Je n’ai pas le temps.


Il faut bien admettre que consacrer à notre jeu au moins une heure quodienne de façon efficace relève parfois du défi. La vie de famille, le boulot, les amis, [ajoutez ici ce que vous voulez]… Voici quelques pistes pour dégager des instants précieux.

Avoir un programme d’entrainement ne vous fait pas gagner du temps, mais cela optimise la façon dont vous l’utilisez ! Anticiper les exercices et le contenu de la séance, avoir une trace du travail précédent évite de revoir une même variante d’ouverture ou de rechercher la bonne page d’un bouquin.

Exploitez chaque moment : merci aux applications du téléphone (ou de la tablette) qui vous permettent désormais d’avoir accès à votre site préféré à chaque instant. Bref… que ce soit aux WC, sur une aire d’autoroute, avant de vous endormir, ou en remplacement de la pause cigarette (ah, oui : arrêtez les addictions tabagiques !), vous n’aurez plus d’excuses. Six fois dix minutes égalent une heure.

Choisissez le Cloud !!! Pas de logiciel sur votre ordinateur. Stockez tout sur Google Drive et mettez votre planning d’entrainement sur Google Agenda. Mettez vos parties dans les études que vous aurez créées sur Lichess. Exploitables en tout lieu dès que vous aurez un accès internet.

Optez pour une liseuse : toute votre bibliothèque dans quelque chose trois à quatre fois plus plat qu’un livre de poche. Et cerise sur le pompon : les livres d’échecs version Kindle (pour Amazon) sont en général moins chers que leur version papier. Autre avantage de la liseuse : le dictionnaire anglais-français intégré. Si vous hésitiez à franchir le pas dans la lecture des livres anglais : foncez.

A défaut d’un cahier d’entrainement, ayez un carnet d’entrainement que vous glisserez dans une poche de votre manteau ou votre valise. Investissez dans un jeu de voyage qui vous suivra partout. Mieux : développez le jeu en aveugle : plus besoin d’échiquier pour suivre une partie ou les variantes d’un problème tactique.

Après : avancez votre réveil de 15-30 minutes, limitez Facebook (Insta… Tik-Tok… Tweeter…), débranchez CNews et BfmTV. Et je ne vous parle même pas de Netflix (oui, bon… the Queen’s Gambit à la rigueur !)

S’il vous est difficile de dégager une fois par semaine un créneau d’une heure pour jouer une partie lente en ligne ou contre un moteur… tentez L’art de la négociation en famille (ou tout autre livre de ce genre). Là, je ne peux rien pour vous.

Programme d’entrainement.


Petit retour sur le programme d’entrainement simplifié que j’ai évoqué ici, avec quelques idées qui me sont venues à l’esprit (si, j’en ai un peu).

Le rythme de 4 sessions à appliquer en boucle permet de revoir en fait des notions récentes qu’on aurait vite tendance à oublier si on se contente de les revoir avec des intervalles assez longs. Cela évite de bachoter sur la  tactique non-stop, en laissant les finales de côté (le truc rébarbatif souvent négligé probablement), ou en revoyant de façon épisodique les ouvertures qui ont été mal négociées.

Il est important je pense, si on désire utiliser ce programme, de bien le formaliser : un beau tableau Excel, imprimé et consultable à tout moment, tout en se donnant la peine de noter ce qui a été travaillé au jour le jour.

Le principe de 4 sessions permettant de travailler la tactique, les finales, la stratégie et les ouvertures, ainsi que les moments consacrés à des parties, est la base. La répartition à l’intérieur de ces 4 sessions est à moduler en établissant ses priorités. Une calculatrice permet ensuite de remplir le tableau avec quelques petites règles de trois en fonction du temps qu’on désire consacrer. Uniquement en préparant ce planning, on a déjà la sensation d’avoir gagné 10 points elo !

Lorsqu’il s’agit d’étudier, mettez sur papier avec quels documents/supports vous désirez apprendre afin de ne pas vous disperser. Un coup un vieux bouquin que vous avez ressorti de votre bibliothèque, un coup une vidéo, un coup un article sur un site, un coup une autre vidéo… pas bon tout ça à mon avis.

Mettez en place ce programme quand ce sera le moment. Si votre travail, votre vie de famille ou toute autre cause ne vous permettant pas de dégager suffisamment de temps pour le faire (1 heure est probablement un minimum), contentez vous des tactiques sur l’application Lichess (salle d’attente chez le dentiste pour déstresser, WC, pause après le déjeuner en entreprise, avant de s’endormir…). Commencez un lundi.

1 heure, pas facile à dégager sur votre emploi du temps ? Si votre mode de vie est réellement incompatible avec une approche raisonnée et durable, bien évidemment le niveau et l’envie que vous aurez à jouer risqueront de stagner. Et il n’y a rien à se reprocher, cela peut être un choix respectable tant que vous éprouver du plaisir à pousser du bois.

