ChessDojo Training Program : 1000-1500 elo


Après avoir donné ses étapes pour atteindre 1000 elo, Jesse continue de développer son programme. Celui-ci ne s’arrête pas à 1500 (il en est actuellement à présenter la tranche 1900-2000 au moment ou j’écris ces lignes), mais 1000-1500 correspond finalement plus au niveau visé par ce blog. Si, jusqu’à 1000 elo, le leitmotive c’est le matériel (garder ses pièces et en prendre à son adversaire), à partir de 1000 la notion de tempo doit être prise en considération (jouer utilement !). La progression à partir de 1000 va être plus intéressante, mais également plus lente.

Il faudra continuer à travailler les mats de Mr Polgar : jusqu’au numéro 1000 pour le niveau 1100, puis numéro 1470 pour 1200 elo – après le n°1470 les problèmes deviennent sensiblement plus compliqués- n° 1700 pour les 1300 elo, puis, on atteindra le problème n°2000 et enfin les mats en 3 coups entrent en jeu à partir du n°3719 jusqu’à 4000 pour atteindre les 1400 elo, et les joueurs visant les 1500 elo devraient atteindre le 3742eme mat en 3 coups des exercices de Mr Polgar.

On intégrera l’étude du livre de Battre Papa aux échecs (nombreux exemple de mats également) de Murray Chandler. Le Puzzle rush survival (sur chess.com) devrait atteindre 22 problèmes (28 pour des 1300 elo, 31 pour 1400 et 34 pour les joueurs désirant atteindre les 1500)

Les parties et les positions d’entrainement sont jouées entre joueurs de même niveau. Jesse aime bien faire travailler les finales 2F+R contre R. Bien sûr, c’est une situation qui n’arrive jamais, mais cela permet de s’habituer à la coordination entre ces deux pièces au cours d’une partie. Pour cette même raison, il faudrait aussi aborder les mats C+F+R contre R. Progressivement, jusqu’à 1400, les joueurs devront pratiquer les finales de tours un peu complexes. ChessDojo a une vidéo (à venir) avec une dizaine de positions qu’il conviendrait de bien travailler avec un partenaire d’entrainement, du côté blanc et du côté noir.

On continue à mémoriser des partie célèbres (toujours en se demandant pourquoi chaque coup est joué), et on continue d’analyser/annoter ses parties. Et pourquoi pas aussi sur des parties de joueurs moins forts (-1000 elo)

Jesse nous rappelle les grands principes des ouvertures qui suffisent pour le moment : ne pas bouger une pièce deux fois (sans en avoir bouger une autre entre deux), contrôler/occuper le centre, déplacer un pion n’est pas un coup de développement, sans oublier d’assurer la sécurité du roi. Si on tente d’appliquer tout ça, cela fait prendre conscience de cette notion de tempo évoquée plus haut

Afin de développer sa culture échiquéenne, Jesse recommande « The Modern chess Ideas » de Reti qui, au travers de plusieurs dizaines de parties explique un peu l’évolution des idées dans le jeu d’échecs.

Pour la stratégie c’est « Stratégie Gagnante » aux échecs de Seirawan, sans que soit précisé comment exploiter ce livre. « Simple Chess », de Michael Stean, est également évoqué par Jesse comme support de travail.

Pour les ouvertures, Jesse aborde des position caractéristiques que les joueurs rencontrent fréquemment dans leurs parties après 1. e4. Les joueurs de même niveau s’affrontent alors sur celles-ci un certain nombre de fois, tant du côté noir que du côté blanc. A partir de 1300, on peut évoquer des positions types d’ouvertures qu’il faudrait travailler contre ses partenaires d’entrainement. Il ne s’agira pas de retenir les coups par cœur par rapport à la théorie, mais bien de comprendre les notions de développement et de tempo.

