La meilleure méthode d’entrainement.


Jesse, David et Kostya en discutent sur la chaine de Kostya. Cela mérite bien un petit résumé.

Selon Jesse, et c’est son avis, 70 % du temps doit être consacré à l’analyse de ses parties (enfin, celles du joueur, pas celles de Jesse !), et 30 % pour le reste (et 5% pour les ouvertures, mais Jesse ne nous dit pas si c’est 5% des 30% restant). Il évoque d’ailleurs le livre de J. Aagaard sur le calcul (peut-être celui-ci : Excelling at calculation, car il existe aussi ce qu’on pourrait appeler la 2eme édition revue et augmentée dans la série des Grandmaster preparation : calculation). Il reconnait qu’on trouve beaucoup d’infos sur les différentes méthodes, mais qu’en fait, peu sont réellement testées ! Du coup, Jesse estime que « sa » méthode est probablement la façon la plus intéressante et spirituelle de s’améliorer. Que ce soit en résolvant exclusivement des problèmes,et/ou en étudiant à fond les ouvertures, cela ne vous fera pas de vous un joueur intéressant.

David Pruess estime que les 70%-30% sont probablement une méthode valable pour des joueurs de haut niveau (GM ou candidats GM). En fait, chaque niveau a certainement une méthode adaptée (oui, mais, euh… David, on fait comment quand on classé en dessous de 1500 elo ?).

Dans ces échanges, Kostya précise qu’en effet, pour des joueurs moins forts, l’apprentissage de schémas tactiques et de concepts positionnels revêt une certaine importance. Selon lui, et quel que soit le niveau, il faut se concentrer pendant plusieurs semaines (4 à 6) sur un thème : calcul, ouverture… peu importe. Notre cerveau ne peut pas tout retenir et apprendre. Un peu de tout n’est peut-être pas productif. Et puis, plus tard : réviser régulièrement. La notion de répétition espacée doit être travaillée : revoir au bout de 2 jours, puis de 4, puis de 8… à chacun sa méthode sachant que nous sommes tous différents (voire inégaux !) dans le domaine de la mémorisation.

Jesse précise que l’intérêt d’analyser nos partie est que cela permet aussi de revenir inlassablement sur nos défauts et erreurs. Cela développe l’habitude d’une sorte de conscience professionnelle (le gout du travail bien fait).

S’il fallait en tirer une conclusion, c’est qu’il n’existe pas de meilleure méthode d’entrainement !

Quelques conseils pour travailler avec Artur Yusupov


Des joueurs de haut niveau ont la possibilité de faire des stages chez Artur. Nous autres, nous avons ses livres. Et c’est déjà bien, car c’est toute l’école russe qui s’invite sur notre échiquier.

Avec ses trois volumes (Boost your chess, Build up your chess et Chess Evolution) à la couverture orange pour l’édition anglaise, la première série « The fundamentals » s’adresse déjà à des joueurs désireux de progresser et qui ont l’intention de pratiquer des tournois. Concrètement, elle est destinée à des joueurs visant les 1500-1600 elo et elle n’a pas vocation à initier au jeu d’échecs. Le contenu est à plus de 50 % tactique (39 leçons sur 72), et comme il faut s’y attendre, les ouvertures ne sont que très peu abordées : 6 leçons sur 72 !

Si vous n’avez pas encore de classement elo (FIDE), soyez déjà avec une cote de 1500-1700 sur Lichess en parties classiques avant d’aborder ces cours. Les problèmes proposés après chaque leçon sont d’un niveau correct pour un 1300-1400 elo, et il serait dommage que vous restiez bloqués dessus.

Mettez-vous dans des conditions optimales s’approchant d’un tournoi : pas de distraction, pas de musique, rien à boire (à part un verre d’eau !), et votre échiquier sous les yeux. Pas d’ordinateur !

Ce sont réellement des livres d’étude. A savoir qu’il faut prendre le temps de bien tout faire. Lire une leçon par jour et au bout d’un mois se dire : « Wouah, intéressant… ! » est probablement insuffisant. Soixante douze leçons sur trois livres : accrochez votre ceinture. Dans le meilleur des cas, 2 leçons par semaine, prévoyez 8 à 9 mois de boulot intense. Acheter ces livres s’intègre dans une démarche au long terme.

La leçon

Chaque leçon est précédée de quelques explications, suivie d’exemples détaillés. Avant de lire les explications, tentez en quelques minutes de résoudre l’exemple. Puis décortiquez les variantes qu’il faudra jouer sur l’échiquier (c’est pour ça, à mon avis, que travailler ces livres avec Chessable va un peu à l’encontre des recommandations de Yusupov concernant l’utilisation d’un échiquier)

Les exercices

Le gros morceau de la leçon : 12 exercices aux difficultés variables. Il s’agit réellement d’un travail et non pas d’une course au résultat. Prenez le temps d’analyser la position, éventuellement de retourner voir la leçon, de noter toutes les variantes que vous envisagez afin que vous alliez au bout de vos calculs. Yusupov préconise 15 mn, mais 10 minutes peuvent suffire (allez, on va dire 10 minutes de résolution et 5 minutes sur la solution). Quand vous pensez avoir le bon coup écrivez-le, même si vous n’êtes pas sûr de vous. Avec le même principe, passez à l’exercice suivant (sans regarder la réponse).

Enfin, quand vous avez réfléchi sur ces 12 positions : regardez les solutions. Décortiquez à nouveau les variantes, envisagez vos mauvaises hypothèses (pourquoi votre solution n’est pas la bonne).

