Ben Finegold a dit…


Ben était une figure du St Louis Chess Club avant qu’il ne crée son école à Atlanta.

Haut en couleur, pédagogue plus qu’il n’y parait.

Donc Ben nous dit que si on est mauvais c’est simplement à cause de nos gaffes, elles même étant la plupart du temps liées au fait qu’on laisse des pièces non protégées. Il ne s’agit pas de comprendre pourquoi on affaiblit la sécurité de notre roi pour des raisons stratégiques. Dans ce cas de figure, on peut encore corriger le tir. Non… il s’agit de ces pièces perdues bêtement en deux coups et qui rendent la partie irrattrapable, conduisant souvent à un abandon prématuré. C’est ce qu’on rencontre très fréquemment pour des joueurs classés entre 500 et 1500. Attention à deux défauts :

  1. Jouer agressivement ou attaquer prématurément pensant que cela va faire craquer l’adversaire
  2. imaginer avoir une compensation en sacrifiant une pièce volontairement (ou en la laissant se faire capturer)

Un de ses copains coach estime que jusqu’à 2200, oubliez les ouvertures, les analyses positionnelles, les finales ! De toute façon vous perdrez votre dame à un moment ou à un autre. Travaillez la tactique. Pas de gaffe et déjà on s’améliore. Et pourquoi continue-t-on à en faire : parce qu’on ne cherche pas à les corriger.Regardez l’erreur et cherchez à comprendre pourquoi vous l’avez faite.

Quand on perd une partie, on se dit souvent :

  • J’étais fatigué
  • Je n’ai pas eu de chance
  • Je n’ai pas eu assez de temps pour réfléchir
  • mon adversaire était déstabilisant
  • il fallait que j’aille chercher mon beau-frère à la gare juste après la partie
  • j’ai touché une pièce que je voulais pas jouer
  • j’ai hésité à faire le tournoi

Et on se retranche derrières ces fausses excuses sans analyser l’erreur et tenter de la corriger de façon définitive.

Lors d’un tournoi, il est facile de se dire qu’on a gagné 5 parties sur 9 et que finalement, le résultat est satisfaisant. Mais c’est oublier un peu rapidement comment on a gaffé dans deux parties. Et sans ces gaffes, le bilan aurait été meilleur.

Très intelligemment il dit que si on regarde 10 de ses meilleurs parties, il est probablement plus fort que Magnus Carlsen. Par contre si on regarde ses 10 mauvaises, n’importe quel joueur de petit niveau pourrait penser qu’il peut le battre.

Vous voulez progressez : faite des erreurs et corrigez les !

D’après « The Reason People Don’t Get Better At Chess« 

Quand vous perdez une partie : après l’analyse, travaillez simplement sur votre coup responsable de votre défaite. Vous avez gagné une partie : après analyse, repérez le coup qui, le plus précocement possible vous aurait permis de conforter votre position.

Les 4 piliers d’une progression harmonieuse.


Les 4 piliers d’une progression harmonieuse.

(je me répète, mais le titre ne tient pas en entier dans la mise en forme !!)

Vous passez votre temps à jouer des parties rapides en travaillant essentiellement les ouvertures grâce à une chaine Youtube tout en espérant progresser en achetant votre 84ème livre sur le jeu d’échecs ? Et vous avez l’impression de stagner à 1295 sur chess.com malgré les « tuyaux » (pour progresser rapidement) que vous avez réclamés sur les forums ? C’est le moment d’optimiser votre travail et éventuellement vous améliorer.

S’il est important de pratiquer avec des exercices et des parties d’entraînement (la règle : plus de parties lentes que de parties rapides et surtout jouer contre des adversaires plus fort que vous), il est également essentiel d’apprendre. Il faudra non seulement augmenter vos connaissances (investir dans la série écrite par Artur Yusupov consacrée à votre niveau en préférant la version anglaise : « Boost your chess » ou le « Bond du Tigre »), mais aussi corriger vos défauts grâce à l’analyse.

