Aborder une ouverture selon Jacob Aagard


Il existe plusieurs façon de travailler une ouverture.

Si un joueur débutant devra d’abord avoir en tête les principes des ouvertures et les travailler, à partir d’un certain niveau, il semblerait que s’approprier une ouverture ou deux ne peut pas faire faire de mal.

Un joueur d’attaque optera pour 1. e4, un joueur défensif pour 1. d4 ou une Caro-Kann, un théoricien doué d’une bonne mémoire préférera la Sicilienne.

Une approche plus positionnelle, plutôt que liée à la mémoire est possible. Cela nécessite une base de données et un peu moins d’ambition dans le style de l’ouverture (sous-entendu : on ne mise pas tout pour sortir avec un avantage à la fin de celle-ci ?) Accessoirement : sélectionner des joueurs spécialistes de votre ouverture préférée.

PHASE 1

  • Lorsque le choix s’est porté sur une ouverture particulière, choisir des parties avec des joueurs au delà de 2350 elo.
  • Parmi ces parties, sélectionner celles qui aboutissent sur une finale.
  • Les jouer sur un échiquier

PHASE 2

  • Choisir les 100-150 parties jouée par les joueurs les mieux classés
  • Noter les concepts particuliers rencontrés lors des milieux de partie.
  • Des idées générales vont finir par apparaitre, et au bout d’un certain temps, ce ne seront plus que des variations sur ce thème qui surgiront.
  • Comparez avec vos parties quand ces concepts sont rencontrés. Cela prend un peu de pratique quant au maniement de la base de données (Chessbase, Chess Assistant, SCID).
  • Noter vos parties qui vous semblent représentatives des positions rencontrées (une petite dizaine devrait suffire)

Et au bout d’un certain temps :

PHASE 3 (théorie)

Vous aurez déjà parcouru un bon nombre de parties et il est temps de devenir un peu plus précis en apprenant par cœur, et rencontrer des positions qui ne vous seront pas inconnues.

Fritz et ses amis sont essentiellement utiles pour infirmer vos convictions concernant certains coup. Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions : les meilleurs coups sont déjà connus !

(faire aussi la distinction entre le meilleur coup qui débouche sur une position compliquée et le moins bon coup qui donne une situation plus facile à gérer, même si cela donne un +0.45 au lieu d’un + 0.97 si on joue les blancs par exemple).

d’après « Excelling at chess » de Jacob Aagard

Et pour  compléter : Copié/collé des conseils de Jesper Hall :

Commencer par trouver des parties commentées avec l’ouverture choisie, avec de bons commentaires : avec des plans et des idées.

Il faut se poser les questions suivantes :

  1. Quelles types de position et de structures de pions va découler de cette ouverture ?
  2. Quels sont les plans et idées positionnelles pour chaque camp ?
  3. A quoi ressemble les positions idéales ?
  4. Quels sont les positions clefs ?
  5. Quels sont les thèmes combinatoires ?
  6. Sur quel type de finale débouche cette ouverture ?
  7. Quelles sont les variantes à apprendre par cœur ?
  8. Quelles sont les variantes critiques (difficiles à affronter)

Pour explorer une nouvelle ouverture, il faudra s’attacher à :

  • Comprendre la structure de pions.
  • Comprendre le tempo (selon que l’on aime les positions complexes ou pas)
  • Comprendre les échanges.

Bref, du boulot sur la planche. Donc, commencer maintenant et non pas 15 jours avant un tournoi.

  • Sélectionner une ouverture et la rechercher dans une base de données (malheureusement Kingbase n’existe plus : j’espère que vous aviez pris le temps de les récupérer). Afin de minimiser votre nombre de parties, se limiter aux joueurs classés au delà de 2500 elo (et non pas 2350 !), et travailler variante par variante si vous ne voulez pas vous retrouver avec plus de 10000 parties que Chessbase mettra plusieurs jours à analyser (même avec une analyse ultrarapide)
  • Lancer sur Chessbase une analyse qui va attribuer des « médailles » vous permettant de repérer les parties allant en finale, et les position remarquables tactiquement et stratégiquement.
  • Se mettre toute ces positions dans une étude sur Lichess ou sur tout autre support.
  • Rejouer à partir de ces positions.
  • Comprendre comment/pourquoi le joueur est sorti moins bien de l’ouverture.
  • Après analyse de vos parties ultérieures, reprenez toutes ces données et compléter votre bibliothèque d’ouverture (« punir » le mauvais coup adverse et/ou écarter votre mauvais coup d’ouverture).
  • Reprenez vos anciennes parties de tournois afin d’améliorer vos positions d’ouverture.

