Deux exercices pour améliorer la visualisation


Exercice 1

Mémoriser l’échiquier vide avec un cavalier en a1 (case noire). Puis, mentalement chercher le chemin pour le faire arriver en  b1 (soit a1 b3 d2 par exemple), puis en c1 et ainsi de suite pour terminer sur h1. Ensuite faire passer le cavalier sur h2, puis g2, etc.

Au final, de case en case, vous aurez déplacé le cavalier sur toutes les cases de l’échiquier. N’oubliez pas de visualiser aussi la couleur de la case (l’intérêt avec la cavalier est l’alternance des couleurs à chaque déplacement).

L’exercice est fastidieux, mais avec un peu d’entrainement vous devriez arriver à boucler le tout en 15-20 minutes.

Pour moi, c’est déjà difficile ! Je me contente d’énoncer les cases et leur couleur tout en les visualisant. Pour l’instant je tiens sur deux rangées. Après ? Je craque… et j’arrête.

 

Exercice 2

Recommencer l’exercice 1. Lorsqu’un cavalier atterrit sur une case, votre tâche consiste maintenant à visualiser les diagonales connectées. Dans le cas de la case a1, il n’y a qu’une seule diagonale. Ainsi, la diagonale connectée de la case a1 est composée des cases a1, b2, c3, d4, e5, f6, g7 et h8. Toutes ces cases sont noires, donc visualisez-les comme telles.

Il est également important d’essayer de visualiser cette diagonale par rapport à l’échiquier (c’est-à-dire d’une perspective détaillée et d’une perspective de niveau supérieur). Essayez donc de visualiser cette diagonale spécifique à partir de différentes perspectives. C’est-à-dire, essayez de la regarder du point de vue d’un joueur, d’un point de vue supérieur et du point de vue d’un spectateur, en nommant chaque carré de la diagonale comme vous le faites.

Lorsque vous commencez à vous sentir à l’aise avec les noms des cases de la diagonale, revenez à une vue détaillée de loin et faites passer le cavalier à la case suivante (dans ce cas la case b1). Lorsque le chevalier arrive sur le carré b1, visualisez les diagonales connectées à la case b1.

Il y en a deux : la diagonale b1, a2 et la diagonale b1, c2, d3, e4, f5, g6, h7. Essayez de visualiser ces deux diagonales dans une perspective de haut niveau. Imaginez que tous les carrés de ces diagonales sont blancs. Essayez de mémoriser les noms des carrés le long de chacune des diagonales.

Pour vous faciliter la tâche, et aussi pour développer une visualisation dynamique, jouez à un jeu simple dans votre tête en visualisant un fou ennemi qui se déplace le long de la diagonale vers et depuis différentes cases. Nommez chaque case sur laquelle le fou atterrit pendant que vous le déplacez d’avant en arrière. Ensuite, lorsque vous êtes sûr d’avoir bien visualisé les diagonales, visualisez le fou qui capture le chevalier.

Retirez maintenant le fou et replacez le chevalier sur la case b1. Visualisez à nouveau le chemin du chevalier vers la case suivante de la rangée en vous assurant de voir chaque case et la couleur que le chevalier touche lorsque vous la déplacez. Dans ce cas, nous voulons amener le chevalier sur la case c1. En atterrissant sur la case c1, visualisez les deux diagonales qui se croisent sur la case c1 en veillant à nommer chaque carré sur chaque diagonale. Par exemple, vous pouvez visualiser les cases noires c1, b2 et a3 sur une diagonale, et les cases c1, d2, e3, f4, g5 et h6 sur l’autre diagonale. Placez à nouveau un fou ennemi sur le plateau et déplacez-le d’avant en arrière jusqu’à ce que vous décidiez finalement de capturer le cavalier.

Répétez la technique jusqu’à ce que vous ayez déplacé le cavalier sur toutes les cases de l’échiquier et que vous ayez visualisé toutes les diagonales et leurs couleurs ainsi que l’interaction des pièces. Vous aurez alors fait l’exercice d’un point de vue statique et dynamique.

Cette méthode prend du temps, mais il n’est pas nécessaire de tout faire en même temps. Disons que vous avez fait monter le chevalier jusqu’à la case d4 et que vous avez besoin d’une pause. Allez-y, faites une pause. Lorsque vous décidez de reprendre l’entraînement, replacez le chevalier sur la case d4 et continuez à partir de ce point. De cette façon, vous finirez par déplacer le chevalier sur chaque case du plateau.

Vous vous familiariserez avec les chemins de liaison et les points d’intersection ainsi qu’avec toutes les cases de liaison. En fait, vous mémoriserez le plateau en même temps que l’interaction des pièces, ce qui facilitera grandement l’utilisation de la technique du tremplin de Jonathan d’un point de vue dynamique plutôt que statique.

En utilisant des variantes de ces exercices, vous commencerez à savoir exactement quelles sont les cases qu’un fou, un chevalier et une reine ennemis menacent. Vous pourrez éventuellement ajouter d’autres pièces et visualiser des interactions plus complexes, mais nous espérons que cela vous aidera à démarrer.

