Dou ïou spike angliche ?


J’affronte Maïa 5 sur Lichess, j’ai les noirs. Maïa est coté 1637 et j’ai 1780. Mes deux dernières parties classique (60+10) étaient contre des bots plus forts que moi (+100 à 150) et j’avais décidé de me donner un peu de facilité (après avoir perdu une partie et arraché une nulle sur l’autre).

Je joue la partie avec un échiquier sous les yeux avec l’annonce vocale des coups. En anglais.

Sur un 1.c4, je lance une hollandaise. Une douzaine de coups plus tard, les blancs pensent probablement gagner un avantage au centre en sacrifiant un cavalier contre un pion (mais allez savoir ce que pense un bot ?!). Erreur de sa part, et visiblement, la partie s’annonce bien. Avec un avantage matériel, je propose l’échange des dames. Concentré avec l’échiquier sous mes yeux, j’entends : « rook take f8, check ». Incompréhension totale, car selon moi, aucune tour adverse était en possibilité d’effectuer ce coup surnaturel ! Un mat en trois coups s’annonce contre mon roi. Hasta la vista, baby !

L’explication ?

Quelques coups plus tôt, Maïa avait joué Ta1-b1, et j’avais cru avoir entendu « rook e1 », sauf que l’annonce vocale était « rook b1 »

b1 : bi-ouane en anglais

e1 : i-ouane en anglais.

Voilà.

Finales de tours


Vous avez des pions, une à deux tours de chaque côté. Plusieurs objectifs selon la position :

  • Avoir plus de tours que l’adversaire.
  • Avoir un pion passé.
  • Amener un pion sur une case de promotion.
  • Obtenir une majorité de pions.
  • Mater le roi.

Bref, avoir un avantage certain !

Selon Le tableau de bord des problèmes de Lichess, c’est mon gros point faible.

Bon. Choix de problèmes calé sur les finales de tours.

J’ai commencé au niveau normal.

5 problèmes, 5 erreurs

 

Niveau plus facile.

7 problèmes, 3 erreurs.

 

Niveau le plus facile.

10 problèmes, 4 erreurs.

 

Mais au niveau le plus facile, un problème raté coute 20-25 points.

 

Bref, en 20-25 problèmes, j’ai chuté de 200 points !

 

La Tac-Ti-Que vous dis-je !!!

 

La tactique selon Saint Lichess


Je ne vous présente plus Lichess, LE site français pour jouer en ligne. Mais pas que…

Depuis peu, Lichess nous a concocté un superbe outil afin d’optimiser vos exercices de tactique. Deux vidéos valant mieux qu’un long discours, regardez la présentation de Daniel Mallais et celle de Vince sur chesstrainer 2000.

Et revenez me voir juste après.

C’est bon ?

Comme vous avez pu le constater les paramètres sont multiples et permettent un apprentissage selon sa force et ses faiblesses. Mais aussi selon son envie.

Un échauffement de 15 minutes : réglage avec les problèmes les plus faciles, et c’est parti !

Vous préférez vous creusez les neurones ? Hop, problèmes les plus difficiles (mais pas si insurmontables que ça).

Les notions de coups silencieux vous échappent un peu ? Pratiquez régulièrement cette catégorie sur le niveau le plus faible. Puis augmenter progressivement la difficulté.

Vous ne jurez que par la méthode de la Maza ou Woodpecker ? Pas de problème, Lichess a enregistré les problèmes ratés que vous pourrez reprendre plus tard, ou pourquoi pas les 100 derniers problèmes de vos dernières sessions.

Attention au piège des exercices très faciles : on pourrait se dire qu’ils sont inratables, et qu’on  gagne 100 points en 100 problèmes. Sauf que… un problème raté vous retire 20 à 30 points. Donc si vous n’arrivez pas à tenir au moins 30 à 40 problèmes sans erreur, cela va être difficile de monter en grade.
Au bout du compte, le niveau le plus facile (toujours proportionnel à votre niveau) est très exigeant : il ne tolère aucune erreur. Trois exercices ratés sur 20 (par exemple) et vous perdez dans les 50-60 points. Dur, dur !

