Programme d’entrainement.


Petit retour sur le programme d’entrainement simplifié que j’ai évoqué ici, avec quelques idées qui me sont venues à l’esprit (si, j’en ai un peu).

Le rythme de 4 sessions à appliquer en boucle permet de revoir en fait des notions récentes qu’on aurait vite tendance à oublier si on se contente de les revoir avec des intervalles assez longs. Cela évite de bachoter sur la  tactique non-stop, en laissant les finales de côté (le truc rébarbatif souvent négligé probablement), ou en revoyant de façon épisodique les ouvertures qui ont été mal négociées.

Il est important je pense, si on désire utiliser ce programme, de bien le formaliser : un beau tableau Excel, imprimé et consultable à tout moment, tout en se donnant la peine de noter ce qui a été travaillé au jour le jour.

Le principe de 4 sessions permettant de travailler la tactique, les finales, la stratégie et les ouvertures, ainsi que les moments consacrés à des parties, est la base. La répartition à l’intérieur de ces 4 sessions est à moduler en établissant ses priorités. Une calculatrice permet ensuite de remplir le tableau avec quelques petites règles de trois en fonction du temps qu’on désire consacrer. Uniquement en préparant ce planning, on a déjà la sensation d’avoir gagné 10 points elo !

Lorsqu’il s’agit d’étudier, mettez sur papier avec quels documents/supports vous désirez apprendre afin de ne pas vous disperser. Un coup un vieux bouquin que vous avez ressorti de votre bibliothèque, un coup une vidéo, un coup un article sur un site, un coup une autre vidéo… pas bon tout ça à mon avis.

Mettez en place ce programme quand ce sera le moment. Si votre travail, votre vie de famille ou toute autre cause ne vous permettant pas de dégager suffisamment de temps pour le faire (1 heure est probablement un minimum), contentez vous des tactiques sur l’application Lichess (salle d’attente chez le dentiste pour déstresser, WC, pause après le déjeuner en entreprise, avant de s’endormir…). Commencez un lundi.

1 heure, pas facile à dégager sur votre emploi du temps ? Si votre mode de vie est réellement incompatible avec une approche raisonnée et durable, bien évidemment le niveau et l’envie que vous aurez à jouer risqueront de stagner. Et il n’y a rien à se reprocher, cela peut être un choix respectable tant que vous éprouver du plaisir à pousser du bois.

Mais si vous désirez vous accrocher un peu, et voir votre elo grimper de quelques dizaines de points (centaines ?), vous pouvez vous lever 15 minutes plus tôt, et faire l’impasse sur Netflix… Avoir ce programme d’entrainement déjà établi en amont permet aussi de gagner du temps (plutôt que de se dire : « Voyons, qu’est que je travaille aujourd’hui ? » ou « Qu’est ce que j’ai fait de ce bouquin acheté en 2007 ?« ) En outre, il vaut mieux, malgré tout, s’y consacrer 30 mn par jour que 2 heures tous les 4 jours. Prévoyez la durée de base en fonction du temps que vous pourrez y consacrer a minima. Rien ne sert de prévoir des tranches de 30 mn sur une session de 2 heures (soit 4 tranches de 30 mn), si vous savez à l’avance que vous ne pourrez pas y consacrer plus de 15 minutes d’un coup. Dans ce cas, revoyez votre programme à la baisse avec 4 tranches de 15 minutes par session. Et puis le jour, ou la semaine, où vous pourrez y consacrer un peu plus : foncez !

La façon de travailler est une autre histoire. Concentration, processus de réflexion, échec-capture-menace, mémorisation, analyse approfondie de parties (sans lancer Stockfish au bout de 3 secondes !), lectures des parties des très bons joueurs, courbes de progression, tenue d’un cahier de travail, gestion du stress.

Avant de vous lancer sur un programme, vous serez peut-être intéressé pour connaitre vos points forts et vos points faibles ? Tentez « Echecs : le test » (en anglais : Chess Exam and Training Guide) de Khmelnitsky, ou les tests de Dvorestky. A moins que vous tombiez sur « Testez vous aux échecs » de Franck Loheac-Ammoun (d’occasion toutefois).

 

Confinement et jeu d’échecs


Oui, encore un confinement. D’ici quelques jours, quelques semaines… quelques mois ?

Les sorties en extérieur sont limitées (pas plus d’une heure quotidienne théoriquement pour dégourdir les papattes du chien, et vous êtes déjà allé chercher trois fois du pain). BFMTV tourne en boucle et vous avez débranché la télévision ? Même pas envie de la rallumer pour regarder votre 57ème nouvelle série en 4 mois, ou la saison 18 de La disparue de Broadchurch… Bref, l’ennui vous guette sournoisement.

Eh bien oui, le jeu d’échecs est votre ami !

Deux options : vous avez décidé d’apprendre ou vous vous demandez si ce n’est pas le moment de progresser pour être affuté lors de la reprise des tournois (après vous êtes inscrit dans un club).

Quoi qu’il en soit, cette activité est un excellent dérivatif.

