Soyez dynamiques !


« Une armée moins nombreuse peut vaincre un ennemi numériquement supérieur si elle peut briser le côté le plus faible de l’ennemi.« 

De qui est cette phrase ? Lao-Tseu ? Napoléon ? Sun-Tzu ? Jules César ?

Non, Kasparov quand il évoque les notions de dynamisme et d’initiative.

Vous avez une position dynamique si :

  • Vos pièces sont bien coordonnées
  • Vous contrôlez un maximum de cases
  • Vos pièces sont en mesure de porter des attaques
  • Vos pions ne sont pas bloqués.

D’après The Zugzwang Method (Daniel Muñoz)

Plan, ouverture et structure de pions


Souvent, apprendre une ouverture consiste à mémoriser une suite de coups. Et la tache semble aussi ingrate qu’impossible, d’autant plus que pour des joueurs de petit niveau, les suites théoriques sont rarement rencontrées. Soit parce que notre adversaire joue un coup probablement moins fort que prévu et qu’on ne sait pas exploiter, ou, au contraire, il joue la variante toxique qui nous met dans le rouge immédiatement. Cela nous sort de notre répertoire très rapidement. Sans plan, sans compréhension de la position, la partie se résume à une série d’escarmouches ou à une partie de ping-pong !

Il semble qu’il soit utile d’articuler la compréhension d’une ouverture sur des parties modèles de grands maitres affrontant des joueurs de niveau inférieur (-100 à -150 elo), sur l’apprentissage de tabias (suite de coups correspondant à la variante principale, c’est à dire la plus souvent jouée à haut niveau) et sur la reconnaissance de structures de pions.

De la structure de pions découle le plan qu’il conviendra d’aborder. Si les notions de colonne ouverte, de cases fortes et des autres subtilités stratégiques sont souvent assez bien comprises, elles deviennent plus difficiles à intégrer en fonction des autres éléments de la position.

Afin d’étudier sereinement une ouverture, il conviendrait de :

  • connaitre les tabias des différentes variantes et les plans associés
  • connaitre les structures de pions qui y sont rattachées
  • avoir quelques parties modèles
  • éventuellement connaitre les pièges et autres subtilités tactiques qui peuvent apparaitre

La maitrise de ces éléments permet donc d’avoir un avantage sur son adversaire.

D’après Understand your opening using tabiyas, pawn structures, model games and typical tactics

« Les structures de pions » de Mauricio del Flores semble être une référence (traduit en français).Travailler la structure liée à l’isolani serait la première étape car elle se rencontre fréquemment : le pion dame isolé (Isolated Queen Pawn = IQP, ou isolani). Mais ensuite, il conviendra de travailler d’autres structures : la structure Carlsbad, les pions pendants et les centres fermés (colonne d et e). De façon plus pragmatique, vous pouvez aussi travailler directement les structures que vous rencontrez dans vos ouvertures préférées.

Et si on apprenait d’abord la stratégie ?


Sur ChessMichel.com (rien à voir avec ChessMI), Michel évoque un « manifeste stratégique pour joueur d’échecs » écrit par Darko Anic.

Vous avez l’impression de suivre les dogmes de l’apprentissage en jouant les parties des GMI, en avalant des tonnes de tactique quotidiennement, en travaillant les meilleurs bouquins de a à z ? Et pourtant vous ne progressez pas !

Il est temps de bien reconsidérer les impératifs d’une ouverture, de comprendre l’importance des structures de pions et de l’activité des pièces (bien évidemment après avoir assuré la sécurité du roi), et de bien évaluer l’intérêt des échanges.

Mais face à la complexité d’une partie, surtout quand la position est difficile et qu’on se retrouve en zeitnot, on finit pas faire de la micro-gestion.

Bref, ne pas oublier que la tactique est au service de la stratégie !

Faut bien reconnaitre que c’est un peu à contre courant de la méthode woodpecker et des puzzles rushes ! Et que malgré tout s’intéresser de près à la structures de pions, même pour un débutant, ne peut pas être complètement inutile. Il est même probable qu’il est plus profitable d’apprendre par cœur des plans selon ces structures que d’apprendre des ouvertures par cœur.

Par contre, en tenant compte du fait que c’est la maison d’édition Olibris qui est à l’origine de ce document modeste de 14 pages et que Darko Anic propose sur Olibris des cours de stratégie en ligne, on ne peut écarter l’intention publicitaire de cette démarche. Ce qui gâche un peu le propos.