Une note globale vous sera attribuée selon vos réponses. Si elle n’est pas satisfaisante, demandez-vous si c’est un souci tactique ou une mauvaise assimilation/compréhension du thème abordé. Prévoyez quelques jours plus tard, avec un petite phase d’oubli, une simple re-lecture de la leçon, et résolvez de nouveau les exercices ratés.

Si vous intégrez cette formation avec d’autres éléments (la tactique façon Woodpecker, jouer des parties longues, analyser, aborder malgré tout un minimum d’ouvertures), une leçon par semaine est un rythme soutenu pour peu que vous ayez une famille et un travail. L’intérêt est que vous n’avez alors plus à vous soucier de ce que vous devez travailler et en quelles proportions : il n’y a qu’à dérouler les pages.

Vous aussi vous travaillez avec ces livres ? Comment pratiquez-vous ? Avez-vous progressé ?

Les 4 piliers d’une progression harmonieuse.


Les 4 piliers d’une progression harmonieuse.

(je me répète, mais le titre ne tient pas en entier dans la mise en forme !!)

Vous passez votre temps à jouer des parties rapides en travaillant essentiellement les ouvertures grâce à une chaine Youtube tout en espérant progresser en achetant votre 84ème livre sur le jeu d’échecs ? Et vous avez l’impression de stagner à 1295 sur chess.com malgré les « tuyaux » (pour progresser rapidement) que vous avez réclamés sur les forums ? C’est le moment d’optimiser votre travail et éventuellement vous améliorer.

S’il est important de pratiquer avec des exercices et des parties d’entraînement (la règle : plus de parties lentes que de parties rapides et surtout jouer contre des adversaires plus fort que vous), il est également essentiel d’apprendre. Il faudra non seulement augmenter vos connaissances (investir dans la série écrite par Artur Yusupov consacrée à votre niveau en préférant la version anglaise : « Boost your chess » ou le « Bond du Tigre »), mais aussi corriger vos défauts grâce à l’analyse.

Ce ne sont que des lignes directrices pour vous aider. En dessous de 1500-1600 elo, les principaux blocages sont liés à un mauvais processus de réflexion et à des lacunes dans le calcul. La littérature échiquéenne, les vidéos, les coaches vous permettront de compléter les domaines abordés succinctement.

  1. TRAVAILLER LE PROCESSUS DE RÉFLEXION

Il peut se résumer en trois étapes :

  • Évaluer la dangerosité du coup de votre adversaire
  • Choisir le meilleur de vos deux coups candidats.
  • S’assurer que le coup retenu ne dégrade pas votre position tant tactiquement que stratégiquement.

Lors de votre réflexion, et sur au moins 1,5 coups, il faudra d’abord penser, et dans cet ordre, aux possibilités d’échec, puis de capture et enfin de menace. Autant pour vos coups que pour les réponses de l’adversaire. Cette réflexion devra être menée jusqu’à l’obtention d’une position d’équilibre.

Globalement, vous serez donc amené à établir des priorités au cours d’une partie :

  1. Répondre à la menace potentielle
  2. Évaluer les opportunités tactiques
  3. Assurer la sécurité du roi
  4. Développer et activer vos pièces
  5. Penser stratégie
  1. TRAVAILLER LA TACTIQUE

Soyez d’abord à l’aise avec les tactiques de base en les étudiant les unes après les autres.

Puis travailler avec des exercices tactiques généraux. Différents sites mettent de tels exercices à votre disposition.

Exercices de tactique : parmi un stock de plusieurs centaines d’exercices, en travailler quotidiennement plusieurs dizaines en vous attachant à comprendre pourquoi vous n’avez pas trouvé la solution. Vous les répéterez inlassablement jusqu’à pouvoir les résoudre en quelques secondes à force de les revoir. Puis recommencez avec un autre stock, différent ou plus difficile.

Exercice de calcul : réfléchir sur une position de milieu de jeu issue d’une partie de grands joueurs, en analysant toutes les options possibles et en évaluant la position finale de l’analyse de chaque ligne (qui a l’avantage ?). La durée minimale de cet exercice : 15 minutes

Profitez de ces exercices pour établir un bilan des erreurs le plus fréquentes.

  1. ANALYSER SES PARTIES

Chacune de vos parties longues devra être analysée. Le recours à un moteur d’analyse n’aura lieu que lors de la toute dernière étape, une fois que vous aurez réfléchi par vous-même à toutes les variantes.

L’analyse a plusieurs buts :

  • Trouver les moments critiques dans le jeu.
  • Chercher les raisons de vos propres erreurs : pas seulement ce qui a mal tourné, mais pourquoi cela a mal tourné.
  • Chercher de nouvelles possibilités : quels mouvements avez-vous manqué dans votre analyse ? Quelles idées pourriez-vous avoir considérées ?
  • Réfléchir sur l’ouverture.

Il faudra formuler par écrit les raisons de vos hésitations et de vos craintes lors de la partie. Après chaque analyse, vous devriez avoir appris au moins une chose. Par exemple : « Enfin une partie ou je me suis senti à l’aise», ou « Mon roi est rarement en sécurité à la fin de mon ouverture », ou « Je ne sais pas mener une finale de pions »

Partie après partie, vous pourrez ainsi établir le bilan de vos principales faiblesses qu’il faudra corriger

  1. ÉTABLIR UN PROGRAMME

Ce programme sera basé sur 2 à 4 sessions, au minimum 1 heure chacune, que vous répéterez, jour après jour, session après session. Entamez la session suivante que si vous avez terminé la session en cours (la même session peut donc être effectuée sur plusieurs jours, même s’il conviendrait de pouvoir en faire une par jour : adapter votre volume de travail en conséquence).

