L’analyse d’une partie d’échecs.


On ne va pas revenir sur les bienfaits de l’analyse. Toutefois, on trouve peu de méthodes générales sur le web et dans les livres. La plupart du temps, on tombe sur des parties déjà analysées, mais cela n’explique pas concrètement comment faire quelles étapes suivre. Si un joueur classé 2375 a des idées stratégiques et tactiques, cela devient tout de suite plus hasardeux pour un joueur classé 1338.

Je me suis aidé de l’article de Noël Studer et de celui de Carlos Pujol sur chess.com.

Les bienfaits de l’analyse sont multiples :

  • comparaisons de nos idées avec la dure réalité de la tactique et du jeu positionnel.
  • développement de notre processus de réflexion.
  • amélioration progressives de nos connaissance sur les ouvertures (et au bout du compte sur les positions et les finales qui en découlent).
  • détection des erreurs récurrentes.

Selon Yusupov, ce qu’il faut attendre d’une analyse :

  • « trouver les moments critiques » dans le jeu, ces moments où des erreurs ont été commises, la nature de la position a changé, etc.
  • « Chercher les raisons de vos propres erreurs » – pas seulement ce qui a mal tourné, mais pourquoi.
  • « Chercher de nouvelles possibilités. » Quels mouvements avez-vous manqué dans votre analyse? Quelles idées pourriez-vous avoir considérées ?
  • « Réflexion sur l’ouverture »

Étape 1 : une analyse s’anticipe.

Pendant la partie, noter votre temps de réflexion. (Bon… faut avouer que la place manque parfois sur ces feuilles et que dans le feu de l’action ce n’est pas toujours facile)

Annoter votre feuille de partie avec des signes cabalistiques afin de repérer des coups particuliers (une croix pour une tactique douteuse, un point d’exclamation pour repérer un coup de adversaire qui vous a surpris, etc.)

Juste après la partie, notez vos impressions de façon plus détaillées (utilité d’avoir un carnet sur soi)

Si possible lors d’un tournoi : analyse post mortem avec votre adversaire (en fait cela devrait être obligatoire, ne serait-ce que pour des raisons de convivialité). Notez à part les idées, ce qu’il a vu de son coté.

Étape 2 : juste après la partie

Le plus rapidement possible après en tout cas. Lors d’un tournoi, ce sera le soir si vous en avez le courage ! Lors d’une partie en ligne, juste après.

Mettre la partie dans une base de données et retranscrire vos notes de la journée. Bien sûr, sans lancer le moteur d’analyse.

C’est le moment de repérer les moments critiques. Déjà, de façon simple : repérer les transitions ouverture-milieu de jeu, et milieu de jeu-finale. Le premier moment critique est à la sortie de l’ouverture (que ce soit vous ou l’adversaire qui en est la cause ). La perte d’une pièce en est une autre. De façon plus subjective, il faut aussi rechercher ce moment lorsque les deux positions semblent en équilibre et que chaque camp est arrivé au maximum de l’exploitation de la position (point de rupture possible). Lorsque le moteur est lancé ce sera lui qui indiquera également les options importantes qui ont été ratées. Il n’est pas utile dans cette étape d’en faire un roman, mais de poser un de ces signes cabalistiques si vous n’aviez pas eu l’occasion de le faire au cours de la partie. (^^, *, # ou tout autre signe spécial)

Ensuite il faudra aussi repérer les moments où vous vous sentiez mal engagé, s’attarder sur les phases d’échange, sur les moments pendant lesquels vous n’aviez pas d’idée, sur les positions peu claires qui vous ont fait choisir un coup simple plutôt que d’approfondir votre calcul.

Ce seront les moments clefs que vous analyserez en détail ultérieurement.

Enfin, et uniquement pour l’ouverture : vérifier ce qui peut être amélioré ou évité (Moteur d’analyse, database). Plus tard, s’attarder sur le raisons pour lesquelles vous n’avez pas joué le meilleur coups pendant cette ouverture.

Au cours d’un tournoi, il n’est pas utile d’en faire plus afin de garder confiance. En tout état de cause, afin de ne pas se dévaloriser : ne jamais se dire « Quel idiot de ne pas avoir vu ça !  » ou « La honte, avoir été battu par un joueur avec 200 elo de moins que moi !« , mais « Il a fait chaud dans la salle » ou « J’avais soif, je devrais prévoir une autre bouteille d’eau« .