D’après « How do you improve your visualisation skills » par Richard Reid

 

 

 

 

 

 

 

Diagnostic tactique


Faites vous un petit tableau Excel (ou sur une simple feuille de papier, ou même dans votre journal de travail) et mettez un petit trait devant une des catégories suivantes à chaque fois que vous ratez un exercice tactique :

  • Mauvaise visualisation : qui vous empêche d’avoir un calcul exact. Comme une pièce adverse clouée sans tenir compte de cet avantage, ou lors de positions compliquées avec beaucoup de pièces dans un secteur de l’échiquier rendant ainsi la visualisation plus difficile.
  • Pas de recherche de tous les échecs possibles lors de la réflexion : et ceci pendant 1.5 coups minimum. En pratique, on peut se contenter de prendre en compte que le premier coup pour poser un trait. Sachant que si on n’envisage pas un échec comme réponse de l’adversaire, c’est peut être simplement dû à un soucis de visualisation ou une mauvaise prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier.
  • Pas de recherche de toutes les captures possibles lors de la réflexion : négliger aucune capture de pièce. Un simple pion capturé permet de laisser passer une tour victorieuse ou ouvre une diagonale vers le roque. Ne pas négliger non plus un sacrifice en se disant : « Ah bah.. non… là si je perd ma pièce, ça va plus » sans avoir réfléchit a minima 1.5 coups.
  • Pas de recherche de toutes les menaces possibles lors de la réflexion : un échec au roi, c’est une menace. Reste, après les calculs des captures, à envisager les menaces sur la dame, la tour, le cavalier, le fou…
  • N’aborde pas les coups candidats dans l’ordre échec-capture-menace : nécessite un peu d’introspection, mais afin d’optimiser le temps lors d’une partie, il semble essentiel de bien aborder la réflexion dans cet ordre.
  • Quiescence : on pense que la position est gagnante ou perdante, alors que des échanges sont encore possibles ou que des menaces sérieuses existent encore (d’un coté comme de l’autre).
  • Ne réfléchit pas au minimum jusqu’au 1.5 coup suivant : plutôt de l’impatience en fait ! on voit une capture d’une pièce non protégée mais la réponse adverse entraine un échec intermédiaire dévastateur.
  • Pas de prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier : normal quand on aborde un problème (contrairement à une partie pendant laquelle la connaissance de toutes les pièces sur l’échiquier est intuitive et progressive, coup après coup). Bien penser avant de réfléchir sur un exercice tactique à analyse la position : équilibre matériel, pions passés, sécurité des rois, avantages stratégiques, activité des pièces… enfin bref, la routine quoi ! Lors d’un exercice avec une finale de pions, bien regarder qui doit jouer en premier et bien s’imprégner du sens du jeu.
  • Mauvais calcul : mélange en fait d’un défaut de visualisation (empêchant souvent de réfléchir au delà de 2 à 3 coups, même sur des coups forcés), de mauvaise prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier, de quiescence, d’une non considération d’un échec intermédiaire.
  • N’envisage pas une position idéale : pas une erreur en soi, mais parfois un schéma tactique s’impose et on ne recherche pas à l’atteindre.

Liste non exhaustive, mais je pense qu’elle regroupe l’essentiel des défauts. Vous pouvez en rajouter d’autre ou en retirer.

Au fur et à mesure de vos exercices tactiques quotidiens, vous pourrez ainsi dresser le portrait robot de vos erreurs de réflexion. Attendez toutefois d’avoir une bonne centaines de problèmes ratés pour tirer des conclusions. Admettons que vous résolviez 70 % de vos problèmes, si vous en pratiquez 100 par jour, vous mettrez 3-4 jours à compléter votre tableau diagnostique (et bien sûr 6 à 8 jours si vous vous basez sur 50 problèmes quotidiens).

Vous pouvez cocher plusieurs catégories en même temps. Une position compliquée altère votre visualisation et votre cerveau s’affole sans aborder la situation sereinement (vous vous concentrez sur la position compliquée sans voir la tour de l’autre côté de l’échiquier qui pourrait débloquer le problème). Dans ce cas cochez le défaut de visualisation, la non-considération de tout l’échiquier, et par exemple le fait de ne pas avoir envisagé tous les échecs. Trois traits.

Si cette méthodologie est un peu lourde, elle a au moins l’avantage de bien faire prendre conscience des erreurs de base. Pour progressivement appliquer tout ça inconsciemment lors d’une partie. N’hésitez pas à vous replonger dans les quelques posts sur les processus de réflexion.

 

Tactique (bis)


Petit complément : alors, ces exercices, on les résout directement à partir du bouquin ou du site, ou avec les pièces sur un échiquier ? Les deux, mon capitaine. A mon avis, le fait de résoudre directement permet d’aborder plus d’exercices dans un même intervalle de temps, donc c’est ok pour la routine avec des cas faciles et avec 1 à 3 coups évidents. Mais dans la vrai vie, on joue devant un échiquier bien concret. L’intérêt de placer les pièces sur l’échiquier est que cela doit certainement procurer une meilleure visualisation lors de la réflexion.

Ne pas se formaliser sur les résultats : concentrez vous plutôt sur votre progression. Certes, votre elo reflétera votre aptitude à résoudre les problèmes (et réciproquement). Mais lors d’une partie vous aurez un adversaire tout aussi humain que vous, et la position que vous aurez sous les yeux sera issue d’une série de coups qui vous aura déjà permis d’appréhender certaines choses. Ce qui est parfois plus difficile à faire quand on est plongé directement sur un problème.

 

Tactique, toujours et encore.


Trois éléments entrent en compte dans la tactique : reconnaissance des schémas tactiques (les briques), le calcul et la visualisation (le ciment). Toutefois au cours d’un partie, il n’est pas rare de rater une attraction suivie d’une fourchette imparable. Que faire ?