Mais si vous désirez vous accrocher un peu, et voir votre elo grimper de quelques dizaines de points (centaines ?), vous pouvez vous lever 15 minutes plus tôt, et faire l’impasse sur Netflix… Avoir ce programme d’entrainement déjà établi en amont permet aussi de gagner du temps (plutôt que de se dire : « Voyons, qu’est que je travaille aujourd’hui ? » ou « Qu’est ce que j’ai fait de ce bouquin acheté en 2007 ?« ) En outre, il vaut mieux, malgré tout, s’y consacrer 30 mn par jour que 2 heures tous les 4 jours. Prévoyez la durée de base en fonction du temps que vous pourrez y consacrer a minima. Rien ne sert de prévoir des tranches de 30 mn sur une session de 2 heures (soit 4 tranches de 30 mn), si vous savez à l’avance que vous ne pourrez pas y consacrer plus de 15 minutes d’un coup. Dans ce cas, revoyez votre programme à la baisse avec 4 tranches de 15 minutes par session. Et puis le jour, ou la semaine, où vous pourrez y consacrer un peu plus : foncez !

La façon de travailler est une autre histoire. Concentration, processus de réflexion, échec-capture-menace, mémorisation, analyse approfondie de parties (sans lancer Stockfish au bout de 3 secondes !), lectures des parties des très bons joueurs, courbes de progression, tenue d’un cahier de travail, gestion du stress.

Avant de vous lancer sur un programme, vous serez peut-être intéressé pour connaitre vos points forts et vos points faibles ? Tentez « Echecs : le test » (en anglais : Chess Exam and Training Guide) de Khmelnitsky, ou les tests de Dvorestky. A moins que vous tombiez sur « Testez vous aux échecs » de Franck Loheac-Ammoun (d’occasion toutefois).

 

Confinement et jeu d’échecs


Oui, encore un confinement. D’ici quelques jours, quelques semaines… quelques mois ?

Les sorties en extérieur sont limitées (pas plus d’une heure quotidienne théoriquement pour dégourdir les papattes du chien, et vous êtes déjà allé chercher trois fois du pain). BFMTV tourne en boucle et vous avez débranché la télévision ? Même pas envie de la rallumer pour regarder votre 57ème nouvelle série en 4 mois, ou la saison 18 de La disparue de Broadchurch… Bref, l’ennui vous guette sournoisement.

Eh bien oui, le jeu d’échecs est votre ami !

Deux options : vous avez décidé d’apprendre ou vous vous demandez si ce n’est pas le moment de progresser pour être affuté lors de la reprise des tournois (après vous êtes inscrit dans un club).

Quoi qu’il en soit, cette activité est un excellent dérivatif.

  • Les multiples aspects de l’apprentissage sont un réel remède contre la monotonie.
  • La réflexion sur un problème tactique vous emmène dans la voie profonde de la méditation en pleine conscience (selon Lao Tseu… ou Matthieu Ricard, je ne sais plus).
  • Pour peu que vous contaminiez votre petite famille avec ce loisir, vous aurez fédéré d’autres humains dans une activité consensuelle non violente (le roi ne meurt jamais dans une partie d’échecs).
  • Internet vous permet de franchir les frontières : jouez contre un(e) Bolivien(ne) ou un(e) Azerbaïdjanais(e).
  • Le suivi en direct des grands tournois vous apportera des moments d’émotions (oui, bon, on en n’est pas encore sur une finale de coupe du monde de football, laissez-nous rêver un peu !).
  • Le classement sur les sites et votre niveau évalué à partir de la résolution de problèmes tactiques concrétiseront votre progression au fil du temps, rompant ainsi ce qui semble être une répétions immuable de jours sans fin.
  • Et puis, si vous le pouvez : jouez ou apprenez en musique, ce sera le moment de ré-écouter les tubes de votre jeunesse, ou les derniers hits de l’été 2020.

Vous êtes perdus devant cet univers qui s’offre à vous, tel Alice qui franchit le miroir ? Cliquez ici, ou , ou même à gauche de l’écran, ou tapez « jeu d’échecs » sur un moteur de recherche.

 

Chessbase


Igor Nataf nous en parle longuement (plus de 2 heures !) dans cette vidéo. Les possesseurs des versions plus anciennes (mais pas trop quand même j’imagine) y trouveront certainement un intérêt pour exploiter cette usine à gaz.

A quoi sert Chessbase ?

C’est une base de données adaptée aux échecs.

Base de données (en anglais database) : permet de stocker et de retrouver des données brutes ou de l’information, souvent en rapport avec un thème ou une activité ; celles-ci peuvent être de natures différentes et plus ou moins reliées.

Classer et/ou retrouver les parties par joueur, par résultat, par ouverture, par thème tactique, par finale, par année, par elo. Établir vos statistiques selon les ouvertures, vos couleurs. Comparer des positions, les analyser. Archiver vos erreurs tactiques. Bref, les combinaisons semblent infinies. 

A noter que Chessbase donne également accès à leur live database (8 millions de parties).