Le programme devrait inclure, dans des proportions variables selon vos faiblesses : l’étude des ouvertures (réduite au minimum pour un niveau 1200-1500), des milieux de jeu, et des finales. Et pour chacune de ces phases de jeu : théorie, pratique (exercices) et révision. Il faudra en outre y ajouter des exercices de tactique et de calcul ainsi que des parties d’entraînement qui seront analysées.

Prévoir au moins 30 % de votre planning à la tactique et au calcul, et 40 % aux parties d’entraînement et à leurs analyses.

Sur les 30 % restant, mettez l’accent sur les finales. Et en fonction du temps disponible : travail sur les ouvertures et le milieu de jeu (stratégie, lecture de parties commentées).

Enfin, modifiez votre programme tous les 2-3 mois selon vos améliorations.

Rien de miraculeux, j’ai simplement essayé de résumer et de synthétiser ce que j’ai pu lire ici et là. Bon, maintenant… est-ce que cela marche ? A vous de nous le dire !

Les erreurs d’entrainement (selon Avetik Grigoryan)


1. NE PAS PAS AVOIR D’OBJECTIF.

Les objectifs à long terme ne sont pas les mêmes que ceux à court terme. Ne pas les définir vous fait errer dans un océan d’incertitudes. Voulez vous battre votre frère ? Devenir un GM ? Atteindre 2000 elo ? Faire plaisir à vos parents ? Simplement progresser ?

Poser vous les bonnes questions avant de vous investir intellectuellement dans le jeu d’échecs.

Au passage : un objectif réaliste (et réalisable) et chiffré est souvent la meilleure chose.

2. NE PAS AVOIR LE BON PLAN D’ENTRAINEMENT.

Il n’existe pas de plan d’entrainement universel. Cela va dépendre :

  • De votre niveau initial
  • De vos objectifs
  • De votre disponibilité
  • De vos forces et vos faiblesses

3. NE PAS DEMANDER D’AVIS AUX BONNES PERSONNES.

L’idéal serait d’avoir l’avis de quelqu’un qui a utilisé le même chemin que vous. Bref, vous êtes classé 1300 et voulez passer le cap des 1500 ? Demandez à un joueur classé 1600 !

4. NE PAS CHOISIR LA BONNE OUVERTURE.

Erreur 1 : choisir son ouverture sur Youtube. Le but de ces chaines est de faire de l’audience. On va donc vous parler des gambit spectaculaires ou vous montrer des variantes soi-disant gagnantes (sans vous préciser à quel moment vous allez être dans le dur). L’algorithme du moteur de recherche vous amène rarement sur la bonne chaine vidéo. Soyez vigilant !

Erreur 2 : acheter un cours sur internet de la même manière, les yeux fermés. Un GMI va en faire la publicité, la présentation marketing sera éventuellement trompeuse… 1. f4 va faire de vous un champion ? Vraiment ?

Erreur 3 : appliquer l’ouverture favorite de votre coach. Sauf qu’elle vous emmène dans des positions fermées ou trop dynamiques dans lesquelles vous n’êtes pas à l’aise ! Choisissez bien votre coach.

Erreur 4 : utiliser une ouverture qui ne convient pas à votre niveau. Une ouverture qui réussit à un joueurs classé 2600 ne sera pas toujours adaptée à joueurs classé 1400. Vous êtes fan de Caruana ? Êtes vous certains de bien comprendre son ouverture préférée ? Êtes vous suffisamment performant en tactique et en stratégie pour utiliser la Najdorf ? Êtes vous prêts à travailler de nombreuses semaines sur les nombreuses variantes ? Pensez d’abord à travailler votre milieu de jeu et vos finales.

Mais il faut bien s’intéresser à une ouverture ? Oui, mais sur les conseils de personnes avisées qui vous orienteront indépendamment de leurs intérêts.

Accessoirement : soyez à l’aise sur 1. e4 avant de vous lancer dans 1. d4.

5. TROP S’INTÉRESSER A SON ELO PLUTÔT QUA SA PROGRESSION.

Cherchez d’abord à progresser et votre elo augmentera ensuite !

Vous avez mis un joueur expérimenté en difficulté et il vous propose une nulle ? Oui, vous gagnerez des points. Et après ? Qu’aurez vous appris sur toute la partie ?

Il est vrai que travailler dur et s’apercevoir que le dernier tournoi vous a fait perdre 50 points est désespérant. Mais désespérant uniquement parce que vous vous attachez à votre elo et pas à votre progression.

d’après the 5 Costly mistakes that the amateurs made

(GMI Avetik Grigoryan, 2561)

On pourra remarquer qu’Avetik, comme la plupart des joueurs de ce niveau, a mis environ 10 ans pour passer de 2100 à 2500. Le coaching semble essentiel pour progresser (mais après tout, c’est aussi son activité sur ChessMood, donc pas complètement désintéressé !). Pour les ouvertures, on peut regarder la chaine Hanging Pawn. Certaines chaines préfèrent les « like », et ce ne sont pas toujours les meilleures (de toute façon elles vont bien arriver un jour ou l’autre au bout de ces formidables et invincibles gambits au noms bizarres). Celles qui proposent d’être « parrainées » ont tout intérêt à proposer du contenu sérieux si elles veulent obtenir des dons (je ne reçois aucun pourcentage sur la publicité !)

L’analyse d’une partie d’échecs.


On ne va pas revenir sur les bienfaits de l’analyse. Toutefois, on trouve peu de méthodes générales sur le web et dans les livres. La plupart du temps, on tombe sur des parties déjà analysées, mais cela n’explique pas concrètement comment faire quelles étapes suivre. Si un joueur classé 2375 a des idées stratégiques et tactiques, cela devient tout de suite plus hasardeux pour un joueur classé 1338.

