Je n’ai pas le temps.


Il faut bien admettre que consacrer à notre jeu au moins une heure quodienne de façon efficace relève parfois du défi. La vie de famille, le boulot, les amis, [ajoutez ici ce que vous voulez]… Voici quelques pistes pour dégager des instants précieux.

Avoir un programme d’entrainement ne vous fait pas gagner du temps, mais cela optimise la façon dont vous l’utilisez ! Anticiper les exercices et le contenu de la séance, avoir une trace du travail précédent évite de revoir une même variante d’ouverture ou de rechercher la bonne page d’un bouquin.

Exploitez chaque moment : merci aux applications du téléphone (ou de la tablette) qui vous permettent désormais d’avoir accès à votre site préféré à chaque instant. Bref… que ce soit aux WC, sur une aire d’autoroute, avant de vous endormir, ou en remplacement de la pause cigarette (ah, oui : arrêtez les addictions tabagiques !), vous n’aurez plus d’excuses. Six fois dix minutes égalent une heure.

Choisissez le Cloud !!! Pas de logiciel sur votre ordinateur. Stockez tout sur Google Drive et mettez votre planning d’entrainement sur Google Agenda. Mettez vos parties dans les études que vous aurez créées sur Lichess. Exploitables en tout lieu dès que vous aurez un accès internet.

Optez pour une liseuse : toute votre bibliothèque dans quelque chose trois à quatre fois plus plat qu’un livre de poche. Et cerise sur le pompon : les livres d’échecs version Kindle (pour Amazon) sont en général moins chers que leur version papier. Autre avantage de la liseuse : le dictionnaire anglais-français intégré. Si vous hésitiez à franchir le pas dans la lecture des livres anglais : foncez.

A défaut d’un cahier d’entrainement, ayez un carnet d’entrainement que vous glisserez dans une poche de votre manteau ou votre valise. Investissez dans un jeu de voyage qui vous suivra partout. Mieux : développez le jeu en aveugle : plus besoin d’échiquier pour suivre une partie ou les variantes d’un problème tactique.

Après : avancez votre réveil de 15-30 minutes, limitez Facebook (Insta… Tik-Tok… Tweeter…), débranchez CNews et BfmTV. Et je ne vous parle même pas de Netflix (oui, bon… the Queen’s Gambit à la rigueur !)

S’il vous est difficile de dégager une fois par semaine un créneau d’une heure pour jouer une partie lente en ligne ou contre un moteur… tentez L’art de la négociation en famille (ou tout autre livre de ce genre). Là, je ne peux rien pour vous.

Programme d’entrainement.


Petit retour sur le programme d’entrainement simplifié que j’ai évoqué ici, avec quelques idées qui me sont venues à l’esprit (si, j’en ai un peu).

Le rythme de 4 sessions à appliquer en boucle permet de revoir en fait des notions récentes qu’on aurait vite tendance à oublier si on se contente de les revoir avec des intervalles assez longs. Cela évite de bachoter sur la  tactique non-stop, en laissant les finales de côté (le truc rébarbatif souvent négligé probablement), ou en revoyant de façon épisodique les ouvertures qui ont été mal négociées.

Il est important je pense, si on désire utiliser ce programme, de bien le formaliser : un beau tableau Excel, imprimé et consultable à tout moment, tout en se donnant la peine de noter ce qui a été travaillé au jour le jour.

Le principe de 4 sessions permettant de travailler la tactique, les finales, la stratégie et les ouvertures, ainsi que les moments consacrés à des parties, est la base. La répartition à l’intérieur de ces 4 sessions est à moduler en établissant ses priorités. Une calculatrice permet ensuite de remplir le tableau avec quelques petites règles de trois en fonction du temps qu’on désire consacrer. Uniquement en préparant ce planning, on a déjà la sensation d’avoir gagné 10 points elo !

Lorsqu’il s’agit d’étudier, mettez sur papier avec quels documents/supports vous désirez apprendre afin de ne pas vous disperser. Un coup un vieux bouquin que vous avez ressorti de votre bibliothèque, un coup une vidéo, un coup un article sur un site, un coup une autre vidéo… pas bon tout ça à mon avis.

Mettez en place ce programme quand ce sera le moment. Si votre travail, votre vie de famille ou toute autre cause ne vous permettant pas de dégager suffisamment de temps pour le faire (1 heure est probablement un minimum), contentez vous des tactiques sur l’application Lichess (salle d’attente chez le dentiste pour déstresser, WC, pause après le déjeuner en entreprise, avant de s’endormir…). Commencez un lundi.