Ce programme est faisable seul avec quelques adaptations, mais il serait mieux de le pratiquer avec des joueurs du même niveau (surtout dans des parties d’entrainement où les points de vue sont comparés). L’intérêt d’avoir des partenaires est qu’il est possible de discuter des lectures communes et des parties de références.

La quantité de travail augmentera sensiblement au fur et à mesure que le niveau progressera.

Les étapes et les seuils à franchir semblent être des minimum. Si, grâce à des tournois homologués, un joueur classé 1275 atteint les 1550 elo en deux mois (ou dans les parties en ligne dans le pire des cas…) et plus rapidement qu’il finit les taches décrites pour son niveau initial (1200-1300), tant mieux ! Il pourra alors travailler ce qui est prévu pour la tranche elo atteinte (soit 1500-1600) et laisser tomber lee programme qui était prévu pour son intervalle initial. Jesse nous informe que d’autres vidéo explicatives sur le contenu devraient sortir d’ici peu.

Allez sur les vidéos correspondant à votre elo afin d’avoir l’intégralité des explications (but english spoken !).

Le programme semble assez léger et moins contraignant que les modèles exposés par Kostya il y a un certain temps. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il faudra tout de même y consacrer un certain nombre d’heures par semaine.

Si vous n’avez pas de partenaire d’entrainement, Lucaschess est une solution de remplacement. Pratiquez quelques parties lentes afin d’évaluer votre elo de tournoi (>challenge >classement elo >elo de tournoi) tel qu’il est défini dans ce logiciel, rien à voir avec le vrai elo FIDE. Au bout de quelques parties, le logiciel qui vous fera affronter des moteurs aux aptitudes différents, vous attribue un elo « interne ». Vous pourrez alors choisir les quelques moteurs qui seront voisins de votre niveau afin de vous entrainer sur des positions particulières.

Le programme d’entrainement de ChessDojo.


Les trois compères de ce site, déjà évoqués sur « Les échecs sans peine », ont élaboré un programme qui inclue des bases indispensables. Il n’est pas obligatoire de s’y inscrire car tout est faisable chez soi, nous précise Jesse Kraii qui présente leurs idées selon le niveau. Leur philosophie :

  1. La pratique ne doit pas être négligée en faveur de l’étude
  2. Travailler en communauté, avec des partenaires de jeu
  3. Perdre est l’opportunité d’apprendre
  4. La maitrise nécessite un travail difficile
  5. Rester positif et avoir du plaisir

A noter qu’ils ont proposé un tableau de correspondance selon les modes de calcul : elo, chess.com rapide et Lichess classique. Leur premier niveau s’adresse aux débutants qui savent déjà déplacer et capturer les pièces (0-400 elo), soit les moins de 1100 sur les parties classiques de Lichess. En gros, c’est le passage à la ceinture jaune ! Ensuite plusieurs étapes sont proposées. Je reviendrai sur les étapes de 0-1000 et pour 1000 à 1500 (le niveau plutôt visé sur les Échecs sans peine).

Plusieurs choses toutefois.

  1. Le joueur doit avoir une structure de référence. A force de chercher tout et rien sur internet, de nombreux joueurs (et surtout depuis le confinement !) ont eu tendance à grappiller de nombreuses informations pas toujours utiles. Chessdojo a mis au point une liste de tâches à accomplir. Chaque niveau a son programme et quand ce niveau est atteint, on peut passer à autre chose. En d’autre termes : il ne sert à rien de travailler ce qui ne correspond pas à son niveau.
  2. Le principe du plus-moins-égal. L’entrainement peut être hiérarchisé. De forts joueurs qui vous forment, plusieurs joueurs de votre niveau avec lesquels vous travaillez, et d’autres joueurs avec lesquels vous aurez à expliquer ce que vous avez appris. Il semble essentiel d’avoir des partenaires contre lesquels vous allez pouvoir jouer des parties, des positions d’ouvertures, de milieu de jeu, ou des finales. Cela permet de créer un esprit de compétition vous forçant à vous élever au dessus du lot.
  3. Ce n’est pas nouveau : le progrès aux échecs passe impérativement par l’analyse de nos parties, même si c’est un processus difficile et compliqué. L’analyse peut être réalisée lors d’un tournoi et si cela n’est pas possible il faut alors se faire aider par les partenaire du groupe d’étude. Plus important que de longues variantes : le texte qui l’accompagne (mettre des mots sur des idées).
  4. Enfin, et cela peut rebuter certains joueurs : il est obligatoire de jouer des parties longues !!! Certes pourquoi pas des blitz pour s’amuser. Mais la progression passera par l’habitude de jouer des parties de plus en plus longues (90’+30″). Même si l’objectif d’un joueur est de devenir un champion de blitz, il ne peut pas échapper à une compréhension du jeu qui ne peut s’acquérir que par ce type de parties. Il est souvent paradoxal d’entendre des joueurs dire qu’ils n’ont pas le temps de jouer des parties de 2 à 3 heures, alors qu’ils passent autant de temps à blitzer !