Pistes pour travailler les schémas tactiques :

  • Exercices simples avec les schémas de base.
  • Sur ces positions de base, pas plus de 30-60 secondes par problème, arrêter au bout de 15-20 minutes ou quand vous butez sur 3-4 problèmes à la suite.
  • S’arrêter sur les raisons pour lesquelles vous n’avez pas résolu l’exercice : processus de réflexion, mauvaise considération des pièces sur l’échiquier, mauvais calcul au bout de 2 coups… etc
  • Continuer jour après jour (et sur plusieurs mois pourquoi pas), jusqu’à ce que vous puissiez passer moins de 15 secondes en moyenne par exercice.

Pistes pour travailler le calcul et la visualisation :

  • Utiliser les exercices tactiques d’un livre ou d’un site d’échecs.
  • Travailler 2 fois par semaine, 30-60 mn par session.
  • Repérer et calculer les coups forcés avant de proposer votre solution
  • Comprendre pourquoi on a échoué.
  • Éventuellement, écrire les variantes lors de la réflexion, et s’en affranchir progressivement.

La proportion de ces deux modes d’entrainement est à moduler selon vos faiblesses. Il est probable qu’un joueur débutant tirera profit de n’utiliser que la première méthode, pour petit à petit améliorer son calcul pur avec la deuxième méthode.  A chacun de trouver le bon équilibre.

 

Et après ?

 

Plus le niveau des joueurs augmente, moins ces joueurs sont sujets à perdre des pièces « bêtement » ou sur un coup tactique. Les considérations stratégiques prévalent sur leur plan de jeu et la tactique est le support de leurs idées. La tactique est autant une arme offensive (punir l’adversaire !) que défensive (restreindre les mouvements de l’adversaire). Bien évidemment l’entrainement passe par la résolution d’exercices tactiques, régulièrement et en plus ou moins grands nombres.

Le soucis de ces exercices est qu’ils se concentrent essentiellement sur l’aspect offensif (gain d’une pièce ou mat) alors que ces situations ne surviennent qu’assez rarement, et souvent sur la faute de l’adversaire. Et enfin : dans ces exercices, nous en connaissons déjà l’issue, alors que dans la vraie vie, le gain ou le mat ne nous est pas indiqué du tout !

Il faut donc savoir appliquer dans les parties ce qui est appris de façon théorique.

  1. Posséder un livre qui montre les bases (fourchettes, clouage, suppression du défenseur, mat(s), suppression du défenseur, etc.)
  2. Résoudre des exercices sur chesstempo, chess.com ou Lichess en y passant le temps nécessaire (ne pas céder au mirages du blitz !)
  3. Jouer des parties « lentes ». Les blitz sont assez utiles pour travailler les ouvertures, mais c’est tout. La tactique défensive survient rarement dans les premiers coups de la variante : il faut donc du temps pour les calculer.
  4. Commenter vos coups avec vos mots à vous (à voix haute, comme si vous deviez les expliquer à un GMI !)
  5. Comprendre pourquoi la solution n’a pas été trouvée, et créer un recueils de ces positions qui vous ont posé un problème.
  6. Jouer en solitaire des parties commentées : se mettre à la place du joueur (Kasparov, par exemple) deviner son coup, le comparer au votre et voir ainsi comment il arrive à exploiter les faiblesses de l’adversaire ou à déjouer ses armes tactiques.
  7. Même si jouer contre un ordinateur a ses limites, lutter contre un fort programme afin de détecter vis faiblesses (régler l’ouverture sur vos ouvertures habituelles, si vous en avez)

synthèse de deux articles de Bryan Castro sur le site Better Chess Training.

Tentez son article sur chessable : « Improve your tactics and become a beast at the chessboard.« 

 

Il est vrai qu’une accumulation de problèmes tactiques ne donnera probablement pas les résultats espérés. De la Maza y consacrait la plupart de ses journées, et Tikkannen avait déjà un niveau très enviable lui permettant de tirer un profit différent de celui acquis par un joueur plus modeste. La résistance et l’endurance sont deux piliers d’un entrainement sportif, mais ne suffisent pas toujours. Jouer à l’instinct grâce à la mémorisation de « patterns » donne un avantage au joueur qui a cette aptitude. Être capable d’obtenir un gain grâce à coup apparemment anodin aboutissant sur une tactique inattendue est également une arme redoutable. Bryan nous indique bien de pratiquer ces résolutions d’exercices suivant deux méthodes différentes (reconnaissance visuelle vs calcul), avec la troisième étape consistant à reprendre les parties commentée des grand maitres. J’y rajouterai peut-être les exercices de parties en aveugle, les exercices des carrés concentriques (de la Maza), et les outils de Fritz (sur une position : repérer des pièces non défendues, des pièces en prise, ou des pièces pouvant poser un échec). Écrire les variantes permet certainement d’ordonner son esprit et expliquer les coups à haute voix est quelque chose que j’ai déjà lu quelque part (Dan Heisman ?) Le choix du site est une affaire personnelle. Lichess permet d’avoir accès à une analyse et d’archiver facilement la position difficile par un simple copier/coller. Toutefois certains problèmes sont difficiles à comprendre car le gain ne semble pas immédiat et mériterait une explication stratégique.

 

 

https://c.pxhere.com/photos/c1/6c/chess_rook_thinking_game_board_leisure-562293.jpg!d

 

 

 

Améliorez votre puissance de calcul aux échecs


En cherchant sur Google avec « calculation » « chess » « improving », je suis tombé sur un document du GMI Davorin Kuljasevic qui nous donne quelques conseils pour progresser.

