La Méthode Zugzwang (Daniel Muñoz)


« Commet optimiser sa préparation aux échecs »

Contrairement à ce que le titre n’indique pas (ou le contraire), il ne s’agit pas d’une méthode à proprement parler, ni d’un traité de tactique ! Autant dire que le choix du titre est plutôt bizarre.

Daniel est un joueur espagnol classé dans les 2100, collaborant avec Chessbase et entraineur FIDE. Universitaire, détenteur d’un master en Programmation neurolinguistique, ses compétences s’orientent vers la psychologie. Avec la collaboration du GMI Herminio Herráiz, il publie en 2017 : La méthode Zugzwang. Destinée à progresser aux échecs, elle est construite d’après la nature même du jeu et vise à travailler sur vos erreurs (je cite). Bref, tout un programme. Et d’ailleurs, il y en a un à la fin de l’ouvrage ! Ce livre ne s’adresse pas à des joueurs débutants et suppose d’avoir déjà un peu de pratique. Les conseils peuvent toutefois s’appliquer à tous les niveaux, pour peu que le joueur cherche à comprendre pourquoi il stagne malgré son travail.

J’aime bien sa définition de l’erreur (il fallait la trouver !) : Utilisation d’un paradigme utilisant une réflexion obsolète. J’aime aussi sa petite remarque : étudier les échecs ne veut pas dire s’entrainer. Et puis : Comment gagner des points elo ? Déjà en commençant par ne pas en perdre ! (en d’autre termes, quand le bateau coule, il vaut mieux chercher à boucher la voie d’eau que d’écoper)

Après avoir compris comment on utilise toujours les mêmes erreurs avec les mêmes (mauvais) résultats, il devient plus facile de se débarrasser de ses habitudes néfastes afin de rebondir sur un entrainement adapté.

Je ne manquerais pas de revenir sur ses propositions qui m’ont semblé complémentaires des idées de Dan Heisman. Je pense toutefois qu’il conviendrait de lire Heisman en premier dans la mesure où Daniel et Herminio proposent plus de parties commentées qui peuvent ralentir la lecture et qu’ils orientent le joueur vers un plan d’entrainement.

Ce livre est en espagnol, et est traduit en anglais. Il aurait été en tête des ventes des livres de sa catégorie si j’ai bien compris. Toujours est-il qu’il a été commenté que dans des forums et qu’il se fait un peu accroché ailleurs sur la traduction anglaise. Dommage pour quelque chose à 1.74 € en version Kindle. Il y a un blog, aussi en espagnol, mais grâce à Google traduction son accès est facilité. Une chaine YT existe également.

Nous y voilà : 2022


Au vu des saisons virales qui se succèdent et qui se ressemblent presque (on en est déjà à la 4ème ou la 5ème, pire que dans Game of Thrones), je ne sais plus trop si on doit dire « Bonne Année ! » ou « Bonne chance ! »

Quoi qu’il en soit, je souhaite aux 8900 visiteurs de ce blog de trouver la motivation pour continuer à travailler le jeu d’échecs et s’y entrainer dans la joie et la bonne humeur !

Prenez le temps de bien mettre en place un bon processus de réflexion qui vous convienne, de travailler la tactique (mais pas trop pour ne pas saturer).

Attardez vous sur les analyses de vos parties afin de ne pas répéter les mêmes erreurs.

Optimisez votre temps libre afin de rendre votre entrainement efficace.

Quelques bonnes résolutions pour 2022


Bientôt 2022 et il va être temps d’aborder les bonnes résolution de l’année à venir. Peut-être que vous vous êtes dit : « Ça y est, je m’y mets !« . S’il s’agit d’apprendre, je ne peux que vous conseiller d’investir dans la Stappen Method ou les fascicules « Learn Chess the Right Way » de Judit Polgar (en anglais, certes, sinon tentez les 1064 exercices pour progresser aux échecs de Jacques Escaffre) qui vous prendront par la main afin de vous donner les bonnes bases. Mais vous faites peut-être partie de ces joueuses et joueurs ayant dépassé le stade débutant et qui s’interrogent quant à leur manque de progression. Vous trouverez sur ce blog quelques pistes que vous pourrez explorer afin de vous aider. Mais avant de vous y coller 5 à 10 heures par semaine (ce sera probablement le prix à payer), vérifiez que vous pouvez éliminer quelques petites habitudes parasites, qui, sans être de réels blocages à votre progression, risquent de minimiser vos résultats et donc d’altérer votre motivation.