A vous de voir si suivre par vous même vous intéresse en vous inspirant de leur philosophie, ou si vous voulez vous y inscrire (je n’ai pas de commission de leur part !). On pourra remarquer que le coût sur un an est de 100$ (soit environ 95€). Je détaillerai ultérieurement les différentes présentations réalisées par Jesse Kraii.

Optimiser le temps d’entrainement


Dan Heisman a une petite théorie sur la façon dont on lit des parties commentées

En général, ce n’est pas la vitesse d’étude d’un partie ni le nombre de parties que vous étudiez qui sont essentiels pour optimiser l’entrainement. Ce qui est essentiel, c’est essayez d’apprendre plus par unité de temps que par unité de partie.

Travailler les parties célèbres ou de GM serait facile si :

  • Il n’y avait qu’une petite quantité de bonnes parties annotées à étudier
  • on était immortel et le temps n’est pas un problème

Cependant, le nombre de parties bien annotées – avec des auteurs aux points de vue différents mais instructifs – est assez grand, même si vous vous limitez à des anthologies instructives pour optimiser l’apprentissage.

Les économistes ont un principe appelé rendements décroissants . Cela signifie que dans certaines entreprises, vous pourriez atteindre un point où le montant des avantages que vous retirez de faire quelque chose commence à diminuer au fur et à mesure que vous le faites.

Aux échecs, c’est également vrai : vous obtenez généralement de très bons retours dès les premières minutes que vous passez à analyser une position, mais, en raison de plusieurs facteurs, analyser autant de minutes supplémentaires après avoir déjà analysé la position pendant une heure sera généralement pas autant profitable (par exemple, les minutes 0 à 5 donnent plus d’informations que les minutes 60 à 65 pour étudier la même position).

Supposons qu’à chaque fois que vous parcourez une partie, vous obtenez 50 % des informations que vous ne connaissiez/compreniez pas auparavant en lisant celle-ci. Parcourir une partie vous donnera 50 % (1/2) de ce que l’auteur essaie de vous communiquer, deux fois 75 % (3/4), trois fois 87,5 % (7/8), et ainsi de suite. Il est donc clair que chaque fois que vous en apprenez davantage, mais que vous obtenez des rendements décroissants à chaque session.

Cela signifie que si vous lisez 50 parties trois fois chacune, vous obtenez un total de 87,5 % * 50 = 43,75 « unités d’apprentissage » pour vos 150 parties lues, mais si vous venez de lire 150 parties différentes, vous obtenez 50% * 150 = 75 de la même unité puisqu’il n’y a pas de rendement décroissant. Avec ces hypothèses (certes non prouvées scientifiquement), cela représente environ 70 % d’apprentissage en plus dans le même laps de temps.

