Evaluation de votre niveau de jeu.


Lucas Chess, vous connaissez peut-être ? Sinon, téléchargez-le. Et faites lui analyser une partie prise au hasard avec des joueurs de faible niveau trouvée sur Lichess.

Faites la même chose avec une partie Carlsen Caruana lors du WCC 2018.

Ça y est ?

A la fin de l’analyse, un tableau s’affiche avec des index (4ème onglet à droite) évaluant le niveau de votre partie, de votre ouverture, et de votre finale.

Si vous avez pris une de vos partie en exemple, ne criez pas victoire si Lucas Chess estime votre niveau global à 2750 elo…

L’index général est à plus de 3000-3500 pour les champions, et probablement entre 800 et 2500 pour les autres. Mais la valeur absolue ne signifie rien. Plus intéressant sera de comparer ce chiffre sur 10 de vos anciennes parties, et sur vos 10 dernières parties. Ou de savoir si vous avez fait un bon ou un mauvais tournoi

 

L’évaluation d’un déséquilibre matériel


Ce coup-ci, on évoquera un article de Larry Kaufman dans chess.com : « The evaluation of material imbalance« 

J’avoue que l’article est un peu indigeste et touffu (je vous laisse le plaisir de le lire dans sa version originale et/ou de le traduire !), d’autant plus que Larry Kaufman est parfois contredit par Dan Heisman. Mais il présente toutefois quelques infos utiles. Ses analyses sont tirées de parties de joueurs de haut niveau et seraient moins précises pour des joueurs genre 1300-1500 elo par exemple. Équipez-vous d’une calculatrice, de paracétamol et n’hésitez pas à commenter.

Traditionnellement, des valeurs sont attribuées aux pièces afin d’estimer leur importance et de pouvoir quantifier la valeur des échanges. La valeur unitaire est représentée par le pion (1 point), le fou et le cavalier vaudraient chacun 3 points, une tour 5 points et la dame 10 points.

Les pions d’une colonne a ou h sont un peu particuliers car ils ne peuvent être protégés par un autre pion que d’un seul côté, et ils ne peuvent prendre que d’un seul côté également. On peut estimer leur valeur à 0,85.

Larry Kaufman a analysé plus de 300 000 parties de haut niveau et a tenu compte de la couleur, noir ou blanc.

Le bilan revoit un peu les valeurs des pièces et la façon de les utiliser pour évaluer l’intérêt d’un échange.

Pion = 1

Cavalier = Fou = 3.25 (et non  plus 3)

Tour = 5

Dame =9.75 (et non plus 10)

Paire de fous = +0.5. Perdre sa paire de fou donne 0.5 points à l’adversaire. En outre un fou sera un peu plus efficace qu’un cavalier contre une tour, et plus efficace en finale contre trois pions. Certains GM préfèrent perdre un pion et garder leur paire de fous.

Avantage positionnel = +0.5

Gain de développement = +0.33

Qualité (tour contre fou ou cavalier) = 1.75 (de 1.5 à 2 selon les auteurs et les pièces restantes sur l’échiquier). Probablement 2 lorsqu’il ne reste plus de tour ni de dame.

Toute ces valeurs ne sont que des moyennes. Si en effet une pièce mineure vaut 3.25, cette valeur descend certainement à 2.5 en fin de partie quand les pions s’approchent des cases de promotion et que les pièces mineures ne suffisent plus pour mater. Les pions a et h se rapprochent de 0.85.

Le calcul donne une égalité entre D+C et D+F, mais la pratique montrerait que D+C est légèrement supérieur (car il y a une complémentarité pour les couleurs de cases).

En outre, la qualité augmente s’il n’y a plus de pièces majeures en jeu.

T contre C+2P : le possesseur de la tour (malgré son handicap mathématique) se devrait de rechercher l’échange des pièces majeures restantes (si j’ai bien compris). On peut perdre une qualité pour un gain positionnel, mais à condition de conserver les autres pièces majeures. Sacrifier une qualité pour une compensation positionnelle doit être bien analysé.

Avec une « égalité » de pions, le camp qui n’a plus que T+C (=8.25) contre 2F+P(=3.25+3.25+1+0.5=8) a encore un léger avantage, mais si on ajoute une tour dans chaque camp (soit 13.25 contre 13), il y a égalité malgré tout.