Le moteur d’analyse a été utilisé uniquement pur vérifier les quelques premiers coups de l’ouverture.

Etape 3 : plusieurs jours plus tard.

« Un bon processus de réflexion qui abouti à un mauvais coup est pire qu’un bon processus de réflexion qui abouti à un mauvais coup !  »

Noël Studer

Avoir écrit les idées qui viennent à l’esprit juste après la partie sont essentiels.

Bien sûr l’aide d’un joueur plus fort que vous est la meilleur solution, mais sinon, c’est le moteur d’analyse qui sera la référence. D’autant plus qu’il est quasiment impossible (avec des journées de 24 heures) de revoir la partie, coup après coup, en y consacrant autant de temps que la partie elle-même. L’analyse de Stockfish permet de recaler l’évaluation qu’on ressent lors des moments critiques (je pense qu’il est utile de donner une évaluation sur chacune de ces positions ), puis de la comparer plus tard avec l’analyse d’un moteur (chaque moteur aura sa propre évaluation, il faudra donc se fier au même moteur à chaque fois).

La situation s’est décantée, vous pouvez aborder votre partie avec un œil nouveau. Il s’agit désormais, calmement et en prenant votre temps, de la revoir en envisageant les options que vous n’aviez pas développées (variantes et sous-variantes), ou de comprendre comment vous auriez pu éviter la perte d’une pièce ou le contrôle d’une case (colonne, diagonale).

Lorsqu’une position semble peu claire, il est utile de faire appel à une base de donnée et de rechercher des positions similaires jouées par des forts joueurs afin d’observer leurs décisions. Mais le plus important est malgré tout de comprendre pourquoi on est dans l’erreur. Si le calcul peut en être à l’origine, il est aussi possible que notre état d’esprit nous amène à prendre de mauvaises décisions. On pense être en retard ? on attaque à fond en prenant des risques. On pense être en avance ? On se relâche et l’adversaire reprend le dessus. Partie après partie, il est alors possible de dégager quelques défauts principaux.

Et enfin… : Stockfish, Komodo, Lc0 !! Lâchez la cavalerie. Régler la détection des erreurs en fonction de vos objectifs (à mon avis, un seuil de 0.66 à 0.75 points est probablement suffisant à petit niveau, 1 point si vous débutez). Surtout pour les débutants, si une erreur est dépistée tous les 4 à 5 coups, il faut sérieusement penser à revoir le processus de réflexion et travailler la tactique. Ou régler le seuil d’erreur sur une valeur un peu plus haute ! Inversement, si le moteur d’analyse ne détecte rien… affinez les options.

Etape 4 : le bilan.

Il est temps de se poser des questions. Avez-vous correctement évalué la position ? Aviez vous choisi un bon plan? ? Combien d’erreurs tactiques ? (pièce perdue ou tactique ratée, partie qui se prolonge alors qu’un mat en 3 coups était jouable). Il très important de verbaliser cette étape, de l’écrire.

Pour chaque partie, noter trois choses que vous avez apprises. Par exemple :

  1. Pour cette ouverture, l’échange des fous n’est pas à craindre.
  2. Dans des situations tactiques, ou désespérées, toujours regarder s’il est possible de mettre le roi adverse en échec.
  3. Dans une finale complexe R+P, il est parfois utile de bloquer un ilot de pions avant de déplacer son roi.

Repérez les failles dans votre processus de réflexion, diagnostiquez les tactiques ratées, les moments de la partie pendant lesquels vous avez été faibles (ouverture, milieu de jeu, finale). Puis, lorsque les parties de votre tournoi ont été analysées, ajustez votre programme d’entrainement en conséquence.

Il est utile de soumettre votre analyse finale à un joueur (au moins de votre niveau) afin de limiter des biais (récursivité). Par exemple : s’autoflageller pour ne pas avoir trouvé un mat en 5 coups (avec des variantes et sous-variantes compliquées), alors qu’un mat en 7 était possible avec une suite forcée plus simple. Les forums permettent de publier ces analyses, si tant est que quelqu’un y prête un œil attentif et bienveillant. C’est une arme à double tranchant.