Ce ne sont que des lignes directrices pour vous aider. En dessous de 1500-1600 elo, les principaux blocages sont liés à un mauvais processus de réflexion et à des lacunes dans le calcul. La littérature échiquéenne, les vidéos, les coaches vous permettront de compléter les domaines abordés succinctement.

  1. TRAVAILLER LE PROCESSUS DE RÉFLEXION

Il peut se résumer en trois étapes :

  • Évaluer la dangerosité du coup de votre adversaire
  • Choisir le meilleur de vos deux coups candidats.
  • S’assurer que le coup retenu ne dégrade pas votre position tant tactiquement que stratégiquement.

Lors de votre réflexion, et sur au moins 1,5 coups, il faudra d’abord penser, et dans cet ordre, aux possibilités d’échec, puis de capture et enfin de menace. Autant pour vos coups que pour les réponses de l’adversaire. Cette réflexion devra être menée jusqu’à l’obtention d’une position d’équilibre.

Globalement, vous serez donc amené à établir des priorités au cours d’une partie :

  1. Répondre à la menace potentielle
  2. Évaluer les opportunités tactiques
  3. Assurer la sécurité du roi
  4. Développer et activer vos pièces
  5. Penser stratégie
  1. TRAVAILLER LA TACTIQUE

Soyez d’abord à l’aise avec les tactiques de base en les étudiant les unes après les autres.

Puis travailler avec des exercices tactiques généraux. Différents sites mettent de tels exercices à votre disposition.

Exercices de tactique : parmi un stock de plusieurs centaines d’exercices, en travailler quotidiennement plusieurs dizaines en vous attachant à comprendre pourquoi vous n’avez pas trouvé la solution. Vous les répéterez inlassablement jusqu’à pouvoir les résoudre en quelques secondes à force de les revoir. Puis recommencez avec un autre stock, différent ou plus difficile.

Exercice de calcul : réfléchir sur une position de milieu de jeu issue d’une partie de grands joueurs, en analysant toutes les options possibles et en évaluant la position finale de l’analyse de chaque ligne (qui a l’avantage ?). La durée minimale de cet exercice : 15 minutes

Profitez de ces exercices pour établir un bilan des erreurs le plus fréquentes.

  1. ANALYSER SES PARTIES

Chacune de vos parties longues devra être analysée. Le recours à un moteur d’analyse n’aura lieu que lors de la toute dernière étape, une fois que vous aurez réfléchi par vous-même à toutes les variantes.

L’analyse a plusieurs buts :

  • Trouver les moments critiques dans le jeu.
  • Chercher les raisons de vos propres erreurs : pas seulement ce qui a mal tourné, mais pourquoi cela a mal tourné.
  • Chercher de nouvelles possibilités : quels mouvements avez-vous manqué dans votre analyse ? Quelles idées pourriez-vous avoir considérées ?
  • Réfléchir sur l’ouverture.

Il faudra formuler par écrit les raisons de vos hésitations et de vos craintes lors de la partie. Après chaque analyse, vous devriez avoir appris au moins une chose. Par exemple : « Enfin une partie ou je me suis senti à l’aise», ou « Mon roi est rarement en sécurité à la fin de mon ouverture », ou « Je ne sais pas mener une finale de pions »

Partie après partie, vous pourrez ainsi établir le bilan de vos principales faiblesses qu’il faudra corriger

  1. ÉTABLIR UN PROGRAMME

Ce programme sera basé sur 2 à 4 sessions, au minimum 1 heure chacune, que vous répéterez, jour après jour, session après session. Entamez la session suivante que si vous avez terminé la session en cours (la même session peut donc être effectuée sur plusieurs jours, même s’il conviendrait de pouvoir en faire une par jour : adapter votre volume de travail en conséquence).

Le programme devrait inclure, dans des proportions variables selon vos faiblesses : l’étude des ouvertures (réduite au minimum pour un niveau 1200-1500), des milieux de jeu, et des finales. Et pour chacune de ces phases de jeu : théorie, pratique (exercices) et révision. Il faudra en outre y ajouter des exercices de tactique et de calcul ainsi que des parties d’entraînement qui seront analysées.

Prévoir au moins 30 % de votre planning à la tactique et au calcul, et 40 % aux parties d’entraînement et à leurs analyses.