1 heure, pas facile à dégager sur votre emploi du temps ? Si votre mode de vie est réellement incompatible avec une approche raisonnée et durable, bien évidemment le niveau et l’envie que vous aurez à jouer risqueront de stagner. Et il n’y a rien à se reprocher, cela peut être un choix respectable tant que vous éprouver du plaisir à pousser du bois.

Mais si vous désirez vous accrocher un peu, et voir votre elo grimper de quelques dizaines de points (centaines ?), vous pouvez vous lever 15 minutes plus tôt, et faire l’impasse sur Netflix… Avoir ce programme d’entrainement déjà établi en amont permet aussi de gagner du temps (plutôt que de se dire : « Voyons, qu’est que je travaille aujourd’hui ? » ou « Qu’est ce que j’ai fait de ce bouquin acheté en 2007 ?« ) En outre, il vaut mieux, malgré tout, s’y consacrer 30 mn par jour que 2 heures tous les 4 jours. Prévoyez la durée de base en fonction du temps que vous pourrez y consacrer a minima. Rien ne sert de prévoir des tranches de 30 mn sur une session de 2 heures (soit 4 tranches de 30 mn), si vous savez à l’avance que vous ne pourrez pas y consacrer plus de 15 minutes d’un coup. Dans ce cas, revoyez votre programme à la baisse avec 4 tranches de 15 minutes par session. Et puis le jour, ou la semaine, où vous pourrez y consacrer un peu plus : foncez !

La façon de travailler est une autre histoire. Concentration, processus de réflexion, échec-capture-menace, mémorisation, analyse approfondie de parties (sans lancer Stockfish au bout de 3 secondes !), lectures des parties des très bons joueurs, courbes de progression, tenue d’un cahier de travail, gestion du stress.

Avant de vous lancer sur un programme, vous serez peut-être intéressé pour connaitre vos points forts et vos points faibles ? Tentez « Echecs : le test » (en anglais : Chess Exam and Training Guide) de Khmelnitsky, ou les tests de Dvorestky. A moins que vous tombiez sur « Testez vous aux échecs » de Franck Loheac-Ammoun (d’occasion toutefois).

 

Conseils pas chers.


J’essaye ici de recenser les conseils pratiques à appliquer au cours d’une partie et qui me semblent essentiels. Même si j’ai l’impression que je me répète, mais perso, j’ai un peu l’impression que je perds justement une partie pour ne pas avoir suivi un ou plusieurs de ces conseils. Ceci dit, si vous êtes face à un adversaire supérieur, vous perdrez probablement, mais au moins avec les honneurs. Bien sûr, si vous vous êtes mis dans une situation désespérée, ces conseils ne permettront peut-être pas de gagner, mais de trouver une nulle, allez savoir !.

L’ouverture : avant de mémoriser les quelques 300 ouvertures et leurs variantes principales, appliquez les trois principes de base (Mobilisez toutes vos pièces, mettez votre roi en sécurité et prenez le contrôle du centre, et accessoirement empêchez votre adversaire de le faire ! ) tant que toutes les pièces ne sont pas activées et que le roi n’est pas en sécurité.  Si vous êtes à l’aise à la sortie de la plupart des ouvertures que vous rencontrez ou pratiquez, il est alors temps d’en travailler une ou deux en particulier. Mais, sans trop entrer dans les détails des variantes du 12ème coup !

Développer (développer, oui, mais intelligemment) : à part le roi et deux tours, plus aucune pièce sur la rangée de départ. Si on fait le compte, avec trois mouvement de pions et un roque en prime, au 9ème coup cela devrait être fait. Un coach russe (ça fait bien de dire un coach russe !) disait que les tours doivent être en communication au 8ème coup ! Exploiter les notions de tempo (faire d’une pierre deux coup, comme disait ma grand-mère).

A moins d’une option tactique à considérer, ne pas déplacer une pièce avant d’en avoir déplacé une autre. Attention : c’est parfois logique/normal dans certaines ouvertures comme la scandinave.

Roquer : pas une obligation. Si le centre est fermé, le roi est à l’abri malgré tout.