Le fou et le cavalier

Quand on a ses deux fous et ses deux cavaliers (comme l’adversaire), le tout vaut 12 points. Mais si à la faveur d’un échange il reste d’un coté 2 fous et 1 cavalier et de l’autre 2 cavaliers et 1 fou, la possession de la paire de fou amène 0.5 points supplémentaires. En outre un fou sera un peu plus efficace qu’un cavalier contre une tour, et plus efficace en finale contre trois pions.

La raisons de cette supériorité est due au fait que les deux couleurs (cases noires et cases blanches) se complètent à merveille. Et que les combinaisons d’autres pièces (T+F, ou D+F, par exemple) aboutissent sur une certaine forme de redondance (cases noires ET blanches sont contrôlées en double). Si un camp n’a plus que la paire de fous (avantage +0.5) et est en avance d’un fou sur l’équilibre matériel, l’échange est encore valable (fou contre fou). Mais cela conforte l’idée selon laquelle celui qui est en avance de matériel a tout intérêt à simplifier par les échanges.

Les calculs confortent aussi la théorie de Capablanca : D+C est supérieur à D+F, mais de peu selon LK.

Quand 1 fou et 1 cavalier se font face, le fou commence à  tirer son épingle du jeu en dessous de 4 pions de chaque côté, alors que c’est le cavalier qui commence à dominer à partir de 6 pions dans chaque camp.

Pièces mineures et qualité.

Si on peut estimer la valeur d’un cavalier et d’un fou (associé à son acolyte) à 3,25, il faut passer à 2,5 en fin de partie. Seules, les pièces mineures auront du mal à mater, alors que la promotion d’un pion pourra les aider.

Si on a l’avantage d’une pièce (avec la dame encore en jeu), il ne servirait pas à grand chose de se battre pour conserver jusqu’à 3 pions, sauf s’il s’agit des pions du roque ou si cela crée un pion passé.

L’avantage d’une pièce, associé à la paire de fous, vaut 3 à 4 pions.

Si en début de partie une pièce mineure peut valoir jusqu’à 4 pions, en fin de partie cette valeur peut descendre à 2 pions.

Cas de T+P (ou T+2P) contre 2C ou C+F (6-7 contre 6.5) ; situation quand les blancs attaquent avec leur cavalier, aidé du fou, sur f7 après le petit roque noir par exemple. La situation doit être bien analysée car le roi noir perd un pion bouclier mais la tour sur la colonne f menace le roque blanc. (avantage positionnel = 0.5)

La dame contre le reste du monde

D (9.75) contre T+C+P ou T+F+P (9.25)

T+C serait toutefois plus efficace contre la dame que T+F

D+P = 2T, s’il n’y a plus de pièces mineures. La présence de pièces mineures renforce la valeur de la dame.

D (9.75) contre 3 pièces mineures (9.75 ou 10.25 si paire de fous) : cela fluctue selon le moment de la partie (ouverture  ou finale). Mais cette situation est rare.

Pour conclure (et faire simple)

Retenir les valeurs, citées au début. Plus la notion de qualité (1.75 points), de paire de fous (+0.5 à celui qui la possède) et d’avantage positionnel (+0.5). A chaque échange, bien considérer toutes ces données et que les écarts peuvent être plus ou moins grands selon qu’on se situe à l’ouverture, en finale, ou selon les autres pièces en présence (complémentarité d’action de plusieurs pièces)

Pour cette dernière notion, retenir qu’une égalité mathématique (mais avec déséquilibre matériel) peut subitement se transformer en perte de la partie après un réel échange (genre T contre T ou F contre F)

La notion de bon et de mauvais fou vient aussi compliquer ces calculs.

Comment détecter et corriger ses erreurs en milieu de partie.


Dans sa vidéo, Tomic Stjepan (chaine vidéo Hanging Pawns, Elo 1909) nous montre, sur une de ses parties, sa méthode pour détecter et corriger ses erreurs en milieu de partie. Il est plus facile de travailler les ouvertures et les finales car le milieu de partie est propre à chaque joueur. Les ouvertures sont bien documentées (livres, bases de données) et il est facile de voir où le mauvais coup a été joué. Et les finales sont souvent la mise en place de notions théoriques ; si la finale est perdue, réviser le chapitre correspondant (règle du carré, tour+pion contre pion, etc.)