Vous avez des alternatives gratuites (SCID par exemple), presque aussi puissantes, mais parfois un peu moins ergonomiques, et avec moins de support à mon avis. Il est probable que pour des joueurs amateurs les versions gratuites peuvent suffire. Mais rien ne vous interdit de vous faire plaisir pour Noël. Comme le précise Igor Nataf, Chessbase offre -25 % plusieurs fois par an. Guettez cette occasion, sachant que le premier prix est actuellement à 119 €.

Fritz 17 permet de jouer (Chessbase utilise certes des moteurs d’analyse, mais comme leur nom l’indique : c’est uniquement pour de l’analyse !) et comprend aussi une gestion des parties, toutefois moins puissantes. Il n’y a qu’une quarantaine d’euros de différence. Mais encore une fois, les logiciels libres font souvent l’affaire. A vous de voir.

 

C’est la rentrée !


Repos depuis trois mois, après avoir laborieusement passé la barre des 1300 elo !! Champagne.

 

Les bonnes résolutions de la rentrée :

  • Une série de problèmes tactiques chaque jour.
  • Je n’oublie pas de mobiliser mes pièces dès l’ouverture pour les rendre plus actives et pour contrôler le centre.
  • J’essaye de ne pas perdre ma paire de fous, à moins d’une grosse compensation.
  • Je révise les parties des grands-maitres.
  • Je n’oublie pas la première règle d’un processus de réflexion efficace : « A quoi sert le coup que vient de jouer mon adversaire ? »
  • Et je n’oublie pas la dernière règle : « Est-ce que j’ai bien vérifié la sécurité du coup que je désire jouer ? »

 

« J’ai les pieds qui gonflent, vivement que cette partie se finisse ! »

 

La méthode Woodpecker


En fait, « the woodpecker method »devrait être traduite par la méthode du pic-épeiche. Moins glamour et encourageant pour ce qui est la dernière méthode à la mode pour s’améliorer grâce à la répétition d’exercices tactiques. Méthode développée par Hans Tikkanen en 2010, et qui lui aurait permis d’acquérir son titre de GM et de gagner le championnat de Suède trois années de suite. Bon, si avec ça, vous n’avez pas envie de vous y coller… Ah, au fait : en finlandais woodpecker se traduit par tikkanen, parait-il.

La méthode :

1) Étudiez les différents motifs tactiques de base (menace, clouage, rayon-X, etc.) et résolvez des exercices thématiques jusqu’à ce que vous vous sentiez à l’aise avec eux.

2) Choisissez 100 à 200 exercices tactiques pour l’amateur normal et 1000 pour le joueur ambitieux. Résolvez-les à fond et créez-vous des challenges en enregistrant le temps et en vous attribuant des points.

3) Faites une pause d’au moins une journée (pas plus de deux semaines) entre chaque série de répétitions.

4) Utilisez le même ensemble d’exercices tactiques et essayez de les résoudre plus rapidement. Tikkanen a utilisé cinquante pour cent de temps en moins pour le second tour.

5) Continuez jusqu’à ce que vous pensez être assez rapide. Tikkanen s’est arrêté quand il a réussi à résoudre tous les exercices en moins d’une journée, mais cela signifiait une journée entière !

6) Si le programme vous a mis en appétit, choisissez un nouvel ensemble d’exercices.

Dans son désir de progresser, Hans s’était rapidement orienté sur la reconnaissance des motifs tactiques. Il pratique 1000 exercices, fait un break, les refait une seconde fois, fait un break, et recommence encore une fois… de la Maza, sort de ce corps !!! A noter qu’il ne pratique pas cet entrainement 10 minutes par jour, en prenant son café. Huit à dix heures par jour.

Bref, il obtient ses normes de  GM dans la foulée, en plus d’augmenter significativement son elo.

A la base de cette méthode, le livre de Geoff Colvin : Talent is overrated. Le principe est de répéter un sérieux programme d’exercices, de noter ses résultats pour en apprécier la progression. Et la clef de la réussite est dans la répétition d’exercices identiques. Ne pas se dire en revoyant le même : « Ah, oui, pour celui-ci la solution, c’est Ce4+ ». Il faut développer toute la variante, autant pour  bien s’imprégner de l’idée sous-jacente que pour bien appréhender et calculer les défenses de l’adversaire. Il s’agit dans cette méthode de développer son instinct et de  confirmer ensuite par le calcul. Jour après jour, votre subconscient se mettra en marche et s’orientera vers la bonne solution.

Avec quel stock d’exercices ? Peu importe ! Mais l’idéal serait un livre avec des solutions détaillées et expliquées. Tikkanen a commencé son tout premier programme avec Understanding Chess Tactics (2007) de Martin Weteschnik (devenu Chess Tactics from Scratch pour la 2ème édition)

Les thèmes pourront êtres séparés (le clouage, l’élimination du défenseur, mat en deux coups, etc.) mais il faudra ensuite avoir un mélange de tout ça.