Repérer la menace : si le coup n’est pas une capture ni un échec, il faut se demander pourquoi l’adversaire a déplacé sa pièce (y compris lors de l’ouverture). Parfois il y a une réelle menace qui peut amener un désavantage rapide, des fois non. Avoir ce réflexe en s’habituant déjà à anticiper un second déplacement de la pièce adverse, puis quand c’est devenu un réflexe, se demander ce que l’adversaire peut faire s’il rejoue toute autre pièce dans la foulée. Penser tactique en premier, mais ne pas négliger les intentions stratégiques (sans oublier les contrôles de cases)

La menace : si l’adversaire rejoue tout de suite il y a mat, ou il met le roi en échec, ou il capture, ou il pose une fourchette imparable avec un cavalier. Se méfier des attaques à la découverte (l’échec en fait partie). Les coups prophylactiques sont essentiels.

Réfléchir avec deux coups candidats  : ce n’est pas un principe absolu car il peut y avoir une suite forcée qui s’impose dès le départ. Mais disons que lorsqu’on dit qu’il faut jouer le meilleur coup, cela oblige fatalement à en avoir deux au départ, et s’y tenir ! En pensant d’abord échec, puis capture puis menace (y compris dans les réponses). Il y a le coup candidat instinctif (rarement le meilleur à mon niveau ! ), et le(s) coup(s) candidat(s) qu’on trouve avec la trilogie échec-capture menace. Choisir un de ces deux coups. Peut-être pas le bon coup, mais ce sera LE meilleur pour vous. En tout cas, il est probable que votre adversaire (à peu près de votre niveau) ne voit pas la différence. Et enfin, ne pas s’aventurer sur des analyses trop longues : si 1.5 coup reste un minimum, au delà de 3 c’est probablement perdre du temps (à moins d’une suite forcée évidente).

Faire un test de sécurité avant de jouer votre coup :

  • Est-ce que ma pièce ne peut pas être capturée ? Est-ce qu’il n’y pas un échec intermédiaire qui ruinerait mon plan ?
  • Oui, vous l’avez déjà vérifié une fois. Eh bien recommencez !
  • Vous déplacez une dame ? Refaites-le une troisième fois.
  • Vous sacrifiez une pièce en vue d’une brillante combinaison ? Le test de sécurité est toujours ok, euh… vous êtes sûr de vous et de votre calcul ?

Le temps : estimer les temps moyens par coup selon le réglage de la pendule. Pendant une ouverture, le temps de réflexion devrait être assez court, mais toujours en respectant le processus de réflexion. Réfléchir d’abord sur les coups forcés et/ou avec échec/capture/menace, et limiter à deux coups candidats optimise la gestion du temps. Ne pas hésiter à utiliser un principe quand on n’a pas d’idée (comme : une colonne ouverte : hop, je déplace ma tour). Avoir un plan (aussi mauvais soit-il) fait gagner du temps. Ne pas passer 20 mn à trouver un gain tactique improbable. Mais ne pas être avare de son temps quand il s’agirait de deviner les intentions de l’adversaire.

(complément du 16/02/2021) Ne pas céder à la cadence rapide que votre adversaire serait tenté de vous imposer dans une partie longue. Disons que sur une partie telle 90+30, il devrait approximativement vous rester dans les 45 mn vers le 20ème coup, peu importe que votre adversaire réfléchisse vite et qu’il n’ait utilisé que 10 mn de son capital temps. Soit il est plus fort et il est logique qu’il envisage plus de solutions dans un temps plus court. Vous risquez de perdre, certes, mais donnez-vous le temps de réfléchir correctement jusqu’au bout. Soit il est de votre niveau (ou en dessous), et il est peu probable que ses capacités de réflexions soient extraordinairement supérieures aux vôtres (sauf si vous tomber sur l’ado qui progresse de 200 elo par an et qui est amené à devenir GMI !)

La tactique : à envisager s’il n’y a pas de menace. Repérer toute pièce non protégée et mal protégée. Une pièce est mal protégée quand  il y a plus d’attaquants que de défenseurs, quand elle est protégée par un roi, par une pièce clouée. Dans le cas d’une pièce protégée plusieurs fois (et attaquée plusieurs fois), si son premier défenseur a une valeur supérieure au premier attaquant, il y a soucis. Ne pas oublier que le roi ne peut reprendre qu’en dernier !

Et enfin, sans faire insulte à votre adversaire, si vous perdez une pièce, n’abandonnez pas trop tôt. A petit niveau, il est toujours possible que votre adversaire fasse aussi une erreur.