Je me suis aidé de l’article de Noël Studer et de celui de Carlos Pujol sur chess.com.

Les bienfaits de l’analyse sont multiples :

  • comparaisons de nos idées avec la dure réalité de la tactique et du jeu positionnel.
  • développement de notre processus de réflexion.
  • amélioration progressives de nos connaissance sur les ouvertures (et au bout du compte sur les positions et les finales qui en découlent).
  • détection des erreurs récurrentes.

Selon Yusupov, ce qu’il faut attendre d’une analyse :

  • « trouver les moments critiques » dans le jeu, ces moments où des erreurs ont été commises, la nature de la position a changé, etc.
  • « Chercher les raisons de vos propres erreurs » – pas seulement ce qui a mal tourné, mais pourquoi.
  • « Chercher de nouvelles possibilités. » Quels mouvements avez-vous manqué dans votre analyse? Quelles idées pourriez-vous avoir considérées ?
  • « Réflexion sur l’ouverture »

Étape 1 : une analyse s’anticipe.

Pendant la partie, noter votre temps de réflexion. (Bon… faut avouer que la place manque parfois sur ces feuilles et que dans le feu de l’action ce n’est pas toujours facile)

Annoter votre feuille de partie avec des signes cabalistiques afin de repérer des coups particuliers (une croix pour une tactique douteuse, un point d’exclamation pour repérer un coup de adversaire qui vous a surpris, etc.)

Juste après la partie, notez vos impressions de façon plus détaillées (utilité d’avoir un carnet sur soi)

Si possible lors d’un tournoi : analyse post mortem avec votre adversaire (en fait cela devrait être obligatoire, ne serait-ce que pour des raisons de convivialité). Notez à part les idées, ce qu’il a vu de son coté.

Étape 2 : juste après la partie

Le plus rapidement possible après en tout cas. Lors d’un tournoi, ce sera le soir si vous en avez le courage ! Lors d’une partie en ligne, juste après.

Mettre la partie dans une base de données et retranscrire vos notes de la journée. Bien sûr, sans lancer le moteur d’analyse.

C’est le moment de repérer les moments critiques. Déjà, de façon simple : repérer les transitions ouverture-milieu de jeu, et milieu de jeu-finale. Le premier moment critique est à la sortie de l’ouverture (que ce soit vous ou l’adversaire qui en est la cause ). La perte d’une pièce en est une autre. De façon plus subjective, il faut aussi rechercher ce moment lorsque les deux positions semblent en équilibre et que chaque camp est arrivé au maximum de l’exploitation de la position (point de rupture possible). Lorsque le moteur est lancé ce sera lui qui indiquera également les options importantes qui ont été ratées. Il n’est pas utile dans cette étape d’en faire un roman, mais de poser un de ces signes cabalistiques si vous n’aviez pas eu l’occasion de le faire au cours de la partie. (^^, *, # ou tout autre signe spécial)

Ensuite il faudra aussi repérer les moments où vous vous sentiez mal engagé, s’attarder sur les phases d’échange, sur les moments pendant lesquels vous n’aviez pas d’idée, sur les positions peu claires qui vous ont fait choisir un coup simple plutôt que d’approfondir votre calcul.

Ce seront les moments clefs que vous analyserez en détail ultérieurement.

Enfin, et uniquement pour l’ouverture : vérifier ce qui peut être amélioré ou évité (Moteur d’analyse, database). Plus tard, s’attarder sur le raisons pour lesquelles vous n’avez pas joué le meilleur coups pendant cette ouverture.

Au cours d’un tournoi, il n’est pas utile d’en faire plus afin de garder confiance. En tout état de cause, afin de ne pas se dévaloriser : ne jamais se dire « Quel idiot de ne pas avoir vu ça !  » ou « La honte, avoir été battu par un joueur avec 200 elo de moins que moi !« , mais « Il a fait chaud dans la salle » ou « J’avais soif, je devrais prévoir une autre bouteille d’eau« .

Le moteur d’analyse a été utilisé uniquement pur vérifier les quelques premiers coups de l’ouverture.

Etape 3 : plusieurs jours plus tard.

« Un bon processus de réflexion qui abouti à un mauvais coup est pire qu’un bon processus de réflexion qui abouti à un mauvais coup !  »

Noël Studer

Avoir écrit les idées qui viennent à l’esprit juste après la partie sont essentiels.

Bien sûr l’aide d’un joueur plus fort que vous est la meilleur solution, mais sinon, c’est le moteur d’analyse qui sera la référence. D’autant plus qu’il est quasiment impossible (avec des journées de 24 heures) de revoir la partie, coup après coup, en y consacrant autant de temps que la partie elle-même. L’analyse de Stockfish permet de recaler l’évaluation qu’on ressent lors des moments critiques (je pense qu’il est utile de donner une évaluation sur chacune de ces positions ), puis de la comparer plus tard avec l’analyse d’un moteur (chaque moteur aura sa propre évaluation, il faudra donc se fier au même moteur à chaque fois).

La situation s’est décantée, vous pouvez aborder votre partie avec un œil nouveau. Il s’agit désormais, calmement et en prenant votre temps, de la revoir en envisageant les options que vous n’aviez pas développées (variantes et sous-variantes), ou de comprendre comment vous auriez pu éviter la perte d’une pièce ou le contrôle d’une case (colonne, diagonale).

