Et si nous faisions un peu d’exercice ?


Jouer, lire un bon bouquin, et résoudre son petit problème tactique quotidien ne suffisent pas toujours. Quels sont les exercices qui permettent de se forger, de renforcer nos compétences ? J’en liste quelques-uns ci-dessous, déjà évoqués au fil du temps sur ce blog. Tous ces exercices ont des avantages certains mais l’aspect chronophage les rend rébarbatifs et les effets tardifs ne nous incitent pas à les pratiquer. Leur usage régulier sur plusieurs mois devrait toutefois permettre une certaine progression (à défaut d’une progression certaine !). On peut préférer l’enchainement de parties rapides sur Lichess, à chacun ses gouts.

Méthode Woodpecker, méthode de la Maza : revoir quasi inlassablement une même série d’exercices tactiques (100 à 1000 !) de plus en plus difficiles, en allant de plus en plus vite. Popularisé par de la Maza, développé plus tard par Tikkanen et Axel Smith, ces exercices doivent profiter aux débutants à mon avis, mais pas que… Tikkanen s’en est servi pour le championnat de Suède. Cela nécessite d’avoir un stock de problèmes facilement accessibles, de complexité croissante. CT-Art, sans leur faire de publicité, est intéressant. Lucaschess a également un module de répétition d’exercices tactiques.

La méthode Stoyko : on se pose devant une position (pas nécessairement un exercice tactique) et on y réfléchit pendant au moin30 à 60 mn, en notant toutes les variantes et options possibles. Renforce l’esprit d’analyse, la visualisation aussi probablement. Une fois par jour est suffisant à mon avis ! Les premières fois, on craque au bout de 5 minutes. Important : évaluer la variante à la fin de l’analyse (+/-, +/=, etc.)

Les évaluations de Stjepan Tomic : à partir de 100 positions, on recherche le coup à jouer en 30 seconde sur celles-ci, puis en 3 minutes, puis en 10 minutes. Et on compare avec les résultats d’un moteur d’analyse. On s’attribue des notes. C’est en effet plus une évaluation que des exercices, mais réfléchir 3 fois de suite sur une même position a vraisemblablement des effets positifs.

La  méthode Dvorestky : résoudre 5 exercices en 15 minutes, avec une pénalité de temps de 5 minutes en cas d’échecs, forçant ainsi à faire un équilibre entre intuition et analyse. 15 minutes par jour suffisent ! Lev Alburt propose une petite variante : 4 exercices en 20 minutes, et on soustrait 8 minutes par erreur. Cela autorise deux erreurs. Cette méthode est un bon équilibre entre analyse et intuition. Cela se rapproche des conditions réelles de tournoi dans lesquelles nous n’avons pas toujours le temps suffisant de réfléchir ! A chacun d’adapter le nombre de problèmes, la durée totale et la pénalité de temps selon son niveau et ses objectifs.

Entrainement au chaos : afin de s’habituer aux positions peu orthodoxes qu’on risque de rencontrer au cours d’une partie, et qui n’aura rien à voir avec les belles positions de fin d’ouverture telles qu’on les voit dans les livres. Positionnez toute ou partie de vos pièces sur l’échiquier. Puis de façon aléatoire, bougez quelques pièces un peu au hasard. Vérifiez si un roi est en échec ; dans ce cas, déplacez le d’autant de cases pour qu’il ne le soit plus. Et travaillez cette position (méthode Stoyko par exemple). Possibilité de récupérer des parties de petit niveau sur Lichess aussi, pourquoi pas !

Entrainement à la visualisation : lire une partie, et poser les pièces de 5 en 5 coups. Trop dur ? Descendre à tous les 3 coups. Et pourquoi pas faire à la longue une partie entière ?

Il y en a pour tous les gouts, et chacun peut adapter ces idées en fonction de son temps disponible et de son but.