  • Les multiples aspects de l’apprentissage sont un réel remède contre la monotonie.
  • La réflexion sur un problème tactique vous emmène dans la voie profonde de la méditation en pleine conscience (selon Lao Tseu… ou Matthieu Ricard, je ne sais plus).
  • Pour peu que vous contaminiez votre petite famille avec ce loisir, vous aurez fédéré d’autres humains dans une activité consensuelle non violente (le roi ne meurt jamais dans une partie d’échecs).
  • Internet vous permet de franchir les frontières : jouez contre un(e) Bolivien(ne) ou un(e) Azerbaïdjanais(e).
  • Le suivi en direct des grands tournois vous apportera des moments d’émotions (oui, bon, on en n’est pas encore sur une finale de coupe du monde de football, laissez-nous rêver un peu !).
  • Le classement sur les sites et votre niveau évalué à partir de la résolution de problèmes tactiques concrétiseront votre progression au fil du temps, rompant ainsi ce qui semble être une répétions immuable de jours sans fin.
  • Et puis, si vous le pouvez : jouez ou apprenez en musique, ce sera le moment de ré-écouter les tubes de votre jeunesse, ou les derniers hits de l’été 2020.

Vous êtes perdus devant cet univers qui s’offre à vous, tel Alice qui franchit le miroir ? Cliquez ici, ou , ou même à gauche de l’écran, ou tapez « jeu d’échecs » sur un moteur de recherche.

 

Mois record.


Est-ce un effet Queen’s Gambit ? En tout cas, alors que ce modeste blog oscille entre 50 et 150 visiteurs par mois, plus de 700 ont atterri ici en novembre 2020.

Le hasard du référencement met en avant les trois articles suivants pour ce mois :

  1. Adapter son travail à son niveau elo ?
  2. Conseil à un joueur adulte qui désire progresser.
  3. Comment réfléchir aux échecs ?

Profitez-en pour jeter un coup d’œil à ces 3 articles qui viendront compléter tout ça :

  1. Comment jouez vous ?
  2. S’entrainer aux échecs (livre de Jesper Hall)
  3. Route 64

 

 

Coronavirus : match retour


Espérons que nous vivons le dernier confinement pour ce virus. Certain(e)s d’entre vous ont probablement décidé de se lancer dans l’aventure du jeu d’échecs afin d’occuper leurs journées et leurs soirées. Et probablement aussi pour se vider l’esprit de toutes ces informations négatives qui nous submergent. Bref, vous avez ressorti le truc qui trainait au fond du placard, ou après avoir vu Fahim, l’idée vous est venue d’aborder ce loisir.

Apprendre à jouer aux échecs c’est un peu comme apprendre à conduire. S’installer au volant, régler la hauteur du siège, adapter les rétroviseurs, saisir l’utilité de pédales et du levier de vitesse, puis appréhender la vitesse, la distance de freinage, apprendre à respecter le code de la route, et vous avez le permis de conduire. Reste ensuite à être un bon conducteur, ce qui prend tout le restant de la vie ! Apprendre la manipulation des pièces serait l’équivalent du permis de conduire.

Le jeu d’échecs fait partie de la grande catégorie des jeux de plateau. Les petits chevaux, Monopoly, la Bonne Paye, Stratego, le jeu de la marelle, Risk. Mais aussi le jeu de Go, le jeu de dames, Othello, le Gomoku et pourquoi pas l’awele, jeu africain avec des déplacement de billes. Il existe aussi un jeu d’échecs chinois (Xiangqi) et japonais (shogi) avec des mécanismes similaires.

Sur l’échiquier de huit cases sur huit cases (plateau en bois de qualités diverses et de dimensions variables selon les modèles) des pièces vont pouvoir se déplacer, se capturer, pour au bout du compte tenter de capturer la pièce qui s’appelle le roi, caractérisé par sa grande taille et la petite croix à son sommet. Contrairement aux dames, la capture s’effectue en occupant la case de la pièce capturée. Le roi est en échec quand il peut être capturé par une pièce adverse. Le joueur dont le roi est en échec se doit de trouver un moyen de soustraire sa pièce royale à cette menace. Lorsqu’un camp ne peut plus déplacer son roi menacé par une pièce adverse sans qu’il risque d’être capturé le coup d’après, on dit que le roi est échec et mat. A noter que la partie s’arrête avant la capture de ce roi pris au piège. Il y a un gagnant et un perdant mais, dans certaines circonstances, il n’y a pas de perdant, ni de gagnant. On dit que la partie est nulle.

L’apprentissage des règles est assez simple : pour l’amateur débutant, les règles se limitent aux déplacements, à quelques spécificités concernant ceux du roi, et enfin à comprendre par l’exemple ce que veut dire échec et mat. Cependant, utiliser le potentiel de chaque pièce au cours de parties de plusieurs heures peut être le travail de toute une vie. Un ancien champion du Monde avouait apprendre de nouvelles choses, même après l’obtention de son titre.