Les 10 blocages qui vous empêchent de progresser.


Parfois, tenter de s’améliorer ne nécessite pas d’en faire des tonnes, mais de s’attaquer aux vrais problèmes

Dan Heisman

 

1. Ne pas appliquer un processus de réflexion correct.

Il est assez facile d’apprendre les règles du jeu. Mais procéder par ordre lors de la réflexion n’est pas intuitif.

Résumons.

A) Pour chaque coup candidat, rechercher les échecs/captures/menaces en riposte de votre adversaire. Si une de ses réponses vous met en danger, il faut rejeter ce coup candidat.

B) Procéder jusqu’à ce qu’on estime la position stable. Analyser la position.

c) Répéter le point A et B jusqu’à obtenir une position satisfaisante. La suite de coups calculés s’appelle la variante principale.

D) Les points A, B, C doivent être appliqués sur chaque coup tant que le temps vous le permet. Le moindre manquement risque de vous faire perdre la partie. Vous pouvez notamment vous en dispenser quand il y a une suite forcée, quand vous êtes en finale D+R contre R. Appliquer strictement le point D fait gagner plusieurs centaines de points Elo.

N’essayez pas de justifier votre coup, mais tentez toujours de trouver le meilleur. En tout cas, ne jamais jouer en se disant « Ça devrait le faire…. »

 

2. Ne pas appliquer les motifs tactiques de base

Cela implique aussi le fait de ne pas être précis dans les échanges (cf point 10). Les motifs de base : le clouage, la fourchette, la double menace, la suppression du défenseur, etc. La reconnaissante immédiate de ces motifs s’obtient par la répétition. Toutefois cet apprentissage prend du temps. Il ne s’agit pas d’un  simple état d’esprit ! Mais une progression de 100-200 points Elo est au bout de la route.

Pratiquer des exercices tactiques avancés nécessite de connaitre les motifs de base si on veut progresser.

 

3. Mal utiliser son temps.

Cette notion est liée au point 1, car bien évaluer les menaces et les réponses aux coups candidats prend du temps. Savoir s’il faut sacrifier une dame va demander plus de temps que de décider quel cavalier développer en premier. Les finales ne doivent pas être sacrifiées. Sinon cela transformera une position gagnante en position nulle, puis en partie perdue ! En finale, il n’y a aura pas trop d’occasions de rattraper un mauvais coup.

Pour ceux qui n’utilisent pas tout leur temps, bien appliquer le point 1 devrait corriger ce problème. Inversement, en étant trop lent, il faudra calquer sa réflexion sur celle de son adversaire et régulièrement vérifier la pendule (à chaque coup en fait)

 

4. Ne pas jouer assez de parties lentes.

A l’heure où les bullets se développent, et où des parties de 30mn sont déjà trop longues sur des jeux en ligne, il est nécessaire de revoir cet aspect si on désire progresser. Même 30 mn ne permettent pas de mettre en place un bon processus de réflexion.

Il est possible de rejoindre des groupes de joueurs de parties lentes en ligne, de jouer en club, et surtout de pratiquer des tournois. Jouer en tournoi dépend de votre emploi du temps mais est nécessaire pour mettre en application ce que vous avez appris et corriger ce qui ne fonctionne pas.

100 parties lentes par an (1h30) devrait vous faire progresser (soit 16 tournois de 6 parties, donc au moins un tournoi par mois !).

En tout cas 100 parties lentes de 1h30 ne valent pas 300 parties de 30mn.

 

5. Ne pas hiérarchiser des principes de jeu

Évaluer une position permet de définir qui est mieux (un peu, beaucoup) et pourquoi. On ne va pas choisir le coup A si on pense que  la position qui en découle est moins bonne que la position provoquée par le coup B, même si la position B est réellement meilleure. Une erreur de jugement peut vous empêcher de capturer une pièce en affaiblissant votre roque, alors qu’une analyse correcte de votre position montre que celle-ci est à votre avantage. Attention à ne pas sous-estimer la puissance de la paire de fou ou à bien comprendre la valeur F+C contre T+P.

Afin de bien appliquer ces principes, il est nécessaire de lire des parties de grands joueurs. Se méfier des livres de stratégie, parfois mal interprétés par des joueurs débutant, qui entrainent une sous ou une sur estimation de certaines faiblesses par le joueur.