PROPHYLAXIE

Le première étape, incontournable, est de deviner les intentions de l’adversaire : « Qu’est-ce que mon adversaire jouerait s’il pouvait rejouer ? » Cela montre parfois des intentions simples, parfois des combinaisons de quelques coups. Ces coups ne sont pas nécessairement dangereux en soi, ou peuvent être contrés facilement. Mais parfois la situation est plus compliquée avec un risque de plusieurs menaces après un seul coup. Parfois les intentions sont plus complexes et nous ne sommes pas en mesure de les anticiper facilement. Malgré tout, prendre conscience des intentions de l’adversaire est réellement la clé. Il est facile de s’y entrainer lors de la résolution de problèmes tactiques.

ECHEC-CAPTURE-MENACE

Ensuite il faut chercher en priorité les coups qui donnent une variante forcée : échec, capture, menace. Beaucoup de parties se décident après ce type de coup.

Pourquoi envisager un échec en premier ? C’est le seul coup qui laisse le moins de choix de réponses à l’adversaire. Il n’y a pas toujours la possibilité de placer un échec, mais il faut en permanence scanner l’échiquier pour cette option. N’oubliez pas que si un échec ne fonctionne pas (= ne sert à rien), il est intéressant de le mettre de coté pour éventuellement s’en resservir quelques coups plus tard.

Attention : envisager la sainte trilogie échec-capture-menace est simplement l’ordre dans lequel il faut aborder les coups dans la réflexion, cela ne juge en rien de leur puissance. Les exercices tactiques sont souvent résolus par la « force brute » : suite de coups successifs ne laissant que peu de chances à l’adversaire.

Bien sûr, il n’y a pas toujours de suite forcée, mais il est nécessaire, à chaque coup de l’adversaire d’évaluer la position pour l’envisager. « A chaque coup » est important : il y a souvent peu d’opportunités dans une  partie d’obtenir un avantage et il serait dommage de le rater pour ne pas avoir analysé une position qui semblait « calme ». Le calcul est délicat lorsqu’il s’agit de faire un sacrifice, mais procéder ainsi impose votre volonté à l’adversaire. Se méfier des coups réflexes (si la dame est menacée, on a rapidement tendance à la soustraire à cette menace, sans envisager d’autres solutions). Le temps est un facteur limitant dans ce processus, mais encore une fois, il serait dommage de ne pas réfléchir ainsi, car parfois le bon coup est un échec, une capture, ou une menace. Ces priorités sont à considérer autant pour vous que pour votre adversaire : cela permet au  moins de voir un coup intermédiaire dévastateur.

COUPS CANDIDATS

Il est possible de tomber sur le bon coup avec ce protocole, mais pas toujours. Soit il n’existe pas de tels coups, soit ils ne sont pas aussi efficaces que ce à quoi on pourrait s’attendre. Il faut alors trouver un coup « non-forçant » qui améliore notre position ou qui s’oppose globalement aux projets de l’adversaire.

Quatre procédés :

  • Logique : une simple réflexion permet de résoudre le problème.
  • Amélioration d’une variante : coup qui n’est pas apparu immédiatement lors de la réflexion mais qui s’impose pendant celle-ci.
  • Comparaison de coups candidats : comme son nom l’indique ! Évaluation des avantages et des inconvénient de chaque coup candidat.
  • Élimination de coups candidats : certains coups semblent bons, mais nettement inférieurs à d’autres.

Il y a aussi les positions critiques dans lesquelles un seul coup est jouable (en général pour ne pas dégrader une position à mon avis !)

Reste à choisir le bon coup candidat : ce ne sera pas le meilleur coup, certes, mais il ne faut pas perdre de temps à trouver le meilleur.

Il est aussi nécessaire d’envisager des coups contre-intuitifs : coups inattendus, ressource cachée, coup tranquille, retrait.

Ces coups n’apparaissent pas spontanément, d’autant plus qu’ils sont souvent à la base de coups tactiques (dans lesquels on commence par chercher avec échec-capture-menace !)

Mais ils ne sont pas à négliger, car même un bon joueur en face de vous n’y pensent pas et se trouve ainsi pris au dépourvu.

LES RÉPONSES DE L’ADVERSAIRE

On résume : évaluation des intentions de l’adversaire, puis choix du coup candidat. Il n’y a plus qu’à envisager les réponses de l’adversaire. Il faut se méfier de plusieurs biais/imprécisions dans cette étape.

  • Le coup réflexe : celui qui marche en général, mais qui est effectué sans s’assurer de la réponse adverse.
  • La fainéantise /étourderie : souvent quand on a un avantage et qu’on s’imagine que, quoi qu’on fasse, la partie est gagnée.
  • Enfin se méfier des pions empoisonnés qu’on vous offre sur un plateau

Dans la recherche de la réponse de l’adversaire, il ne faudra pas passer à coté des coups inattendus, des échecs intermédiaires, des retraits/reculs. En tout cas ne surtout pas se dire : « il va donc obligatoirement jouer ainsi« . Le moindre relâchement, après avoir réussi à gagner un avantage substantiel, peut amener à la perte d’une partie sur un seul coup non calculé. Des erreurs de visualisation ne sont pas rares non plus. Il faudra porter une grande attention aux contre-attaques et aux coups intermédiaires (dont  les échecss intermédiaires) facilement négligés dans l’excitation du combat.

VISUALISATION

Donc :

  1. prophylaxie
  2. coup candidat
  3. réponse de l’adversaire

Mais un défaut de visualisation peut entrainer de gros dommages. La bonne nouvelle est que cette aptitude est perfectible.

Déplacement des pièces : on oublie pendant la réflexion qu’une pièce a été déplacée, ou capturée. On ne visualise pas qu’une colonne a été ouverte ou fermée, etc. Quand on a ce soucis, il est utile de reprendre la réflexion depuis la position de départ. Mieux vaut réfléchir 5 fois 1 minute sur une bonne position dans sa tête que 5 minutes sur une mauvaise !