Citons également les exercices sur Fritz (le 11, le mien ! car je ne sais pas si cela est encore proposé sur le 17) :  cliquer sur toutes les pièces en prise, ou sur les pièces non défendues, ou sur les pièces en mesure de porter un échec. Résoudre un maximum de positions en un temps donné et paramétrable. Pas si évident que ça (ben oui, la tour, juste avant le roque n’est pas toujours protégée ! Et la dame n’est pas invincible.)

Des modules sur Lucaschess offrent pas mal d’exercices aussi. Et avec un peu de patience on peut y incorporer les positions délicates de nos parties à nous. SCID vs PC également je crois.

Reste que tous ces exercices s’adressent essentiellement au milieu de partie. La stratégie, les finales et les ouvertures sont les parents pauvres. N’hésitez pas à nous faire partager vos exercices favoris !

 

 

 

Chessbase


Igor Nataf nous en parle longuement (plus de 2 heures !) dans cette vidéo. Les possesseurs des versions plus anciennes (mais pas trop quand même j’imagine) y trouveront certainement un intérêt pour exploiter cette usine à gaz.

A quoi sert Chessbase ?

C’est une base de données adaptée aux échecs.

Base de données (en anglais database) : permet de stocker et de retrouver des données brutes ou de l’information, souvent en rapport avec un thème ou une activité ; celles-ci peuvent être de natures différentes et plus ou moins reliées.

Classer et/ou retrouver les parties par joueur, par résultat, par ouverture, par thème tactique, par finale, par année, par elo. Établir vos statistiques selon les ouvertures, vos couleurs. Comparer des positions, les analyser. Archiver vos erreurs tactiques. Bref, les combinaisons semblent infinies. 

A noter que Chessbase donne également accès à leur live database (8 millions de parties).

Vous avez des alternatives gratuites (SCID par exemple), presque aussi puissantes, mais parfois un peu moins ergonomiques, et avec moins de support à mon avis. Il est probable que pour des joueurs amateurs les versions gratuites peuvent suffire. Mais rien ne vous interdit de vous faire plaisir pour Noël. Comme le précise Igor Nataf, Chessbase offre -25 % plusieurs fois par an. Guettez cette occasion, sachant que le premier prix est actuellement à 119 €.

Fritz 17 permet de jouer (Chessbase utilise certes des moteurs d’analyse, mais comme leur nom l’indique : c’est uniquement pour de l’analyse !) et comprend aussi une gestion des parties, toutefois moins puissantes. Il n’y a qu’une quarantaine d’euros de différence. Mais encore une fois, les logiciels libres font souvent l’affaire. A vous de voir.

 

Finales


Travailler la tactique c’est bien, mais travailler aussi les finales, c’est mieux !

Lire les bases, et progressivement s’entrainer contre un ordi. Créer une position, évaluer la position (confirmer qu a l’avantage ou pas ensuite) et déterminer comment cela devrait finir, et jouer. L’ordinateur ne se trompera pas s’il doit gagner. A vous d’annuler une position « annulante » ou de gagner une position gagnante.

Tentez les modules d’entrainement aux finales de Lucaschess

Mais aussi en ligne :

Chess Endgame Training

 

 

Qu’est-ce que je peux faire ?


Il faut bien avouer que malgré l’existence et la formalisation des processus de réflexion, il y a parfois des positions dans lesquelles on ne sait pas trop quoi jouer !
Soit on n’a pas la moindre connaissance tactique et stratégique pour trouver le début d’une piste. Soit, malgré ces connaissances, on reste un peu indécis.
La tactique qui est la science de la sécurité des pièces, permet d’obtenir des déséquilibres. La stratégie, usuellement sur quelques coups, repose sur ces déséquilibres : la paire de fou, la sécurité du roi, un pion arriéré, un avantage matériel, une supériorité matériel sur une aile, tout ça. Il s’agit alors d’exploiter ses forces et les faiblesses de son adversaire.
Ne pas savoir quoi jouer peut signifier être en face d’une position compliquée sur laquelle il est nécessaire de passer un certain temps pour trouver un bon coup. Ou la position est très symétrique, le seul avantage étant le fait que ce soit à vous de jouer.
 