Pendant une partie, chaque joueur est le metteur en scène d’une bataille qui va opposer des pions, des tours, des cavaliers, des fous, des dames et des rois. Tel un opéra avec ses tragédies, une partie va commencer par une ouverture pendant laquelle chaque camp déploiera ses pièces afin de les rendre les plus efficaces possible. Le joueur tentera de contrôler et d’occuper le centre de l’échiquier, tout en mettant le roi à l’abri des attaques adverses et en tentant de les anticiper Enfin, au bout d’une douzaine de coups, la bataille prend forme. Coups tactiques permettant le gain d’un pièce, contrôle d’une case ou d’un colonne, choix du côté de l’échiquier sur lequel l’attaque conclura cette bataille, intrusion de pièces adverses dans son propre camp, retournement de situation avec de brillantes combinaisons de coups, autant de moments forts qui aboutiront à la funeste conclusion lors de la finale. A moins que submergé par une armée nettement supérieure, le roi ne se rende en milieu de partie !

Les bienfaits de cette pratique ludique sont nombreux, à tout âge. Le joueur devra néanmoins développer sa faculté de concentration et d’analyse afin de prendre, à chaque mouvement, la meilleure décision possible lorsqu’il s’agira de choisir la pièce qu’il faudra déplacer sur la case la plus adaptée. Le joueur d’échec est un manager, doublé d’un paranoïaque qui recherche en permanence les menaces adverses !

Les multiples facettes du jeu d’échecs rendent celui-ci attractif à tout niveau : historique des tournois et des grand joueurs, progression chiffrée, apprentissage et mémorisation des coups d’ouverture, techniques de relaxation, condition physique, mise en place de méthodes de raisonnement, apprentissage de l’anglais pour profiter de la littérature anglo-saxonne, mise en application de ses connaissances au cours de tournois, rencontres internationales quel que soit le niveau de jeu, vie associative, projet éducatif, parties en équipe, informatique, collections de pièces d’échecs, recherche du livre rare… Chacun y trouvera son compte.

 

Ami(e) lecteur(trice), et accessoirement joueur(se) d’échecs.


Un peu comme les vidéos qui vous demandent de l’ail-qué (arf), ou de cliquer sur des pouces, n’hésitez pas à donner votre avis et à mettre des étoiles sur les articles que vous avez lus.

Mais surtout, si vous mettez 1 seule, ou 2, étoile, dites-moi ce que vous n’avez pas apprécié :

  • Trop compliqué ou trop simple.
  • Pas assez de diagrammes (sorry mais le format de ce blog bloque certaine choses sympa telle que l’intégration de parties).
  • Vous ne retrouvez pas de recettes de cuisine.
  • Il y a trop de fautes d’orthographe.
  • Le mot wesh est absent.
  • Après avoir lu au moins 3 articles nous n’avez toujours pas trouvé l’explication de la prise en passant
  • Votre petit frère de huit ans vous plante régulièrement des mats en trois coups que vous ne voyez toujours pas venir malgré une lecture attentive du processus de réflexion.

Enfin, bref, 1 étoile, oui, mais dites pourquoi !

Steve, il faut être ré-a-lis-te sur tous les coups, combien de fois faudra-t-il que je te le répète ?

La convoitise selon J. Rowson


Voici un résumé des idées de Jonathan Rowson, à partir de son livre « Les 7 péchés capitaux aux échecs », dont j’avais déjà commencé l’évocation ici. Son chapitre sur la convoitise est consacré à la crainte du résultat.

En d’autres termes : comment perdre une partie en présence d’une position gagnante ? Contrairement au tennis (par exemple), la moindre erreur sur un coup peut vous couter le gain, même si la partie continue des heures.

On évoque souvent une partie en disant : « Là, c’est une nulle », ou : « Bon, avec mon avantage matériel et son roi exposé, je gagne ». Mais c’est avec notre désir secret d’être le vainqueur et la probabilité que tout ira pour le mieux. Après avoir gagné contre Kasparov (Championnat du Monde -1993), Short avait précisé :  » … J’avais un avantage dans la partie ; je ne savais pas si j’allais gagner quasiment jusqu’à la fin. « 

Il faut être très attentif à la façon dont notre pensée et notre ressenti sur le résultat peuvent influencer notre perception.

Deux joueurs peuvent s’affronter et aboutir à ce qui semble être une nulle. Les noirs s’y préparent, car rien n’évolue pendant une quinzaine de coups. Mais les blancs refusent la nulle. Changement de cap ! Les blanc, eux, jouent pour gagner et les noirs doivent désormais se battre pour la nulle, n’étant finalement pas trop sûrs de leurs munitions. Les motivations des blancs peuvent être multiples : plaisir de jouer encore, recherche d’une victoire quoi qu’il en coute, exercice intellectuel en vue de mater l’adversaire… Quoi qu’il en soit, le changement de la finalité de la partie peut alors influencer votre façon de jouer. Et peut-être accélérer l’issue fatale.

Il est possible de joueur pour un résultat : le gain.

Pour deux résultats : le gain ou la nulle.

Trois résultats ? Autant dire que vous n’êtes pas sûr de la fin et que vous pratiquez un jeu assez risqué !