Il ne faut pas résumer la résolution de ces problèmes à la recherche du bon coup. Pour se rapprocher de conditions réelles, il faut savoir gérer son temps, prendre une décision. Pas de solution : se décider malgré tout pour un coup, et passer au problème suivant ensuite. Encore une fois : il est important de bien noter la clef (le premier coup) mais tout aussi important d’aller jusqu’au bout de la variante.

Le temps à y consacrer dépend de vous. On peut choisir de résoudre un nombre donné de problèmes en un temps défini. Ou simplement se donner un temps limite. iI est impératif de choisir un coup, fut-il mauvais. Dans une vrai partie, on ne peut pas revenir plus tard sur sa position ! Admettons qu’on se donne 1 point par exercice résolu. S’il y en a trente-neuf avec la solution, et un seul sans solution du tout, le bilan de la session, c’est zéro !

A chacun de définir son système de notation, le nombre d’exercices, la durée et le niveau à atteindre avant de repartir sur une autre session. Pourquoi pas 5 points pour une bonne variante menée jusqu’au bout, 1 point pour avoir trouvé le bon premier coup, et -1 point si le premier coup n’est pas le bon. Ou -5 points en cas d’échec, 0 point pour avoir trouvé le bon premier coup, et 1 point par variante gagnante. A vous de voir afin de vous motiver.

Résoudre sur un écran, sur chess.com, lichess, ou CT-Art, ne se rapproche pas des conditions réelles d’une partie. Mais cela fait gagner du temps car les pièces sont déjà en place. Idem pour les livres. Mais on peut préférer résoudre ces exercices avec les pièces sur l’échiquier. A chacun de voir.

Toutefois, il semblerait que ce soit la répétition d’exercices identiques qui fait progresser le plus. Et la répétition d’exercices pas trop durs est également important. C’est un peu le souci avec les exercices en ligne qui s’adaptent à votre niveau et vous poussent dans vos derniers retranchements.

L’avenir serait d’avoir des programmes qui s’adaptent en temps réel à vos lacunes. Vous ratez surtout des problèmes liés à l’élimination du défenseur : le programme va augmenter la proportion de ce motif tactique. Et si votre compétence s’améliore, ce sera le niveau global qui va se durcir jusqu’à ce que le programme détecte une autre défaillance !

Cet entrainement se suffit à lui-même. Mais il est possible de le compléter avec des parties en aveugle ou tout autre exercice pour améliorer sa visualisation.

On admettra qu’Axel Smith aborde un peu différemment les 7 cercles concentriques de de la Maza, en tout cas avec plus de libertés quant à leur réalisation. Vous vous fixez votre objectif personnel. A noter que les deux compères (Smioth et Tikkanen) ont sorti un livre entier dédié à cette méthode. La petite différence avec dlMaza est que ce dernier débutait d’un niveau moyen supérieur pour atteindre les 1900-2000 elo. Alors que Tikkanen aurait utilisé cette méthode d’entrainement pour passer de 2450 en janvier 2010 (fiche FIDE) à 2600 deux ans plus tard et se maintenir à 2500-2550 depuis. J’ai malgré tout un peu de mal à croire qu’il ne se soit pas intéressé du tout à l’ouverture, aux finales, à la stratégie… Mais pourquoi pas.

Un retour sur cette méthode ?

D’après le chapitre consacrée à cette méthode dans

« Pump up your rating » d’Axel Smith

Build up your chess ou le bond du tigre (Artur Yusupov)


Le « Le bond du tigre« , avec sa couverture française, laisserait croire que cela s’adresse à de jeunes joueurs (ou qu’il s’agit d’un bouquin de coloriage).  La traduction française, d’après ce que j’ai pu lire sur le site Variante, laisserait un peu à désirer. Normal : écrit par un russe en allemand (Tigersprung auf DWZ 1500), puis traduit en français. Le niveau requis pour l’aborder n’est pas clair. La version allemande laisserait entendre que le seuil a atteindre serait de 1500, et en français que cela permettrait de dépasser les 1600. Disons que la première série s’adresse aux joueurs qui participent aux Open C, la deuxième série pour ceux qui participent aux Open B, et enfin la dernière…. oui, Open A. Tout bon. Il n’en reste pas moins que cette collection a été largement plébiscitée par la communauté échiquéenne.

C’est en fait trois séries de trois bouquins. Donc, attention à bien choisir le bon livre. Résumons : Niveau 1500, puis 1800, puis 2100. A chaque fois trois livres .

Pour la version anglophone, trois livres à la couverture orange :

  1. Build up your chess, the fundamentals
  2. Boost your chess, the fundamentals
  3. Revision and exams, the fundamentals

Puis, la couverture bleue

  1. Build up your chess, beyond the basics
  2. Boost your chess, beyond the basics
  3. Chess evolution, beyond the basics

Enfin la couverture verte

  1. Build up your chess, the mastery
  2. Boost your chess, the mastery
  3. Chess evolution, the mastery

Sans leur faire de pub, tentez Amazon ou Variante.

