La meilleure méthode d’entrainement.


Jesse, David et Kostya en discutent sur la chaine de Kostya. Cela mérite bien un petit résumé.

Selon Jesse, et c’est son avis, 70 % du temps doit être consacré à l’analyse de ses parties (enfin, celles du joueur, pas celles de Jesse !), et 30 % pour le reste (et 5% pour les ouvertures, mais Jesse ne nous dit pas si c’est 5% des 30% restant). Il évoque d’ailleurs le livre de J. Aagaard sur le calcul (peut-être celui-ci : Excelling at calculation, car il existe aussi ce qu’on pourrait appeler la 2eme édition revue et augmentée dans la série des Grandmaster preparation : calculation). Il reconnait qu’on trouve beaucoup d’infos sur les différentes méthodes, mais qu’en fait, peu sont réellement testées ! Du coup, Jesse estime que « sa » méthode est probablement la façon la plus intéressante et spirituelle de s’améliorer. Que ce soit en résolvant exclusivement des problèmes,et/ou en étudiant à fond les ouvertures, cela ne vous fera pas de vous un joueur intéressant.

David Pruess estime que les 70%-30% sont probablement une méthode valable pour des joueurs de haut niveau (GM ou candidats GM). En fait, chaque niveau a certainement une méthode adaptée (oui, mais, euh… David, on fait comment quand on classé en dessous de 1500 elo ?).

Dans ces échanges, Kostya précise qu’en effet, pour des joueurs moins forts, l’apprentissage de schémas tactiques et de concepts positionnels revêt une certaine importance. Selon lui, et quel que soit le niveau, il faut se concentrer pendant plusieurs semaines (4 à 6) sur un thème : calcul, ouverture… peu importe. Notre cerveau ne peut pas tout retenir et apprendre. Un peu de tout n’est peut-être pas productif. Et puis, plus tard : réviser régulièrement. La notion de répétition espacée doit être travaillée : revoir au bout de 2 jours, puis de 4, puis de 8… à chacun sa méthode sachant que nous sommes tous différents (voire inégaux !) dans le domaine de la mémorisation.

Jesse précise que l’intérêt d’analyser nos partie est que cela permet aussi de revenir inlassablement sur nos défauts et erreurs. Cela développe l’habitude d’une sorte de conscience professionnelle (le gout du travail bien fait).

S’il fallait en tirer une conclusion, c’est qu’il n’existe pas de meilleure méthode d’entrainement !

Ben Finegold a dit…


Ben était une figure du St Louis Chess Club avant qu’il ne crée son école à Atlanta.

Haut en couleur, pédagogue plus qu’il n’y parait.

Donc Ben nous dit que si on est mauvais c’est simplement à cause de nos gaffes, elles même étant la plupart du temps liées au fait qu’on laisse des pièces non protégées. Il ne s’agit pas de comprendre pourquoi on affaiblit la sécurité de notre roi pour des raisons stratégiques. Dans ce cas de figure, on peut encore corriger le tir. Non… il s’agit de ces pièces perdues bêtement en deux coups et qui rendent la partie irrattrapable, conduisant souvent à un abandon prématuré. C’est ce qu’on rencontre très fréquemment pour des joueurs classés entre 500 et 1500. Attention à deux défauts :

  1. Jouer agressivement ou attaquer prématurément pensant que cela va faire craquer l’adversaire
  2. imaginer avoir une compensation en sacrifiant une pièce volontairement (ou en la laissant se faire capturer)

Un de ses copains coach estime que jusqu’à 2200, oubliez les ouvertures, les analyses positionnelles, les finales ! De toute façon vous perdrez votre dame à un moment ou à un autre. Travaillez la tactique. Pas de gaffe et déjà on s’améliore. Et pourquoi continue-t-on à en faire : parce qu’on ne cherche pas à les corriger.Regardez l’erreur et cherchez à comprendre pourquoi vous l’avez faite.

Quand on perd une partie, on se dit souvent :

  • J’étais fatigué
  • Je n’ai pas eu de chance
  • Je n’ai pas eu assez de temps pour réfléchir
  • mon adversaire était déstabilisant
  • il fallait que j’aille chercher mon beau-frère à la gare juste après la partie
  • j’ai touché une pièce que je voulais pas jouer
  • j’ai hésité à faire le tournoi

Et on se retranche derrières ces fausses excuses sans analyser l’erreur et tenter de la corriger de façon définitive.

Lors d’un tournoi, il est facile de se dire qu’on a gagné 5 parties sur 9 et que finalement, le résultat est satisfaisant. Mais c’est oublier un peu rapidement comment on a gaffé dans deux parties. Et sans ces gaffes, le bilan aurait été meilleur.

Très intelligemment il dit que si on regarde 10 de ses meilleurs parties, il est probablement plus fort que Magnus Carlsen. Par contre si on regarde ses 10 mauvaises, n’importe quel joueur de petit niveau pourrait penser qu’il peut le battre.

Vous voulez progressez : faite des erreurs et corrigez les !