Il est  utile de régulièrement se poser la question au cours d’une partie : pour combien de résultats est-ce que je suis en train de jouer ? Et se poser la même question pour l’adversaire. Et au lieu de commencer une partie en se disant : « Je veux gagner » (bon, qui voudrait jouer pour perdre ?!), il serait profitable de dire : « Si je joue la Petroff, mon adversaire a la possibilité de jouer pour deux résultats – gain, ou nulle- rendant ainsi mon option de gagner plus difficile à considérer, mais si je joue le Gambit latvian, il sera surpris et donc il sera dans une option trois résultats. » (Et là sincèrement, Rowson s’adresse à des joueurs de bon niveau, car je serais bien incapable de choisir mon ouverture selon ces critères ! La variante d’échange de la française est censée amener une nulle… alors oui, face à un joueur de mon niveau sur 10 parties, on va chacun en gagner 5, mais de là dire qu’on va aboutir à 10 nulles)

L’essentiel est de participer, peu importe le résultat. Mais ce serait nier le caractère compétitif du jeu d’échecs. L’idéal ne serait-il pas de jouer pour le plaisir en s’affranchissant de toute politique du résultat, tout en étant conscient qu’on joue pour celui-ci ?!

 

Comme le poisson qui se laisse porter par le courant.

Pelé, le joueur de foot brésilien décrit la fois où tout semblait lui réussir : ses jambes ne sentaient pas la fatigue, les passes s’enchainaient les unes après les autres. Moment rare d’extase, quand vous êtes connecté avec ce qui vous entoure. Un musicien aura le groove.

Il en est de même aux échecs. Vous avez peut-être déjà ressenti cette euphorie à trouver les bons coups, à réagir avec énergie face à une menace.

Michael Adams disait : «Je n’ai jamais compris ces joueurs qui perdent, mais qui ensuite apprécient la  partie parce que c’était un jeu intéressant. Je veux dire, les échecs sont un jeu compétitif et le résultat est la raison pour laquelle vous jouez. Si je perds, je ne suis pas heureux.  » Rowson pense plutôt que ces joueurs qui ont réalisé leur meilleur jeu, n’étaient pas forcement venus pour obtenir un excellent score, mais plutôt pour s’accomplir en tant que joueurs d’échecs sans se soucier du résultat. Et c’est tout le paradoxe : être dans une énergie positive, mais en étant suffisamment zen pour ne pas entrer en surchauffe. En fait, il ne s’agit pas d’être obligatoirement dans un état d’esprit de gagnant mais de se préparer pour s’en donner toute les chances.

Rowson évoque ici un terme écossais du XVIIIè siècle qui regroupe les notions d’enthousiasme, de calme et d’intelligence pratique ! Et quand vous êtes dans le bon état d’esprit, vous faites la bonne chose au bon endroit et au bon moment. Les enfants forcés par leurs parents à joueur aux échecs ne peuvent pas ressentir cet état d’esprit, pas plus que  l’adulte qui ne joue que pour gagner.

Un moyen d’aborder cette préparation est une forme de silence mental. Un peu de marche à pied, arriver un peu en avance dans la salle. Il faut mettre en accord notre désir de gagner mais aussi celui de se faire plaisir. La victoire appelle cet état d’esprit : l’envie de ressentir à nouveau ce moment où l’on sent que la partie ne peut plus être perdue. Cet équilibre entre le plaisir et le combat peut être rompu lorsque vous voulez gagner mais que vous tombez dans une position qui tend vers la nulle, quand vous vous rendez compte que la situation est désespérée, et enfin quand vous dominez nettement et que vous n’attendez qu’une chose : que votre adversaire abandonne !

 

Le problème du += ou du =+

La meilleure façon d’avoir un gros avantage est d’abord en obtenir un petit (Lev Psakhis)

Yermolinsky, lui, évoque un temps de possession : période pendant laquelle vous resserrez le jeu de votre adversaire dans l’attente d’une erreur fatale.

En allant plus loin, on peut dire qu’une position est égale, mais pas que la partie est nulle (dans le sens : faire une nulle) Penser que la partie va aboutir sur une nulle, nous incite malgré nous à rechercher des coups qui garderont cette égalité, sans recherche d’un gain. Si on voit une position en se disant : « Il y a égalité, mais c’est à moi de faire pencher la balance » donnera plus de chance d’aboutir à un gain.

Concrètement, face à une position où vous avez un léger avantage (+=), il faut se persuader que l’adversaire va commettre une erreur, et continuer la partie pour le simple plaisir de jouer. Bref, éviter les erreurs et  inciter l’adversaire à en faire. En fait, être prêt à affronter des positions difficiles amène des positions plus fortes orientant vers un gain.

 

La théorie de la résistance infinie

Et il y a la position perdante. Là où vous subissez l’humiliation, le désespoir, la défaite ! C’est à ce moment là qu’il faut appliquer la théorie de la résistance infinie, imaginée par un joueur Australien, Bill Jordan, et résumée par Ian Rogers : « Théorie conçue pour encourager les joueurs à utiliser pleinement les ressources défensives disponibles dans une mauvaise position, ou même dans une position stratégiquement perdue. La théorie postule que lorsqu’un joueur fait une erreur grave ou atteint une mauvaise position, s’il continue à essayer de trouver les meilleurs coups possibles par la suite, il peut opposer une résistance pratiquement infinie et ne devrait pas perdre… Bien sûr, certaines positions dépassent même la défense parfaite, mais leur nombre est bien inférieur à ce que l’on peut imaginer.« 

Et dans le meilleur des cas, la nulle peut se profiler à l’horizon !