Comme on peut le voir, une analyse sérieuse prend du temps. Pour un tournoi, c’est une bonne semaine de travail en perspective. Hors tournoi, vos parties longues en ligne (au moins des 30 minutes) méritent cet effort. Dans une moindre mesure, les parties plus rapides ne doivent pas être négligées.

Certes cette activité est chronophage, mais c’est pour cette raison qu’il y a si peu de Grand maitres !!

Stejpan nous développe tout ça sur Hanging Pawns : « How to detect and correct your middlegame mistakes » et « How to analyse chess games« 

Etape 5 : et après ?

Le gain, si gain il y a, est probablement sur le long terme. Dans la mesure où l’intérêt est finalement de se corriger, cela nécessite d’accorder son programme d’entrainement à ces analyses. En comptabilisant les types d’erreurs (tactique – offensive ou défensive, soucis visualisation, stratégie, finale – de tours, de pions -, ouverture – avec les blancs, les noirs -) on peut ainsi porter ses efforts sur les points faibles. De façon encore plus simple : trouver la dernière erreur qui vous fait perdre une partie. Faites-le sur au moins 10 parties et regardez ce qui s’en dégage.

Vous aussi vous analysez ? Dans quelle mesure cela vous a-t-il aidé à progresser ?

Tournoi des candidats 2020-2021


Le challenger de Magnus Carlsen à la fin de l’année est le GMI Nepomniachtchi qui s’est relâché dans sa dernière partie. Notre ami MVL assure le gain dans la 14ème ronde et comme Anish Giri a perdu sa partie le Français finit 2ème. Pas si mal que ça dans un CV au vu de sa fin de parcours. Mais on peut imaginer qu’avec MVL mieux inspiré le tournoi n’aurait probablement pas eut la même allure.

Quand je serais champion du Monde je m’achèterai un rasoir.

MVL ne répond plus à Ekaterinenbourg


Si au cours de la partie contre Grischuk, avec ses renversements de situation, il nous avait encore été permis d’espérer le meilleur pour le Français, sa défaite ne lui laisse hélas plus aucune chance raisonnable de remporter ce tournoi. Snif.

Tournoi des candidats : la suite.


Pour ceux qui suivent plutôt la Ligue 1 ou le Top 14, je rappelle que le vainqueur de ce tournoi pourra affronter Magnus Carlsen en fin d’année et espérer devenir LE champion du monde.

Lorsque ce tournoi fut interrompu pour des raisons covidesques en 2020, notre français à nous était en tête et cela réjouissait tout le monde. Depuis… on va dire que le vent a tourné, et que pour l’instant (à l’heure où la ronde 9 se joue), MVL ne semble plus trop parmi les favoris. Et cela nous attriste un peu quand même.

Confinement et jeu d’échecs


Oui, encore un confinement. D’ici quelques jours, quelques semaines… quelques mois ?

Les sorties en extérieur sont limitées (pas plus d’une heure quotidienne théoriquement pour dégourdir les papattes du chien, et vous êtes déjà allé chercher trois fois du pain). BFMTV tourne en boucle et vous avez débranché la télévision ? Même pas envie de la rallumer pour regarder votre 57ème nouvelle série en 4 mois, ou la saison 18 de La disparue de Broadchurch… Bref, l’ennui vous guette sournoisement.

Eh bien oui, le jeu d’échecs est votre ami !

Deux options : vous avez décidé d’apprendre ou vous vous demandez si ce n’est pas le moment de progresser pour être affuté lors de la reprise des tournois (après vous êtes inscrit dans un club).

Quoi qu’il en soit, cette activité est un excellent dérivatif.