De même, supposons que parcourir une partie en 20 minutes vous rapporte 30% de ce que l’auteur essaie de vous apprendre, mais 40 minutes ne vous rapportent que 45% (puisqu’étudier la partie de plus en plus en détail obtient généralement – mais pas toujours – des rendements décroissants ). Ensuite, lire 500 parties pendant 40 minutes chacune (20 000 minutes) donne 500*0,45 = 225 unités d’apprentissage, tandis que lire 1 000 parties à 20 minutes chacune (les mêmes 20 000 minutes) donne 1 000*0,3 = 300 unités d’apprentissage. (j’avoue ne pas voir repris tous ces calculs, mais on peut imaginer que Dan ne s’est pas trompé !)

Quand Dan Heisman a commencé ce système, il a utilisé ces idées pour lire environ 2 000 parties de maître annotées en environ 3 ans. Il a sauté toute partie de l’analyse qui n’était pas amusante, se concentrant sur ce que le commentateur a écrit sur la position, afin de maximiser son apprentissage par unité de temps. Récemment, il s’est chronométré à environ 8 minutes par partie, mais il est sûr qu’il était un peu plus lent quand il a commencé.

La lecture de nombreux auteurs différents l’a aidé à développer une « conscience des échecs ». Cela a plutôt bien fonctionné, car il est passé de non classé à 1900 en deux ans (juillet 1966 à juillet 1968) puis à 2000 en trois ans (en septembre 1969).

Bien sûr, il a fait beaucoup d’autres choses que simplement lire des parties annotées : jouer dans tous les tournois possibles, rejoindre un club d’échecs, revoir ses parties avec des joueurs compétents, rechercher même ses parties rapides dans MCO-10 pour s’assurer qu’il ne referait pas encore et encore la même erreur. Ce sont toutes des étapes importantes. Mais il est clair que lire ces nombreuses parties de grand joueurs annotées a été un élément clé de son développement. Et, en discutant de son expérience avec d’autres forts joueurs, beaucoup d’entre eux ont également obtenu une progression importante en jouant de nombreuses parties annotées, à une vitesse ou à une autre. Ce n’est peut-être pas aussi important que de « traîner avec de forts joueurs forts en parlant d’échecs avec eux » ou même de pratiquer la répétition de tactiques faciles, mais c’est l’une des choses les plus importantes que vous puissiez faire.

D’après « Maximize Learning per Unit Time » de Dan Heisman.

On remarquera que l’équipe de ChessDojo préconise l’apprentissage de parties remarquable dès le départ du parcours échiquéen d’un joueur débutant, mais pas avec autant de parties. J’évoquerai bientôt leurs idées qu’ils expose dans quelques vidéos. On peut aussi se demander si cette hypothèse de rendement décroissant peut être appliqué en tactique : est-il plus intéressant de faire défiler les problèmes les uns après les autres, façon blitz, plutôt que d’y consacrer 15 minutes quand la solution n’est pas évidente ?

Graines de violence (et feedback tactique)


Aucun joueur d’échec n’ignore que la tactique est essentielle pour la bonne conduite d’une partie. Elle permet de mater le roi adverse, de gagner une pièce, d’obtenir un avantage stratégique. C’est un vaste domaine qui commence à la simple capture d’une pièce non protégée, et qui finit au mat final, en passant par des échanges complexes ou le gain d’une pièce au bout de plusieurs coups dans une suite forcée. Plus de 99% des parties de niveau inférieur 1400-1500, selon Dan Heisman, présente à un moment ou à un autre la possibilité de gagner une partie grâce à la tactique. Faites donc vos statistiques avec vos dernières parties lentes de tournoi . Il faut donc sortir ses antennes et repérer le moment où il va être temps de faire chauffer ses neurones, sans y consacrer trop de temps, si on désire acquérir un gain substantiel amenant à la victoire. Les indices sont multiples :

  • Pièce pas ou mal protégée : plus d’attaquants que de défenseurs, un des défenseurs est le roi, des pièces lourdes protègent une pièce attaquée par des pièces mineures
  • Pour les blancs : 7 ou 8eme rangée mal contrôlée par l’adversaire ou pion blanc sur la 6ème ou 7ème rangée
  • Alignement de pièces importantes sur la même colonne, rangée, ou diagonale
  • Pièce clouée ou cible potentielle d’un clouage
  • Roi encore sur sa case avec un centre ouvert
  • Retard de développement
  • Concentration de pièces supérieure à l’adversaire dans un secteur de l’échiquier (surtout devant un roque).