D’après « The Reason People Don’t Get Better At Chess« 

Quand vous perdez une partie : après l’analyse, travaillez simplement sur votre coup responsable de votre défaite. Vous avez gagné une partie : après analyse, repérez le coup qui, le plus précocement possible vous aurait permis de conforter votre position.

Quelques conseils pour travailler avec Artur Yusupov


Des joueurs de haut niveau ont la possibilité de faire des stages chez Artur. Nous autres, nous avons ses livres. Et c’est déjà bien, car c’est toute l’école russe qui s’invite sur notre échiquier.

Avec ses trois volumes (Boost your chess, Build up your chess et Chess Evolution) à la couverture orange pour l’édition anglaise, la première série « The fundamentals » s’adresse déjà à des joueurs désireux de progresser et qui ont l’intention de pratiquer des tournois. Concrètement, elle est destinée à des joueurs visant les 1500-1600 elo et elle n’a pas vocation à initier au jeu d’échecs. Le contenu est à plus de 50 % tactique (39 leçons sur 72), et comme il faut s’y attendre, les ouvertures ne sont que très peu abordées : 6 leçons sur 72 !

Si vous n’avez pas encore de classement elo (FIDE), soyez déjà avec une cote de 1500-1700 sur Lichess en parties classiques avant d’aborder ces cours. Les problèmes proposés après chaque leçon sont d’un niveau correct pour un 1300-1400 elo, et il serait dommage que vous restiez bloqués dessus.

Mettez-vous dans des conditions optimales s’approchant d’un tournoi : pas de distraction, pas de musique, rien à boire (à part un verre d’eau !), et votre échiquier sous les yeux. Pas d’ordinateur !

Ce sont réellement des livres d’étude. A savoir qu’il faut prendre le temps de bien tout faire. Lire une leçon par jour et au bout d’un mois se dire : « Wouah, intéressant… ! » est probablement insuffisant. Soixante douze leçons sur trois livres : accrochez votre ceinture. Dans le meilleur des cas, 2 leçons par semaine, prévoyez 8 à 9 mois de boulot intense. Acheter ces livres s’intègre dans une démarche au long terme.

La leçon

Chaque leçon est précédée de quelques explications, suivie d’exemples détaillés. Avant de lire les explications, tentez en quelques minutes de résoudre l’exemple. Puis décortiquez les variantes qu’il faudra jouer sur l’échiquier (c’est pour ça, à mon avis, que travailler ces livres avec Chessable va un peu à l’encontre des recommandations de Yusupov concernant l’utilisation d’un échiquier)

Les exercices

Le gros morceau de la leçon : 12 exercices aux difficultés variables. Il s’agit réellement d’un travail et non pas d’une course au résultat. Prenez le temps d’analyser la position, éventuellement de retourner voir la leçon, de noter toutes les variantes que vous envisagez afin que vous alliez au bout de vos calculs. Yusupov préconise 15 mn, mais 10 minutes peuvent suffire (allez, on va dire 10 minutes de résolution et 5 minutes sur la solution). Quand vous pensez avoir le bon coup écrivez-le, même si vous n’êtes pas sûr de vous. Avec le même principe, passez à l’exercice suivant (sans regarder la réponse).

Enfin, quand vous avez réfléchi sur ces 12 positions : regardez les solutions. Décortiquez à nouveau les variantes, envisagez vos mauvaises hypothèses (pourquoi votre solution n’est pas la bonne).

Une note globale vous sera attribuée selon vos réponses. Si elle n’est pas satisfaisante, demandez-vous si c’est un souci tactique ou une mauvaise assimilation/compréhension du thème abordé. Prévoyez quelques jours plus tard, avec un petite phase d’oubli, une simple re-lecture de la leçon, et résolvez de nouveau les exercices ratés.

Si vous intégrez cette formation avec d’autres éléments (la tactique façon Woodpecker, jouer des parties longues, analyser, aborder malgré tout un minimum d’ouvertures), une leçon par semaine est un rythme soutenu pour peu que vous ayez une famille et un travail. L’intérêt est que vous n’avez alors plus à vous soucier de ce que vous devez travailler et en quelles proportions : il n’y a qu’à dérouler les pages.

Vous aussi vous travaillez avec ces livres ? Comment pratiquez-vous ? Avez-vous progressé ?

Les 4 piliers d’une progression harmonieuse.


Les 4 piliers d’une progression harmonieuse.

(je me répète, mais le titre ne tient pas en entier dans la mise en forme !!)

Vous passez votre temps à jouer des parties rapides en travaillant essentiellement les ouvertures grâce à une chaine Youtube tout en espérant progresser en achetant votre 84ème livre sur le jeu d’échecs ? Et vous avez l’impression de stagner à 1295 sur chess.com malgré les « tuyaux » (pour progresser rapidement) que vous avez réclamés sur les forums ? C’est le moment d’optimiser votre travail et éventuellement vous améliorer.

S’il est important de pratiquer avec des exercices et des parties d’entraînement (la règle : plus de parties lentes que de parties rapides et surtout jouer contre des adversaires plus fort que vous), il est également essentiel d’apprendre. Il faudra non seulement augmenter vos connaissances (investir dans la série écrite par Artur Yusupov consacrée à votre niveau en préférant la version anglaise : « Boost your chess » ou le « Bond du Tigre »), mais aussi corriger vos défauts grâce à l’analyse.