Personnellement, j’aime bien commencer avec un faible niveau, augmenter d’un cran si je réussis, et baisser d’un cran si je rate. A chacun sa méthode, je vous dis !!

Lichess, what else ?

 

Maia


Dans le domaine du jeu vidéo, un bot est un adversaire (ou pas) censé jouer comme un humain, notamment dans les jeux en ligne. Dans le jeu d’échecs, avec l’arrivée de l’IA, de nouvelles technologies apparaissent et viennent compléter les listes d’adversaires informatiques.

Les moteurs d’analyse (comme Stockfish, Fritz, Komodo, etc) sont de réels programmes dont la puissance de calcul dépasse celle des meilleurs humains. Tout est codé : seul le matériel (microprocesseur, mémoire vive) permet une amélioration des performances. On affronte des adversaires implacables, par nature avec un sens tactique imparable profitant des calculs allant jusqu’à quelques dizaines de coups. Excellent pour l’analyse tactique, et pour détecter nos failles dans nos parties, mais au comportement assez éloigné de celui d’un humain, avec ses hésitations, ses coups de bluff, ses imprécisions, et son degré de précision variable tout au long de la partie.

Un bot, comme Maia  (moteur d’échec basé sur un réseau neuronal, comme Leela Chess Zero) est programmé uniquement avec les règles du jeu et, avec l’aide de l’IA, effectue son apprentissage grâce aux parties qu’il effectue contre des humains, notamment sur Lichess. En comparaison, Leela Chess Zero (LC0 pour les intimes) s’est entrainé contre lui même, ce qui lui procure au bout de plusieurs millions de parties, un niveau exceptionnel.

L’analyse des parties par l’équipe de Maia, montre, par exemple, que sur une position donnée, certains mauvais coups ne sont plus joués au delà de 1500 elo, alors qu’un joueur classé 1100 elo jouera le coup intuitif qui n’est pas le bon. Maia, dans sa programmation, serait capable de prédire l’erreur que le joueur aurait tendance à effectuer. A terme, cela serait utile dans d’autres domaines. On peut imaginer bientôt des outils pédagogues et didactiques.

D’autres bots existent sur Lichess, mais Maia semble très prometteur. Même si certaines erreurs grossières viennent par moment pondérer cet avis.

Alors… jouer contre Maia5 (cliquez sur les deux petites épées plutôt en haut à droite de l’écran : « Défier ce joueur ») ou contre Stockfish niveau 3 ? A vous de faire votre idée. Pour info, je trouve Maia5 (plutôt dans les 1600-1700 Glicko) assez facile à jouer (mon elo FIDE est de 1338) et dans les 1650 sur les parties classiques Lichess.

 

 

 

Pour le 22 juin, c’est (mal) parti !


Le virus est encore là, et il n’est pas question de lui laisser une chance de reprendre l’initiative. Mais il faut bien avouer que les consignes de la FFE pour rejouer en club (et on ne parle même pas des tournois, ou des interclubs) sont extrêmement dissuasives. Dites-nous en commentaire comment cela se passe chez vous !

 

Tests de dépistage


Je me suis demandé comment exploiter ses parties pour trouver ses points faibles et ses points forts. Bien sûr il existe quelques livres qui vous testent sur des diagrammes, il y a  des coachs, des clubs, mais si on désire faire sa propre cuisine, pourquoi pas.

Première étape : avoir son recueil de parties longues, si possible contre des humains.

L’analyse de ses parties devrait être systématique. Analyser ne veut pas dire faire tourner Stockfish toute la nuit, mais tout reprendre coup par coup. Repérer les moments où on a eu des hésitations, vérifier le coup de la mort que votre adversaire n’a pas vu (ouf !), vérifier l’ouverture, etc. Cela permettra déjà de faire travailler ses neurones, mais aussi de collecter des infos utiles. Si Marc Dvorestky me lit, corrige moi si je dis des bêtises. Et puis enfin, soumettre le tout à votre moteur d’analyse préféré.