Les mauvaises habitudes

  • Les Blitz : certes, pour passer le temps, c’est bien. Mais la pratique à outrance est probablement responsable d’une limitation de vos aptitudes. Dans ces cadences, ce sont souvent les mêmes schémas qui sont utilisés (par la force de l’habitude) sans qu’ils soient corrigés. Ils ne sont que la réponse à un stimulus visuel. Et votre cerveau ne s’adapte pas aux nouvelles situations, faute de nouvelles connexions entre les neurones. De plus, on ne le répétera jamais assez, la pratique intensive des blitz ne vous permet pas de mettre en place un processus de raisonnement correct. Vous estimez qu’il est bon ? Quelle est la dernière fois où vous avez perdu une pièce en vous disant : « Ah, mince, j’avais pas vu !!« 
  • Ne pas utiliser un échiquier pour jouer et analyser : même s’il n’y rien de démontré, il est facile de penser que quelque chose de concret permet de mieux mémoriser qu’une image qui se déplace sur un écran avec l’aide d’une souris. Travailler les échecs se fait avec un échiquier, un cahier et un stylo.
  • Analyser une partie avec un moteur d’échecs avant de le faire soi-même : c’est humain, et même des joueurs de club ne résistent pas à cette tentation. L’analyse d’une partie (partie à cadence lente, bien sûr… revoyez le premier point) devrait être systématique.
  • Faire des parties d’entrainement avec des joueurs moins forts : le niveau de jeu n’est pas poussé à son maximum quant on joue face à un adversaire moins fort. L’adversaire supérieur va vous montrer vos failles et faiblesses. Pour cette raison, il est possible qu’il soit difficile de trouver un adversaire avec un elo supérieur au votre et qui accepte une partie. Mais lancez des défis sur Lichess ou proposez à un bon joueur de club de vous donner des conseils.
  • Trop travailler la tactique : on perd un peu le sens d’une partie, en devenant spécialisé dans la résolution des problèmes d’échecs. Il faut s’accorder des sessions courtes et/ou des jours de repos.

Les bonnes habitudes

  • Conservez vos parties dans une base de données (afin de les étudier ultérieurement, et aussi afin de vérifier si quelques années plus tard vous auriez fait la même erreur) et gardez une trace de ce que vous étudiez. Le module des études de Lichess vous permet de le faire.
  • Écrivez vos variantes et solutions lors de la résolution d’un exercice tactique : vos idées seront claires et vous visualiserez mieux les variantes. En outre, cela vous permettra de différer l’étude de la solution.
  • Cela découle du point précédent : étudiez attentivement la solution d’un exercice raté en confrontant vos idées avec celles du moteur d’analyse. Vérifiez vos mauvais coups, explorez les solutions que vous avez écartées. Repérez les tactiques que vous ratez le plus souvent et les failles dans le processus de réflexion.
  • Pour les blitz que vous jouez (si, vous pouvez en faire un peu !) : le seul intérêt réside dans le travail des ouvertures. A quel moment avez vous perdu la main ? Avez vous contré efficacement un mauvais coup de l’adversaire ? Exploitez l’explorateur d’ouvertures de Lichess, ou la database de Chessbase afin de corriger ces erreurs. Éventuellement, demandez l’avis de Stockfish si vous avez des doutes.
  • Corrigez vos mauvaises habitudes !

D’après The Zugzwang Method (Daniel Munoz ) et

Top 5 chess Habits (ChessDojo)

Prêts à vous débarrasser de vos mauvaises habitudes et à appliquer de meilleures routines de travail ? Tentez de tenir quelques semaines avant d’établir votre planning d’entrainement.