Michael Rhode (GMI) nous dit que
Pendant une partie d’échecs de quarante coups, un grand maître ne sait pas quoi faire sur environ cinq coups, un maître FIDE environ huit coups, un maître FIDE environ dix, et un  maître international une quinzaine de fois. C’est un très grand avantage pour le GM.
 
(sous entendu : ce sont des positions sur lesquelles ces joueurs devront réfléchir, alors que sur le reste de la partie ils se contenteront de vérifier que le coup évident à leur disposition n’est pas une erreur )
 
Mème si nous avons une idée du coup à jouer, la décision est parfois difficile à prendre. Certaines position nous évoquent un schéma tactique, sans que nous sachions exactement dans quel ordre il faut jouer la succession de coup. Ou dans une position tendue, le choix du meilleur coup est complexe si on ne veut pas perdre l’avantage.
 

Jeremy Silman (elo 2383, et probablement supérieur lorsqu’il a écrit ce qui suit, sachant que son elo n’a pas bougé depuis 2003 ! ) nous précise que :

Si je n’avais que vingt secondes pour réfléchir dans un jeu de quarante coups en deux heures, au lieu de trois minutes en moyenne, ma force de jeu ne tomberait qu’à environ 2300 elo. Je trouverais toujours un plan raisonnable et je ne manquerais aucune tactique facile. Cependant, ce sont ces trois à cinq coups par jeu où je prends le temps de trouver une bien meilleure idée, qui fait de moi moi un joueur de 2500 quand je joue lentement.

Le corollaire est que le joueur débutant, même s’il a une bonne idée, doit vérifier d’autres possibilités et prendre le temps de vérifier ses hypothèses.

(à noter que si les premières éditions de Comment murir son style s’adressait plutôt à des joueurs au delà de 1700 elo, des joueurs qui tendent vers les 1600 trouveront un intérêt certain à lire la 4ème édition.)

De la Maza s’exprime ici :

Quelqu’un m’a suggéré de lire « Comment murir son style », donc je l’ai fait. J’ai été encouragé par le fait que j’ai appris beaucoup d’informations utiles que je n’avais pas comprises auparavant. Dans une partie qui a suivi, j’ai passé trente minutes à essayer de trouver comment opposer un bon cavalier à un mauvais fou… et puis j’ai perdu mon cavalier sur un coup tactique !

Il faut retenir qu’il est plus important de jouer un coup sûr que de savoir quoi jouer. En d’autres termes : ne rien planifier si vous ne pouvez pas assurer la  sécurité de vos pièces ! Donc, à petit niveau : tactique, tactique et tactique (les schémas de  mat en font partie).

Si tout est ok d’un point de vue tactique (pas de menace à parer, pas de pièces adverses à capturer, etc.), il est alors temps de penser stratégie. Avant d’entrer dans des considérations théoriques, il suffit de retenir que la stratégie constitue simplement d’assurer l’activité de ses pièces tout en restreignant celle de l’adversaire. Accessoirement, il est utile de comprendre les structures de pion.

Pour développer votre sens de la stratégie, il est plus utile de lire les parties commentées des grands joueurs, que de lire un livre de stratégie en particulier. Tout comme travailler quelques exercices tactiques de temps en temps ne suffit pas à développer votre sens tactique, il ne suffit pas de lire quelques parties commentées de temps en temps pour saisir le sens stratégique d’une partie. Au bout de quelques dizaines à quelques centaines, vous aurez une petite lumière qui commencera à s’allumer. Et vous serez de moins en moins en panne d’idée (comptez plutôt plusieurs centaines à plusieurs milliers de parties commentées réparties sur plusieurs années si on en croit Dan).