Bien sûr, le coup tactique qui amène sur une suite forcée devra être privilégiée. Il faudra être également au point sur la trilogie échec-capture-menace (dans cet ordre). Encore plus dans les situation où un gain tactique se profile, le calcul ne devra pas s’arrêter trop tôt, au risque de passer à côté du bon coup ou d’aboutir sur une contre-attaque dévastatrice. Se rappeler qu’un avantage tactique est toujours supérieur à un avantage positionnel : ne pas éliminer une capture sous prétexte que cela donne des pions doublés ou qu’un cavalier se retrouve sur la colonne h, loin du centre. Inversement, sacrifier une pièce sous prétexte que cela affaiblit un roque ou ouvre une colonne reste assez délicat si la suite n’est pas précisément calculée.

De façon plus générale, trois grandes situations :

  1. L’adversaire fait une menace tactique (ou un échec ou une capture), qui ne peut pas être contrée, ou qui peut l’être, mais qui est manquée/non détectée. Une tactique ne peut pas être contrée souvent parce qu’on a mal évalué la dangerosité du coup de l’adversaire. Le processus de réflexion doit être travaillé. Ensuite, il est probable que la menace tactique puisse être contrée ; le calcul devrait nous aider.
  2. Il n’y a pas de menace tactique, mais le joueur fait un mouvement hasardeux, ce qui permet à l’adversaire d’avoir une tactique. C’est ce qui, malgré une position supérieure, entraine le joueur avec un avantage vers la défaite. A petit niveau, il est certainement plus profitable de travailler cet aspect que d’ingurgiter l’intégralité d’un livre sur la stratégie.
  3. En raison d’un zwischenzug inapproprié ou d’une tactique ratée, le joueur inattentif qui doit jouer se retrouve avec la tactique restante du coup précédent (et parfois avec deux pièces en prise).

Malgré tout, lors de l’analyse d’une partie, on découvre une tactique qui aurait pu nous faire gagner la partie plus rapidement, ou on en est encore à se demander comment on a pu laisser notre dame se faire capturer aussi facilement ! Il est temps de revoir la liste ci-dessus et de noter les éléments qui n’ont pas été pris en compte. Et de les intégrer de façon plus précise lors de nos prochaines parties.

Tentez les vidéos de Dan Heisman sur ce sujet (en anglais et malheureusement avec une qualité sonore perfectible, heureusement l’option sous-titrage peut aider), ou les explications de Marc Quenehen.

Le minimum peut faire le maximum


Comme moi, vous êtes probablement un peu perdus face à l’ampleur du travail : Yusupov propose pas moins de 72 leçons à maitriser pour un niveau 1500-1600 elo !). La mise en place d’un plan d’entrainement est complexe et l’astreinte qu’il impose est difficile à supporter. Si on y ajoute les 100 exercices tactiques (ou plus !) quotidiens à la sauce Woodpecker (aussi intéressants et bénéfiques soient-ils) qui nous prennent 1h par jour… Bref, on ne voit plus la famille, le chien n’a plus sa promenade quotidienne, et vous n’êtes pas loin du burn-out. Mais pas question de lâcher la rampe !!

La tactique : peut-être en faire un peu moins (une dizaine d’exercices) ou en faire moins longtemps, mais en étant vigilant sur la résolution. Chaque exercice raté devra être correctement analysé afin d’en comprendre les raisons. De quelques dizaines de secondes par exercice, jusqu’à quelques minutes, disons 15-30 minutes par jour selon votre cadence de résolution.