Sur les 30 % restant, mettez l’accent sur les finales. Et en fonction du temps disponible : travail sur les ouvertures et le milieu de jeu (stratégie, lecture de parties commentées).

Enfin, modifiez votre programme tous les 2-3 mois selon vos améliorations.

Rien de miraculeux, j’ai simplement essayé de résumer et de synthétiser ce que j’ai pu lire ici et là. Bon, maintenant… est-ce que cela marche ? A vous de nous le dire !

MÉTHODE TACTIQUE


C’est l’été ! Profitez-en pour pratiquer quelques exercices tactiques au bord de la piscine !

Examen de la position : observer avant de réfléchir.

Comme pendant une partie : équilibre matériel, sécurité du roi, activité des pièces, structures de pion. Si vous avez un retard matériel, il va falloir trouver soit un mat, soit un gain matériel qui va compenser ce retard.

Avant de chercher votre coup : envisagez tous les échecs et les captures possibles de l’adversaire. Réfléchissez à la façon dont il pourrait également mettre votre roi, et les autres pièces, en danger.

Ensuite, faites de même de votre côté. Et quand il s’agit de trouver un coup qui serait un échec, il s’agit d’abord de trouver tous les coups qui peuvent le faire !

Repérez attentivement les diagonales, les lignes et les colonnes ouvertes (ou semi-ouvertes). De façon virtuelle, regardez ce qui ce passe si une colonne venait à s’ouvrir : quelle pièce adverse y a-t-il tout bout de ces lignes géométriques ?

Vous aurez peut-être déjà repéré une position idéale permettant un mat.

Une fois ce premier examen réalisé, existe-t-il une pièce adverse pas (ou mal) protégée ou un roi adverse qui ne serait pas en sécurité ? il y a de fortes chances que ce soit votre cible.

Recherche de la solution

Lors d’un exercice tactique, le premier coup n’est pas toujours le coup intuitif ! Mais on sait qu’il va y avoir une suite de coups forcés, ce qui va simplifier la tâche.

L’application d’un processus de réflexion optimise les chances de tomber sur le bon coup.

On regarde les échecs, les ripostes, et les coups possibles qui suivent aboutissant à la victoire. Si on trouve la solution, tant mieux. Sinon on passe aux captures. Puis aux menaces directes, puis aux coups intermédiaires.

Ça y est, vous l’avez ? A tout hasard revérifiez que le riposte n’est pas un échec intermédiaire ou qu’une pièce adverse n’a pas été prise en compte dans le calcul.7

Vous ne l’avez pas ? Il est temps de noter ce qui n’a pas marché pour vous y attarder lors des autres exercices :

  • Pas vu le thème tactique.
  • Je n’ai pas systématisé le principe échec-capture-menace (plutôt les échecs, les captures ou les menaces ? Plutôt pour le premier coup ? Plutôt dans les réponses de l’adversaire ?)
  • souci de visualisation (je n’imaginais pas la bonne pièce au bon endroit).
  • J’ai arrêté mon calcul trop tôt.
  • Je n’ai pas cherché à résoudre le problème avec toutes les pièces de l’échiquier.
  • Je n’ai pas cherché les coups pour aboutir à une position idéale.

Pour aller un peu plus loin :

  • noter éventuellement les variantes.
  • avant de se prononcer pour un coup, bien envisager toutes les solutions (ne pas se contenter de trouver le premier coup, parfois évident mais parfois non). En d’autres termes : éviter de se dire « Bon, là, ça marche… bon… là aussi… ah… ici, moins évident mais cela devrait être bon quand même. »
  • se prononcer pour la solution comme si votre vie en dépendait !
  • Solving in style de John Nunn.
  • Méthode Woodpecker

Passez un agréable été ! Rendez-vous à la rentrée.

Les conseils de Todd


SOYEZ OBSERVATEURS !

 

Lorsque votre adversaire réfléchit, regardez comment les pièces sont alignées, tant sur des diagonales que sur de rangées (ou des colonnes).

Un roi en c3 et une dame en e5… Hop, une belle diagonale qui peut être exploitable pour un coup tactique.