De façon concrète :

  1. Lire la théorie de Steinitz.
  2. Avoir de bonnes bases sur la planification et la stratégie : aborder Comment murir son style après avoir étudié des livres plus simples (souvent ceux destinés aux enfants ! si , si )
  3. Ne pas sous-estimer la force des pions leviers.
  4. Ne pas s’affoler : face à un coup inattendu qui vous met dans l’embarras, et avant de se dire que la partie est perdue, levez-vous, buvez un verre d’eau et regardez de nouveau la position. Si malgré tout votre adversaire vous domine dans plusieurs secteurs de l’échiquier et qu’il possède un avantage matériel, votre partie est perdue de toute façon, et il est trop tard pour redresser la barre. Il fallait y penser avant !!! Dans ce cas, il est logique que vous ne sachiez pas quoi faire.
  5. Ne rien donner en échange de rien : même si vous ne savez pas quoi faire d’un avantage, ou n’en comprenez pas l’intérêt, ne l’abandonnez surtout pas, car votre adversaire le sait peut-être. Avantage positionnel, matériel (la paire de fous), gain de tempo, etc.
  6. Ne créez pas de faiblesse inutilement (ou contentez-vous de déplacer votre roi derrière son roque ! ) Mais parfois il est utile, par exemple, d’abandonner le contrôle d’une case pour en obtenir une meilleure ailleurs.
  7. Trouvez votre pièce la moins active et rendez là plus active (et le contraire pour votre adversaire) : ouvrez vos lignes pour vos pièces et fermez-les pour votre adversaire.
  8. Placez vos tours sur des colonnes ouvertes : ou semi-ouvertes, ou derrière un pion levier, ou en face de la dame adverse.
  9. Prenez le temps de regarder tout l’échiquier : vous ne pouvez pas jouer le coup que vous ne voyez pas.
  10. Jouez agressivement : cela ne peut déboucher que sur des menaces, un gain d’activité et des idées de jeu. Inversement un jeu passif réduira les possibilités de vos pièces, limitera vos options et augmentera le risque  d’être face à des menaces constantes.
  11. Développer ses aptitudes analytiques : se servir de son instinct et de principes généraux ne suffisent pas.
  12. Apprenez de vos erreurs : soumettez vos parties à des joueurs expérimentés qui vous corrigeront.

Comment jouez vous ?


Vous reconnaissez vous dans une (ou plusieurs) de ces catégories ?

Catégorie 1

Vous avez tendance à jouer rapidement, à l’instinct. Au fur et à mesure que vous progressez, vous vous arrêtez ponctuellement sur des positions plus difficiles afin d’y réfléchir un peu plus. Toutefois, en général, vous avancez vos pièces sans jamais vous poser la moindre question. Les notions d’échec-capture-menace, bien que probablement connues, ne sont pas exploitées du tout. Le but des coups adverses ne vous intéresse pas non plus. Quand on vous capture une pièce, la recapture n’est pas une évidence. Les conséquences de vos coups ne sont pas votre première préoccupation. Vous ne systématisez pas l’examen de l’échiquier. En quelque sorte vous jouez la première pièce qui se présente sous vos doigts. Vous êtes clairement un débutant, vous jouez depuis quelques semaines à quelques mois, avec un elo avoisinant les 800 à 1000.

Catégorie 2

Si la main se promène encore aléatoirement au dessus de l’échiquier, il existe malgré tout un peu d’analyse, encore que les conséquences de celle-ci n’aboutissent pas toujours sur la bonne décision. La hiérarchie échec-capture-menace n’est pas assimilée. Vous avez compris quelques mécanismes, vous avez peut-être suivi des cours ou les conseils d’un joueur expérimenté. Elo approximatif : 1000-1200

Catégorie 3

Vous prenez plus de temps pour trouver un bon coup. Toutefois l’analyse n’est pas systématique, ou elle aboutit à une décision illogique. La conséquence du coup choisi n’est pas évaluée à sa juste valeur. Vous avez fréquemment des surprises lorsque votre adversaire joue un bon coup. Vous espérez encore que votre adversaire ne va pas voir votre piège. Vous vous dites en déplaçant votre pièce : « Je pense que mon coup est bon« . Même si vous avez des notions de stratégie, vous n’évaluez pas les positions que vous rencontrez, et vous n’êtes pas toujours en mesure de dire qui a l’avantage ou pas. La tactique ne vous est pas inconnue, vous avez en tête des noms d’ouverture ou de grands joueurs (anciens ou contemporains), vous avez tenté un tournoi. Elo estimé de 1200 à 1500