La stratégie nécessite de la réflexion, la tactique nécessite de l’observation

Stratégie et jeu positionnel.


En parcourant de temps en temps « Build up your chess » (the Fundamentals), je me suis rendu compte qu’il y avait des chapitres destinés à la stratégie et d’autres au jeu positionnel. D’où mon questionnement : est-ce qu’un livre sur la stratégie parle de la même chose que du jeu positionnel aux échecs ? En effet les deux notions semblent assez proches.

Qui dit jeu positionnel dit… position !

Et comment évalue-t-on une position ? en regardant les points suivants :

  1. Le matériel : simple calcul selon la valeur des pièces.
  2. L’espace : nombre de cases dont vous disposez pour déplacer librement vos pièces entre vos pions et votre première rangée. Souvent estimé de façon visuelle.
  3. Activité des pièces : si vous avez un mauvais fou (si on résume : fou bloqué par les pions de son camp), un cavalier qui n’a aucune case pour se déplacer, et deux tours encore sur leur case de départ et avec aucun pion devant elles, on ne peut pas dire que vos pièces soient actives.
  4. Contrôle du centre : grâce à son occupation matérielle par des pions ou des pièces, et grâce au contrôle que vous pouvez avoir sur celui-ci, dès le départ de la partie. Secondairement, selon la situation, en optimisant la centralisation de vos pièces
  5. Structure de pions : il vaut mieux avoir le plus possible de pions liés entre eux.
  6. Sécurité du roi : il ne suffit pas seulement qu’il soit bien à l’abri derrière ses pions après avoir roqué à côté de sa tour, encore faut-il que les pièces adverses n’y dirigent pas leurs attaques.

Si on retire le point 1, on se rend compte que ce sont essentiellement des notions de placement de pièces qui sont prises en compte. On peut avoir exactement le même nombre de pièces et avoir une position plus ou moins avantageuse que son adversaire.

On oppose classiquement un jeu positionnel (plutôt lignes fermées) à un jeu tactique (plutôt avec des lignes ouvertes). Toutefois, si on excepte une erreur grossière de l’adversaire aboutissant à un gain tactique, c’est souvent une maitrise du jeu positionnel qui aboutit au gain d’une partie, l’adversaire étant parfois obligé de « sacrifier » une pièce (ou simplement un pion) s’il veut poursuivre la partie avec un minimum de chances de renverser la situation.

De l’évaluation de la position va émerger des choix stratégiques : exploiter une case forte, gagner de l’espace, attaquer un roque, attaquer sur une aile, renforcer le centre, aller occuper une 7eme rangée.

La stratégie sans tactique est le chemin le plus lent vers la victoire. La tactique sans stratégie est le bruit de la défaite.

Les conseils de Todd (2)


Le moment fatidique arrive : il va falloir (ou pas) capturer ou se laisser capturer une pièce.

  1. ÉCHANGE

Le but d’un échange est multiple :

  • Gagner un temps
  • Ouvrir/fermer une colonne (diagonale ou colonne)
  • Éliminer un défenseur
  • Pour toute autre raison que vous jugez valable !

Il est intéressant d’échanger :

  • Quand vous avez un avantage matériel : échangez les pièces mais pas les pions.
  • Quand vous avez moins d’espace que votre adversaire.
  • Quand vous subissez une attaque (surtout les dames !)
  • Quand cela simplifie une position à votre avantage (notamment dans une finale)

Il n’est pas intéressant d’échanger :

  • Quand vous avez un retard matériel (mais capturez les pions, ces futurs candidats à la promotion)
  • Quand vous avez plus d’espace
  • Quand vous attaquez
  • Quand cela arrange l’adversaire

2. CAPTURE

Quand il y a plusieurs captures, commencez à prendre avec la pièce la plus faible (si c’est possible). N’hésitez pas à modifier l’ordre des captures quand la position est complexe et que vous ne trouvez pas comment faire.

3. DÉCOMPTE

On ne le répétera jamais assez : comptez toujours combien il y a d’attaquants et de défenseurs. Autant pour les pièces que pour les cases. S’il y a plus d’attaquants que de défenseurs : la pièce peut être capturée ou la case contrôlée. Se méfier toutefois lorsque des pièces de différentes valeurs s’échangent. Une dame, aussi bien protégée soit-elle, est malgré tout en danger si elle est attaquée par un pion ! Vérifiez bien l’ordre des captures.

D’après Chess Strategy Workbook (Todd Bardwick)