Lorsqu’une position semble peu claire, il est utile de faire appel à une base de donnée et de rechercher des positions similaires jouées par des forts joueurs afin d’observer leurs décisions. Mais le plus important est malgré tout de comprendre pourquoi on est dans l’erreur. Si le calcul peut en être à l’origine, il est aussi possible que notre état d’esprit nous amène à prendre de mauvaises décisions. On pense être en retard ? on attaque à fond en prenant des risques. On pense être en avance ? On se relâche et l’adversaire reprend le dessus. Partie après partie, il est alors possible de dégager quelques défauts principaux.

Et enfin… : Stockfish, Komodo, Lc0 !! Lâchez la cavalerie. Régler la détection des erreurs en fonction de vos objectifs (à mon avis, un seuil de 0.66 à 0.75 points est probablement suffisant à petit niveau, 1 point si vous débutez). Surtout pour les débutants, si une erreur est dépistée tous les 4 à 5 coups, il faut sérieusement penser à revoir le processus de réflexion et travailler la tactique. Ou régler le seuil d’erreur sur une valeur un peu plus haute ! Inversement, si le moteur d’analyse ne détecte rien… affinez les options.

Etape 4 : le bilan.

Il est temps de se poser des questions. Avez-vous correctement évalué la position ? Aviez vous choisi un bon plan? ? Combien d’erreurs tactiques ? (pièce perdue ou tactique ratée, partie qui se prolonge alors qu’un mat en 3 coups était jouable). Il très important de verbaliser cette étape, de l’écrire.

Pour chaque partie, noter trois choses que vous avez apprises. Par exemple :

  1. Pour cette ouverture, l’échange des fous n’est pas à craindre.
  2. Dans des situations tactiques, ou désespérées, toujours regarder s’il est possible de mettre le roi adverse en échec.
  3. Dans une finale complexe R+P, il est parfois utile de bloquer un ilot de pions avant de déplacer son roi.

Repérez les failles dans votre processus de réflexion, diagnostiquez les tactiques ratées, les moments de la partie pendant lesquels vous avez été faibles (ouverture, milieu de jeu, finale). Puis, lorsque les parties de votre tournoi ont été analysées, ajustez votre programme d’entrainement en conséquence.

Il est utile de soumettre votre analyse finale à un joueur (au moins de votre niveau) afin de limiter des biais (récursivité). Par exemple : s’autoflageller pour ne pas avoir trouvé un mat en 5 coups (avec des variantes et sous-variantes compliquées), alors qu’un mat en 7 était possible avec une suite forcée plus simple. Les forums permettent de publier ces analyses, si tant est que quelqu’un y prête un œil attentif et bienveillant. C’est une arme à double tranchant.

Comme on peut le voir, une analyse sérieuse prend du temps. Pour un tournoi, c’est une bonne semaine de travail en perspective. Hors tournoi, vos parties longues en ligne (au moins des 30 minutes) méritent cet effort. Dans une moindre mesure, les parties plus rapides ne doivent pas être négligées.

Certes cette activité est chronophage, mais c’est pour cette raison qu’il y a si peu de Grand maitres !!

Stejpan nous développe tout ça sur Hanging Pawns : « How to detect and correct your middlegame mistakes » et « How to analyse chess games« 

Etape 5 : et après ?

Le gain, si gain il y a, est probablement sur le long terme. Dans la mesure où l’intérêt est finalement de se corriger, cela nécessite d’accorder son programme d’entrainement à ces analyses. En comptabilisant les types d’erreurs (tactique – offensive ou défensive, soucis visualisation, stratégie, finale – de tours, de pions -, ouverture – avec les blancs, les noirs -) on peut ainsi porter ses efforts sur les points faibles. De façon encore plus simple : trouver la dernière erreur qui vous fait perdre une partie. Faites-le sur au moins 10 parties et regardez ce qui s’en dégage.

Vous aussi vous analysez ? Dans quelle mesure cela vous a-t-il aidé à progresser ?

Concentration.


« Se concentrer n’est pas regarder fixement quelque chose, ni essayer de se concentrer !« 

Dire à quelqu’un : « Tu dois te concentrer !« , n’aboutit à rien. Ce n’est pas comme si on actionnait un bouton marche/arrêt. Et le meilleure façon de le faire en dehors d’une partie, est de s’entrainer avant.

D’abord s’équiper d’un chronomètre. ensuite, se créer une base de données « Positions d’entrainement » avec des positions intéressantes, curieuses, problématiques. Mais pas nécessairement difficiles. Piocher dans TWIC par exemple. Pourquoi pas nos parties, mais surtout des parties commentées car il faudra comparer vos idées avec la réalité. en fait, il faut repérer le moment ou cela bascule, ou celle dans lesquelles on a l’impression qu’un camp est meilleur alors qu’il perd la partie.

Puis, réfléchir à la position pendant 20 minutes (ou moins, l’essentiel est de s’y tenir strictement). Puis comparer le coup choisi avec la vraie partie ou l’ordinateur. Au début, les résultats seront décevants. Mais progressivement vous comprendrez vos lacunes et vous finirez  par analyser de plus en plus finement.

Il s’agira surtout de prendre l’habitude de s’assoir devant un échiquier, poser les pièces, réfléchir, donner sa solution et de la comparer avec la  source. Certes, on aura surtout l’impression de ne rien apprendre, mais le but est d’acquérir des compétences et non pas des connaissances. 20mn de ce genre d’exercice est tout aussi profitable qu’une partie d’une heure.

d’après « Chess for Zebras » (Jonathan Rawson)

Cela ressemble assez à la méthode Stoyko mise  en avant par Dan Heisman. Jonathan reste assez flou sur les détails. Notamment quand il précise que les positions peuvent être issues de The Week in Chess, alors qu’elles n’y sont pas commentées. Le bénéfice devrait se faire sentir sur le long terme. L’assimilation de connaissances stratégiques devrait aider quant à la compréhension du coup idéal joué ou recommandé. Jonathan précise bien, à la fin de son chapitre dédié à la concentration, que pour être précis, il faut surtout être très attentif sur les intentions de l’adversaire (et comme il l’analyse aussi dans ce chapitre : il faut surtout analyser 1 coup plus loin que son adversaire !)