Catégorie 4

Bien sûr vous vous donnez les moyens de trouver un bon coup, et votre analyse ne s’arrête pas à la moindre difficulté. Les échanges complexes ne sont pas maitrisés et vous passez à côté de suites forcées. Comme l’analyse va plus loin, les erreurs de visualisation sont fréquentes (laissant des pièces en prise, ou négligeant une suite forcée). Vous être malgré tout du niveau d’un joueur de club avec un elo de 1400 à 1600, environ.

Catégorie 5

Vous réfléchissez enfin avec la prise en compte du coup adverse, vous analysez deux coups candidats, vous vérifiez la sécurité de votre coup. Les priorités échec-capture-menace sont acquises. Il est possible que votre progression ait été probablement plus rapide que l’acquisition de connaissances et il vous manque encore des notions essentielles pour avoir une bonne vue d’ensemble. Vous ne savez pas s’il faut se contenter de suivre un principe général ou lancer l’analyse d’une position. Éventuellement vous passez trop de temps à chercher la menace de votre adversaire. Vos coups ont un sens. votre niveau est déjà bon et avoisine peut-être les 1800-1900.

 

Catégorie 6

Le temps de la main qui se promène aléatoirement au dessus de l’échiquier est révolu. Les principes acquis dans la catégorie 5 sont encore plus forts. Non seulement vous calculez bien, mais vous savez quoi calculer en fonction de votre temps. Vous êtes efficace. Les intentions de l’adversaire sont souvent anticipées. Bref, vous êtes aux portes de la maitrise et vous n’êtes probablement pas loin des 2000 elo.

Vous vous reconnaissez ? Et maintenant ? Quels points aborder pour passer dans une catégorie supérieure ?

Catégorie 1 à catégorie 2

  • S’habituer à bien considérer chaque coup adverse. Que se passe-t-il si mon adversaire peut rejouer une deuxième fois ? Négliger une seule fois une seule menace risque de faire perdre la partie.
  • Envisager les réponses dangereuses de mon adversaire au coup que j’ai choisi et regarder si je peux les contrer.
  • Repérer parmi les coups possibles : les échecs, les captures, les menaces.
  • Prendre son temps dans les positions difficiles.
  • Résoudre des exercices tactiques simples.
  • Evaluer la position issue d’une suite de coups sans se dire « je verrais bien ce qui va se passer. »
  • Travailler la visualisation.

Beaucoup de choses à travailler mais c’est un passage obligé pour construire les étapes supérieures. Si déjà vous repérez une de vos pièce non protégée que l’adversaire peut capturer, et que vous repérez aussi celles de l’adversaire que vous pouvez capturer en 1 coup, ce sera déjà bien.  Probablement se familiariser encore plus avec les déplacements et les mouvements de capture. Travailler des mats élémentaires pour se familiariser avec le but d’une partie d’échecs : mettre  le roi adverse échec et mat !

Idées de lectures :

Catégorie 2 vers catégorie 3

  • La notion de coup candidat devra être développée.
  • La sécurité des pièces devra être renforcée.
  • les variantes forcées devront être privilégiées.
  • Exploiter son temps dans une partie pour appliquer les points précédents.

Catégorie 3 vers catégorie 4

  • Ne plus réfléchir en fonction des réponses possibles mais en fonction des réponses raisonnables.
  • En tant que coup candidat, ne pas éliminer une capture qui ne fasse pas gagner de matériel : bien évaluer toutes les conséquences possibles et le fait que cela puisse donner l’initiative.
  • Toujours se demander si le coup choisi ne peut pas être contré par une tactique de l’adversaire.
  • Toujours évaluer les menaces adverses avant de lister les coups candidats. Ne pas y passer trop de temps, mais ne pas se limiter à une seule menace.
  • Profiter des exercices tactiques pour évaluer les positions.