1) La gloire du gardien de but.

Votre équipe perd : 2-0. Mais elle se prend en plus une pénalité. L’issue du match n’en sera pas changée. Mais le gardien de but joue son match : s’il arrête la pénalité, il gagne. Sinon : il perd.

Vous êtes mené sur votre jeu. Battez-vous pour un 0 ou un 1/2. Votre adversaire se battra pour un 1 ou un 1/2. le gagnant sera celui qui obtiendra ce qu’il désire. (Merci Jonathan… le soucis est que lorsque j’ai perdu 3 pions, ou un cavalier, j’ai un peu de mal à me dire que je vais réussir à obtenir la nulle !!)

2) Pourrir le jeu de l’adversaire

En fait, lorsque votre adversaire a une position gagnante, psychologiquement il est déjà le roi du monde. Il n’imagine pas qu’une pièce adverse vienne faire le bazar sur ses lignes arrières.

Gardez un œil sur un roi laissé sans protection, sur la moindre fourchette vengeresse. Et qui sait, sur un malentendu…

3) jouer pour trois résultats

Vous jouiez 30 mn avant pour la perte ou une nulle. Et si vous envisagiez le gain ? En face de vous, votre adversaire voit la victoire au bout de la route. Il y a de fortes chances qu’il ne tente rien de particulier pour ne pas perdre son avantage. A vous de pousser la bonne pièce !

4) Le chantage.

Certains adversaires, dont la victoire ne semble plus pouvoir leur échapper, sont soucier d’arriver à leurs fin dans les meilleurs délais. A vous de faire durer le plaisir pour atteindre une nulle !

5) Quels sont les points positifs de ma position ?

S’il n’y en a qu’un seul, se persuader que c’est votre force et l’imposer à votre adversaire. Inversement, Rowson conseille non seulement de jouer sur les failles de l’adversaire, mais surtout sur les failles dont il est conscient !

Envoyer la balle au fond de la cage

Le danger est de se dire à un moment de la partie : « Je suis en train de gagner ». Être en train de gagner ne veut pas dire que la partie est gagnée (qui peut prédire l’avenir ?). Commencer à penser ainsi modifie votre façon de jouer.

Présentez une position gagnante à un GMI, et demandez lui ce qu’il en pense. Il répondra des trucs  comme : « Oui, il a de bonnes chances de gagner » sans trop se mouiller. Bref, vous obtenez un avantage notable, il est temps de respirer et de prendre de la distance !

Il s’avère que les positions gagnantes (ou perdantes) sont souvent obtenues avant le contrôle. Disons au 30ème coup, 15 mn avant celui-ci. Malgré ce moment critique, sortez dehors et détendez-vous !

La convoitise est évidente lorsque nous faisons des erreurs en raison de nos idées sur le résultat de la partie. Plutôt que de jouer uniquement pour le gain, prenez plaisir à jouer et voyez le résultat (1 – 1/2 – 0 ) comme une partie intégrante de la partie, pas comme une finalité. Ne tombez pas dans des mauvais réflexes, appliquez les quelques conseils cités plus haut pour rester dans la dynamique de la partie.

 

 

 

 

 

 

The Chess Improver


Quasi intraduisible. Comme si vous tentiez de traduire The Punisher 2 ! On va dire S’améliorer aux échecs (l’améliorant aux échecs, littéralement).

Site collaboratif avec quelques noms connus dans les participants : Nigel Davies (2530) et Steve Giddins (2188) pour ne citer qu’eux.

A gauche, dans la liste de liens, vous cliquerez sur le site traduit par Google. Pas terrible, mais cela permet de suivre un peu.

Le livre magique pour aller à la plage.


Le livre magique qui nous ferait gagner 100 points elo après sa lecture, à mon avis, n’existe pas. Mais la tentation est grande de tomber sur celui qui, hein, bon, ben oui, quand même, si ça pouvait me permettre de passer  de 1550 à 1700 en 6 mois…

Rassurez-vous, j’en suis là aussi. Dan Heisman nous donne des indications de lecture selon son propre niveau. Normal, les grosses analyses stratégiques alors qu’on pratique avec une rare régularité la perte de sa dame avec des fourchettes de cavalier, cela ne sert pas encore à progresser. Un autre entraineur, selon ses affinités avec un auteur de ses amis, nous donnera d’autres références.

Certains avis sur certains forums donnent envie d’acquérir tel bouquin, un autre avis plutôt ce livre en particulier (+200 elo en 1 an, je vous le dis!!)

S’il y avait un livre en particulier, on le saurait. MVL, Nakamura, ou tout autre joueur international ne sont toutefois pas arrivés à ce niveau grâce à 1 livre magique (ni même avec deux). Mais pour ceux qui n’ont pas le temps (ni l’argent) pour recourir à un coach, la lecture reste la moins mauvaise solution.