Joyeux Noël !


Étudier les classiques.


Le précurseur de la pensée échiquéenne moderne fut Wilhelm Steinitz. Jusqu’à la fin du 19ème siècle, la théorie était de lancer de grandes attaques, d’avoir une superbe vision créative et que les combinaisons allaient arriver d’elle même grâce au talent et à de superbes sacrifices. Steinitz pensait que c’était insuffisant et que la nature de la position était tout aussi importante que le génie. Ses conclusions furent qu’un plan était nécessaire et qu’il découlait de l’analyse de la position. Il faut retenir trois éléments principaux des réflexions de Steinitz :

  • L’évaluation matérielle
  • Le développement
  • L’avantage d’espace

Steinitz a mis en avant l’intérêt de posséder la paire de fous. La notion de la majorité de pions sur l’aile dame a aussi été exposée (elle ne procure certes pas un avantage à elle seule, mais elle peut faire pencher la balance du bon côté selon la position). Beaucoup de principes et de conseils stratégiques proviennent de Steinitz. Toutefois, il n’abordait les positions que d’un point de vue statique. L’apprenti joueur d’échecs aura tout intérêt à étudier les parties d’Akiba Rubinstein, probablement le meilleur promoteur de ces idées novatrices.

Vint ensuite l’époque des « hypermodernes ». Autant Steinitz pensait le plus grand bien d’un centre occupé et contrôlé par des pions, autant Richard Reti, Aaron Nimzovitsch et Gyulia Breyer préféraient laisser le centre à l’adversaire pour pouvoir l’attaquer ensuite. De nouvelles ouvertures furent lancées. Nimzovitsch développa les notions de coups prophylactiques et les surprotections. Nimzovitsch fut un opposant farouche à Siegbert Tarrasch, la vielle école. Tarrasch fut souvent battu par Nimzovitsch mais plus en raison de leur grande différence d’age que pour des raisons purement échiquéennes. Certes « Mon système » de Nimzovitsch est un livre intéressant mais il ne faut pas obligatoirement prendre toutes les idées de Nimzovitsch pour parole d’évangile. Souvent opposé à des joueurs moins forts, ses théories furent donc rarement réfutées et ont ainsi trouvée leur justifications.

Dans les affrontements idéologiques de cette époque, José Raúl Capablanca et Alexandre Alekhine eurent une place à part en raison de leur style de jeu et de leur indépendance intellectuelle. Leurs parties sont encore des références. La pureté de leurs idées, pourtant opposées à des joueurs de haut niveau, ne fut pas trop contredite par les plans adverses. Toute leur philosophie du jeu peut ainsi être étudiée de façon relativement simple.

Pistes de lecture :

  • Chess Manuel (Lasker) : exprime l’essentiel des idées de Steinitz. S’attarder sur le chapitre dédié au jeu positionnel.
  • The Middle Game in Chess (Znosko-Borovsky) : analyse les méthodes d’analyse de position à cette époque. Si certaines idées sont encore valables, la plupart de ces notions ne sont plus d’actualité,
  • Traité pratique du jeu d’échecs (Tarrasch)
  • Questions of Modern Chess Theory (Lipnitsky) : écrit en 1956, traduit que récemment en anglais, ce livre est réputé être un tournant dans la pensée échiquéenne selon les experts russes (c’est dire !).
  • Mon système et Pratique de mon système (Nimzovitsch) : livres probablement fondateurs de la pensée hypermoderne, mais qui se doit d’être lu avec un œil critique.
  • Les Maitres de l’Échiquier (Richard Reti)

D’après Studying the chess classics dans : « Secrets of chess training« 

Chapitre écrit par Shereshevsky

Je dois l’admettre : je n’ai lu aucun de ces livres ! Mais on ne peut que suivre les conseils de Sherevhevsky. La piste de lecture est inspirée par les ouvrages cités par l’auteur. Reste que certains ne semblent plus être imprimés depuis longtemps et que d’autres ne le sont probablement qu’en russe…

Si vous en avez lu un, donnez nous votre avis !