Pendant l’ouverture, repérer  à quel moment on sort de l’ouverture, et sur quelle ouverture. Si c’est l’adversaire qui cale au quatrième coup, il faut se demander si le coup suivant a pu exploiter la faiblesse du coup faible. De partie en partie, il est ainsi possible de se créer son propre répertoire, avec ses bons et surtout ses mauvais coups à ne pas recommencer. A défaut d’établir ce répertoire, je suis persuadé qu’on renouvelle toujours les mêmes erreurs. Cela permet de s’en rappeler ! Je me  suis retrouvé frustré après avoir été confronté pour la deuxième fois à :

1. e4  e5

2. Cf3  Df6

et d’avoir joué automatiquement 3. d4 en une fraction de seconde perdant l’avantage du mauvais coup noir (et vous, vous auriez joué quoi ?)

Si en outre on constate qu’on perd assez souvent en phase d’ouverture sur des pièges tactiques, il y a urgence à revoir les bases. Même démarche si au bout de 8-10 coups on se retrouve selon l’analyse avec un déficit d’1 pion (-1 si on a les blancs, ou +1 si on a les noirs). Des gestionnaires de base de données (pour faire simple : SCID ou Chessbase) collectent ces informations pour vous. Possesseurs du MCO ou du NCO, surlignez une variante à chaque fois que vous la rencontrez. Quitte à créer votre encyclopédie, bien à vous, avec les coups improbables et leurs réfutations (vous savez, ces coup dont on se demande s’il s’agit d’un piège ou d’une erreur…).

L’analyse par Stockfish (ou un autre moteur, peu importe) dépiste les erreurs tactiques. Celles de l’adversaire qu’on n’a pas vues, qui nous font perdre soit une pièce soit carrément la partie, et celles qu’on n’a pas su exploiter. L’analyse de Lichess ne manque pas de nous sortir des ? et des  ?? Enfin pour moi, en tout cas. Sur des ? et des ?? concernant l’adversaire, s’assurer que ces erreurs sont punies par la suite tactique appropriée. Si ce n’est pas le cas, c’est que vous ne recherchez pas assez les pièces adverses non protégées. Si ces points d’interrogations s’appliquent à votre propre jeu, il est sans doute temps de revoir le processus de pensée (est-ce que j’ai vérifié le but du coup adverse, est-ce que j’ai analysé au moins deux coups candidats, est ce que j’ai vérifié la sécurité de la pièce que j’ai bougée, est-ce que je suis allé au moins jusqu’à 1.5 coups sur mon évaluation, est-ce que je suis allé jusqu’au bout d’une suite forcée  ?)

Perdre en l’absence de faute directe (pas de gaffe) ? Pourquoi pas, il n’y a pas de honte. No regret. Il va donc falloir revoir l’analyse et les évaluations, le jeu positionnel, et probablement la vitesse de réflexion.

Il est intéressant de faire le point sur les parties qui vont en finale. Si sur 100 parties, vous n’avez joué que 5 finales, soyons réalistes : vous pouvez vous contenter de revoir régulièrement les grandes règles et de travailler les finales élémentaires. Vous avez d’autres problèmes plus urgents à régler. Sinon, pour chaque finale engagée, établir le bilan des finales gagnées et des finales perdues. Moins d’une sur deux gagnée (un peu plus ou un peu moins : tout dépend de votre exigence), il y a un gros boulot à réaliser, et au moins 2 sur trois de gagnée, le travail des finales n’est pas une priorité. En attendant de progresser dans cette partie du jeu, vérifier les échanges pour tomber sur une fin de partie qui ne vous désavantage pas trop.

Profitez de cette collecte d’informations pour évaluer le niveau moyen de vos adversaires. L’idéal serait de croiser le fer avec des joueurs supérieurs (un peu…)

Repérer si vous perdez souvent ou pas au temps. Calculez le pourcentage de temps consacré à l’ouverture, aux coups critiques.