Évaluer une position ne consiste pas simplement à comparer le matériel et à lister les faiblesses et points fort de chaque camp. L’activité ds pièces est tout aussi importante.

Exercice : prendre une position et la donner à un programme. Après réflexion, comparer son évaluation avec celle de l’ordinateur( =, +/-, +/=)

 

6. Attacher trop d’importance à son elo.

Bien se persuader que le niveau elo n’est qu’un calcul mathématique. S’améliorer consiste à ajouter des points positifs et à soustraire des points négatifs. Une partie est mauvaise quand on en tire aucune expérience, et non pas quand on a perdu. Chaque partie perdue doit permettre de détecter une faille qu’on pourra corriger. Afin de progresser, et ne pas se décourager non plus, 60-70% de vos adversaires devraient être supérieurs à votre niveau.

 

7. Ne pas prendre conseils auprès de joueurs expérimentés.

Le corollaire : répéter inlassablement les mêmes erreurs.

Le passage par un coach/instructeur est utile. L’analyse de vos parties après avoir affronté un fort joueur et soumettre vos parties à un ordinateur après les avoir analysées sont un bon moyen de progresser.

 

8. Accorder trop d’importance à l’apprentissage des ouvertures.

Au lieu d’apprendre par cœur certaines lignes d’ouvertures bien particulières, il est préférable de connaitre et d’appliquer correctement les principes généraux des ouvertures et d’éviter les erreurs d’ouverture. Lancer une attaque avant que toutes les pièces soient développées est une erreur courante d’un débutant. Le principe de ne pas déplacer une pièce une deuxième fois avant d’en avoir bougé une autre une première fois devrait être  écrit en gros sur la glace de votre salle de bain ! Maintenir toutes vos pièces au maximum de leur activité est un autre principe fondamental. Ne pas roquer au bon moment, se créer des cases faibles, ne pas utiliser des mouvements de rupture pour donner de la place à ses pièces…. autant de détails à régler avant de connaitre par cœur la dernière nouveauté d’une ouverture jouée dans un grand tournoi.

A minima : apprendre les 8-12 premiers coups de une à deux variantes principales (Nunn’s Chess Opening, Chessbase on line). Cela prend quelques heures. Se pencher sur les pièges afin de les éviter. Après chaque partie, rechercher le coup qui vous a fait sortir de l’ouverture. Si c’est votre adversaire qui n’a pas joué le bon coup, vérifier comment vous avez réagi. De partie en partie, vous étendrez  vos compétences par l’expérience. Ne pas s’attendre à un résultat fulgurant puisque l’amélioration ne pourra se faire que sur plusieurs centaines de parties.

Tabyah : Une position dans l’ouverture d’un jeu qui survient après une séquence de mouvements très standardisée et à partir de laquelle les joueurs ont la possibilité d’ouvrir de nombreuses variantes.

 

9. Ne pas s’imprégner des parties des grands joueurs.

Les livres tactiques sont probablement les plus utilisés (Gagner avec les Blancs, la tactique pour les nuls, les trois positions à connaitre, etc.), mais peu de joueurs ont jeté un coup d’œil sur les parties de Spassky ou de Bent Larsen. Pourtant cela éviterait de commettre des erreurs telles que déplacer la même pièces plusieurs fois, créer des menaces fantômes, ou attaquer prématurément.

Chernev est une bonne source de parties commentées. Il serait logique de lire des recueils de parties par ordre chronologiques : d’abord Steinitz, puis Cabablanca, puis le tournoi de Zürich, puis Fisher, etc. Il s’agit vraiment de développer la partie : ne pas y passer une semaine et on peut sauter la grosse analyse de certaines variantes.

 

10. Ne pas savoir calculer le résultat d’un échange.

Oubliez les valeurs usuelles des pièces. Retenez que la dame vaut  9,75 pions, la tour 5 pions, le cavalier et le fou valent 3,25 pions, et que la possession de la paire de fous (quand l’adversaire l’a perdue) vaut 0,5 pions. Avec ce calcul on se rend compte qu’un fou et un cavalier ne valent pas une tour et un pion. Pensez qu’un roi a une valeur combattante de 4 pions. Ne pas l’impliquer dans une finale serait une grave erreur. Négliger ces valeurs peut vous couter 50-100 points elo.

Inversement, il ne faut pas se focaliser uniquement sur le matériel au détriment de l’activité des pièces, de leur coordination, de la sécurité du roi.

