S’entrainer aux échecs (2/2) (Jesper Hall)


(lire aussi la partie 1/2)

  • Les positions types

A chaque ouverture, sa stratégie et sa structure. Certains joueurs tentent, quelle que soit l’ouverture, de retomber sur leur structure préférée, avec son squelette de pions, ses tactiques.

  1. Rejouer plusieurs parties commentées ayant la même position type
  2. Repérer ce que cette position a de typique pour les Blancs et les Noirs
  3. Noter les cases où se posent les pièces de chaque camp.
  4. Relever les positions rêvées pour chaque camp.
  5. Noter les grands thèmes tactiques
  6. Relever positions clefs et les coups importants
  7. Examiner les finales découlant de ces positions pour voir les situations favorables aux noirs et aux blancs

Chaque ouverture doit être travaillée avec cette notion de position type.

  • L’ouverture

Commencer par trouver des parties commentées avec l’ouverture choisie, avec de bon commentaires : avec des plans et des idées.

Il faut se poser les questions suivantes :

  1. Quelles types de position et de structures de pions va découler de cette ouverture ?
  2. Quels sont les plans et idées positionnelles pour chaque camp ?
  3. A quoi ressemble les positions idéales ?
  4. Quels sont les positions clefs ?
  5. Quels sont les thèmes combinatoires ?
  6. Sur quel type de finale débouche cette ouverture ?
  7. Quelles sont les variantes à apprendre par cœur ?
  8. Quelles sont les variantes critiques (difficiles à affronter)

Pour explorer une nouvelle ouverture, il faudra s’attacher à :

  • Comprendre la structure de pions.
  • Comprendre le tempo (selon que l’on aime les positions complexes ou pas)
  • Comprendre les échanges.

 

Les thèmes de finale

Rien de nouveau : il faut surtout réfléchir lors d’une finale. Le travail s’articulera sur les grands thèmes (idées générales à toute finale), les positions de base (à connaître par cœur), et les consignes (idées particulières pour un type de finale).

Le roi devient de plus en plus puissant en finale. Il faut prendre malgré tout son temps afin de trouver les meilleurs cases et réfléchir selon la méthode du « plusieurs coups d’affilée ». La technique des deux faiblesses trouve ici toute sa force

  • Les finales spécifiques

L’apprentissage par cœur est nécessaire mais il faut garder en tête les principes généraux.

1) les finales de pions : prendre l’opposition le plus loin possible, se donner l’avantage du pion passé éloigné, avoir en tête la diagonale du roi, bien réfléchir avant de pousser un pion.

2) les finales de tours :  la théorie retiendra la position de Philidor (sixième rangée), la position de Lucena (bouclier), et la défense de la huitième rangée. L’activité reste le maître mot, quitte à sacrifier un pion. Les calculs devront être très précis car la nulle est toujours très proche. Une tour devra toujours se trouver derrière le pion passé, sinon latéralement afin de le protéger.

3) les finales de pièces mineures : il n’y a quasiment pas de position de base par rapport aux autres types de finales. Les principes généraux restent donc prépondérants.

Fou contre cavalier : Le fou aime bien les centres ouverts avec des pions sur sa couleur opposée.  Le cavalier, lui, préfère les centres fermés, ou se limiter à une seule aile.

Fou contre fou : avec des fous de couleurs opposées, le défenseur doit placer ses pions sur la couleur de son fou. Les nulles sont très fréquentes .

Cavalier contre cavalier  : il n’y a pas de position de base.

– Dame contre dame : le pion passé très avancé a une grande valeur, la dame se plaît au centre, l’échec perpétuel est fréquent, la sécurité du roi est importante ici.

– Finale asymétrique : le joueur à la tour cherchera a se créer un pion passé, le joueur avec une pièce mineure recherchera un jeu bloqué. sans pion passé.

Travailler le mental

  • – Se fixer des objectifs
  • – Construire sa force intérieure
  • – Savoir se concentrer pendant la partie
  • – Quand tout va mal : faire un break, et revoir le « cahier des erreurs ».

La préparation avant une compétition :

– Se donner le temps de se préparer, travailler le mental, préparer ouvertures, travailler la tactique pour développer l’analyse

Pendant un tournoi :

  • – Se reposer entre chaque partie
  • – Préparer chaque partie
  • – Un peu d’exercices physiques doux entre chaque partie
  • – Savoir divertir son cerveau : un bon roman dans la poche.
  • – Économiser son énergie avec un emploi du temps bien calculé.

Utiliser un ordinateur

Une analyse de partie se fait d’abord par soi-même. Les solutions de l’ordinateur devront être testées.