Catégorie 4 vers catégorie 5

  • Envisager un maximum de suites forcées, tant pour soi-même que pour l’adversaire.
  • S’assurer que l’analyse a été poussée jusqu’à un équilibre.
  • Continuer les exercices tactiques. Même au delà de 1500-1600 elo, c’est indispensable.
  • S’appliquer à bien respecter toutes les étapes du processus de réflexion.
  • Comprendre le sens des coups. Exemple : si je perds je joue agressivement et j’évite les échanges, et si je gagne je simplifie la situation.

Catégorie 5 vers catégorie 6

  • Il faut améliorer l’enchainement des idées et la cohérence.
  • La prudence s’impose quand un bon coup semble se profiler. L’excitation du combat peut faire oublier les acquis précédents. Même une variante forcée gagnante doit être vérifiée attentivement. Il est plus facile de passer d’une position gagnante vers une position perdante que d’aboutir à une nulle !
  • Bien voir que l’adversaire va aussi appliquer ces raisonnements ! Lorsqu’on conclue son analyse sur un coup candidat, s’assurer que celui-ci ne va pas être facilement contré.

Catégorie 6 vers le niveau supérieur.

  • L’expert cherche a résoudre le problème, le maitre évite le problème !
  • Ne pas se focaliser sur un seul plan et un seul coup.
  • Après avoir réfléchi sur quelques coups candidats et après en avoir choisir un, bien réfléchir encore une fois sur celui-ci.

Oui, mais après ?

L’essentiel est acquis. C’est l’analyse et l’expérience (la mémoire) qui s’expriment, puis progressivement la mémoire.

Il est d’usage de dire qu’au cours d’une partie un Maitre International se trouve confronté à une quinzaine de coups sur lesquels il est réellement obligé de réfléchir avec une certaine acuité (les autres coups étant déjà vus sur d’autres positions dans des parties antérieures), tandis que cela se limite à 5 pour un GMI.

Les grands joueurs sont aussi des humains, et font aussi des grosses erreurs. Raison de plus pour qu’un joueur de niveau inférieur consolide bien son choix de coup candidat !

Au fur et à mesure que le niveau augmente et à partir d’environ 2000 elo, le joueur sait de plus en plus précisément ce qu’il faut analyser.

La connaissance théorique des ouvertures et les évaluations de position ont une grande importance.

Évidemment, l’analyse au cours d’une partie fait que les joueurs de haut niveau se retrouvent parfois en retard sur la pendule.

L’étude des parties annotées des grands maitre est essentielle pour progresser, afin d’avoir leurs idées sur le jugement et le plan.

Il est plus facile de passer de 1100 elo à 1200 elo que de passer de 2100 elo à 2200 elo !

D’après « The improving chess thinker » (Le penseur d’échecs qui s’améliore…) de Dan Heisman, qui a proposé différentes positions à différents joueurs de niveau différents.

On constate que si le travail théorique est certainement essentiel, Dan explique bien le rôle des processus de réflexion, et qu’il semble plus importent de bien réfléchir que d’acquérir des tonnes de connaissances, illusoires parfois. Pas d’idée de lectures pour franchir le cap de la catégorie 5, ayant déjà un peu de mal moi-même à atteindre la catégorie 4 !!

 

Partie commentée < 1000 Lichess


Les échecs réalistes (Dan Heisman)


Dan Heisman avait été étonné du superbe résultat d’un de ses élèves (classé 1100, et performance à 1900 !!). Etait-ce une réelle amélioration, le hasard du tournoi, le fruit d’une savante préparation psychologique ?

Avant de trouver une explication, il présente trois niveaux de réflexion, le dernier étant le meilleur (un peu la ceinture noire du judoka !)

Les échecs pile ou face.