Ne vous fiez pas à ce qu’on peut éventuellement lire sur des forums où certains joueurs auraient ingurgité le tome 1 en 15 jours… A raison de 8-10h par jour, pourquoi pas.

Car dans chaque leçon à assimiler (ou pas selon votre niveau), il y a 12 exercices. Artur (j’aime bien les appeler par leur prénom) préconise 15mn par exercice avec les pièces sur l’échiquier, puis éventuellement en les déplaçant si la solution n’est pas trouvée. Disons une heure pour la leçon, 3 heures pour les problèmes, soit 4 heures au total pour un thème. Si on y ajoute un peu de tactique, quelques parties on-line, un coup d’œil sur des ouvertures, des analyses de parties… la semaine sera bien remplie. Personnellement j’ai tenu le rythme d’une leçon par semaine, puis tous les 15 jours ! Encore 6 leçons et le tome 1 sera fini. Sans compter les 24 exercices de synthèse ! Bonus.

Les leçons couvrent tous les aspects du jeu. En toute logique, le domaine de l’ouverture dans « Build up your chess, the fundamentals » est peu traité si ce n’est avec une leçon sur les principes généraux et une autre sur les gambits. Mais les motifs de mat ou de pat, les finales de pion, les avants-postes, la règle du carré… vous sembliez en connaitre les bases ? Détrompez-vous, le niveau de la série « The fundamentals » est réellement destiné à des joueurs visant le niveau 1500, et non pas pour débutant comme il est indiqué sur le site Variante. Le niveau des tests risque de dégouter le joueur qui vient d’apprendre la prise en passant et qui pense que le giucco piano est une marque d’instrument de musique. La série orange vous semble trop facile ? Passez à la série bleue.

Sans doute peu utiles aux joueurs bénéficiant déjà d’un coach ou d’un entraineur, ces ouvrages seront certainement un bon investissement pour les autres.

Artur Yusupov (elo 2568) est né en 1960 en URSS. Il habite en Allemagne depuis le début des années 1990. Il a atteint son meilleur niveau dans les années 1995.

Programme d’étude


Si le programme de « Comment devenir un GM en un an » vous semble trop fastidieux (et on peut le comprendre), tentez cette approche simplifiée citée sur le site Chess Training.

On ne vise que le niveau 2100-2200, c’est déjà plus modeste  !

Mettre en place un programme de formation ? Une tache facile ! Les ouvertures lundi, la stratégie mardi, puis peut-être quelques finales mercredi et quelques jeux en ligne ici et là. Mais en réalité, dans la vraie vie, nous sommes tous confrontés à la dure réalité des tracas quotidiens, et le respect de ce programme n’est pas toujours facile

Tout joueur peut voir une amélioration jusqu’à 2100-2200 elo en utilisant ce plan d’étude comme guide.

Ce plan d’étude de 4 jours englobe toutes les facettes de l’étude des échecs, ainsi que des blitz et des jeux rapides sur une base régulière.  Après avoir terminé le Jour 4, revenez au Jour 1 le jour suivant.

Jour 1 – EO2 RT1 ES1
Jour 2 – RF2 J1 RT1
Jour 3 – RT1 ES1 RS1 J1
Jour 4 – EO2 RF1 RT1

Légende :
E = étude
R = résoudre
S = stratégie
F = finales
T = tactique
O = ouvertures
J = Jouer (4 x 5min, 3 x 10min, 2 x 15min parties)
# = Unités de temps

La première étape consiste à calculer le temps nécessaire à chaque tâche. C’est ici qu’intervient le nombre d’unités. Si, par exemple, vous pouvez consacrer 4 heures par jour à l’étude des échecs, alors votre unité de temps d’étude sera d’une heure, chaque jour comprenant 4 unités d’étude. Au jour 1, vous feriez:

Étude des ouvertures – 2 heures
Résoudre tactique – 1 heure
Étude stratégie – 1 heure

Bien sûr, tout le monde n’a pas 4 heures à consacrer chaque jour à l’étude des échecs. Si vous avez une heure par jour, votre unité de temps sera de 15 minutes. De cette façon, vous pouvez personnaliser automatiquement votre emploi du temps en fonction de votre disponibilité. Une autre solution consiste à définir l’unité de temps en 30 minutes et à exécuter simplement le programme lorsque le temps le permet. Par exemple, vous définissez 30 minutes comme unité :

Étude des ouvertures – 1 heure
Résoudre tactique – 30 min
Étude stratégie – 30 min

Dans cette méthode, peu importe que vous terminiez toutes les activités d’un jour particulier ce jour-là, mais il est important de conserver l’ordre dans lequel vous effectuez cette activité. Cela peut prendre 2 jours pour terminer le programme du jour 1.

Pour mettre en œuvre efficacement ce programme d’étude, équipez-vous d’une bonne documentation sur chaque sujet. (livre d’ouvertures, de stratégie et de finales, ainsi qu’un livre de problèmes tactiques).