  • Les multiples aspects de l’apprentissage sont un réel remède contre la monotonie.
  • La réflexion sur un problème tactique vous emmène dans la voie profonde de la méditation en pleine conscience (selon Lao Tseu… ou Matthieu Ricard, je ne sais plus).
  • Pour peu que vous contaminiez votre petite famille avec ce loisir, vous aurez fédéré d’autres humains dans une activité consensuelle non violente (le roi ne meurt jamais dans une partie d’échecs).
  • Internet vous permet de franchir les frontières : jouez contre un(e) Bolivien(ne) ou un(e) Azerbaïdjanais(e).
  • Le suivi en direct des grands tournois vous apportera des moments d’émotions (oui, bon, on en n’est pas encore sur une finale de coupe du monde de football, laissez-nous rêver un peu !).
  • Le classement sur les sites et votre niveau évalué à partir de la résolution de problèmes tactiques concrétiseront votre progression au fil du temps, rompant ainsi ce qui semble être une répétions immuable de jours sans fin.
  • Et puis, si vous le pouvez : jouez ou apprenez en musique, ce sera le moment de ré-écouter les tubes de votre jeunesse, ou les derniers hits de l’été 2020.

Vous êtes perdus devant cet univers qui s’offre à vous, tel Alice qui franchit le miroir ? Cliquez ici, ou , ou même à gauche de l’écran, ou tapez « jeu d’échecs » sur un moteur de recherche.

 

Tata Steel Masters 2021


Quel bilan après le ronde 8 et avant la dernière ligne droite qui commencera demain  :

Personnellement, je retiendrais qu’aux âmes bien nées, le talent n’attend pas le nombre des années !

Alireza Firouzja, 1er au classement provisoire, a 17 ans (elo 2749 et 18ème joueur mondial, avec une performance de 2861)

Et c’est un jeune de 18 ans qui a fait chuter Magnus Carlsen (champion du monde en titre, premier joueur mondial avec 2862 elo) : Andrey Esipenko, âgé de 19 ans (elo 2677 et 60ème joueur mondial, avec une performance de 2854).

Et Maxime ? Ce n’est pas le tournoi dans lequel il va briller, à moins de finir avec un sans faute. 10ème sur 14, contre-performance, soucis dans les sorties d’ouverture…

 

   

 

MVL pas au top niveau.


Ouhlala… notre numéro 5 mondial n’a pas encore gagné la moindre partie dans le tournoi de Wijk aan Zee ! Heureusement que Tari, probablement pas rassuré malgré tout devant sa position pourtant légèrement en sa faveur, lui a proposé une nulle dans la 6ème partie jouée hier ! Reste qu’aujourd’hui, c’est du lourd : Fabiano Caruana.

 

Vachier-Lagrave, Maxime vs Anton Guijarro, David


C’est dans le tournoi de Wijk aan Zee (c’est tout de même plus poétique que le Tata Steel Masters), et la quatrième ronde s’est soldée par une nulle dans toutes les parties.

A titre d’exemple, j’ai jeté un rapide coup d’œil sur la partie de Maxime contre Anton. 2784 contre 2679. L’analyse sur Lichess a montré pour les deux : 0 imprécision, 0 erreur, 0 gaffe. La perte moyenne a été de 0.055 pions chacun pour cette partie. L’avantage maximum concédé par le joueur espagnol a été de 0.8 points, et 0.5 points par MVL.

Waouh !

En gros, le graphe de l’analyse ressemble à ça :

Alors que quand je joue avec un adversaire de mon niveau :

 

 

Tata Steel Chess 2021


Un des gros tournois de l’année, mais surtout le premier en face à face (Other The Board). Autrefois connu tout simplement sous le nom du tournoi de Wijk aan Zee, là haut dans le nord. Prévu initialement pour les employés du groupe industriel Tata Steel (il y a 83 ans), et puis progressivement, il est devenu un des tournois du circuit. MVL y participe, c’est le moment de vérifier si ses prétentions dans le tournoi (interrompu) des candidats est justifié. On en est actuellement à la 3eme ronde et c’est suivi (en direct lors des rondes) sur chess24.

 

 

 

 

Les échecs réalistes (Dan Heisman)


Dan Heisman avait été étonné du superbe résultat d’un de ses élèves (classé 1100, et performance à 1900 !!). Etait-ce une réelle amélioration, le hasard du tournoi, le fruit d’une savante préparation psychologique ?

Avant de trouver une explication, il présente trois niveaux de réflexion, le dernier étant le meilleur (un peu la ceinture noire du judoka !)

Les échecs pile ou face.

C’est souvent le jeu observé avec de jeunes enfants ou avec des joueurs débutants. Seul le hasard semble guider les pièces. On oublie souvent la devise : « Si tu trouves un bon coup, trouves-en un meilleur« . Aucune menace n’est anticipée, les pièces sont posées sur des cases dont la sécurité n’est pas assurée.