Programme d’entrainement.


Petit retour sur le programme d’entrainement simplifié que j’ai évoqué ici, avec quelques idées qui me sont venues à l’esprit (si, j’en ai un peu).

Le rythme de 4 sessions à appliquer en boucle permet de revoir en fait des notions récentes qu’on aurait vite tendance à oublier si on se contente de les revoir avec des intervalles assez longs. Cela évite de bachoter sur la  tactique non-stop, en laissant les finales de côté (le truc rébarbatif souvent négligé probablement), ou en revoyant de façon épisodique les ouvertures qui ont été mal négociées.

Il est important je pense, si on désire utiliser ce programme, de bien le formaliser : un beau tableau Excel, imprimé et consultable à tout moment, tout en se donnant la peine de noter ce qui a été travaillé au jour le jour.

Le principe de 4 sessions permettant de travailler la tactique, les finales, la stratégie et les ouvertures, ainsi que les moments consacrés à des parties, est la base. La répartition à l’intérieur de ces 4 sessions est à moduler en établissant ses priorités. Une calculatrice permet ensuite de remplir le tableau avec quelques petites règles de trois en fonction du temps qu’on désire consacrer. Uniquement en préparant ce planning, on a déjà la sensation d’avoir gagné 10 points elo !

Lorsqu’il s’agit d’étudier, mettez sur papier avec quels documents/supports vous désirez apprendre afin de ne pas vous disperser. Un coup un vieux bouquin que vous avez ressorti de votre bibliothèque, un coup une vidéo, un coup un article sur un site, un coup une autre vidéo… pas bon tout ça à mon avis.

Mettez en place ce programme quand ce sera le moment. Si votre travail, votre vie de famille ou toute autre cause ne vous permettant pas de dégager suffisamment de temps pour le faire (1 heure est probablement un minimum), contentez vous des tactiques sur l’application Lichess (salle d’attente chez le dentiste pour déstresser, WC, pause après le déjeuner en entreprise, avant de s’endormir…). Commencez un lundi.

1 heure, pas facile à dégager sur votre emploi du temps ? Si votre mode de vie est réellement incompatible avec une approche raisonnée et durable, bien évidemment le niveau et l’envie que vous aurez à jouer risqueront de stagner. Et il n’y a rien à se reprocher, cela peut être un choix respectable tant que vous éprouver du plaisir à pousser du bois.

Mais si vous désirez vous accrocher un peu, et voir votre elo grimper de quelques dizaines de points (centaines ?), vous pouvez vous lever 15 minutes plus tôt, et faire l’impasse sur Netflix… Avoir ce programme d’entrainement déjà établi en amont permet aussi de gagner du temps (plutôt que de se dire : « Voyons, qu’est que je travaille aujourd’hui ? » ou « Qu’est ce que j’ai fait de ce bouquin acheté en 2007 ?« ) En outre, il vaut mieux, malgré tout, s’y consacrer 30 mn par jour que 2 heures tous les 4 jours. Prévoyez la durée de base en fonction du temps que vous pourrez y consacrer a minima. Rien ne sert de prévoir des tranches de 30 mn sur une session de 2 heures (soit 4 tranches de 30 mn), si vous savez à l’avance que vous ne pourrez pas y consacrer plus de 15 minutes d’un coup. Dans ce cas, revoyez votre programme à la baisse avec 4 tranches de 15 minutes par session. Et puis le jour, ou la semaine, où vous pourrez y consacrer un peu plus : foncez !

La façon de travailler est une autre histoire. Concentration, processus de réflexion, échec-capture-menace, mémorisation, analyse approfondie de parties (sans lancer Stockfish au bout de 3 secondes !), lectures des parties des très bons joueurs, courbes de progression, tenue d’un cahier de travail, gestion du stress.

Avant de vous lancer sur un programme, vous serez peut-être intéressé pour connaitre vos points forts et vos points faibles ? Tentez « Echecs : le test » (en anglais : Chess Exam and Training Guide) de Khmelnitsky, ou les tests de Dvorestky. A moins que vous tombiez sur « Testez vous aux échecs » de Franck Loheac-Ammoun (d’occasion toutefois).

 

Diagnostic tactique


Faites vous un petit tableau Excel (ou sur une simple feuille de papier, ou même dans votre journal de travail) et mettez un petit trait devant une des catégories suivantes à chaque fois que vous ratez un exercice tactique :