Qu’est-ce que vous fichez  à rêvasser devant l’écran. Hop, hop, hop… au boulot !

(A vue de nez, et selon St Stockfish : il aurait fallu jouer 3. Fc4. Mais d4 reste acceptable, tout comme n’importe quel autre coup de développement ordinaire je présume. Il est d’ailleurs amusant de constater, et on s’en doute déjà un peu sans un moteur d’analyse, que Df3 n’est pas bon, car Stockfish propose pas moins d’une bonne demi-douzaine de coups pouvant conserver un avantage. Même h4, à défaut d’être une bonne réponse ne renvoie pas les blancs dans les cordes.)

 

Microprocesseurs, silicium et jeux d’échecs


 

Quoi de neuf, depuis ce bilan sur l’offre 2.0 ?

En freeware, on peut y ajouter ChessX.

Je trouve que Chess Tempo (qu’on ne présente plus) prend un peu de retard en fonctionnalités et en ergonomie par rapport à Lichess (qu’on ne présente pas non plus !). Mais les évaluations des problèmes reflètent mieux le niveau réel (différence supérieure de quelques centaines de points sur Lichess). A chacun de se faire une idée, quitte à profiter temporairement de l’offre payante  de Chess Tempo (3 $ sur un mois) pour avoir quelques options pratiques  (sélection de problèmes en fonction de certains critères, historique plus étendu, statistiques plus précises, création de thèmes, évaluation Elo FIDE, etc.). Quant à Chess Tactics Serveur, on doit pouvoir le rayer de nos carnets, car le site est aux abonnés absents.

Chessbase a sorti un PGN reader dont l’interface est celle de Chessbase. Graphiquement réussi, mais uniquement des fonctionnalités de lecteur de parties. Pas de sauvegarde, ça lit, c’est tout !

J’ai investi dans Chessbase 14. Il manque pas mal d’explications pour l’exploiter complètement (le manuel est digne d’une austérité est-allemande), et même sur le Net (y compris anglophone), on ne trouve pas tout ce qu’on  veut. Une fonction absente qui existe pourtant sur d’autres freeware est la sauvegarde d’une position (bien utile je trouve pour se créer un recueil de positions de ses parties sur lesquelles on a raté un coup tactique). J’y reviendrai un de ces jours.

Dans les gestionnaires de bases de données, allez jeter un coup d’oeil sur Chess Assistant, produit par la même  société qui vend CT-Art ou Aquarium. La version d’essai, que j’ai seulement installée et pas  essayée, nous fait un peu remonter le temps pour ce qui concerne le graphisme. Mais l’outil est probablement aussi puissant que ChessBase. A chacun ses gouts. Pour ceux qui possèdent déjà Fritz, s’orienter sur Chessbase est sans doute la meilleure option.

Pour en finir avec Chessbase (j’attends le chèque pour ma commission…), vous avez leur database en ligne (8 millions de parties), et Fritz en ligne. Et n’hésitez pas à cliquer sur le menu déroulant en  haut à droite avec plus d’options.

Il est dommage que chaque système ait sa propre gestion. Le format PGN n’est peut-être pas le plus simple à manipuler d’un point de vue informatique, mais essayez d’exploiter  un format Chessbase sur SCID, bonjour l’arrachage de cheveux.

Vous pourrez profiter des vidéos de Chessmi qui détaille l’emploi de certains logiciels gratuits. Tentez Guess the move sur l’une d’entre elles.

Quand aux recueils de parties, vous trouverez votre bonheur sur la Kingbase 2018, qui  ne comporte que des parties depuis 1990 avec des joueurs de haut niveau (Elo>2000). Ajoutée à celle de Fritz 11, j’en suis à quasiment 3 millions dans ma base de référence. De quoi voir venir.

Petits derniers sur le Web


Lichess est une bonne alternative à Chess Tempo

et Fritz se joue aussi on line.

 

Joyeux Noël !!