En tout cas, les livres à éviter : ceux qui vous promettent des ouvertures rares gagnantes, ceux qui font miroiter à un joueur amateur une norme de GM en 1 an, ceux qui mettent dans le titre le nom d’un joueur de réputation mondiale.

Tentez votre chance sur les conseils de l’équipe de Silman, ou sur ceux de Dan Heisman.

Les valeurs sures (mais tous leurs livres ne sont pas forcement les meilleurs) : Watson, Nunn, Silman, Youssoupov (Yusupov, ah ces russes !), Soltis, Dorfman, Seirawan, Aagaard, Dvoretsky, Alburt, dans le désordre et pour ne citer qu’eux. Vérifiez la qualité de la traduction (les livres russes traduits en allemand, puis en français…) ainsi que la qualité de la reliure (travailler un livre avec des pages qui se décollent au bout de trois mois, bof bof…)

Il ne faut pas non plus se disperser : un livre ou deux à la fois. Et n’en acheter un autre que si le précédent a été travaillé jusqu’au bout. Livres d’ouverture : en général s’en servir comme référence et non pas comme un livre de travail. En tout cas, à faible niveau, les livres traitant d’ouvertures spécifiques sont inutiles. Les finales : déjà travailler les fameuses finales élémentaires, l’opposition, les traditionnelles positions de Philidor et de Lucena afin de s’habituer à bien réfléchir en finale, puis après investir dans le bouquin de finales de votre choix.

N’hésitez pas à nous dire sur quels critères vous achetez un livre plutôt qu’un autre !

Bonnes vacances !

 

 

 

Les cinq grands (the Big Five)


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Parmi les Novices Nook de Dan Heisman (mais repris aussi dans son livre « A guide for Chess improvement), il y a The Big Five. Dan (oui, je l’appelle Dan) pense que si après avoir lu 200 livres votre niveau ne progresse pas, ce n’est pas en lisant un 201ème que cela va beaucoup changer.

Selon lui, il est fondamental de se concentrer sur 5 points importants. Les 5 Grands. Ze bigue fayve.

1. SÉCURITÉ

La tactique est la science de la sécurité des pièces. Cela permet de gagner des pièces ou un mat, mais cela peut aussi éviter d’en perdre. Pour y arriver, il faut aborder les décomptes lors des échanges (je prends, il me reprends, je lui reprends… oups, là, j’ai un fou en moins) et avoir les idées claires sur les techniques de base (les essentiels : clouage, attaque double et élimination de la défense). Il n’y a  pas 50 solutions : faire et refaire des exercices simples sur ces thèmes afin d’acquérir des automatismes. Il faut plus de 85% de réussite sur des exercices de base avec 10-15 secondes de réflexions. La visualisation des motifs simples et la répétition des tactiques de base est nécessaire à toute progression (on peut faire un parallèle avec l’apprentissage des tables de multiplication)

2. ACTIVITÉ DES PIÈCES.

Cela comprend bien évidemment toutes les cases sur lesquelles les pièces peuvent se poser, mais aussi celles sur lesquelles elles peuvent se poser de façon sûre. Kasparov dit que les échecs se résument à l’activité des pièces. Alors, si Kasparov le dit…

Le problème avec des joueurs débutants est qu’ils lancent les tours rapidement dans la bataille (par exemple), ou qu’ils gagnent facilement contre des joueurs encore moins expérimentés, ce qui renforce leurs mauvaises habitudes. Suivre des lignes directrices s’avère utile :

  • Dans les ouvertures, ne pas jouer une pièce une deuxième fois avant d’en déplacer une autre, sauf en cas de motif tactique.

  • En finale, il est utile d’activer le roi.

  • Ne pas lancer d’attaque prématurée.

  • Si vous ne savez pas quoi faire, identifiez votre plus mauvaise pièce et rendez la meilleure.

Y penser à chaque partie, dans chaque ouverture. Si dans vos parties,  vos yeux se dirigent automatiquement vers vos pièces inactives, vous aurez franchi un palier.

3. PROCESSUS DE RÉFLEXION.

C’est la méthode qui permet dans une position donnée de générer le meilleur coup possible. L’analyse et l’évaluation sont indissociables dans cette démarche. Un joueur sachant réfléchir sera probablement supérieur à celui qui aura de plus grandes connaissances et une plus grande expérience.

Pour y arriver :

  • Regarder des bon joueurs analyser des positions.

  • Lire livres et articles sur les processus de réflexion.

  • Lire des parties commentées avec des remarques sur ce thème.

  • Avoir un coach sensible à cette démarche.

Pour un joueur qui a pris de mauvaises habitudes, les connections risquent d’être longues à changer.

Comment savoir si on progresse ? En n’étant pas surpris ou mis en danger par le coup d’un adversaire lors d’une partie lente.

4. GESTION DU TEMPS.

il s’agit d’exploiter au maximum le temps imparti, de jouer à la bonne vitesse, et de savoir s’arrêter sur les positions critiques (ouhlà, vaste débat que la position critique…).

Améliorer le point précédent, améliore obligatoirement la gestion du temps. Il faut s’y consacrer à chaque partie lente.