L’ordinateur permet de se créer des bases de données :

  • La grande base généraliste (TWIC)
  • Ses propres parties
  • Les parties avec les ouvertures personnelles
  • Les lignes intéressantes peu utilisées
  • Les variantes à analyser
  • Les positions type : combinaison, exercices finales avec les mêmes types de position
  • Les finales : positions type, règles, exemples
  • les pépites

Les principales utilisations pour jouer : tester les ouvertures, les positions types, et les finales.

  • Programmes d’entraînement

1) L’amateur : qui n’a pas toujours le temps  pour travailler à fond. L’idéal est de garder un bon livre de chevet (combinaisons, belles parties commentées). Il faut aussi travailler ses propres parties. Ne pas se focaliser sur des parties rapides. Profiter des congés pour préparer un programme à développer pendant ceux-ci.

2) L’aspirant ambitieux : trouver un partenaire disponible et proche. Travailler aussi les bases, et analyser ses points faibles. Pour un jeune : jouer au maximum et analyser les parties.

3) le professionnel sérieux : travailler ses défauts, tenir un journal d’entraînement.

S’entrainer aux échecs (1/2) (Jesper Hall)


Plusieurs conseils dans ce livre sorti en 2001 (Chess training for budding champions). Si on résume…

  • Réunir ses meilleures parties dans un cahier :  » Tout le matériel nécessaire à l’entraînement est dans ses propres parties « .
  • Lors de l’analyse de l’une de ses parties, qui peut durer plusieurs heures, il faut déterminer le moment où la partie bascule. Après, on cherche des améliorations. Ne pas hésiter à se servir d’une encyclopédie des ouvertures. Utiliser l’ordinateur qu’en dernier recours.
  • Pour s’entraîner à calculer, il faut s’habituer à ne pas déplacer les pièces lorsqu’on réfléchit à une position. Un exercice très profitable consiste à analyser une position pendant  quinze minutes, à tout  noter, et à comparer avec les commentaires éventuels d’un livre.

Technique des échecs à retardement : les blancs annoncent leur coup sans le jouer et les noirs font pareil. Puis les blancs annoncent leur deuxième coup et jouent sur l’échiquier leur premier coup. Pareil pour les Noirs.

En cas de combinaison :

– Où poster ses pièces pour leur donner un maximum d’activité ?

– Si les règles autorisaient de jouer plusieurs coups d’affilée, quels seraient les coups à envisager ?

L’adversaire a t-il des pièces exposées ou non protégées ?

Pendant une partie :

– chercher ses coups candidats.

– choisir intuitivement la variante qui semble être la meilleure (on voit généralement plus de variantes dans les cinq premières minutes de réflexion que dans les cinq suivantes). John Nunn :  » Si vous n’avez pas trouvé au moins deux coups en 20 minutes, autant jouer un coup au hasard « .

  • Le plan : petite base de réflexion lors d’une analyse ou d’une partie d’entraînement

1) De quel type est la structure de pions ?

2) Quelles sont les bonnes et les mauvaises choses dans ma position ?

3) Quelles pièces échanger, quelles pièces garder ?

4) De quel côté dois-je développer mon jeu ?

5) Quelle est ma position de rêve ?

6) Que veut faire mon adversaire ?

7) Quel pas dans quelle direction ?

8) Quels sont les coups à étudier de plus près ?

  • Savoir reconnaître les centres selon la position des pions (Kotov) et adapter son plan : fermé, ouvert, fixe, mobile ou fluide. Plusieurs fois pendant une partie, prendre un peu de recul et observer la structure de pions centraux.
  • Les grands classiques de la stratégie :

1) Roi adverse exposé

2) Avantage matériel

3) Meilleure structure de pions.

4) Contrôle d’une ligne ou d’une case clé.

5) Meilleur positionnement des pièces

6) Avantage d’espace

7) Initiative

8) Avance de développement

Avantage à long terme : avantage matériel ou structurel, la domination spatiale.

Avantage à court terme : roi adverse exposé, avance de développement, l’initiative.

  • Lutter pour l’avantage

Chaque joueur a un plan, a un ou plusieurs avantages. La recherche du meilleur coup devra au maximum limiter la possibilité de jouer un mauvais coup. Cette recherche devra s’effectuer sur plusieurs axes :

– Thème principal (qui domine la position) :  par exemple empêcher l’adversaire d’activer ses pièces.

– Objectif intermédiaire : c’est la position un peu supérieure à la position en cours.

– Mini-opérations : les petites manœuvres  entre chaque position intermédiaire. Un GM va connaître rapidement son plan, et il va rechercher intuitivement les combinaisons à mettre en place pour y arriver.

– Position clé : là ou tout se joue !

– La tactique au service du plan.

C’est l’analyse de ses propres parties qui va permettre de caler toutes ces notions. Parfois, l’erreur se situe bien avant la position clé. Lors de lectures de parties analysées, ne pas se fier aux commentaires et analyses : vérifier ses analyses personnelles, trouver des alternatives au coup proposé par un ordinateur.

 

(à suivre)