Ce ne sont que des lignes directrices pour vous aider. En dessous de 1500-1600 elo, les principaux blocages sont liés à un mauvais processus de réflexion et à des lacunes dans le calcul. La littérature échiquéenne, les vidéos, les coaches vous permettront de compléter les domaines abordés succinctement.

  1. TRAVAILLER LE PROCESSUS DE RÉFLEXION

Il peut se résumer en trois étapes :

  • Évaluer la dangerosité du coup de votre adversaire
  • Choisir le meilleur de vos deux coups candidats.
  • S’assurer que le coup retenu ne dégrade pas votre position tant tactiquement que stratégiquement.

Lors de votre réflexion, et sur au moins 1,5 coups, il faudra d’abord penser, et dans cet ordre, aux possibilités d’échec, puis de capture et enfin de menace. Autant pour vos coups que pour les réponses de l’adversaire. Cette réflexion devra être menée jusqu’à l’obtention d’une position d’équilibre.

Globalement, vous serez donc amené à établir des priorités au cours d’une partie :

  1. Répondre à la menace potentielle
  2. Évaluer les opportunités tactiques
  3. Assurer la sécurité du roi
  4. Développer et activer vos pièces
  5. Penser stratégie
  1. TRAVAILLER LA TACTIQUE

Soyez d’abord à l’aise avec les tactiques de base en les étudiant les unes après les autres.

Puis travailler avec des exercices tactiques généraux. Différents sites mettent de tels exercices à votre disposition.

Exercices de tactique : parmi un stock de plusieurs centaines d’exercices, en travailler quotidiennement plusieurs dizaines en vous attachant à comprendre pourquoi vous n’avez pas trouvé la solution. Vous les répéterez inlassablement jusqu’à pouvoir les résoudre en quelques secondes à force de les revoir. Puis recommencez avec un autre stock, différent ou plus difficile.

Exercice de calcul : réfléchir sur une position de milieu de jeu issue d’une partie de grands joueurs, en analysant toutes les options possibles et en évaluant la position finale de l’analyse de chaque ligne (qui a l’avantage ?). La durée minimale de cet exercice : 15 minutes

Profitez de ces exercices pour établir un bilan des erreurs le plus fréquentes.

  1. ANALYSER SES PARTIES

Chacune de vos parties longues devra être analysée. Le recours à un moteur d’analyse n’aura lieu que lors de la toute dernière étape, une fois que vous aurez réfléchi par vous-même à toutes les variantes.

L’analyse a plusieurs buts :

  • Trouver les moments critiques dans le jeu.
  • Chercher les raisons de vos propres erreurs : pas seulement ce qui a mal tourné, mais pourquoi cela a mal tourné.
  • Chercher de nouvelles possibilités : quels mouvements avez-vous manqué dans votre analyse ? Quelles idées pourriez-vous avoir considérées ?
  • Réfléchir sur l’ouverture.

Il faudra formuler par écrit les raisons de vos hésitations et de vos craintes lors de la partie. Après chaque analyse, vous devriez avoir appris au moins une chose. Par exemple : « Enfin une partie ou je me suis senti à l’aise», ou « Mon roi est rarement en sécurité à la fin de mon ouverture », ou « Je ne sais pas mener une finale de pions »

Partie après partie, vous pourrez ainsi établir le bilan de vos principales faiblesses qu’il faudra corriger

  1. ÉTABLIR UN PROGRAMME

Ce programme sera basé sur 2 à 4 sessions, au minimum 1 heure chacune, que vous répéterez, jour après jour, session après session. Entamez la session suivante que si vous avez terminé la session en cours (la même session peut donc être effectuée sur plusieurs jours, même s’il conviendrait de pouvoir en faire une par jour : adapter votre volume de travail en conséquence).

Le programme devrait inclure, dans des proportions variables selon vos faiblesses : l’étude des ouvertures (réduite au minimum pour un niveau 1200-1500), des milieux de jeu, et des finales. Et pour chacune de ces phases de jeu : théorie, pratique (exercices) et révision. Il faudra en outre y ajouter des exercices de tactique et de calcul ainsi que des parties d’entraînement qui seront analysées.

Prévoir au moins 30 % de votre planning à la tactique et au calcul, et 40 % aux parties d’entraînement et à leurs analyses.

Sur les 30 % restant, mettez l’accent sur les finales. Et en fonction du temps disponible : travail sur les ouvertures et le milieu de jeu (stratégie, lecture de parties commentées).

Enfin, modifiez votre programme tous les 2-3 mois selon vos améliorations.

Rien de miraculeux, j’ai simplement essayé de résumer et de synthétiser ce que j’ai pu lire ici et là. Bon, maintenant… est-ce que cela marche ? A vous de nous le dire !

Les erreurs d’entrainement (selon Avetik Grigoryan)


1. NE PAS PAS AVOIR D’OBJECTIF.

Les objectifs à long terme ne sont pas les mêmes que ceux à court terme. Ne pas les définir vous fait errer dans un océan d’incertitudes. Voulez vous battre votre frère ? Devenir un GM ? Atteindre 2000 elo ? Faire plaisir à vos parents ? Simplement progresser ?