Le but est atteint lorsque la partie se conclue par un gain au temps sur l’adversaire ou par une victoire tout court ! Vous serez aussi sur la bonne piste lorsque vous serez plus souvent en train de chercher un bon coup d’attaque qu’un bon coup de défense.

5. COMPRENDRE ET HIÉRARCHISER RÈGLES ET PRINCIPES.

Une règle diffère d’un principe dans le caractère stricte de son application. La règle du carré et le principe des ouvertures. L’intérêt des principes est que cela peut dispenser parfois de calculs fastidieux, comme lorsqu’on sort d’une ouverture connue.

On peut recommander le livre de Lev Alburt : Chess Rules of Thumb.

Les apprendre nécessite un minimum de temps, mais les mettre en application encore un peu plus. Difficile de dire quand on a assimilé toutes ces idées. Mais si les ouvertures hors répertoire ne posent plus de problème c’est que les principes qui s’y réfèrent sont maitrisés.

(Petite remarque perso ; ces principes ne doivent pas être un carcan. On peut gagner une partie sans en appliquer un seul, le tout est d’en comprendre le sens et de savoir à quel moment on peut s’en affranchir. Enfin, la tactique prime devant un principe.)


		

Processus de réflexion générale (1/2)


J’avais déjà synthétisé la démarche exposée par Dan Heisman afin d’optimiser la réflexion en cours de partie. Je reprends tout ça après avoir un peu approfondi ma lecture de « A guide for chess improvment ». L’amélioration de l’analyse, de l’évaluation, et « l’automatisation » de ce schéma de réflexion reste toutefois un vaste chantier ! Cette démarche suppose que les bases sont acquises, et elle ne s’intéresse pas à la technique pure du jeu. Elle aborde essentiellement l’ordre dans lequel notre esprit devrait réfléchir avant de jouer un coup. Étant tous différents dans notre approche, je ne peux que vous conseiller d’extraire ce qui vous parait fondamental (ce qui est évident pour l’un, ne l’est pas automatiquement pour l’autre) et d’établir votre propre check-list. On pourra trouver un texte qui synthétise aussi (mieux que moi, mais en anglais) ce schéma de réflexion : A middle game chess thought process.

Bien sûr cela ne reflète que les idées de DH, pas les miennes, et il est fort probable que d’autres approches existent. Et comme la pensée échiquéenne ne peut se résumer à cinq étapes figées (je fais A, puis B, puis C ) ou à un simple arbre décisionnel, ce schéma n’est qu’un outil de travail.

La partie est déjà engagée, il y a égalité voire un léger avantage pour vous. Votre adversaire vient de jouer et d’appuyer sur la pendule. Ce n’est pas un échec. Tic-tac.

Prologue

Même si l’essentiel de ce qui suit s’applique plutôt au milieu de partie, il est difficile de ne pas évoquer la sortie de l’ouverture. L’adversaire vous sort de votre répertoire habituel (au troisième coup ou au quinzième, cela dépend de vos connaissances !). Vous n’êtes plus dans votre zone de confort et vous n’êtes pas sûr à 100 % de votre coup de bibliothèque. La première erreur à ne pas commettre est de continuer à jouer automatiquement et à la même vitesse. Le moment est critique (cf plus loin) et il faut poser ses bagages. La vraie réflexion commence. C’est là qu’on perd un pion inutilement qu’on regrettera en finale, où que la position se referme de façon inexorable, chaque coup adverse vous étouffant un peu plus.

ACTE I

(sauf si le coup est un échec !)

Est-ce que je peux mater avec une suite de coups forcés ?

Juste après l’ouverture (disons dans les 5-10 premiers coups), la probabilité est faible d’avoir cette suite, tout du moins au delà d’un certain niveau (oublions le mat du berger ou de Legall). Si oui, il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’une éventuelle menace. Dans certaines circonstances cette phase de réflexion dure 1/1000 de seconde, ou on le sait avant même que l’adversaire déplace n’importe quelle pièce. Mais elle est indispensable dans toutes les phases de jeu.

ACTE II

Quelle est la menace ?

Une menace est un coup qui permet ultérieurement d’être concrétisé par un gain s’il n’est pas contré immédiatement.

Mat (en 1 coup ou suite forcée), capture (immédiate ou suite tactique imparable), menace (qui ne s’est jamais fait surprendre par un cavalier qui s’est approché insidieusement d’une case lui permettant de planter une sournoise fourchette ?). Dans le meilleur des cas, il va donc falloir envisager toutes les conséquences possibles de cette menace, et toutes les façons d’y remédier, quand c’est possible. L’erreur est de se demander : « Pourquoi mon adversaire joue ça ? », au lieu de se demander : « Quelles sont toutes les conséquences de ce coup ? ». La différence de langage est infime, mais la perception qu’on en tire est meilleure.

Qu’est-ce que le coup adverse change ?

Vérifier la menace directe, repérer les ouvertures de diagonale, de colonnes et de rangées, considérer la case laissée vacante par la pièce qui vient d’être déplacée. Que peut désormais faire l’adversaire avec ce coup ? Contre-t-il la menace que j’ai installée avant ?