Pas de pièces alignées ? Et si une déviation, ou une attraction, le permettait ?

 

Le conseil du jour : une pièce tout seule dans le camp adverse ? Souvent de telles pièces sont les cibles potentielles d’une capture.

 

Merci Todd ! (Chess Strategy Workbook)

 

 

Programme d’entrainement.


Petit retour sur le programme d’entrainement simplifié que j’ai évoqué ici, avec quelques idées qui me sont venues à l’esprit (si, j’en ai un peu).

Le rythme de 4 sessions à appliquer en boucle permet de revoir en fait des notions récentes qu’on aurait vite tendance à oublier si on se contente de les revoir avec des intervalles assez longs. Cela évite de bachoter sur la  tactique non-stop, en laissant les finales de côté (le truc rébarbatif souvent négligé probablement), ou en revoyant de façon épisodique les ouvertures qui ont été mal négociées.

Il est important je pense, si on désire utiliser ce programme, de bien le formaliser : un beau tableau Excel, imprimé et consultable à tout moment, tout en se donnant la peine de noter ce qui a été travaillé au jour le jour.

Le principe de 4 sessions permettant de travailler la tactique, les finales, la stratégie et les ouvertures, ainsi que les moments consacrés à des parties, est la base. La répartition à l’intérieur de ces 4 sessions est à moduler en établissant ses priorités. Une calculatrice permet ensuite de remplir le tableau avec quelques petites règles de trois en fonction du temps qu’on désire consacrer. Uniquement en préparant ce planning, on a déjà la sensation d’avoir gagné 10 points elo !

Lorsqu’il s’agit d’étudier, mettez sur papier avec quels documents/supports vous désirez apprendre afin de ne pas vous disperser. Un coup un vieux bouquin que vous avez ressorti de votre bibliothèque, un coup une vidéo, un coup un article sur un site, un coup une autre vidéo… pas bon tout ça à mon avis.

Mettez en place ce programme quand ce sera le moment. Si votre travail, votre vie de famille ou toute autre cause ne vous permettant pas de dégager suffisamment de temps pour le faire (1 heure est probablement un minimum), contentez vous des tactiques sur l’application Lichess (salle d’attente chez le dentiste pour déstresser, WC, pause après le déjeuner en entreprise, avant de s’endormir…). Commencez un lundi.

1 heure, pas facile à dégager sur votre emploi du temps ? Si votre mode de vie est réellement incompatible avec une approche raisonnée et durable, bien évidemment le niveau et l’envie que vous aurez à jouer risqueront de stagner. Et il n’y a rien à se reprocher, cela peut être un choix respectable tant que vous éprouver du plaisir à pousser du bois.

Mais si vous désirez vous accrocher un peu, et voir votre elo grimper de quelques dizaines de points (centaines ?), vous pouvez vous lever 15 minutes plus tôt, et faire l’impasse sur Netflix… Avoir ce programme d’entrainement déjà établi en amont permet aussi de gagner du temps (plutôt que de se dire : « Voyons, qu’est que je travaille aujourd’hui ? » ou « Qu’est ce que j’ai fait de ce bouquin acheté en 2007 ?« ) En outre, il vaut mieux, malgré tout, s’y consacrer 30 mn par jour que 2 heures tous les 4 jours. Prévoyez la durée de base en fonction du temps que vous pourrez y consacrer a minima. Rien ne sert de prévoir des tranches de 30 mn sur une session de 2 heures (soit 4 tranches de 30 mn), si vous savez à l’avance que vous ne pourrez pas y consacrer plus de 15 minutes d’un coup. Dans ce cas, revoyez votre programme à la baisse avec 4 tranches de 15 minutes par session. Et puis le jour, ou la semaine, où vous pourrez y consacrer un peu plus : foncez !

La façon de travailler est une autre histoire. Concentration, processus de réflexion, échec-capture-menace, mémorisation, analyse approfondie de parties (sans lancer Stockfish au bout de 3 secondes !), lectures des parties des très bons joueurs, courbes de progression, tenue d’un cahier de travail, gestion du stress.