  • Mauvaise visualisation : qui vous empêche d’avoir un calcul exact. Comme une pièce adverse clouée sans tenir compte de cet avantage, ou lors de positions compliquées avec beaucoup de pièces dans un secteur de l’échiquier rendant ainsi la visualisation plus difficile.
  • Pas de recherche de tous les échecs possibles lors de la réflexion : et ceci pendant 1.5 coups minimum. En pratique, on peut se contenter de prendre en compte que le premier coup pour poser un trait. Sachant que si on n’envisage pas un échec comme réponse de l’adversaire, c’est peut être simplement dû à un soucis de visualisation ou une mauvaise prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier.
  • Pas de recherche de toutes les captures possibles lors de la réflexion : négliger aucune capture de pièce. Un simple pion capturé permet de laisser passer une tour victorieuse ou ouvre une diagonale vers le roque. Ne pas négliger non plus un sacrifice en se disant : « Ah bah.. non… là si je perd ma pièce, ça va plus » sans avoir réfléchit a minima 1.5 coups.
  • Pas de recherche de toutes les menaces possibles lors de la réflexion : un échec au roi, c’est une menace. Reste, après les calculs des captures, à envisager les menaces sur la dame, la tour, le cavalier, le fou…
  • N’aborde pas les coups candidats dans l’ordre échec-capture-menace : nécessite un peu d’introspection, mais afin d’optimiser le temps lors d’une partie, il semble essentiel de bien aborder la réflexion dans cet ordre.
  • Quiescence : on pense que la position est gagnante ou perdante, alors que des échanges sont encore possibles ou que des menaces sérieuses existent encore (d’un coté comme de l’autre).
  • Ne réfléchit pas au minimum jusqu’au 1.5 coup suivant : plutôt de l’impatience en fait ! on voit une capture d’une pièce non protégée mais la réponse adverse entraine un échec intermédiaire dévastateur.
  • Pas de prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier : normal quand on aborde un problème (contrairement à une partie pendant laquelle la connaissance de toutes les pièces sur l’échiquier est intuitive et progressive, coup après coup). Bien penser avant de réfléchir sur un exercice tactique à analyse la position : équilibre matériel, pions passés, sécurité des rois, avantages stratégiques, activité des pièces… enfin bref, la routine quoi ! Lors d’un exercice avec une finale de pions, bien regarder qui doit jouer en premier et bien s’imprégner du sens du jeu.
  • Mauvais calcul : mélange en fait d’un défaut de visualisation (empêchant souvent de réfléchir au delà de 2 à 3 coups, même sur des coups forcés), de mauvaise prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier, de quiescence, d’une non considération d’un échec intermédiaire.
  • N’envisage pas une position idéale : pas une erreur en soi, mais parfois un schéma tactique s’impose et on ne recherche pas à l’atteindre.

Liste non exhaustive, mais je pense qu’elle regroupe l’essentiel des défauts. Vous pouvez en rajouter d’autre ou en retirer.

Au fur et à mesure de vos exercices tactiques quotidiens, vous pourrez ainsi dresser le portrait robot de vos erreurs de réflexion. Attendez toutefois d’avoir une bonne centaines de problèmes ratés pour tirer des conclusions. Admettons que vous résolviez 70 % de vos problèmes, si vous en pratiquez 100 par jour, vous mettrez 3-4 jours à compléter votre tableau diagnostique (et bien sûr 6 à 8 jours si vous vous basez sur 50 problèmes quotidiens).

Vous pouvez cocher plusieurs catégories en même temps. Une position compliquée altère votre visualisation et votre cerveau s’affole sans aborder la situation sereinement (vous vous concentrez sur la position compliquée sans voir la tour de l’autre côté de l’échiquier qui pourrait débloquer le problème). Dans ce cas cochez le défaut de visualisation, la non-considération de tout l’échiquier, et par exemple le fait de ne pas avoir envisagé tous les échecs. Trois traits.

Si cette méthodologie est un peu lourde, elle a au moins l’avantage de bien faire prendre conscience des erreurs de base. Pour progressivement appliquer tout ça inconsciemment lors d’une partie. N’hésitez pas à vous replonger dans les quelques posts sur les processus de réflexion.

 

Confinement et jeu d’échecs


Oui, encore un confinement. D’ici quelques jours, quelques semaines… quelques mois ?

Les sorties en extérieur sont limitées (pas plus d’une heure quotidienne théoriquement pour dégourdir les papattes du chien, et vous êtes déjà allé chercher trois fois du pain). BFMTV tourne en boucle et vous avez débranché la télévision ? Même pas envie de la rallumer pour regarder votre 57ème nouvelle série en 4 mois, ou la saison 18 de La disparue de Broadchurch… Bref, l’ennui vous guette sournoisement.

Eh bien oui, le jeu d’échecs est votre ami !

Deux options : vous avez décidé d’apprendre ou vous vous demandez si ce n’est pas le moment de progresser pour être affuté lors de la reprise des tournois (après vous êtes inscrit dans un club).

Quoi qu’il en soit, cette activité est un excellent dérivatif.

  • Les multiples aspects de l’apprentissage sont un réel remède contre la monotonie.
  • La réflexion sur un problème tactique vous emmène dans la voie profonde de la méditation en pleine conscience (selon Lao Tseu… ou Matthieu Ricard, je ne sais plus).
  • Pour peu que vous contaminiez votre petite famille avec ce loisir, vous aurez fédéré d’autres humains dans une activité consensuelle non violente (le roi ne meurt jamais dans une partie d’échecs).
  • Internet vous permet de franchir les frontières : jouez contre un(e) Bolivien(ne) ou un(e) Azerbaïdjanais(e).
  • Le suivi en direct des grands tournois vous apportera des moments d’émotions (oui, bon, on en n’est pas encore sur une finale de coupe du monde de football, laissez-nous rêver un peu !).
  • Le classement sur les sites et votre niveau évalué à partir de la résolution de problèmes tactiques concrétiseront votre progression au fil du temps, rompant ainsi ce qui semble être une répétions immuable de jours sans fin.
  • Et puis, si vous le pouvez : jouez ou apprenez en musique, ce sera le moment de ré-écouter les tubes de votre jeunesse, ou les derniers hits de l’été 2020.

Vous êtes perdus devant cet univers qui s’offre à vous, tel Alice qui franchit le miroir ? Cliquez ici, ou , ou même à gauche de l’écran, ou tapez « jeu d’échecs » sur un moteur de recherche.