Bon,d’un autre côté, intégrer à 9 ans, ou même plus vieux, toutes les finesses d’un processus de réflexion… pas étonnant qu’un grand débutant joue un peu au hasard, et si en plus son coach ne lui a jamais parlé de la sainte trilogie échec/capture/menace…

Les échecs de l’espoir.

L’espoir que votre adversaire ne voit pas le piège diabolique que vous lui tendez ? Non. L’espoir que votre adversaire ne trouve pas un bon coup ! « Dh4… c’est risqué.. allez hop, tant pis, je verrais bien ! » Les deux premiers types de jeu expliquent pourquoi les parties se terminent longtemps avant le temps légal dans les catégories <1400 par exemple. A ces niveaux, les joueurs ne se soucient pas de échec-capture-menace (autant pour dépister les intentions de l’adversaire que pour choisir leurs coups). De la même façon, ces joueurs dans une position gagnante ne se soucient pas de leur défense. Plus le niveau augmente, plus il faut réfléchir sur les intentions de l’adversaire.

Les échecs réalistes.

Vous utilisez les notions de coup candidat. Pour chaque coup envisagé, si votre réflexion vous amène sur une menace que vous ne pouvez pas contrer, il faut réfuter ce coup. La philosophie de ce mode de jeu est d’anticiper toutes les menaces (dangereuses j’imagine) Si la réponse adverse vous fait froid dans le dos, c’est mauvais signe si vous ne l’avez pas prévue. C’est encore plus mauvais si vous ne comprenez pas son utilité et que vous êtes mat deux coups plus tard ! Cette phase de réflexion prend du temps et explique pourquoi les joueurs de haut niveau sont encore en train d’en découdre alors que vous prenez votre café à la buvette du tournoi.

La mauvaise nouvelle est qu’il faut être dans cet état d’esprit du premier au dernier coup de la partie. Une seule inattention peut couter la victoire. Si deux joueurs pratiquent les échecs réalistes, le vainqueur sera probablement celui qui aura été réaliste sur chaque coup.

Le secret pour progresser : s’assurer que chaque coup joué vous permettra d’affronter sereinement la menace de l’adversaire (a minima sur 1.5 coups). Pendant toute la partie. Cela devrait vous permettre d’atteindre les 1800 elo.

Il faut bien voir que parmi les réponses de l’adversaire (et à la lumière de vos aptitudes tactiques et stratégiques), échec-capture-menace sont certainement les réponses les plus fortes et dangereuses que vous puissiez rencontrer. Il ne s’agit pas d’anticiper un prophylactique et timide h6 si vous envisager un sacrifice en b7, mais de voir comment votre adversaire va concrètement s’y opposer. Le risque est probablement de jouer du « real chess » contre un joueur plus fort et du « hope chess » contre un joueur moins bon.

Petite précision : son article « the Secret of Real Chess » a reçu un prix du « Best Web Article of the Year » par « the Chess Journalists of America« (1999-2000)

Ceci dit… comment passer du « pile ou face » aux échecs réalistes ?

Plusieurs conseils peuvent s’avérer utiles :

  • Avoir la volonté de suivre la philosophie des échecs réalistes et admettre que jusqu’à présent votre façon de jouer n’était pas la meilleure. Bref, un peu d’humilité.
  • Savoir utiliser son temps à bon escient. Quelques idées ici
  • Jouer avec fierté (mettre en application ce que vous avez appris), avec attention (passer par les check-list : anticiper la menace, avoir deux coups candidats et choisir le meilleur, vérifier la sécurité du déplacement, contrôler son temps, etc.) et avec optimisme (c’est bon pour le moral !).
  • Faire un test de sécurité avant de saisir la pièce et de la déplacer (et même deux s’il s’agit de la dame ou d’un sacrifice !!!) : je respire, je regarde à nouveau l’échiquier, je regarde si ma pièce ne peux pas être capturée, si je n’ai pas la possibilité de capturer la dame adverse, etc.
  • Non seulement déplacer vos pièces sur des lieux sûrs, mais également se débrouiller pour qu’elles soient toutes actives.
  • Développer la tactique.