Avant de vous lancer sur un programme, vous serez peut-être intéressé pour connaitre vos points forts et vos points faibles ? Tentez « Echecs : le test » (en anglais : Chess Exam and Training Guide) de Khmelnitsky, ou les tests de Dvorestky. A moins que vous tombiez sur « Testez vous aux échecs » de Franck Loheac-Ammoun (d’occasion toutefois).

 

Que la force soit avec vous.


Si la créativité est l’étincelle d’une combinaison, les coups forcés sont le carburant qui la font vivre. Les coups qui capturent des pièces adverses, qui mettent le roi en échec, ou, dans une moindre mesure, qui menacent de telles captures ou échecs, assurent l’élément dynamique de cette combinaison.

« The inner game of chess »

Andrew Soltis

 

 

 

Finales de tours


Vous avez des pions, une à deux tours de chaque côté. Plusieurs objectifs selon la position :

  • Avoir plus de tours que l’adversaire.
  • Avoir un pion passé.
  • Amener un pion sur une case de promotion.
  • Obtenir une majorité de pions.
  • Mater le roi.

Bref, avoir un avantage certain !

Selon Le tableau de bord des problèmes de Lichess, c’est mon gros point faible.

Bon. Choix de problèmes calé sur les finales de tours.

J’ai commencé au niveau normal.

5 problèmes, 5 erreurs

 

Niveau plus facile.

7 problèmes, 3 erreurs.

 

Niveau le plus facile.

10 problèmes, 4 erreurs.

 

Mais au niveau le plus facile, un problème raté coute 20-25 points.

 

Bref, en 20-25 problèmes, j’ai chuté de 200 points !

 

La Tac-Ti-Que vous dis-je !!!

 

Diagnostic tactique


Faites vous un petit tableau Excel (ou sur une simple feuille de papier, ou même dans votre journal de travail) et mettez un petit trait devant une des catégories suivantes à chaque fois que vous ratez un exercice tactique :

  • Mauvaise visualisation : qui vous empêche d’avoir un calcul exact. Comme une pièce adverse clouée sans tenir compte de cet avantage, ou lors de positions compliquées avec beaucoup de pièces dans un secteur de l’échiquier rendant ainsi la visualisation plus difficile.
  • Pas de recherche de tous les échecs possibles lors de la réflexion : et ceci pendant 1.5 coups minimum. En pratique, on peut se contenter de prendre en compte que le premier coup pour poser un trait. Sachant que si on n’envisage pas un échec comme réponse de l’adversaire, c’est peut être simplement dû à un soucis de visualisation ou une mauvaise prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier.
  • Pas de recherche de toutes les captures possibles lors de la réflexion : négliger aucune capture de pièce. Un simple pion capturé permet de laisser passer une tour victorieuse ou ouvre une diagonale vers le roque. Ne pas négliger non plus un sacrifice en se disant : « Ah bah.. non… là si je perd ma pièce, ça va plus » sans avoir réfléchit a minima 1.5 coups.
  • Pas de recherche de toutes les menaces possibles lors de la réflexion : un échec au roi, c’est une menace. Reste, après les calculs des captures, à envisager les menaces sur la dame, la tour, le cavalier, le fou…
  • N’aborde pas les coups candidats dans l’ordre échec-capture-menace : nécessite un peu d’introspection, mais afin d’optimiser le temps lors d’une partie, il semble essentiel de bien aborder la réflexion dans cet ordre.
  • Quiescence : on pense que la position est gagnante ou perdante, alors que des échanges sont encore possibles ou que des menaces sérieuses existent encore (d’un coté comme de l’autre).
  • Ne réfléchit pas au minimum jusqu’au 1.5 coup suivant : plutôt de l’impatience en fait ! on voit une capture d’une pièce non protégée mais la réponse adverse entraine un échec intermédiaire dévastateur.
  • Pas de prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier : normal quand on aborde un problème (contrairement à une partie pendant laquelle la connaissance de toutes les pièces sur l’échiquier est intuitive et progressive, coup après coup). Bien penser avant de réfléchir sur un exercice tactique à analyse la position : équilibre matériel, pions passés, sécurité des rois, avantages stratégiques, activité des pièces… enfin bref, la routine quoi ! Lors d’un exercice avec une finale de pions, bien regarder qui doit jouer en premier et bien s’imprégner du sens du jeu.
  • Mauvais calcul : mélange en fait d’un défaut de visualisation (empêchant souvent de réfléchir au delà de 2 à 3 coups, même sur des coups forcés), de mauvaise prise en compte de toutes les pièces de l’échiquier, de quiescence, d’une non considération d’un échec intermédiaire.
  • N’envisage pas une position idéale : pas une erreur en soi, mais parfois un schéma tactique s’impose et on ne recherche pas à l’atteindre.