Poser vous les bonnes questions avant de vous investir intellectuellement dans le jeu d’échecs.

Au passage : un objectif réaliste (et réalisable) et chiffré est souvent la meilleure chose.

2. NE PAS AVOIR LE BON PLAN D’ENTRAINEMENT.

Il n’existe pas de plan d’entrainement universel. Cela va dépendre :

  • De votre niveau initial
  • De vos objectifs
  • De votre disponibilité
  • De vos forces et vos faiblesses

3. NE PAS DEMANDER D’AVIS AUX BONNES PERSONNES.

L’idéal serait d’avoir l’avis de quelqu’un qui a utilisé le même chemin que vous. Bref, vous êtes classé 1300 et voulez passer le cap des 1500 ? Demandez à un joueur classé 1600 !

4. NE PAS CHOISIR LA BONNE OUVERTURE.

Erreur 1 : choisir son ouverture sur Youtube. Le but de ces chaines est de faire de l’audience. On va donc vous parler des gambit spectaculaires ou vous montrer des variantes soi-disant gagnantes (sans vous préciser à quel moment vous allez être dans le dur). L’algorithme du moteur de recherche vous amène rarement sur la bonne chaine vidéo. Soyez vigilant !

Erreur 2 : acheter un cours sur internet de la même manière, les yeux fermés. Un GMI va en faire la publicité, la présentation marketing sera éventuellement trompeuse… 1. f4 va faire de vous un champion ? Vraiment ?

Erreur 3 : appliquer l’ouverture favorite de votre coach. Sauf qu’elle vous emmène dans des positions fermées ou trop dynamiques dans lesquelles vous n’êtes pas à l’aise ! Choisissez bien votre coach.

Erreur 4 : utiliser une ouverture qui ne convient pas à votre niveau. Une ouverture qui réussit à un joueurs classé 2600 ne sera pas toujours adaptée à joueurs classé 1400. Vous êtes fan de Caruana ? Êtes vous certains de bien comprendre son ouverture préférée ? Êtes vous suffisamment performant en tactique et en stratégie pour utiliser la Najdorf ? Êtes vous prêts à travailler de nombreuses semaines sur les nombreuses variantes ? Pensez d’abord à travailler votre milieu de jeu et vos finales.

Mais il faut bien s’intéresser à une ouverture ? Oui, mais sur les conseils de personnes avisées qui vous orienteront indépendamment de leurs intérêts.

Accessoirement : soyez à l’aise sur 1. e4 avant de vous lancer dans 1. d4.

5. TROP S’INTÉRESSER A SON ELO PLUTÔT QUA SA PROGRESSION.

Cherchez d’abord à progresser et votre elo augmentera ensuite !

Vous avez mis un joueur expérimenté en difficulté et il vous propose une nulle ? Oui, vous gagnerez des points. Et après ? Qu’aurez vous appris sur toute la partie ?

Il est vrai que travailler dur et s’apercevoir que le dernier tournoi vous a fait perdre 50 points est désespérant. Mais désespérant uniquement parce que vous vous attachez à votre elo et pas à votre progression.

d’après the 5 Costly mistakes that the amateurs made

(GMI Avetik Grigoryan, 2561)

On pourra remarquer qu’Avetik, comme la plupart des joueurs de ce niveau, a mis environ 10 ans pour passer de 2100 à 2500. Le coaching semble essentiel pour progresser (mais après tout, c’est aussi son activité sur ChessMood, donc pas complètement désintéressé !). Pour les ouvertures, on peut regarder la chaine Hanging Pawn. Certaines chaines préfèrent les « like », et ce ne sont pas toujours les meilleures (de toute façon elles vont bien arriver un jour ou l’autre au bout de ces formidables et invincibles gambits au noms bizarres). Celles qui proposent d’être « parrainées » ont tout intérêt à proposer du contenu sérieux si elles veulent obtenir des dons (je ne reçois aucun pourcentage sur la publicité !)

L’analyse d’une partie d’échecs.


On ne va pas revenir sur les bienfaits de l’analyse. Toutefois, on trouve peu de méthodes générales sur le web et dans les livres. La plupart du temps, on tombe sur des parties déjà analysées, mais cela n’explique pas concrètement comment faire quelles étapes suivre. Si un joueur classé 2375 a des idées stratégiques et tactiques, cela devient tout de suite plus hasardeux pour un joueur classé 1338.

Je me suis aidé de l’article de Noël Studer et de celui de Carlos Pujol sur chess.com.

Les bienfaits de l’analyse sont multiples :

  • comparaisons de nos idées avec la dure réalité de la tactique et du jeu positionnel.
  • développement de notre processus de réflexion.
  • amélioration progressives de nos connaissance sur les ouvertures (et au bout du compte sur les positions et les finales qui en découlent).
  • détection des erreurs récurrentes.