Concentration de pièces : quand il y a une accumulation de pièces dans un secteur de l’échiquier. C’est probablement la situation la plus difficile à gérer, notamment quand des cavaliers sont impliqués. Il n’existe pas vraiment de moyen d’améliorer la visualisation dans ces conditions.

Longues variantes : longues (plus de 5 coups) et forcées. On les rencontre surtout en fin de parties (finales de pions) ou quand de nombreux échecs interviennent. L’amélioration de cette aptitude réside simplement dans la résolution d’exercices, sans déplacer les pièces.

Enfin, Davorin préconise la résolution de problème simples avec peu de pièces : on peut se concentrer sur l’élément tactique, et l’absence de pièces parasites permet de mieux visualiser la position.

Il faut également s’habituer à calculer, car cette tache est parfois difficile et nous amène éventuellement à l’arrêter avant son terme en raison de la complexité.

 

 

 

 

Améliorer la tactique.


Igor Smirnov développe les conseils habituels sur quelques positions.

Un bon joueur travaillera la tactique et la stratégie. On peut suspecter un coup tactique (sans être sûr malgré tout qu’il y en ait un) quand une pièce est mal protégée (ou pas du tout), et/ou quand le roi est exposé. Si en outre des pièces sont en contact (en mesure de se capturer)…

La méthode est classique : envisager d’abord les coups forcés, puis les captures (toutes les captures et la tache est parfois complexe, mais nécessaire) et enfin les menaces. Ne pas hésiter à vérifier un échec, ou une capture, qui semble aberrant. Parfois la conclusion est immédiate et on passe à autre chose sans avoir perdu de temps. Mais cela vaut mieux que de jouer un coup prophylactique par manque d’idée.

Si le sacrifice d’une pièce doit être bien calculé, il n’en reste pas moins que celui-ci ne doit jamais être écarté des coups candidats. Notre instinct humain nous les fait négliger, à tort;

Et on contrôle bien évidemment les réponses possibles de l’adversaire par ce même enchainement d’idées. A savoir que sur le coup qu’on juge très fort, l’adversaire a toujours la possibilité de répliquer par un échec intermédiaire, par exemple, qui ruinera toute votre combinaison.

Cela entraine de multiples solutions, et même si les coups sont forcés, les aptitudes à visualiser leur l’enchainement sont mises à rude épreuve.

Si ces conseils sont très utiles pour améliorer sa tactique, il n’en reste pas moins qu’ils s’intégrent dans le processus de réflexion décrit de multiples fois ici, ou .

  • On regarde le but du coup adverse.
  • On pare la menace.
  • On recherche un coup tactique
  • S’il n’y en a pas, on active ses pièces.
  • Et enfin, on pense stratégie.

Et à chaque coup (tant pour l’adversaire que pour soi-même) on regarde dans l’ordre : échec, capture menace.

Option sous titrage et traduction (approximative) dans les paramètres de la vidéo.

 

Mat, échec, capture, menace.


Cette ritournelle devrait être scotchée sur la glace de la salle de bain.

Et en dessous : « à chaque coup »

Mat, échec, capture, menace.

A chaque coup.

L’adversaire joue son coup. Si celui-ci ne nous surprend pas ou qu’il ne menace rien de sérieux, nous sommes dans la bonne voie. C’est que le processus de réflexion a été appliqué correctement.

Si le coup surprend, mais qu’il est inoffensif, il y a fort à parier que la position ne s’est pas dégradée. Probablement.

Reste le coup inattendu, dangereux et surprenant :

  • Le mat en un coup que nous n’avons pas vu venir, ou la suite forcée aboutissant à la conclusion finale.
  • L’échec qui entraine une dégradation de la position, ou emmenant le roi dans un réseau de mat, ou ne laissant pas d’autre choix que de sacrifier une pièce pour reculer l’échéance du mat.
  • La capture ou l’échange qui n’est pas en notre faveur. Le « test de sécurité » n’a pas été appliqué au coup d’avant.
  • La menace : fourchette, pièce clouée attaquée par un pion, attaque double, pièce non défendue et indéfendable sous la pression.

Quitte à se répéter, à chaque coup joué par l’adversaire (et qui n’est pas un échec, ou une menace de mat en un coup pour simplifier), il faut chercher les intentions de celui-ci s’il rejoue non seulement cette pièce une deuxième fois (stade 1, cela verrouille déjà pas mal la situations), mais aussi s’il avait la possibilité de jouer n’importe quelle pièce à la suite. (stade 2 : si on a pris l’habitude du stade 1, cette montée en puissance devrait bien sécuriser la suite des évènements).

Les techniques sont toujours les mêmes : suppression de la menace, interception, déplacement de la pièce menacée, (sur)protection de la pièce menacée, contre-attaque (installer une menace supérieure à celle en cours). Le contrôle d’une case est un enjeu non négligeable qu’il ne faut pas oublier. Si, par exemple, c’est une case noire qui est l’objet de la bataille, il est peut-être intéressant de capturer le fou cases noires de l’adversaire si c’est possible.

Lorsque le coup répondant à la menace est trouvé, il ne faut pas perdre de vue que l’adversaire va appliquer le même raisonnement pour répliquer. Mat, échec, capture, menace.