Quelques remarques personnelles, et précisions selon ce qu’on peut lire par ailleurs sur le site Chess Training.

Le mot « jour » induit en erreur. Je serais tenté de parler de session. Et puis un programme qui ne se base pas a minima sur une semaine devient plus compliqué à suivre sans tenir un journal d’entrainement, à mon avis.

On peut constater que ce programme n’inclut pas de travail d’analyse, ni de parties longues. Peut-être dans les jours 5 et 6 si on est sur un rythme hebdomadaire ? Les finales semblent acquises puisqu’il n’y  a que de la pratique. A noter que 1 heure par jour ne permet que 15mn de travail dans certaines catégories, ce qui est assez court à mon avis pour étudier une ouverture ou de la stratégie (mais la préparation du matériel a étudier n’est pas incluse dans le programme.)

On constate également que l’entrainement tactique est régulier. L’idéal serait de commencer la journée avec celui-ci (cf Lichess/chess tempo ou Chess coach). Se forcer à trouver la bonne réponse (ne pas prendre des problèmes trop durs)

L’auteur préconise aussi une fois par semaine (la vraie semaine de 7 jours) une partie de 60 mn (c’est le minimum en partie longue recommandé par DH)

Selon le niveau du joueur et ses lacunes, il est possible de déplacer au maximum 1 unité dans une même journée

Enfin, comme il n’y a pas de programme standard, que chaque joueur est différent, ce sera à chacun d’adapter cette base à son propre niveau. D’ailleurs en lisant entre les lignes de ces recommandations, on se rend compte qu’elles ne prennent pas en compte tournois, autres parties, et jeux par correspondance. Pas plus que la préparation en amont des sessions d’entrainement (annotation, préparation de la documentation nécessaire)

Vous faites des tournois, vous avez progressé de 100 points elo en 1 an…. faites-nous partager votre planning d’étude !

Devenir un GM en moins d’un an (3/4 et 4/4)


(Suite et fin 3/4 et 4/4)

Évaluer les résultats.

Un an d’entraînement est plus compliqué que l’étape de base. L’objectif principal est d’atteindre un Elo de 2100, ce qui correspond au niveau Maitre.

Un joueur d’échecs doit incorporer 3-4 ouvertures dans son répertoire pour les blancs et autant pour les Noirs. Il doit maîtriser la tactique avec 90% de résolution correcte sur  des tests d’une grande complexité sans connaitre le thème des tests. Comprendre également une large palette de dispositifs stratégiques – comment une évaluation de position varie en fonction de la structure des pions ; connaitre plus de 50 positions types de jeux classiques ; maîtriser les connaissances élémentaires et intermédiaires sur les finales : évaluation d’une position et ensuite former un plan, méthodes tactiques standard à partir d’environ 300 positions de fin de partie ; maîtriser les méthodes de jeu dans les fins et les positions dites «simples».

Lors de la planification des charges de travail individuelles, il est important de prendre en compte le style, la performance du tournoi et les objectifs de chaque joueur.
Le logiciel d’échecs peut être utilisé pour:

 1. l'entraînement et la perfection des capacités de calcul du joueur d'échecs; 
 2. résoudre des combinaisons; 
 3. résoudre des études (positions de fin de partie avec un contenu tactique); 
 4. résoudre des tests stratégiques; 
 5. étudier les positions types du milieu de jeu; 
 6. étudier les schémas types d'attaque contre le roi adversaire; 
 7. étudier les méthodes de jeu types en ouverture; 
 8. élaborer le répertoire d'ouverture et élaborer un plan pour la 
    transition vers le milieu de jeu

Un contrôle continu et l’évaluation des résultats pendant le cours sont nécessaires. La période d’entraînement d’un an doit inclure des étapes de contrôle intermédiaires. Il est bien connu que  l’étude donne un résultat pratique après environ 6 mois. Par conséquent, c’est une bonne idée de diviser la période de formation d’un an en 4 parties de 3 mois pour chaque phase. Les résultats de travail de chaque phase doivent être recoupés pratiquement par la participation à des compétitions et par une analyse en utilisant Fritz pour tester vos niveaux de compétence et déterminer vos progressions Elo.

Résultats d’essais souhaitables à réaliser au cours des différentes étapes de l’entraînement en pourcentage (ne pas perdre de vue que ce texte est plus ou moins subventionné par un vendeur de logiciels…) :

 Programmes                     stade I/ stade II/ stade III/ stade IV				
				
 Tactiques                         60      70         80       90
 Stratégie                         40      55         70       85
 Encyclopédie milieux de jeu I     30      50         65       85
 Encyclopédie milieux de jeu II    30      50         65       85
 Encyclopédie milieux de jeu III   30      50         65       85
 Entraînement au jeu d'échecs      30      50         65       85
 Théorie et pratique des finales   30      55         70       85

Les résultats ne sont pas immédiats. Le 1er semestre est utilisé pour l’accumulation des connaissances et la perfection des compétences acquises, et très peu de progrès sont constatés. L’essentiel de la progression a lieu pendant le deuxième semestre.

