Coronavirus : match retour


Espérons que nous vivons le dernier confinement pour ce virus. Certain(e)s d’entre vous ont probablement décidé de se lancer dans l’aventure du jeu d’échecs afin d’occuper leurs journées et leurs soirées. Et probablement aussi pour se vider l’esprit de toutes ces informations négatives qui nous submergent. Bref, vous avez ressorti le truc qui trainait au fond du placard, ou après avoir vu Fahim, l’idée vous est venue d’aborder ce loisir.

Apprendre à jouer aux échecs c’est un peu comme apprendre à conduire. S’installer au volant, régler la hauteur du siège, adapter les rétroviseurs, saisir l’utilité de pédales et du levier de vitesse, puis appréhender la vitesse, la distance de freinage, apprendre à respecter le code de la route, et vous avez le permis de conduire. Reste ensuite à être un bon conducteur, ce qui prend tout le restant de la vie ! Apprendre la manipulation des pièces serait l’équivalent du permis de conduire.

Le jeu d’échecs fait partie de la grande catégorie des jeux de plateau. Les petits chevaux, Monopoly, la Bonne Paye, Stratego, le jeu de la marelle, Risk. Mais aussi le jeu de Go, le jeu de dames, Othello, le Gomoku et pourquoi pas l’awele, jeu africain avec des déplacement de billes. Il existe aussi un jeu d’échecs chinois (Xiangqi) et japonais (shogi) avec des mécanismes similaires.

Sur l’échiquier de huit cases sur huit cases (plateau en bois de qualités diverses et de dimensions variables selon les modèles) des pièces vont pouvoir se déplacer, se capturer, pour au bout du compte tenter de capturer la pièce qui s’appelle le roi, caractérisé par sa grande taille et la petite croix à son sommet. Contrairement aux dames, la capture s’effectue en occupant la case de la pièce capturée. Le roi est en échec quand il peut être capturé par une pièce adverse. Le joueur dont le roi est en échec se doit de trouver un moyen de soustraire sa pièce royale à cette menace. Lorsqu’un camp ne peut plus déplacer son roi menacé par une pièce adverse sans qu’il risque d’être capturé le coup d’après, on dit que le roi est échec et mat. A noter que la partie s’arrête avant la capture de ce roi pris au piège. Il y a un gagnant et un perdant mais, dans certaines circonstances, il n’y a pas de perdant, ni de gagnant. On dit que la partie est nulle.

L’apprentissage des règles est assez simple : pour l’amateur débutant, les règles se limitent aux déplacements, à quelques spécificités concernant ceux du roi, et enfin à comprendre par l’exemple ce que veut dire échec et mat. Cependant, utiliser le potentiel de chaque pièce au cours de parties de plusieurs heures peut être le travail de toute une vie. Un ancien champion du Monde avouait apprendre de nouvelles choses, même après l’obtention de son titre.

Pendant une partie, chaque joueur est le metteur en scène d’une bataille qui va opposer des pions, des tours, des cavaliers, des fous, des dames et des rois. Tel un opéra avec ses tragédies, une partie va commencer par une ouverture pendant laquelle chaque camp déploiera ses pièces afin de les rendre les plus efficaces possible. Le joueur tentera de contrôler et d’occuper le centre de l’échiquier, tout en mettant le roi à l’abri des attaques adverses et en tentant de les anticiper Enfin, au bout d’une douzaine de coups, la bataille prend forme. Coups tactiques permettant le gain d’un pièce, contrôle d’une case ou d’un colonne, choix du côté de l’échiquier sur lequel l’attaque conclura cette bataille, intrusion de pièces adverses dans son propre camp, retournement de situation avec de brillantes combinaisons de coups, autant de moments forts qui aboutiront à la funeste conclusion lors de la finale. A moins que submergé par une armée nettement supérieure, le roi ne se rende en milieu de partie !

Les bienfaits de cette pratique ludique sont nombreux, à tout âge. Le joueur devra néanmoins développer sa faculté de concentration et d’analyse afin de prendre, à chaque mouvement, la meilleure décision possible lorsqu’il s’agira de choisir la pièce qu’il faudra déplacer sur la case la plus adaptée. Le joueur d’échec est un manager, doublé d’un paranoïaque qui recherche en permanence les menaces adverses !

Les multiples facettes du jeu d’échecs rendent celui-ci attractif à tout niveau : historique des tournois et des grand joueurs, progression chiffrée, apprentissage et mémorisation des coups d’ouverture, techniques de relaxation, condition physique, mise en place de méthodes de raisonnement, apprentissage de l’anglais pour profiter de la littérature anglo-saxonne, mise en application de ses connaissances au cours de tournois, rencontres internationales quel que soit le niveau de jeu, vie associative, projet éducatif, parties en équipe, informatique, collections de pièces d’échecs, recherche du livre rare… Chacun y trouvera son compte.

 

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