malgré les apparences) s’il peut transmettre mon PGN à Jean-Michel X.  ou a Bertrand Y. Et que, voilà, si on arrivait à reconstruire la partie ce serait sympa.

Je l’avais fait une fois l’année dernière avec une partie contre Lucien Z., un ado qui m’avait battu. Je n’ai jamais eu de réponse. Et puis après vérification, je n’ai pas retrouvé Lucien sur les listes de la FFE. Bon, il n’a pas repris de licence et a probablement arrêté les échecs pour s’intéresser aux filles et aux scoots. Et le responsable du club n’a pas jugé utile de me répondre. Why not.

Mais là, pour Noé, Jean-Michel, Bertrand, rien. Zéro réponse, silence radio total sur trois mails. Même pas un truc genre : « Bien reçu, je transmets à l’intéressé, cordialement ». Non, rien depuis 15 jours. Et je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression que j’en aurais pas plus dans deux semaines.

C’est peut être ma conception bisounours des relations humaines qui me fait espérer que ce type de demande devrait aboutir.

Le conseil du jour : demandez toujours l’adresse mail de votre adversaire !!! Accessoirement : soyez attentifs lors de la notation.

Les cinq grands (the Big Five)


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Parmi les Novices Nook de Dan Heisman (mais repris aussi dans son livre « A guide for Chess improvement), il y a The Big Five. Dan (oui, je l’appelle Dan) pense que si après avoir lu 200 livres votre niveau ne progresse pas, ce n’est pas en lisant un 201ème que cela va beaucoup changer.

Selon lui, il est fondamental de se concentrer sur 5 points importants. Les 5 Grands. Ze bigue fayve.

1. SÉCURITÉ

La tactique est la science de la sécurité des pièces. Cela permet de gagner des pièces ou un mat, mais cela peut aussi éviter d’en perdre. Pour y arriver, il faut aborder les décomptes lors des échanges (je prends, il me reprends, je lui reprends… oups, là, j’ai un fou en moins) et avoir les idées claires sur les techniques de base (les essentiels : clouage, attaque double et élimination de la défense). Il n’y a  pas 50 solutions : faire et refaire des exercices simples sur ces thèmes afin d’acquérir des automatismes. Il faut plus de 85% de réussite sur des exercices de base avec 10-15 secondes de réflexions. La visualisation des motifs simples et la répétition des tactiques de base est nécessaire à toute progression (on peut faire un parallèle avec l’apprentissage des tables de multiplication)

2. ACTIVITÉ DES PIÈCES.

Cela comprend bien évidemment toutes les cases sur lesquelles les pièces peuvent se poser, mais aussi celles sur lesquelles elles peuvent se poser de façon sûre. Kasparov dit que les échecs se résument à l’activité des pièces. Alors, si Kasparov le dit…

Le problème avec des joueurs débutants est qu’ils lancent les tours rapidement dans la bataille (par exemple), ou qu’ils gagnent facilement contre des joueurs encore moins expérimentés, ce qui renforce leurs mauvaises habitudes. Suivre des lignes directrices s’avère utile :

  • Dans les ouvertures, ne pas jouer une pièce une deuxième fois avant d’en déplacer une autre, sauf en cas de motif tactique.

  • En finale, il est utile d’activer le roi.

  • Ne pas lancer d’attaque prématurée.

  • Si vous ne savez pas quoi faire, identifiez votre plus mauvaise pièce et rendez la meilleure.

Y penser à chaque partie, dans chaque ouverture. Si dans vos parties,  vos yeux se dirigent automatiquement vers vos pièces inactives, vous aurez franchi un palier.

3. PROCESSUS DE RÉFLEXION.

C’est la méthode qui permet dans une position donnée de générer le meilleur coup possible. L’analyse et l’évaluation sont indissociables dans cette démarche. Un joueur sachant réfléchir sera probablement supérieur à celui qui aura de plus grandes connaissances et une plus grande expérience.

Pour y arriver :

  • Regarder des bon joueurs analyser des positions.

  • Lire livres et articles sur les processus de réflexion.

  • Lire des parties commentées avec des remarques sur ce thème.

  • Avoir un coach sensible à cette démarche.

Pour un joueur qui a pris de mauvaises habitudes, les connections risquent d’être longues à changer.

Comment savoir si on progresse ? En n’étant pas surpris ou mis en danger par le coup d’un adversaire lors d’une partie lente.

4. GESTION DU TEMPS.

il s’agit d’exploiter au maximum le temps imparti, de jouer à la bonne vitesse, et de savoir s’arrêter sur les positions critiques (ouhlà, vaste débat que la position critique…).