D’après « The 10 biggest roadblocks to improvement »

Novice Nook 23 – Dan Heisman

 

 

Comment trouver rapidement un (bon) coup.


Rien à voir avec des conseils pour briller sur Meetic.

Igor Smirnov nous donne quelques indications qui tombent sous le signe du bon sens, mais encore faut-il y penser. Nous sommes dans la gestion du temps et non pas sur du calcul.

Lors d’une partie, chaque joueur a un capital temps qu’il faut utiliser au mieux. Le souci est qu’il y a beaucoup d’idées à appliquer en trois minutes (tactiques, stratégies, principes, règles, stress…)

1) Évaluer le temps par coup. En moyenne, une partie comprend 40 coups. Une partie de 2h donne 3 mn par coup. Même chose avec 90mn+30s.

2) Savoir reconnaitre les moments où il faut prendre son temps et les moments où il faut jouer rapidement.

  • Jouer rapidement lors de l’ouverture tout en respectant ses principes généraux (développer les pièces, contrôler le centre, mettre le roi en sécurité, etc.). Il est préférable de jouer des coups moyens rapides lors de l’ouverture plutôt que d’être en retard et de faire une erreur en milieu de partie.
  • A la fin de l’ouverture, prendre le temps d’établir un plan. Celui-ci permettra d’orienter plus facilement ses prochains coups. Sans plan, les coups qui suivront l’ouverture seront plus longs à trouver.
  • Le calcul de variantes s’effectue dans des positions tactiques alors que les grands principes s’appliquent dans des positions stratégiques. Une position tactique se reconnait lorsque des prises sont envisageables (pas de suites forcées ou de motifs tactiques). Dans une position stratégique, il est temps de penser avant-poste, colonne, etc. Il faut commencer à calculer lorsque des pièces sont en contact ou qu’on envisage une telle situation.
  • Quand on sent qu’on peut obtenir un avantage ou qu’on peut le perdre, il faut prendre tout le temps nécessaire raisonnable.

3) Regarder le temps à chaque fois qu’on appuie sur le bouton de l’horloge. Il est facile de sous-estimer le temps consacré à la réflexion et de finalement regarder l’horloge seulement quand on est en zeitnot. Avoir constamment conscience du temps utilisé permet de mieux le gérer et d’être au même niveau que son adversaire.

4) Utiliser le temps de l’adversaire pour réfléchir sur la position (stratégie, quelques coups tactiques envisageable, sans se prendre la tête). Évident, mais pas toujours appliqué.

5) Si vous êtes en retard au temps :

  • Simplifier la position en échangeant tout ce qui est échangeable afin de réduire les risques d’erreur.
  • Éviter les complications tactiques
  • Dans les parties avec incrément, accumuler du temps avant d’entreprendre une suite compliquée en jouant rapidement des coups simples sans conséquence (comme déplacer un roi derrière son roque !)

A revoir  : les conseils de Dan Heisman.

 

 

 

Temps de réflexion


Combien de temps faut-il s’accorder pour réfléchir à un coup ?

On va mettre de côté les parties par correspondance, et les ultra bullet de la mort qui t’arrache les yeux.

On va aussi partir du principe qu’on parle bien de la durée moyenne. Dans les ouvertures, on est dans la seconde de réflexion (admettons deux) et autant lorsqu’on est dans une suite forcée qui a déjà été envisagée. Dans les phases critiques, cela peut atteindre les 10 à 15 minutes.

Le principe est simple : la limite de temps comprend 40 coups.

Un blitz de 5 minutes (360 s) : 9 secondes

Une rapide de 20 mn : 30 secondes

Une longue (genre 1 heure) : 90 secondes (et donc deux fois plus pour deux heures)

Un peu de maths.

On joue les 5 premiers coups en 1 seconde lors d’une ouverture dans une partie de 20 mn, jusqu’à ce que l’adversaire nous fasse un truc bizarre qu’on désire un peu analyser. On a déjà économisé (30×5 – 5 s) 145 secondes. Pour le sixième coup il reste donc 145 + 30 soit 175 s (presque trois minutes)

Et dans une 20+5 ? Hein ? cela nous donne 30+5, 35 secondes par coup.

Je serais même tenté de dire, qu’à niveau égal, il faut réfléchir au moins aussi vite que son adversaire. C’est de la relativité.