Selon Yusupov, ce qu’il faut attendre d’une analyse :

  • « trouver les moments critiques » dans le jeu, ces moments où des erreurs ont été commises, la nature de la position a changé, etc.
  • « Chercher les raisons de vos propres erreurs » – pas seulement ce qui a mal tourné, mais pourquoi.
  • « Chercher de nouvelles possibilités. » Quels mouvements avez-vous manqué dans votre analyse? Quelles idées pourriez-vous avoir considérées ?
  • « Réflexion sur l’ouverture »

Étape 1 : une analyse s’anticipe.

Pendant la partie, noter votre temps de réflexion. (Bon… faut avouer que la place manque parfois sur ces feuilles et que dans le feu de l’action ce n’est pas toujours facile)

Annoter votre feuille de partie avec des signes cabalistiques afin de repérer des coups particuliers (une croix pour une tactique douteuse, un point d’exclamation pour repérer un coup de adversaire qui vous a surpris, etc.)

Juste après la partie, notez vos impressions de façon plus détaillées (utilité d’avoir un carnet sur soi)

Si possible lors d’un tournoi : analyse post mortem avec votre adversaire (en fait cela devrait être obligatoire, ne serait-ce que pour des raisons de convivialité). Notez à part les idées, ce qu’il a vu de son coté.

Étape 2 : juste après la partie

Le plus rapidement possible après en tout cas. Lors d’un tournoi, ce sera le soir si vous en avez le courage ! Lors d’une partie en ligne, juste après.

Mettre la partie dans une base de données et retranscrire vos notes de la journée. Bien sûr, sans lancer le moteur d’analyse.

C’est le moment de repérer les moments critiques. Déjà, de façon simple : repérer les transitions ouverture-milieu de jeu, et milieu de jeu-finale. Le premier moment critique est à la sortie de l’ouverture (que ce soit vous ou l’adversaire qui en est la cause ). La perte d’une pièce en est une autre. De façon plus subjective, il faut aussi rechercher ce moment lorsque les deux positions semblent en équilibre et que chaque camp est arrivé au maximum de l’exploitation de la position (point de rupture possible). Lorsque le moteur est lancé ce sera lui qui indiquera également les options importantes qui ont été ratées. Il n’est pas utile dans cette étape d’en faire un roman, mais de poser un de ces signes cabalistiques si vous n’aviez pas eu l’occasion de le faire au cours de la partie. (^^, *, # ou tout autre signe spécial)

Ensuite il faudra aussi repérer les moments où vous vous sentiez mal engagé, s’attarder sur les phases d’échange, sur les moments pendant lesquels vous n’aviez pas d’idée, sur les positions peu claires qui vous ont fait choisir un coup simple plutôt que d’approfondir votre calcul.

Ce seront les moments clefs que vous analyserez en détail ultérieurement.

Enfin, et uniquement pour l’ouverture : vérifier ce qui peut être amélioré ou évité (Moteur d’analyse, database). Plus tard, s’attarder sur le raisons pour lesquelles vous n’avez pas joué le meilleur coups pendant cette ouverture.

Au cours d’un tournoi, il n’est pas utile d’en faire plus afin de garder confiance. En tout état de cause, afin de ne pas se dévaloriser : ne jamais se dire « Quel idiot de ne pas avoir vu ça !  » ou « La honte, avoir été battu par un joueur avec 200 elo de moins que moi !« , mais « Il a fait chaud dans la salle » ou « J’avais soif, je devrais prévoir une autre bouteille d’eau« .

Le moteur d’analyse a été utilisé uniquement pur vérifier les quelques premiers coups de l’ouverture.

Etape 3 : plusieurs jours plus tard.

« Un bon processus de réflexion qui abouti à un mauvais coup est pire qu’un bon processus de réflexion qui abouti à un mauvais coup !  »

Noël Studer

Avoir écrit les idées qui viennent à l’esprit juste après la partie sont essentiels.

Bien sûr l’aide d’un joueur plus fort que vous est la meilleur solution, mais sinon, c’est le moteur d’analyse qui sera la référence. D’autant plus qu’il est quasiment impossible (avec des journées de 24 heures) de revoir la partie, coup après coup, en y consacrant autant de temps que la partie elle-même. L’analyse de Stockfish permet de recaler l’évaluation qu’on ressent lors des moments critiques (je pense qu’il est utile de donner une évaluation sur chacune de ces positions ), puis de la comparer plus tard avec l’analyse d’un moteur (chaque moteur aura sa propre évaluation, il faudra donc se fier au même moteur à chaque fois).

La situation s’est décantée, vous pouvez aborder votre partie avec un œil nouveau. Il s’agit désormais, calmement et en prenant votre temps, de la revoir en envisageant les options que vous n’aviez pas développées (variantes et sous-variantes), ou de comprendre comment vous auriez pu éviter la perte d’une pièce ou le contrôle d’une case (colonne, diagonale).

Lorsqu’une position semble peu claire, il est utile de faire appel à une base de donnée et de rechercher des positions similaires jouées par des forts joueurs afin d’observer leurs décisions. Mais le plus important est malgré tout de comprendre pourquoi on est dans l’erreur. Si le calcul peut en être à l’origine, il est aussi possible que notre état d’esprit nous amène à prendre de mauvaises décisions. On pense être en retard ? on attaque à fond en prenant des risques. On pense être en avance ? On se relâche et l’adversaire reprend le dessus. Partie après partie, il est alors possible de dégager quelques défauts principaux.