Il ne s’agit pas de trouver ce que va jouer l’adversaire en réponse à votre coup candidat (nous ne sommes pas devins), mais bien d’éviter un mat, un échec, une capture ou une menace qui amènerait un désavantage. Si cette réponse « virtuelle » de votre opposant n’apporte rien de bon et que notre deuxième coup ne résout pas l’affaire, c’est que le coup candidat n’est pas bon : on jette. Attention : un échec n’est pas toujours synonyme de danger. ChessTempo regorge d’exercices où votre roi est en échec, mais où l’imprudent attaquant se fait corriger dans la foulée. Ne pas rejeter un coup candidat sous prétexte qu’il va entrainer un échec ou une menace de capture (par exemple) : ne pas arrêter l’analyse trop tôt (erreur de quiescence)

Bref, on pare la menace.

Si pas de menace à court terme, il faut rechercher les faiblesses adverses (pièces non ou mal protégée, roi exposé) et envisager les coups possibles dans cet ordre : mat, échec, capture, menace. Si on a trouvé un coup (parmi tant d’autres) qui parait satisfaisant, on vérifie ce que l’adversaire peut répondre : mat, échec, capture, menace (ça y est, vous l’avez en tête ?!)

Cela suppose d’avoir déjà quelques notions de tactique (mise en place de schémas tactiques) et de stratégie élémentaire (ouverture de colonne , affaiblissement d’une couleur de case, mise en place d’un avant-poste, etc)

Enfin, s’il n’y a pas de mat en vue, si un échec n’existe pas (ou n’apporte rien de constructif), s’il n’y a pas de pièce non ou mal protégée, s’il n’y pas de roi exposé, c’est qu’il est temps d’améliorer la position, l’activité des pièces, la sécurité du roi, d’exploiter une faiblesse, d’en créer une, ou de se créer un mini-plan stratégique (ouverture de colonne, cavalier sur un avant poste, création d’un pion passé, contrôle d’un couleur de cases, la liste est longue); et encore une fois, lorsque le coup est choisi, vérifier les ripostes de l’adversaire, c’est à dire… mat, échec, capture, menace !!!

Et on continue… jusqu’au choix du coup final. Mais avant de le  jouer, il faut vérifier une dernière fois que la pièce jouée est en sécurité (attention aux échecs intermédiaires et/ou à la découverte… mais a  priori cela devrait déjà avoir été vérifié avant)

Voilà.

N’oubliez pas : à chaque coup.

Pourquoi est-ce que je reparle de tout ça ?

Ben… c’est à dire… si vous faites ce que je dis et pas ce que je fais, vous seriez sans doute en mesure de jouer correctement. Mieux que moi en tout cas dans un de mes récents tournois, faute de ne pas avoir appliqué la p’tite ritournelle systématiquement. Et quand je l’ai fait, c’était déjà trop tard.

J’ai honte ! Si, si.

Allez approfondir tout ça , ici et ici aussi.

 

 

Les coups forcés.


Bon, « forcing move »…. coup forçant si on traduit littéralement… le coup forcé est la réponse au coup forçant, le tout donnant une variante forcée !

Les coups forcés sont des coups de l’adversaire en réponse à une attaque. Après un échec, une capture ou une menace (fourchette, mat…), l’adversaire doit réagir s’il veut rester dans la partie.

Dans son livre « Forcing chess moves,  the key for better calculation », Charles Hertan tente de mettre en avant nos capacités à utiliser notre « œil d’ordinateur ». Alors, non, il ne s’agit pas de réfléchir comme un ordinateur. Mais de considérer les coups que notre cerveau d’humain écarterait d’office car jugés idiots alors qu’un ordinateur, bien loin de notre subjectivité, les aurait retenus après un calcul objectif !

Il reproche aux différents livres sur la tactique les points suivants :

  1. Les livres consacrés à ces thèmes nous abreuvent de clouages, fourchettes, attaques doubles, mais oublient de nous indiquer comment on trouve les thèmes sous-jacents de façon régulière.
  2. On retrouve encore et encore les mêmes exemples tactiques au lieu de nous apprendre à partir de positions inédites.
  3. Les livres sur les combinaisons de mat négligent les fréquentes combinaisons gagnant du matériel, avec une suite forcée.

Charles Hertan suppose que nous connaissons déjà les motifs tactiques, ou que nous pouvons les apprendre, pour s’intéresser à la question suivante : « Qu’est-ce qui m’empêche de trouver plus souvent un coup forcé gagnant ?« 

Sa conclusion est que notre esprit humain est soumis à des biais, déformant notre réflexion. Les problèmes d’échecs sont composés pour que la solution ne soit pas facile en raison de notre funeste aptitude à ne pas envisager un coup que nous jugeons inutile.

Qu’est-ce qu’un coup forcé ? C’est un coup qui limite le choix de la réponse adverse en raison d’une menace concrète : mat ou gain de matériel. Attention, échecs ou captures (voire même sacrifices) forcent souvent la suite, mais ne sont pas obligatoirement la solution la plus « forçante ».

La première étape pour améliorer ses aptitudes au calcul est de rechercher en premier un coup forcé.

  1. Les mouvements forcés ont le potentiel d’entrainer un gain de matériel, de mat, ou tout autre avantage concret. Quand ils fonctionnent, ils ont tendance à agir mieux et plus rapidement que les coups non-forcés.
  2. Analyser les mouvements les plus forcés en premier permet de gagner un temps précieux. S’ils fonctionnent, inutile de chercher plus loin !
  3. Les mouvements forcés limitent les options de l’adversaire et réduisent ainsi le risque d’erreurs de calcul. Moins de réponses à calculer signifie moins de risques de dérapage. Par conséquent, toutes choses étant égales par ailleurs, l’option de forçage est la plus simple et la meilleure.