 

Tactique, toujours et encore.


Trois éléments entrent en compte dans la tactique : reconnaissance des schémas tactiques (les briques), le calcul et la visualisation (le ciment). Toutefois au cours d’un partie, il n’est pas rare de rater une attraction suivie d’une fourchette imparable. Que faire ?

Pistes pour travailler les schémas tactiques :

  • Exercices simples avec les schémas de base.
  • Sur ces positions de base, pas plus de 30-60 secondes par problème, arrêter au bout de 15-20 minutes ou quand vous butez sur 3-4 problèmes à la suite.
  • S’arrêter sur les raisons pour lesquelles vous n’avez pas résolu l’exercice : processus de réflexion, mauvaise considération des pièces sur l’échiquier, mauvais calcul au bout de 2 coups… etc
  • Continuer jour après jour (et sur plusieurs mois pourquoi pas), jusqu’à ce que vous puissiez passer moins de 15 secondes en moyenne par exercice.

Pistes pour travailler le calcul et la visualisation :

  • Utiliser les exercices tactiques d’un livre ou d’un site d’échecs.
  • Travailler 2 fois par semaine, 30-60 mn par session.
  • Repérer et calculer les coups forcés avant de proposer votre solution
  • Comprendre pourquoi on a échoué.
  • Éventuellement, écrire les variantes lors de la réflexion, et s’en affranchir progressivement.

La proportion de ces deux modes d’entrainement est à moduler selon vos faiblesses. Il est probable qu’un joueur débutant tirera profit de n’utiliser que la première méthode, pour petit à petit améliorer son calcul pur avec la deuxième méthode.  A chacun de trouver le bon équilibre.

 

Et après ?

 

Plus le niveau des joueurs augmente, moins ces joueurs sont sujets à perdre des pièces « bêtement » ou sur un coup tactique. Les considérations stratégiques prévalent sur leur plan de jeu et la tactique est le support de leurs idées. La tactique est autant une arme offensive (punir l’adversaire !) que défensive (restreindre les mouvements de l’adversaire). Bien évidemment l’entrainement passe par la résolution d’exercices tactiques, régulièrement et en plus ou moins grands nombres.

Le soucis de ces exercices est qu’ils se concentrent essentiellement sur l’aspect offensif (gain d’une pièce ou mat) alors que ces situations ne surviennent qu’assez rarement, et souvent sur la faute de l’adversaire. Et enfin : dans ces exercices, nous en connaissons déjà l’issue, alors que dans la vraie vie, le gain ou le mat ne nous est pas indiqué du tout !

Il faut donc savoir appliquer dans les parties ce qui est appris de façon théorique.

  1. Posséder un livre qui montre les bases (fourchettes, clouage, suppression du défenseur, mat(s), suppression du défenseur, etc.)
  2. Résoudre des exercices sur chesstempo, chess.com ou Lichess en y passant le temps nécessaire (ne pas céder au mirages du blitz !)
  3. Jouer des parties « lentes ». Les blitz sont assez utiles pour travailler les ouvertures, mais c’est tout. La tactique défensive survient rarement dans les premiers coups de la variante : il faut donc du temps pour les calculer.
  4. Commenter vos coups avec vos mots à vous (à voix haute, comme si vous deviez les expliquer à un GMI !)
  5. Comprendre pourquoi la solution n’a pas été trouvée, et créer un recueils de ces positions qui vous ont posé un problème.
  6. Jouer en solitaire des parties commentées : se mettre à la place du joueur (Kasparov, par exemple) deviner son coup, le comparer au votre et voir ainsi comment il arrive à exploiter les faiblesses de l’adversaire ou à déjouer ses armes tactiques.
  7. Même si jouer contre un ordinateur a ses limites, lutter contre un fort programme afin de détecter vis faiblesses (régler l’ouverture sur vos ouvertures habituelles, si vous en avez)

synthèse de deux articles de Bryan Castro sur le site Better Chess Training.

Tentez son article sur chessable : « Improve your tactics and become a beast at the chessboard.« 

 

Il est vrai qu’une accumulation de problèmes tactiques ne donnera probablement pas les résultats espérés. De la Maza y consacrait la plupart de ses journées, et Tikkannen avait déjà un niveau très enviable lui permettant de tirer un profit différent de celui acquis par un joueur plus modeste. La résistance et l’endurance sont deux piliers d’un entrainement sportif, mais ne suffisent pas toujours. Jouer à l’instinct grâce à la mémorisation de « patterns » donne un avantage au joueur qui a cette aptitude. Être capable d’obtenir un gain grâce à coup apparemment anodin aboutissant sur une tactique inattendue est également une arme redoutable. Bryan nous indique bien de pratiquer ces résolutions d’exercices suivant deux méthodes différentes (reconnaissance visuelle vs calcul), avec la troisième étape consistant à reprendre les parties commentée des grand maitres. J’y rajouterai peut-être les exercices de parties en aveugle, les exercices des carrés concentriques (de la Maza), et les outils de Fritz (sur une position : repérer des pièces non défendues, des pièces en prise, ou des pièces pouvant poser un échec). Écrire les variantes permet certainement d’ordonner son esprit et expliquer les coups à haute voix est quelque chose que j’ai déjà lu quelque part (Dan Heisman ?) Le choix du site est une affaire personnelle. Lichess permet d’avoir accès à une analyse et d’archiver facilement la position difficile par un simple copier/coller. Toutefois certains problèmes sont difficiles à comprendre car le gain ne semble pas immédiat et mériterait une explication stratégique.

 

 

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