C’est souvent le jeu observé avec de jeunes enfants ou avec des joueurs débutants. Seul le hasard semble guider les pièces. On oublie souvent la devise : « Si tu trouves un bon coup, trouves-en un meilleur« . Aucune menace n’est anticipée, les pièces sont posées sur des cases dont la sécurité n’est pas assurée.

Bon,d’un autre côté, intégrer à 9 ans, ou même plus vieux, toutes les finesses d’un processus de réflexion… pas étonnant qu’un grand débutant joue un peu au hasard, et si en plus son coach ne lui a jamais parlé de la sainte trilogie échec/capture/menace…

Les échecs de l’espoir.

L’espoir que votre adversaire ne voit pas le piège diabolique que vous lui tendez ? Non. L’espoir que votre adversaire ne trouve pas un bon coup ! « Dh4… c’est risqué.. allez hop, tant pis, je verrais bien ! » Les deux premiers types de jeu expliquent pourquoi les parties se terminent longtemps avant le temps légal dans les catégories <1400 par exemple. A ces niveaux, les joueurs ne se soucient pas de échec-capture-menace (autant pour dépister les intentions de l’adversaire que pour choisir leurs coups). De la même façon, ces joueurs dans une position gagnante ne se soucient pas de leur défense. Plus le niveau augmente, plus il faut réfléchir sur les intentions de l’adversaire.

Les échecs réalistes.

Vous utilisez les notions de coup candidat. Pour chaque coup envisagé, si votre réflexion vous amène sur une menace que vous ne pouvez pas contrer, il faut réfuter ce coup. La philosophie de ce mode de jeu est d’anticiper toutes les menaces (dangereuses j’imagine) Si la réponse adverse vous fait froid dans le dos, c’est mauvais signe si vous ne l’avez pas prévue. C’est encore plus mauvais si vous ne comprenez pas son utilité et que vous êtes mat deux coups plus tard ! Cette phase de réflexion prend du temps et explique pourquoi les joueurs de haut niveau sont encore en train d’en découdre alors que vous prenez votre café à la buvette du tournoi.

La mauvaise nouvelle est qu’il faut être dans cet état d’esprit du premier au dernier coup de la partie. Une seule inattention peut couter la victoire. Si deux joueurs pratiquent les échecs réalistes, le vainqueur sera probablement celui qui aura été réaliste sur chaque coup.

Le secret pour progresser : s’assurer que chaque coup joué vous permettra d’affronter sereinement la menace de l’adversaire (a minima sur 1.5 coups). Pendant toute la partie. Cela devrait vous permettre d’atteindre les 1800 elo.

Il faut bien voir que parmi les réponses de l’adversaire (et à la lumière de vos aptitudes tactiques et stratégiques), échec-capture-menace sont certainement les réponses les plus fortes et dangereuses que vous puissiez rencontrer. Il ne s’agit pas d’anticiper un prophylactique et timide h6 si vous envisager un sacrifice en b7, mais de voir comment votre adversaire va concrètement s’y opposer. Le risque est probablement de jouer du « real chess » contre un joueur plus fort et du « hope chess » contre un joueur moins bon.

Petite précision : son article « the Secret of Real Chess » a reçu un prix du « Best Web Article of the Year » par « the Chess Journalists of America« (1999-2000)

Ceci dit… comment passer du « pile ou face » aux échecs réalistes ?

Plusieurs conseils peuvent s’avérer utiles :

  • Avoir la volonté de suivre la philosophie des échecs réalistes et admettre que jusqu’à présent votre façon de jouer n’était pas la meilleure. Bref, un peu d’humilité.
  • Savoir utiliser son temps à bon escient. Quelques idées ici
  • Jouer avec fierté (mettre en application ce que vous avez appris), avec attention (passer par les check-list : anticiper la menace, avoir deux coups candidats et choisir le meilleur, vérifier la sécurité du déplacement, contrôler son temps, etc.) et avec optimisme (c’est bon pour le moral !).
  • Faire un test de sécurité avant de saisir la pièce et de la déplacer (et même deux s’il s’agit de la dame ou d’un sacrifice !!!) : je respire, je regarde à nouveau l’échiquier, je regarde si ma pièce ne peux pas être capturée, si je n’ai pas la possibilité de capturer la dame adverse, etc.
  • Non seulement déplacer vos pièces sur des lieux sûrs, mais également se débrouiller pour qu’elles soient toutes actives.
  • Développer la tactique.