L’auteur de ces lignes compare le cout des logiciels et le cout d’un instructeur. Pas la peine de leur faire de la pub, et à chacun de se faire une opinion sur l’intérêt (ou pas) de ces programmes.

Le monde des échecs fait face à de grands changements. Que nous le voulions ou non, l’enseignement des échecs va prendre une nouvelle forme. Le coach solitaire vous donnant des conseils cède le pas à une forme nouvelle grâce à l’informatique.

Bien sûr, aucune planification ou accumulation de programmes ne peut garantir les résultats. Seule la détermination et la motivation pour rester concentré et garder la bonne voie vont assurer le succès.

 Le coût

Fritz accomplit de nombreuses fonctions telles que la collecte, la systématisation et le stockage de diverses données d’échecs (jeux, fragments, positions pour l’analyse), ainsi que l’analyse tactique de positions sélectionnées de la plus haute qualité. Il analysera vos parties et vous dira exactement où vous devez vous améliorer. Il a une grande base de données d’un million de jeux.

Fin

 

 

 

Philosophie et analyse (1/2)


Dans ma quête du St Graal, notamment en ce qui concerne l’analyse des parties, j’ai découvert des textes de John Hartmann sur le site de l’US Chess Federation.

John Hartmann tente de montrer en quoi un savant mélange d’informatique et de sagesse ancestrale permet de tirer le meilleur des nouvelles technologies. Ce que je vais tenter de traduire et de synthétiser dans ce qui suit.

En s’inspirant beaucoup du travail de Mark Dvoretsky, Hartmann décrit ce qu’il considère être les objectifs d’une formation réussie aux échecs. Il discute également de l’énorme valeur de l’analyse. Enfin, il suppose que tout le monde est équipé avec Chessbase ou de Fritz.

Philosophie

« ... S’il y avait une chose importante dans ma formation, je dirais que c’est le développement de compétences pratiques plutôt que de connaissances. » Dvorestky

L’entraînement sérieux aux échecs tente de renforcer les compétences pratiques d’un joueur en affinant l’intuition et le jugement. Il utilise un processus d’apprentissage actif, intégrant les commentaires d’un enseignant expert ou d’un formateur. L’objectif n’est pas d’accroître les connaissances en soi, bien que la connaissance d’une théorie appropriée soit certainement un élément important du système de Dvoretsky. Au lieu de cela, une bonne formation aux échecs vise à améliorer la résolution des problèmes rencontrés par le joueur. Tout converge vers cette idée.

Dvoretsky dit que le «but principal» de sa formation a été de «développer la pensée personnelle et les compétences décisionnelles». Ceci est réalisé par la pratique et l’imitation, ou par la résolution de positions appropriées qui offrent aux élèves des «images d’échecs» nécessaires pour leur permettre d’évoluer dans des situations réelles.

Dvoretsky nous enseigne que :

  • il est essentiel de développer le subconscient ou l’intuition d’un joueur,
  • l’apprentissage d’idées générales ou de connaissances concrètes devrait toujours être au service d’une intuition enrichissante
  • le calcul nécessite une intuition pour aider à l’évaluation des coups candidats.

Le système de Dvoretsky vise à la création de représentations mentales efficaces ou « d’images d’échecs » qui améliorent l’intuition et les résultats sur l’échiquier. Ses méthodes d’entraînement sont actives plutôt que passives, de sorte que la résolution dans des conditions de jeu remplace la visionnage de vidéos d’ouverture ou la relecture des jeux de maître. Elles sont axées sur des objectifs visant à former des compétences spécifiques ou à surmonter les faiblesses grâce à l’évaluation continue des techniques et des résultats. Et elles impliquent des commentaires d’experts associés à de l’autocritique, dans lesquels les erreurs sont trouvées et corrigées.

Les amateurs devraient-ils adopter les méthodes de Dvoretsky, ostensiblement conçues pour être utilisées avec de très grands maîtres, comme modèle pour leurs propres efforts d’amélioration ? Si tel est le cas, à quoi ressemblerait ce modèle d’entraînement en pratique, et comment cela fonctionnerait-il sans un GMI comme coach ?

Pour moi, la réponse est claire. Oui, ils devraient se tourner vers le modèle de Dvoretsky, même sans accès à un entraîneur à temps plein. La littérature et la technologie moderne sur les échecs – moteurs, bases de données, sites de jeux et de vidéos en ligne – peuvent se suppléer à l’absence d’un entraîneur, aider les joueurs à découvrir leurs erreurs et à les surmonter grâce à une formation ciblée. (Notez que je ne dénigre pas l’importance d’un bon entraîneur, ce que je décris ici fonctionne de concert ou en l’absence d’une telle aide.) L’ordinateur est, à toutes fins utiles, un GMI virtuel qui ne se lasse jamais … tant que vous payez la facture d’électricité.