Dans la recherche des menaces, il suffit de se demander ce que l’adversaire pourrait faire s’il était en mesure de rejouer une deuxième fois, non seulement la pièce qui vient d’être déplacée, mais toutes les pièces. Il ne faut pas se contenter de voir UNE conséquence, mais bien d’identifier TOUT ce qui arrive si on ignore cette menace. Il s’agit alors de (au choix selon les circonstances) :

  • Ignorer cette menace : si elle ne retourne pas l’équilibre du jeu (par exemple : menace sur le gain d’un pion, alors que l’adversaire – mené au temps – a déjà perdu sa dame).

  • Contre-attaquer (trouver une autre menace au moins aussi grande) : peu recommandé pour des joueurs de faible niveau et qui ont l’avantage. Les autres joueurs peuvent prendre le risque d’obtenir une situation plus complexe en contre-attaquant. Hiérarchisation des menaces : mat supérieur à l’échec, l’échec supérieur à la capture – la capture de pièce majeure supérieure à la capture de pion -, la capture supérieure à la menace, et la menace supérieure à la menace de la menace – bon, là c’est moi qui le dit ! L’exception à la contre-attaque : les menaces de mat, et surtout de mat en 1 (un !) coup.

  • La neutraliser.

Dans la recherche du coup contre une menace (telle 4. Cg5 dans la défense des deux cavaliers de la partie italienne menaçant la fourchette Cxf7), la méthode simple mnémotechnique PIF, pour Protéger Intercepter, Fuir donne les outils pour la solution. 4. … d4 s’imposera alors (interception), et 4. … Fc5 (contre-attaque de la variante Traxler) sera choisi par des joueurs amateurs de sensations fortes.

De façon plus complète (du plus simple au plus compliqué) :

  • Bouger la pièce menacée

  • (sur)protéger la pièce menacée

  • Capturer la pièce attaquante

  • Bloquer l’attaque

  • Contre-attaquer

Il faudra également reconnaître si un coup est une menace tactique (capture avec gain matériel) ou révèle un plan éventuel. En présence d’un coup terriblement intrusif et agressif (et généralement pas prévu au programme !), ne pas s’affoler. Il est temps de se demander si ce coup est réellement viable, car après tout, l’analyse de mon adversaire humain est peut-être erronée, et il y a certainement moyen de le réfuter.

ACTE III

Il s’agit maintenant de déterminer les coups candidats. Petits préambules :

  • le coup adverse est si puissant qu’il convient de le neutraliser immédiatement avant que la situation s’aggrave (killer move). Cela limite déjà fortement le choix des coups candidats.

  • il convient d’évaluer la position : pièces capturées, avantages positionnels. Ce n’est pas toujours facile car dans certains cas c’est la sécurité du roi qui va déterminer cette évaluation alors que dans d’autres cas ce sera l’activité des pièces qui fera pencher la balance. Dans une partie lente, cette évaluation se fait presque en temps réel, et il n’y a peut-être pas besoin de la refaire à chaque coup.

  • les conséquences des règles de Steinitz sont utiles : à défaut de trouver le bon coup, il est plus facile de trouver le coup permettant de garder le même avantage. Il ne faut pas se contenter du coup assurant l’égalité (alors qu’on avait un léger gain).

Avec ces trois dernières considérations en tête, il faut rechercher des coups candidats en ayant à l’esprit l’avantage qu’on désire obtenir. Il s’est déjà écoulé quelques secondes à quelques minutes depuis que votre adversaire a appuyé sur l’horloge. Un grand maître aura probablement passé plus de temps sur cette étape qu’un débutant (alors que ce dernier est censé réfléchir moins rapidement). Mais un débutant est moins conscient du danger de commettre une grave erreur et survole cette phase de réflexion.

Si vous êtes dans une position gagnante, vous pouvez vous contenter de trouver des coups simplement défensifs. Si vous êtes à la ramasse, tentez le tout pour le tout pour pourrir le jeu : pièges, coups tactiques, menaces directes. De toute façon vous n’avez plus rien à perdre.

Alekhine  avait coutume de dire qu’il est préférable de trouver un bon plan puis le coup qui permettait de le mettre en place, que de trouver un bon coup. Mais ce n’est pas toujours réalisable.

  • D’abord, repérer les menaces adverses (cf ci dessus) et y remédier.
  • Développer mes propres menaces (gain de matériel ou mat) à conditions qu’elles ne dégradent pas la position (erreur fréquente de débutant). Il faudra donc considérer (et dans cet ordre) tous les échecs, captures et menaces. Ne pas oublier que le plus faible avantage tactique est légèrement supérieur au plus fort avantage positionnel. Si rien n’est raisonnablement envisageable (gain inférieur à 1 pion) et qu’il n’y pas de coups forcés, il est temps de penser stratégie et de passer au point suivant.
  • Améliorer votre développement et limiter celui de votre adversaire (roquer si nécessaire, sortir les pièces de la 1ere ou de la 8ème rangée), Mener en parallèle le même raisonnement sur les activités respectives de chaque camp. Ce sont souvent les coups à envisager lors des ouvertures, en tenant compte des spécificités de celles-ci. Repérer les avantages et les inconvénients de la position.

(à suivre)