Jouer : les 60+10 (ou plus) sont difficiles à insérer dans votre vie quotidienne, surtout avec l’analyse derrière. Une 15+10 hebdomadaire, bien que déjà rapide, peut suffire, à condition de bien prendre son temps à chaque coup (appliquez vous sur le processus de réflexion, tant pis si vous perdez au temps). Blitz et bullets, en tant qu’entrainement, permettent de tester les ouvertures, mais à limiter de toute façon. Une 15+10 dure environ 40-45 minutes sur 40 coups, reste l’analyse ensuite. Toutefois, à l’approche d’un tournoi, se recaler sur des parties plus longues (60+30).

Analyse : après chacune de ces parties (sauf les blitz et les bullets), survolez celles-ci. Vous découvrirez peut-être des choses que vous n’aurez pas abordées pendant la partie. Testez le coup que vous n’avez pas osé jouer, ou vérifiez si votre coup prophylactique était justifié. Essayez de comprendre pourquoi vous avez perdu une pièce ou comment vous n’avez pas pu échapper à un mat en deux coups. Et lancez le moteur d’analyse ensuite. Après, examiner les points suivants :

  • A quel moment l’ouverture est-elle sortie de la théorie ? Qui avait l’avantage ?
  • Si vous avez gagné : quand auriez vous pu, le plus tôt possible en milieu de jeu, consolider votre avantage ?
  • Si vous avez perdu, quelle est la dernière faute qui a causé votre perte ?
  • Si vous repérez (grâce au moteur d’analyse) que vous avez perdu quelques dixièmes de points sur trois à quatre coup (d’où une dégradation de la position), essayez d’en trouver la raison (stratégique, processus de réflexion, autre ?)

Travailler ces éléments simplifiera probablement la tâche au lieu de se poser des question existentielles sur chaque coup. Cela ne devrait pas prendre plus de 15-30 minutes après chaque partie.

C’est la version light ! Une réelle analyse peut prendre autant de temps que la partie elle-même.

En complément selon votre disponibilité :

  1. Lisez des parties commentées et les jouer sur un échiquier (un vrai) pour s’imprégner de la stratégie et du jeu positionnel. Développer toutes les variantes n’est pas obligatoire.
  • Logical Chess : Move By Move (Chernev)
  • Understanding Chess Move by Move (Nunn) : avec une édition française qui semble être prévue en 2022.
  • L’art du combat (Bronstein) : les parties commentées du tournoi des candidats de Zürich (1953)

2. Complétez vos connaissances théoriques avec Yusupov (par exemple), ou en travaillant un livre en particulier.

3. Sans y attacher trop d’importance, jeter un coup d’œil sur les ouvertures afin de ne pas être pris au dépourvu face à certains gambits, de ne pas tomber dans des pièges, ou comprendre comment votre fou est toujours enfermé au 10eme coup.

4 Ne pas négliger les finales.

5. Inclure des phases de révision.

Et tenez à jour votre journal quotidien afin de réviser ce qui ne va pas.

Le bilan

  • 15 minutes de tactique quotidienne, du lundi au vendredi : 1h15 minutes
  • 1 partie 15+10 par semaine : 45 mn
  • 15 minutes d’analyse par partie : 15 mn

Avec un total de 2h15 sur 5 jours, cela donne moins de 30 minutes par jour. 30 minutes c’est 2 fois 15 mn (15 mn au cours de la pause du midi ou en mettant le réveil 15 mn plus tôt), sauf pour la partie bien sûr ! A vous de voir ensuite comment vous complétez ou pas votre travail. Cours dans votre club ou avec un coach, tournoi en ligne ou parties par correspondance, tournoi homologué le week-end (souvent sur trois jours hors période estivale, sinon c’est sur une semaine), théorie dans des livres. Attention : visionner une vidéo c’est du loisir, ce n’est pas travailler les échecs.

A comparer avec l’accumulation quotidienne de 1h de blitz.

Bon courage !