Anders Ericsson soutient dans son livre « Peak : Secrets from the New Science of Excellence », que l’excellence ou l’expertise est essentiellement liée à la façon dont on s’entraîne. Des joueurs peuvent pratiquer pendant dix mille heures ou plus et ne feront aucun progrès. C’est la façon dont ils pratiquent, pas pendant combien de temps, qui façonne le résultat final.

La plupart des joueurs d’échecs le savent très bien. Nous jouons quelques blitz en ligne (sans revenir sur ces parties après). Nous feuilletons un livre ou deux, et survolons quelques jeux de maître en dégustant un bon verre de bière. Nous regardons Banter Blitz (nous avons la même chose ici, en français, encore que nous y perdions un peu en charme !), des vidéos d’ouverture, et nous nous cognons la tête sur des explications tactiques en ligne. Mais sans la moindre amélioration. Cela ne vous rappelle rien ?…

Si nous voulons progresser dans les échecs, nous devons structurer efficacement notre formation pour maximiser les résultats. Une utilisation judicieuse de la technologie et de la littérature peut grandement aider. Si nous prenons les méthodes d’entraînement de Dvoretsky comme modèle et si nous les marions à la technologie moderne des échecs, une réelle amélioration devient possible, pourvu que nous possédions le Sitzfleisch pour y arriver.

Par où commencer avec ce système de formation proposé ? Souvenez-vous de l’inscription sur le mur du temple de Delphes : gnōthi seauton, ou «connais-toi toi-même». Si nous nous concentrons sur l’intuition et le jugement à l’entraînement pour corriger les faiblesses individuelles de notre jeu, nous devrions commencer par repérer les faiblesses et nos lacunes dans l’intuition. Une analyse systématique de nos jeux est idéale pour une telle approche.

Analyse de jeu et auto-analyse

L’analyse a longtemps été considérée comme essentielle à l’amélioration du joueur. Le grand champion du monde Mikhail Botvinnik a été parmi les premiers à faire valoir cet argument :

L’analyse a ses propres caractéristiques : vous n’êtes pas limité par le temps et vous pouvez déplacer les pièces librement. Malgré cette différence entre l’analyse et la partie d’échecs, il y a beaucoup de points communs entre elles. C’est un fait bien connu que presque tous les joueurs d’échecs ont été des analystes de premier ordre.

La déduction est irrésistible : quiconque souhaite devenir un joueur d’échecs exceptionnel doit viser la perfection dans le domaine de l’analyse.

Il y a une autre différence essentielle entre l’analyse et le jeu. Pendant le jeu, votre travail analytique est continuellement testé contre vos adversaires, mais dans l’analyse à domicile il est très facile d’être non-objectif. Pour lutter contre cette tendance et pour échapper à une mauvaise analyse, il est utile de partager votre travail analytique individuel. Ensuite, vous êtes soumis à une critique objective. En d’autres termes, l’analyse publiée, ou, tout simplement, l’annotation de jeux pour la presse, est une méthode sûre pour arriver à la perfection.

Garry Kasparov était d’accord avec le Patriarche dans la Préface de L’Epreuve du Temps de 1986 :

… Je me suis rendu compte distinctement que ceci [l’analyse approfondie de ses propres jeux] fournit la base pour le développement continu de la maîtrise des échecs.

Et Mark Dvoretsky – qui a enseigné à l’école Botvinnik à Moscou pendant de nombreuses années – a transmis ce conseil à ses étudiants.

Une étude approfondie de nos propres parties stimule nos compétences analytiques et nous donne l’occasion de reconsidérer les décisions que nous prenons au cours de celles-ci. Ce que nous découvrons est doublement utile, car nous affinons notre intuition dans des positions susceptibles d’apparaître ultérieurement.

Une des caractéristiques curieuses du conseil de Botvinnik est son exhortation à publier son analyse, afin que le travail soit soumis à la critique et à la correction des lecteurs. Bien qu’il y ait quelque chose de noble dans cette idée, et bien que je sois sûr que les rédacteurs des magazines l’accueilleraient favorablement, il n’y a aucun besoin intrinsèque de soumettre vos parties à l’examen public à l’ère des machines.

Laissez-moi être très clair ici. Je ne suggère pas que nous confions l’analyse entièrement à nos moteurs. Certains pourraient penser que le but de Botvinnik dans la valorisation de l’analyse approfondie était simplement la découverte d’erreurs. Si tel est le cas, et si nous avons à notre disposition des oracles infaillibles (mais pas complètement !), pourquoi ne pas laisser l’ordinateur réaliser ces révisions ?

Parce qu’il est important de découvrir les erreurs que nous commettons, mais qu’il est tout aussi important, sinon plus, d’analyser les erreurs que nous commettons dans notre réflexion et notre évaluation. Une analyse correcte exige donc que nous nous concentrions sur la reconstruction et l’évaluation des lignes que nous avons rejetées autant que celles que nous avons jouées. Ce n’est qu’après une auto-analyse approfondie que nous devrions utiliser nos moteurs d’analyse.

(à suivre : partie 2)

 

John Hartmann