Améliorer la tactique.


Igor Smirnov développe les conseils habituels sur quelques positions.

Un bon joueur travaillera la tactique et la stratégie. On peut suspecter un coup tactique (sans être sûr malgré tout qu’il y en ait un) quand une pièce est mal protégée (ou pas du tout), et/ou quand le roi est exposé. Si en outre des pièces sont en contact (en mesure de se capturer)…

La méthode est classique : envisager d’abord les coups forcés, puis les captures (toutes les captures et la tache est parfois complexe, mais nécessaire) et enfin les menaces. Ne pas hésiter à vérifier un échec, ou une capture, qui semble aberrant. Parfois la conclusion est immédiate et on passe à autre chose sans avoir perdu de temps. Mais cela vaut mieux que de jouer un coup prophylactique par manque d’idée.

Si le sacrifice d’une pièce doit être bien calculé, il n’en reste pas moins que celui-ci ne doit jamais être écarté des coups candidats. Notre instinct humain nous les fait négliger, à tort;

Et on contrôle bien évidemment les réponses possibles de l’adversaire par ce même enchainement d’idées. A savoir que sur le coup qu’on juge très fort, l’adversaire a toujours la possibilité de répliquer par un échec intermédiaire, par exemple, qui ruinera toute votre combinaison.

Cela entraine de multiples solutions, et même si les coups sont forcés, les aptitudes à visualiser leur l’enchainement sont mises à rude épreuve.

Si ces conseils sont très utiles pour améliorer sa tactique, il n’en reste pas moins qu’ils s’intégrent dans le processus de réflexion décrit de multiples fois ici, ou .

  • On regarde le but du coup adverse.
  • On pare la menace.
  • On recherche un coup tactique
  • S’il n’y en a pas, on active ses pièces.
  • Et enfin, on pense stratégie.

Et à chaque coup (tant pour l’adversaire que pour soi-même) on regarde dans l’ordre : échec, capture menace.

Option sous titrage et traduction (approximative) dans les paramètres de la vidéo.

 

Tournoi des Candidats 2020


Magnus Carlsen est toujours champion du monde. Le tournoi des candidats interrompu pour raisons de coronavirus reprendra le 1er novembre. Et nous avons un français en tête des 7 premières rondes : Maxime Vachier-Lagrave.

 

Ami(e) lecteur(trice), et accessoirement joueur(se) d’échecs.


Un peu comme les vidéos qui vous demandent de l’ail-qué (arf), ou de cliquer sur des pouces, n’hésitez pas à donner votre avis et à mettre des étoiles sur les articles que vous avez lus.

Mais surtout, si vous mettez 1 seule, ou 2, étoile, dites-moi ce que vous n’avez pas apprécié :

  • Trop compliqué ou trop simple.
  • Pas assez de diagrammes (sorry mais le format de ce blog bloque certaine choses sympa telle que l’intégration de parties).
  • Vous ne retrouvez pas de recettes de cuisine.
  • Il y a trop de fautes d’orthographe.
  • Le mot wesh est absent.
  • Après avoir lu au moins 3 articles nous n’avez toujours pas trouvé l’explication de la prise en passant
  • Votre petit frère de huit ans vous plante régulièrement des mats en trois coups que vous ne voyez toujours pas venir malgré une lecture attentive du processus de réflexion.

Enfin, bref, 1 étoile, oui, mais dites pourquoi !

Steve, il faut être ré-a-lis-te sur tous les coups, combien de fois faudra-t-il que je te le répète ?