Faites nous partager votre méthode de travail concernant vos ouvertures !

Bilan Janvier 2021


Les nombre de visiteurs s’envole !  De 100 à 150 par mois l’année dernière, ce blog en attire presque 1000 désormais ! De France et de pays francophones en très grande majorité, mais aussi quelques Américains, Italiens et Allemands.

Merci Beth Harmon.

Si l’article « Adapter votre travail à votre elo » est l’article le plus lu, celui sur Chessbase arrive juste derrière.

 

N’hésitez pas à commenter !

Un p’tit blitz ?


Chessbase


Igor Nataf nous en parle longuement (plus de 2 heures !) dans cette vidéo. Les possesseurs des versions plus anciennes (mais pas trop quand même j’imagine) y trouveront certainement un intérêt pour exploiter cette usine à gaz.

A quoi sert Chessbase ?

C’est une base de données adaptée aux échecs.

Base de données (en anglais database) : permet de stocker et de retrouver des données brutes ou de l’information, souvent en rapport avec un thème ou une activité ; celles-ci peuvent être de natures différentes et plus ou moins reliées.

Classer et/ou retrouver les parties par joueur, par résultat, par ouverture, par thème tactique, par finale, par année, par elo. Établir vos statistiques selon les ouvertures, vos couleurs. Comparer des positions, les analyser. Archiver vos erreurs tactiques. Bref, les combinaisons semblent infinies. 

A noter que Chessbase donne également accès à leur live database (8 millions de parties).

Vous avez des alternatives gratuites (SCID par exemple), presque aussi puissantes, mais parfois un peu moins ergonomiques, et avec moins de support à mon avis. Il est probable que pour des joueurs amateurs les versions gratuites peuvent suffire. Mais rien ne vous interdit de vous faire plaisir pour Noël. Comme le précise Igor Nataf, Chessbase offre -25 % plusieurs fois par an. Guettez cette occasion, sachant que le premier prix est actuellement à 119 €.

Fritz 17 permet de jouer (Chessbase utilise certes des moteurs d’analyse, mais comme leur nom l’indique : c’est uniquement pour de l’analyse !) et comprend aussi une gestion des parties, toutefois moins puissantes. Il n’y a qu’une quarantaine d’euros de différence. Mais encore une fois, les logiciels libres font souvent l’affaire. A vous de voir.

 

Microprocesseurs, silicium et jeux d’échecs


 

Quoi de neuf, depuis ce bilan sur l’offre 2.0 ?

En freeware, on peut y ajouter ChessX.

Je trouve que Chess Tempo (qu’on ne présente plus) prend un peu de retard en fonctionnalités et en ergonomie par rapport à Lichess (qu’on ne présente pas non plus !). Mais les évaluations des problèmes reflètent mieux le niveau réel (différence supérieure de quelques centaines de points sur Lichess). A chacun de se faire une idée, quitte à profiter temporairement de l’offre payante  de Chess Tempo (3 $ sur un mois) pour avoir quelques options pratiques  (sélection de problèmes en fonction de certains critères, historique plus étendu, statistiques plus précises, création de thèmes, évaluation Elo FIDE, etc.). Quant à Chess Tactics Serveur, on doit pouvoir le rayer de nos carnets, car le site est aux abonnés absents.

Chessbase a sorti un PGN reader dont l’interface est celle de Chessbase. Graphiquement réussi, mais uniquement des fonctionnalités de lecteur de parties. Pas de sauvegarde, ça lit, c’est tout !

J’ai investi dans Chessbase 14. Il manque pas mal d’explications pour l’exploiter complètement (le manuel est digne d’une austérité est-allemande), et même sur le Net (y compris anglophone), on ne trouve pas tout ce qu’on  veut. Une fonction absente qui existe pourtant sur d’autres freeware est la sauvegarde d’une position (bien utile je trouve pour se créer un recueil de positions de ses parties sur lesquelles on a raté un coup tactique). J’y reviendrai un de ces jours.