Et enfin… : Stockfish, Komodo, Lc0 !! Lâchez la cavalerie. Régler la détection des erreurs en fonction de vos objectifs (à mon avis, un seuil de 0.66 à 0.75 points est probablement suffisant à petit niveau, 1 point si vous débutez). Surtout pour les débutants, si une erreur est dépistée tous les 4 à 5 coups, il faut sérieusement penser à revoir le processus de réflexion et travailler la tactique. Ou régler le seuil d’erreur sur une valeur un peu plus haute ! Inversement, si le moteur d’analyse ne détecte rien… affinez les options.

Etape 4 : le bilan.

Il est temps de se poser des questions. Avez-vous correctement évalué la position ? Aviez vous choisi un bon plan? ? Combien d’erreurs tactiques ? (pièce perdue ou tactique ratée, partie qui se prolonge alors qu’un mat en 3 coups était jouable). Il très important de verbaliser cette étape, de l’écrire.

Pour chaque partie, noter trois choses que vous avez apprises. Par exemple :

  1. Pour cette ouverture, l’échange des fous n’est pas à craindre.
  2. Dans des situations tactiques, ou désespérées, toujours regarder s’il est possible de mettre le roi adverse en échec.
  3. Dans une finale complexe R+P, il est parfois utile de bloquer un ilot de pions avant de déplacer son roi.

Repérez les failles dans votre processus de réflexion, diagnostiquez les tactiques ratées, les moments de la partie pendant lesquels vous avez été faibles (ouverture, milieu de jeu, finale). Puis, lorsque les parties de votre tournoi ont été analysées, ajustez votre programme d’entrainement en conséquence.

Il est utile de soumettre votre analyse finale à un joueur (au moins de votre niveau) afin de limiter des biais (récursivité). Par exemple : s’autoflageller pour ne pas avoir trouvé un mat en 5 coups (avec des variantes et sous-variantes compliquées), alors qu’un mat en 7 était possible avec une suite forcée plus simple. Les forums permettent de publier ces analyses, si tant est que quelqu’un y prête un œil attentif et bienveillant. C’est une arme à double tranchant.

Comme on peut le voir, une analyse sérieuse prend du temps. Pour un tournoi, c’est une bonne semaine de travail en perspective. Hors tournoi, vos parties longues en ligne (au moins des 30 minutes) méritent cet effort. Dans une moindre mesure, les parties plus rapides ne doivent pas être négligées.

Certes cette activité est chronophage, mais c’est pour cette raison qu’il y a si peu de Grand maitres !!

Stejpan nous développe tout ça sur Hanging Pawns : « How to detect and correct your middlegame mistakes » et « How to analyse chess games« 

Etape 5 : et après ?

Le gain, si gain il y a, est probablement sur le long terme. Dans la mesure où l’intérêt est finalement de se corriger, cela nécessite d’accorder son programme d’entrainement à ces analyses. En comptabilisant les types d’erreurs (tactique – offensive ou défensive, soucis visualisation, stratégie, finale – de tours, de pions -, ouverture – avec les blancs, les noirs -) on peut ainsi porter ses efforts sur les points faibles. De façon encore plus simple : trouver la dernière erreur qui vous fait perdre une partie. Faites-le sur au moins 10 parties et regardez ce qui s’en dégage.

Vous aussi vous analysez ? Dans quelle mesure cela vous a-t-il aidé à progresser ?

Le blog de Noël Studer


Grand-maitre suisse (2579 elo) depuis 2017. Son blog commencé en mars 2021 regorge déjà de bonnes idées. Pas de commentaires fastidieux sur ses parties (gagnées ou perdues), pas de variante ennuyeuse pour montrer pourquoi il faut avoir des pièces actives ou comment exploiter une colonne. Il nous fait partager ses idées de GM, et c’est déjà bien.

Mieux : Noël ne semble pas vouloir nous vendre quoi que ce soit !

Chaines vidéo


J’en ai référencé quelques unes, là, à gauche de l’écran. Certaines sont désormais inactives, d’autres sont à parution aléatoire, et certaines sont actives. Attention : je ne dis pas que ce sont les meilleures, mais celles que j’aime bien ! Il faut hélas reconnaitre que la qualité (et pas seulement sur le plan échiquéen…) n’est pas toujours au rendez-vous en langue francophone. Pour celles qui sont dans une langue étrangère, vous pouvez activer l’option de sous-titrage ou pourquoi pas l’option de traduction (malgré sa traduction approximative : remplacer château par roque et évêque par fou !!!). Si Youtube est le gros fournisseur en la matière, Twitch est également une source exploitable.

J’ai une tendance naturelle à mettre de côté certaines chaines qui de façon moderne, présente le jeu d’échecs à la manière d’une e-competition, avec incrustations et diction (pour faire djeûn’s ?) parfois fatigantes.