Liste non exhaustive, mais je pense qu’elle regroupe l’essentiel des défauts. Vous pouvez en rajouter d’autre ou en retirer.

Au fur et à mesure de vos exercices tactiques quotidiens, vous pourrez ainsi dresser le portrait robot de vos erreurs de réflexion. Attendez toutefois d’avoir une bonne centaines de problèmes ratés pour tirer des conclusions. Admettons que vous résolviez 70 % de vos problèmes, si vous en pratiquez 100 par jour, vous mettrez 3-4 jours à compléter votre tableau diagnostique (et bien sûr 6 à 8 jours si vous vous basez sur 50 problèmes quotidiens).

Vous pouvez cocher plusieurs catégories en même temps. Une position compliquée altère votre visualisation et votre cerveau s’affole sans aborder la situation sereinement (vous vous concentrez sur la position compliquée sans voir la tour de l’autre côté de l’échiquier qui pourrait débloquer le problème). Dans ce cas cochez le défaut de visualisation, la non-considération de tout l’échiquier, et par exemple le fait de ne pas avoir envisagé tous les échecs. Trois traits.

Si cette méthodologie est un peu lourde, elle a au moins l’avantage de bien faire prendre conscience des erreurs de base. Pour progressivement appliquer tout ça inconsciemment lors d’une partie. N’hésitez pas à vous replonger dans les quelques posts sur les processus de réflexion.

 

La tactique selon Saint Lichess


Je ne vous présente plus Lichess, LE site français pour jouer en ligne. Mais pas que…

Depuis peu, Lichess nous a concocté un superbe outil afin d’optimiser vos exercices de tactique. Deux vidéos valant mieux qu’un long discours, regardez la présentation de Daniel Mallais et celle de Vince sur chesstrainer 2000.

Et revenez me voir juste après.

C’est bon ?

Comme vous avez pu le constater les paramètres sont multiples et permettent un apprentissage selon sa force et ses faiblesses. Mais aussi selon son envie.

Un échauffement de 15 minutes : réglage avec les problèmes les plus faciles, et c’est parti !

Vous préférez vous creusez les neurones ? Hop, problèmes les plus difficiles (mais pas si insurmontables que ça).

Les notions de coups silencieux vous échappent un peu ? Pratiquez régulièrement cette catégorie sur le niveau le plus faible. Puis augmenter progressivement la difficulté.

Vous ne jurez que par la méthode de la Maza ou Woodpecker ? Pas de problème, Lichess a enregistré les problèmes ratés que vous pourrez reprendre plus tard, ou pourquoi pas les 100 derniers problèmes de vos dernières sessions.

Attention au piège des exercices très faciles : on pourrait se dire qu’ils sont inratables, et qu’on  gagne 100 points en 100 problèmes. Sauf que… un problème raté vous retire 20 à 30 points. Donc si vous n’arrivez pas à tenir au moins 30 à 40 problèmes sans erreur, cela va être difficile de monter en grade.
Au bout du compte, le niveau le plus facile (toujours proportionnel à votre niveau) est très exigeant : il ne tolère aucune erreur. Trois exercices ratés sur 20 (par exemple) et vous perdez dans les 50-60 points. Dur, dur !

Personnellement, j’aime bien commencer avec un faible niveau, augmenter d’un cran si je réussis, et baisser d’un cran si je rate. A chacun sa méthode, je vous dis !!

Lichess, what else ?

 

Un p’tit blitz ?