Améliorer le point précédent, améliore obligatoirement la gestion du temps. Il faut s’y consacrer à chaque partie lente.

Le but est atteint lorsque la partie se conclue par un gain au temps sur l’adversaire ou par une victoire tout court ! Vous serez aussi sur la bonne piste lorsque vous serez plus souvent en train de chercher un bon coup d’attaque qu’un bon coup de défense.

5. COMPRENDRE ET HIÉRARCHISER RÈGLES ET PRINCIPES.

Une règle diffère d’un principe dans le caractère stricte de son application. La règle du carré et le principe des ouvertures. L’intérêt des principes est que cela peut dispenser parfois de calculs fastidieux, comme lorsqu’on sort d’une ouverture connue.

On peut recommander le livre de Lev Alburt : Chess Rules of Thumb.

Les apprendre nécessite un minimum de temps, mais les mettre en application encore un peu plus. Difficile de dire quand on a assimilé toutes ces idées. Mais si les ouvertures hors répertoire ne posent plus de problème c’est que les principes qui s’y réfèrent sont maitrisés.

(Petite remarque perso ; ces principes ne doivent pas être un carcan. On peut gagner une partie sans en appliquer un seul, le tout est d’en comprendre le sens et de savoir à quel moment on peut s’en affranchir. Enfin, la tactique prime devant un principe.)


		

Chernev


« Logical chess, move by move« , déjà évoqué il y a un certain temps, n’est pas traduit en français et c’est bien dommage. En 33 parties (pas récentes, mais ce livre ne s’adresse pas à des joueurs de pointe), Chernev décortique les bases. Et si au bout de la dixième partie, on n’a pas compris qu’il fallait développer ses pièces, ou ne pas déstabiliser son propre roque, c’est qu’on a de réels soucis dans la langue de Shakespeare !

Je ne résiste pas au plaisir de traduire quelques lignes en commentaire de la partie Znosko-Borovsky vs Mackenzie (1924).

Son plan [Znosko-Borovsky], destiné à augmenter sa supériorité positionnelle, ne se projette pas au delà de quelques coups. Ne croyez pas toutes ces histoires sur ces grand maitres d’échecs analysant des combinaisons tortueuses comprenant des douzaines de variations avec une trentaine de coups chacune. Ils ne le font pas, car ils n’en n’ont pas besoin ! Il est plus facile de regarder au delà de quelques coups, et d’essayer de maintenir une position égale à chaque étape. Gagner par l’accumulation de petits avantages est plus cohérent avec une approche fondée sur le bon sens que de submerger l’adversaire par une avalanche de combinaisons époustouflantes et de sacrifices héroïques. Renforcer progressivement sa propre position tout en sapant celle de l’adversaire est plus important que se livrer à des spéculations fantaisistes.

Qui est-ce qui a dit que les échecs étaient compliqués ?!

 

Chesstrainer2000


C’est un site pédagogique mais qui a le mérite d’éditer des vidéos. Merci à Vincent Denis pour cette initiative. D’autant plus méritante que la plupart des sites pédagogique sont souvent limités gratuitement, offrant l’essentiel de leurs connaissances contre une rémunération, certes justifiée, mais frustrant quand on constate que ces sites ne sont que des façades publicitaires.

Testez le répertoire noir pour les  1500, ou la première leçon de stratégie.

Je cite son check-list (visible sur les vidéos de blitz commentés) :

  1. Menace
  2. Pièces en prise
  3. Echecs
  4. Centre
  5. Espace
  6. Développement
  7. Plan
  8. Utilité de mon coup
  9. Check avant de jouer

 

Finales


Un peu perdu(e) sur les finales ? Pas le courage de vous taper toute la littérature ? Tentez la page « Finales« , avec le résumé de l’essentiel du principal.

Jouer, oui, mais pas n’importe comment.


Selon Dan Heisman, les parties rapides ne permettent pas de prendre le temps de réfléchir. Il faut donc privilégier les parties longues : 60 minutes semble être un minimum (30 minutes reste dans le domaine des parties rapides, sauf sur internet !). Les parties rapides sont intéressantes pour tester des ouvertures. Les bons joueurs de blitz sont avant tout de bons joueurs en parties longues !

Il faudrait environ 2/3 des parties contre des joueurs avec un niveau Elo de +100 et 1/3 contre des joueurs de niveau identique ou juste inférieur.

Une centaine de parties par an est un minimum pour atteindre une courbe de progression satisfaisante.

Ne jamais renoncer, même dans une partie qui s’engage mal.