Parmi celles que je consulte régulièrement (dans le désordre) :

La chaine vidéo du St Louis Club est le gros morceau de sa catégorie. Avec des conférences parfois animées par des pointures (comme Yasser Seirawan pour ne citer que lui), tant américaines que venues des pays de l’Est, la qualité est probablement au rendez-vous. A vous de faire le tri. Ne ratez pas les cours de Ben Finegold, hauts en couleur.

La chaine Iminéo est un peu la même chose, mais en français. Certaines sont un peu datées, mais dignes d’intérêt malgré tout.

Sinon, j’ai un petit faible pour Hanging Pawns dans laquelle son auteur nous fait partager les connaissances qu’il acquiert dans son parcours échiquéen. Pas mal d’ouvertures, diverses parties, quelques vidéos purement pédagogiques. Dans un anglais scolaire compréhensible.

L’incontournable Blistzstream, secondé par des joueurs de haut niveau. Un monde à part ! A vous de dénicher les vidéos plus particulièrement destinées à votre niveau. J’aime bien les formats « une ouverture en 30 minutes ».

Daniel Mallais (Hub City Chess), du New Brünswick (allez voir sur Google pour savoir où c’est… pas très loin de la Gaspésie !) : une autre façon d’aborder le monde des échecs, en toute simplicité.

Chesstrainer 2000 : avec quelques bonnes idées pour, notamment, se créer un répertoire d’ouverture selon les niveaux.

Chessmi : conseils divers et commentaires de parties live. S’attache souvent à décortiquer des processus d’apprentissage ou d’exploitation des outils informatiques.

Sylvain Ravot (qu’on ne présente plus ?) : avec le mérite d’avoir un parcours pédagogique échiquéen dans la vraie vie. Largement associé aux Masterclass de la FFE.

Ceci dit : si j’avais un conseil à donner, même si c’est une vidéo, ne restez pas passif devant celle-ci. Sortez l’échiquier, prenez des notes, entrez des coups dans votre logiciel, peu importe, mais gardez une trace de cette activité souvent enrichissante.

N’hésitez à nous faire partager votre chaine préférée !

 

C’est comment qu’on fait quoi ?


« J’ai le marteau, mais je n’ai pas un putain de clou ! »

Pour mieux jouer, l’acquisition de connaissances est utile. Les règles, les principes, la stratégie, les schémas tactiques… comment rester zen, bien dormir avant un tournoi, gérer la pendule. A la limite, c’est facile. Le problème est que devant l’échiquier, l’application devient compliquée. Bref, comment on fait ?

Un bon instructeur est un élément indispensable. Mais souvent, il s’agit de cours plus ou moins magistraux, au sein d’un club, avec plusieurs élèves. On y acquiert, à mon avis, plus de connaissances que de compétences. Il y a aussi les cours particuliers quand on peut s’offrir un coach. Mais en cette période de distanciation sociale, les coaches sont rares (oui, oui, le distanciel existe, mais pas aussi convivial que votre prof’ qui est assis en face de vous !) Reste alors la solution du livre qui apporte les bons conseils. Et là… franchement… il n’y en a pas des masses. Mis à part les ouvrages purement techniques : les ouvertures, les finales, les recueils de tactique. Mais qui ne servent qu’à acquérir des connaissances. Mais sinon…

Choisissez sur Variante ou Amazon : comment choisir son coup, calculez comme un grand maitre, progresser avec […] (mettez ici le nom de votre joueur préféré). Il s’avère qu’après en avoir parcouru quelques uns en diagonale, j’ai constaté que la plupart de ces livres vous disent : «  Il faut faire ceci, et attention à cela, et réfléchir ainsi. Regardez comment Machin – elo 2675 – exploite tout ça » L’auteur nous décortique alors une partie, souvent une des siennes, pour montrer l’importance de ses recommandations (Ah oui, contrôler une colonne avec ses tours !!!). Et le livre continue ainsi : quelques conseils généraux, quelques parties pour illustrer les conseils. Dans le meilleur des cas, l’auteur nous gratifie de quelques exercices. On referme le livre et on passe au suivant.

Les plus grands auteurs/joueurs font pareil : Dorfman, Yusupov, Dvorestky, Soltis, Aagaard, Nunn et les autres. Le soucis, à mes yeux, est que lorsque le livre est refermé, on en est au même point. Oui, bon… Silman, évidemment, la bible à en croire certains joueurs serait un must. Les déséquilibres, tout ça quoi ! Certes, leurs bons conseils se sont infiltrés dans une partie de notre cerveau. Certes, on utilise les outils tactiques de Lichess, certes on repère les faiblesses de l’adversaire avec pourquoi pas un beau pion arriéré. Mais au bout du compte… les résultats sont mitigés. Un fou se retrouve toujours enfermé (oui, je sais… le bon et le mauvais fou…), on a aucune case forte pour installer un cavalier sur la sixième rangée, le roque adverse n’a aucune faiblesse. Pire : même en ayant mis un post-it Echec-Capture-Menace à coté de l’échiquier, l’adversaire étouffe notre position au bout du 9ème coup alors que depuis 8 coups on tente désespérément d’appliquer les grands principes des ouvertures en réfléchissant sur au moins 1.5 coups.