S’intéresser aux coups forcés présente plusieurs avantages :

  1. L’étude des positions tactiques favorise la précision analytique. Vous devez rechercher et trouver plus de coups forcés gagnants dans votre propre pratique. Une analyse précise vous fera gagner.
  2. L’étude tactique vous aide à développer votre vision de l’échiquier. Ce n’est pas un soucis pour les ordinateurs, qui ont l’énorme avantage pratique d’avoir une vision parfaite de l’échiquier, quelle que soit leur avance sur la réflexion. Résolution de problèmes stéréotypés, et mouvements «automatiques» ne vous mèneront nulle part rapidement !
  3. L’étude de problèmes complexes et des tactiques de Grands-Maitres vous aident à surmonter vos préjugés et à dépasser le stade du compromis dans le choix du bon coup.
  4. Cela vous aidera à jouer plus relax et à appliquer ce processus lent de découverte du bon coup. Cela évitera d’être frustré de ne pas avoir trouvé le bon coup au bon moment. Vous pourrez aborder progressivement des variantes plus difficiles. Les joueurs positionnels progresseront.

Le premier objectif devrait être de calculer avec deux coups d’avance. Pas aussi évident que cela, et certains joueurs pensent qu’il n’y a qu’eux pour ne pas y arriver. Même erreur pour la préparation des ouvertures : imaginer que «tous les autres» connaissent leurs ouvertures à fond. Alors qu’en réalité, 95% des parties sont à l’avantage de celui/celle qui calcule mieux les variantes.

Il est très difficile pour un être humain de voir deux coups à l’avance, de manière cohérente et précise, avec une vue parfaite de l’échiquier. Celui/celle qui y arrive peut prétendre jouer tactiquement à haut niveau. Charles Hertan (elo 2395) avoue passer parfois une bonne heure à résoudre un mat en deux coups.

Avoir les yeux d’un ordinateur amène deux compétences qui sont explorées dans ce livre. La première est le calcul brut, la capacité d’analyser avec précision une série de mouvements forcés. La deuxième compétence est l’objectivité, la capacité de trouver des mouvements de forçage critiques que nous avons tendance à négliger en raison du biais humain. Ce biais est propre à chaque joueur : chacun de nous a ses angles morts ou types de mouvements qui tendent à nous échapper.

Voilà l’introduction à partir de l’extrait sur liseuse Kindle. Qui a travaillé ce livre, avec quelle progression ?

Les 300 positions de Lev Alburt


Après « Comment trouver (rapidement) un bon coup« , nous allons regarder les 300 positions de Lev Alburt… no comment !

Trouver les bonnes idées pour progresser est une chose, s’en souvenir en est une autre. Un bon joueur de tournoi n’a besoin que d’un nombre limité de positions type et de concepts. Mais plus le niveau augmente, plus ce nombre devient important. Son livre « The Chess Training Pocket Book, 300 most important positions and ideas » (dernière édition en  2010) doit pouvoir, selon lui, nous amener à un bon niveau de compétiteur.

Pour être un fort joueur, pas la peine  de connaitre toutes les finales roi+pion, mais de connaitre une douzaine de positions clefs. Est-ce de l’humour, mais Lev Alburt nous dit qu’il faut que ce soit les 12 bonnes, et qu’en plus, elles sont dans son livre ! Pour être un maitre, ce ne sont pas 1000 finales roi+pion qu’il faut connaitre, mais 50 positions. En fait, certaines recèlent deux ou trois concepts de base et la connaissance des bons coups de celles-ci donne la clef du succès.

Le soucis est qu’on oublie facilement ce qu’on apprend et qu’il faut réviser les choses essentielles. Chaque semaine, il faut revoir les positions types que nous jugeons importantes. Post-it, dossier dans l’ordinateur, peu importe. Selon Lev Alburt, la révision  permanente des 300 positions de son livre est fondamentale. On révise en prenant son café, dans le train, etc. La connaissance de ces 300 positions est évolutive : certaines deviendront redondantes avec le temps et notre expérience viendra en ajouter d’autre. Vous vous constituerez vos théories personnelles (tout comme Steinitz ou Nimzovitch), vos propres concepts. La classification de ces positions est également variable selon les notions qu’il vous faudra retenir : mat du couloir, sacrifice de la dame, etc. A vous de trouver les bonnes classifications, sous divisions, etc.

La connaissance du mat du couloir, par exemple, permet de reconnaitre cette position, et d’exploiter une telle situation, en créant une menace quand elle se présente. Il est essentiel de noter au fur et à mesure de telles positions issues de vos parties. Notez les variations, ce qui vous a fait rater le bon coup, ce qui vous aurait aidé à le trouver. Les positions types genre finale tour+pion de Philidor peuvent varier d’un exemple à l’autre et il n’est pas nécessaire de retenir exactement la position citée dans un livre, mais plutôt celle que vous auriez pu rencontrer dans une de vos parties et qui serait donc plus facile à mémoriser.

Toute personne  qui travaille les échecs, et qui utilise un programme d’entrainement respectable, devrait atteindre un bon niveau. Dans ce programme, la visualisation est importante mais l’intuition tout autant. Certains grands maitres font de très belles parties même dans des blitz. L’intuition est une qualité qu’on peut développer. Il est intéressant face à un problème d’échecs (issu d’une partie réelle), de noter le coup que l’on jouerait instinctivement au bout de quelques secondes, quelques minutes, puis de se donner ensuite 15-20 mn pour affiner la solution. Si le résultat n’est pas encourageant au début, cela devrait progressivement s’améliorer avec le temps et l’entrainement.