Dans les gestionnaires de bases de données, allez jeter un coup d’oeil sur Chess Assistant, produit par la même  société qui vend CT-Art ou Aquarium. La version d’essai, que j’ai seulement installée et pas  essayée, nous fait un peu remonter le temps pour ce qui concerne le graphisme. Mais l’outil est probablement aussi puissant que ChessBase. A chacun ses gouts. Pour ceux qui possèdent déjà Fritz, s’orienter sur Chessbase est sans doute la meilleure option.

Pour en finir avec Chessbase (j’attends le chèque pour ma commission…), vous avez leur database en ligne (8 millions de parties), et Fritz en ligne. Et n’hésitez pas à cliquer sur le menu déroulant en  haut à droite avec plus d’options.

Il est dommage que chaque système ait sa propre gestion. Le format PGN n’est peut-être pas le plus simple à manipuler d’un point de vue informatique, mais essayez d’exploiter  un format Chessbase sur SCID, bonjour l’arrachage de cheveux.

Vous pourrez profiter des vidéos de Chessmi qui détaille l’emploi de certains logiciels gratuits. Tentez Guess the move sur l’une d’entre elles.

Quand aux recueils de parties, vous trouverez votre bonheur sur la Kingbase 2018, qui  ne comporte que des parties depuis 1990 avec des joueurs de haut niveau (Elo>2000). Ajoutée à celle de Fritz 11, j’en suis à quasiment 3 millions dans ma base de référence. De quoi voir venir.

Informatique, pour commencer.


Faut pas se plaindre : l’ordinateur et internet nous facilitent pas mal la vie. Ce que je vous propose n’est que parcellaire mais reflète bien l’offre existante.

Gratuitement on trouve une bonne interface : Arena 3.0

Et également de bons moteurs d’analyse : Houdini et Stockfish. Tous les deux largement plus forts que le niveau moyen d’un joueur débutant. Autant dire qu’ils sauront trouver la faille tactique ou la combinaison géniale. On peut jouer contre eux, mais plutôt s’en servir pour travailler les ouvertures et les finales, et aussi et surtout analyser vos parties. Aussi fort soit-il, un moteur malheureusement ne simulera jamais un style de jeu humain. Eventuellement en réglant la profondeur de réflexion , mais cela nivelle un peu le style.

On trouve gratuitement des gestionnaires de bases de données : comme Chessbase Light 2009 , version allégée de Chessbase, qui ne peut utiliser que 32 000 parties. Mais c’est largement suffisant pour y entrer les siennes. Sinon on a aussi, Scid et ses déclinaisons (telles SCID vs PC). Vraiment pour les accrocs du classement et de la préparation pointue. Il faut pas mal de temps pour appréhender toutes les potentialités de ces deux programmes.

Citons aussi la version gratuite (bridée) de Chess Position Trainer qui permet l’apprentissage des ouvertures.

Chess Her0 choisit au hasard une position dans une base de donnée, demande de trouver le coup à venir et évalue finalement le résultat. Le tout est paramétrable (temps de réflexion, choix d’un coup plutôt en fin de partie ou en début, etc…)

Payant, on a Fritz 13 et ses diverses fonctionnalités. C’est un peu le tout en un. On a une version gratuite aussi (version 5.32, alors qu’on en est actuellement à la version 13). On pourra lui préférer d’autres programmes tout aussi valables. Après, c’est une question de goût, car de toute façon, ce n’est pas un programme d’échecs qui va le plus influencer  votre qualité de jeu  !

On trouve aussi des bases de données, plus d’un million de parties, et chaque semaine TWIC publie les parties de la semaine (soit plusieurs milliers pour compléter la base de donnée initiale).

Pour jouer en ligne, l’offre est acceptable. Je vous renvoie sur l’analyse de ZF Chess pour un tour d’horizon de ce qui existe.  Certains sites sont plus orientés jeu, sur d’autre, on a aussi des conseils et des forums.

Ne négligeons pas Chess Tempo et Chess Tactic Server. J’ai une petite préférence pour le premier. A travailler aussi avec l’entraineur tactique de Chess.com.

Et les portables ? Ben oui, les applis existent et permettent de jouer aussi dans le train, une salle d’attente, ou les embouteillages. Citons Chess for Free, Chess for Android, l’appli de chess.com, chess (tout court !).  Mais un tour sur Google Play (androïd, of course !) vous en montrera d’autres.

Bon, si avec tout ça, vous n’arrivez pas à vous amuser…