On repère alors « Chess for Zebras« , « Move first, think later« , « Pump up your rating » ou « Improve your chess now » pour ne citer qu’eux. Faut déjà être à l’aise avec l’anglais. Mais on y trouve pas mal de conseils utiles et probablement déclencheurs d’une progression chez certains. Bien sûr, notre ami Dan Heisman nous éclaire toujours de ses lumières dans son Guide du joueur qui progresse « A Guide for chess Improvement » évoqué de multiples fois sur ce blog. Mais même l’identification des 10 blocages qui nous empêchent d’évoluer semble ne rien débloquer du tout. Et pour reprendre/paraphraser Jonathan Rawson : la plupart de tous ces livres nous disent que ça y est, avec celui-ci vous allez découvrir le nirvana grâce aux conseils que personne n’a encore eut l’idée de vous donner jusqu’à présent. Et comme votre adversaire ne les connait pas, vous allez donc gagner. Hélas votre adversaire a probablement lu aussi le même livre, vous partez à la recherche d’un autre bouquin.

Ne me dites pas que cela ne vous est jamais arrivé en lisant des avis ou la quatrième de couverture : « Wouah, si avec celui-là, je prends pas 100 elo dans les 6 mois, je me mets aux dominos ! » Bon, vous ne vous mettez pas aux dominos, mais 6 mois plus tard, vous stagnez toujours.

Alors, on répète les exercices tactiques, on analyse ses parties, on établit des programmes d’entrainement. On tient à jour le recueil de nos erreurs au cours des parties. Et on cherche d’autres bouquins. On traine sur des chaines YouTube qui montrent beaucoup de choses intéressantes. On tente Chessable. Mais au bout de trois mois avec la tête dans le guidon, le premier adversaire (non tricheur !) sur Internet avec une cote inférieure de 100 points à la votre vous explose au bout de 20 coups. Ou le jeune ado classé 1210 elo semble être d’une rare précision dans un open, vous achevant dans une finale épuisante.

Reste donc à trouver le bouquin qui nous emmène vers le bon mode de réflexion afin de pouvoir décider du coup à jouer grâce à un calcul efficace. Le bouquin qui nous prépare à mieux penser, qui nous accompagne jour après jour afin de repérer la bonne pièce à déplacer sur la bonne case. Et là… j’avoue que c’est un peu le désert.

Choisir un bon coup


Un débutant commencera par choisir ses coups en fonction de critères un peu « loufoques », mais avec le mérite d’avoir malgré tout des critères de décision : long déplacement du fou (parce que cela fait joli !), horde de pions suicidaires, attaques par des cavaliers que le joueur estimera être ennuyeux pour son adversaire (ils le sont bien pour lui). Souvent, la réponse au coup de l’adversaire est rapide, même dans un tournoi à cadence lente. Des concepts imaginaires influencent ses décisions : l’échange des dames est l’un d’entre eux (C’est ma précieuse dame !)

En progressant, le débutant va se rendre compte qu’il ne pourra pas toujours gagner une partie sur les erreurs de son adversaire. Le coup à choisir n’est plus si évident et il découvre la notion de coup candidat (on voit parfois de jeunes joueurs réfléchir 3 secondes, lancer leur main vers un fou, avant de la dévier vers un cavalier, la laisser en suspend, puis revenir enfin vers le fou). Le choix de la pièce à déplacer et de la case à occuper s’effectue sur des critères un peu plus rationnels. Fini le temps où le joueur effectuait des chevauchées suicidaires ou sacrifiait une dame en f7 ou f2 ! Toutefois les menaces ne sont pas toujours estimées à leur juste valeur. Et quand elles le sont, les réponse à ces menaces ne sont hélas pas les meilleures.

Puis arrive le temps de l’amateur éclairé qui évite de laisser ses pièces en prise, qui détecte les fourchettes et les échecs intermédiaires. Un coup est souvent privilégié lors de la réflexion et un second coup candidat est examiné si la première solution n’est pas satisfaisante. Mieux : ce joueur évaluera les conséquences de ses choix. Malheureusement ses calculs ne l’orientent pas toujours vers les réponses adverses les plus dangereuses. Ou il n’y aura un calcul que pour une seule variante.

Enfin, notre joueur confirmé devient un joueur de tournoi. Il apprend à ne pas respecter les grands principes à la lettre, il se fie parfois à son intuition, et les grandes théories stratégiques ne lui sont pas inconnues. La profondeur de ses calculs varie selon les positions : parfois 1 à 2 coups suffisent, alors que parfois il va jusqu’au bout d’une suite forcée.

Avec un peu de chance, le joueur de tournoi commence à atteindre des sommets. L’intuition alliée à l’expérience lui permet de trouver quasi instantanément un bon coup. Les avantages et les inconvénients d’une position sont immédiatement pris en compte. Le calcul est utilisé à bon escient. Un second coup candidat, voire un troisième, est abordé.

d’après « How to choose a good move » de A. Soltis

Bon, faudra m’expliquer comment il peut y avoir un pion noir en d8 !!!