  1. Noter son résultat instinctif.
  2. Réfléchir pendant 20 mn et noter la solution et ses variations.
  3. Vérifier ses idées en déplaçant les pièces sur un échiquier.
  4. Regarder la solution.

Mister Alburt évoque aussi la méthode Dvorestky qui est déjà développée ici. Petite nuance : 4 exercices en 20 minutes, et on soustrait 8 minutes par échecs (erreur). Cela autorise deux erreurs. Cette méthode est un bon équilibre entre analyse et intuition. Cela se rapproche des conditions réelles de tournoi dans lesquelles nous n’avons pas toujours le temps suffisant de réfléchir ! A chacun d’adapter le nombre de problèmes, la durée totale et la pénalité de temps selon son niveau et ses objectifs

Le processus de réflexion selon Lev Alburt :

  • Choisir ses coups candidats instinctivement.
  • Analyser celui qui semble le plus prometteur et s’il reste un peu de temps analyser le deuxième. si ce premier choix n’apparait pas viable, analyser le second choix.
  • Se souvenir des concepts abordés dans l’analyse du coup candidat et qui pourraient servir dans d’autres variantes.
  • Si votre intuition vous indique qu’il existe une suite forcée, et que l’analyse ne donne rien de valable, tenter d’inverser les coups.
  • Quand vous avez trouvé le bon coup, ne le jouez pas toute suite. Donnez vous un petit temps d’oubli et regardez de nouveau la position.

Les 300 positions sélectionnées dans son livre sont présentées de façon aléatoire de façon à ne pas deviner l’objectif du problème. Parfois un gain est possible, parfois il s’agit de trouver le meilleur coup de défense. Parmi les thèmes rencontrés le plus fréquemment, on retrouve : des schémas de mat, les leurres, les déviations, l’exposition du roi, les clouages.

Dan Heisman recommande de bien maitriser les 26 exercices suivants pour un joueur qui vise le niveau 1400 : 5, 15, 18, 26, 27, 39, 63, 68, 75, 80, 82, 105, 109, 118, 125, 128, 129, 133, 163, 203, 206, 238, 242, 247, 265, 280. Selon lui, l’ensemble des 300 positions vise le niveau 1800.

 

d’après « The Chess Training Pocket Book » de Lev Alburt

300 most important positions and ideas

 

Lev Osipovitch Alburt, GMI (2550), né en 1945, naturalisé américain

Le grain de sable


Plusieurs choses peuvent venir perturber les belles combinaisons que vous aviez préparées.

  1. Une mauvaise supposition : par exemple s’imaginer que l’adversaire va fatalement reprendre, ou se soustraire à une menace. Et construire toute l’évaluation de la variante sur cette mauvaise hypothèse. Toujours se demander s’il n’existe pas une autre réponse de l’adversaire : « Je joue ça, donc il joue ça… » Prudence. Double prudence quand il y a une série de captures. Persuadé qu’il (ou elle) va reprendre avec le fou ? Tout faux, c’est avec le pion. Ces mauvaises suppositions sont aussi fréquentes lors d’un échec au roi. Re-prudence. L’effet psychologique est pervers car cela peut influencer tout votre mode de pensée pour le reste de la partie, voire le reste d’un tournoi. Rien de plus vexant d’avoir réfléchi pendant 15 minutes sur ce qui devait aboutir à un superbe avantage positionnel au bout de 4 coups, pour se rendre compte qu’un petit grain de sable pouvait anéantir la mécanique. Et si le doute s’installe, vous allez passer plus de temps ensuite à vérifier le bien fondé de vos prochains coups. Terrible.
  2. Le coup d’attente : pose un problème car rend délicate la décision d’arrêter une analyse. Ce coup d’attente peut être autant chez l’adversaire que chez vous.
  3. Suppression du défenseur : une seule pièce est éliminée et c’est toute l’architecture de l’attaque qui est déstabilisée (effet domino). Prudence quand  on a des pièces aux quatre coins de l’échiquier. D’autant plus difficile à bien calculer si on envisage un sacrifice, ou qu’une pièce initialement bien protégée perd son garde du corps suite à un échange.
  4. Le coup intermédiaire : qui permet de reprendre l’initiative. Excellente arme défensive pouvant relancer une partie qui semblait perdue d’avance. S’en méfier quand il y a une tension dans une position (les pièces doivent être en parfaite coordination), ou quand des pièces trainent un  peu partout sur l’échiquier, ou quand un roi est en équilibre instable. Le coup intermédiaire est encore rattrapable quand toutes les pièces ont une activité optimum, mais il complique sérieusement le jeu lors d’un désavantage matériel. Une des caractéristiques d’un coup intermédiaire (zwischenzug) est qu’il perturbe une combinaison la rendant complètement inopérante. L’échec du désespoir n’est pas un coup intermédiaire. Attention toutefois car c’est une arme à double tranchant : un coup intermédiaire peut s’intercaler et venir stopper la contre-attaque !
  5. L’attaque-défense : quand un joueur a l’initiative, son adversaire subit son jeu. Il protège une pièce attaquée, il joue un coup prophylactique, il soustrait une pièce à une menace. Mais il suffit que ce coup de défense ait un potentiel offensif pour renverser la vapeur. Ces situations sont fréquentes quand des positions ont de multiples opportunités tactiques. Même une double attaque peut être contrée par cet arsenal tactique : bien envisager les réactions possibles avant d’engager les hostilités.
  6. Desperado : une succession de captures par une même pièce déstabilise une position. Bien calculer les conséquences et les échanges quand une telle situation survient : quel sera le bilan des captures, et à qui profitera la position à la fin de la séquence ?

D’après  « The Inner Game of Chess » de Andrew Soltis