Commencer l’analyse de votre partie soit à partir de la fin de l’ouverture théorique, ou à partir du moment où vous vous sentez en dehors de votre répertoire. En d’autres termes : à partir du moment ou la simple application des principes généraux des ouvertures ne suffit plus et qu’il faut commencer à réfléchir sérieusement. Toutefois, il est possible qu’un mouvement de l’ouverture, sans être mauvais, ne soit pas adapté et entraine un milieu de jeu difficile à traiter. Ne pas hésiter à se plonger dans des parties de référence. Si le coup joué dans votre partie n’est pas référencé, il est très certainement mauvais.

S’arrêter sur la position de milieu de partie dans laquelle on ne se sent pas à l’aise, en danger, avec le sentiment que quelque chose ne va pas. S’attarder sur le coup que l’on vient de jouer et qui semble être celui, par exemple, qu’on réalise à titre prophylactique (qu’est-ce qui a amené à jouer u coup prophylactique potentiellement inutile ?) ou pour renforcer une position peu avantageuse, ou que l’on joue faute de meilleur coup dans une position complexe. A partir de là, remonter la partie pour trouver le point délicat (bon, des fois il ne faut pas remonter loin !). Vérifier dans l’ordre les points suivant :

  1. coup prophylactique inutile (très probablement en prévision d’une menace fantôme). Éventuellement, mettre un moteur en marche et vérifier si la menace existe vraiment, et ce qu’on risque réellement si elle est effectuée.
  2. attaque inutile
  3. revoir chaque mouvement de pion
  4. vérifier chaque capture  : utilité, autre alternative, réel gain tactique, stratégique ?
  5. vérifier chaque retrait
  6. chercher une pièce mal placée/inactive et trouver pourquoi elle est mauvaise
  7. si le roi n’est pas en sécurité, à partir de quel moment sa position est-elle dangereuse ?
  8. en quoi la structure de pion est-elle mauvaise ?
  9. étudier chaque proposition d’échange.

Quand toute l’analyse est réalisée, solliciter Stockfish et comparer ses conclusions aux vôtres. Il est plus important que SF trouve votre analyse correcte, que de se demander pourquoi il trouve un meilleur coup là où vous n’avez rien vu d’anormal (à part la combinaison tactique qui vous aurait fait gagner une pièce !)

Comptez plusieurs heures pour une telle analyse. L’intérêt d’y passer autant de temps est d’habituer votre cerveau à réfléchir, mais cela facilite aussi le travail de mémorisation.

J’aime bien cet aspect concret qui donne un nom aux choses et qui oriente vers les mauvais coups et les bonnes questions. Cela rend plus facile l’analyse telle qu’elle est présentée dans Philosophie et analyse (selon Monsieur Dvorestky). Attention, c’est un travail de longue haleine et on ne peut espérer des progrès qu’au bout de plusieurs mois d’analyses assidues de ses parties (interclub, tournois). Le tout associé à des statistiques sur les gains selon les ouvertures, et les pertes selon les erreurs doit certainement donner de bons résultats. J’avais essayé de réfléchir à ça, mais sans jamais le mettre réellement en application.

Demandez le programme !


Même si les articles de ce blog s’adressent aux débutants avancés, il n’est pas inintéressant de se demander comment un adulte peut apprendre les échecs quand il n’y connait rien. En gros : « Qu’est-ce que je travaille pendant un an ? Et comment ? « .
Qu’est ce que j’apprends ? Avec quel support ? Quelle méthode ? Je joue contre qui sans me prendre une raclée mais en y prenant plaisir quand même  ?

S’équiper d’un jeu d’échecs est un bon début. Ensuite, il est difficile désormais de se passer d’un support informatique. (c’est probablement sur le web que vous avez appris le déplacement des pièces ?) Et puis, avec un peu de chance, vous avez peut-être demandé à Google « programme d’entrainement échecs« 

Mais après ? Que faire de tout ce matériel d’apprentissage ? De tout ce vocabulaire inconnu  il y avait encore trois jours ? (Je me suis retrouvé avec des pions doublés après une fourchette dans une Nimzo-indienne face à un 1560 au cours d ‘une 12+3…) Les tactiques, la stratégie, les ouvertures, les finales, la psychologie, le mode de réflexion, jouer avec une pendule… Comment mettre tout ça bout à bout, et faire le tri dans toutes les informations ? Car même si vous vous plongez dans une « méthode », ou manuel, le risque sera grand de tout lire sans accorder le temps nécessaire aux bons chapitres.

Dans quel ordre, avec quelles priorités, combien de temps y passer, pour arriver à quel niveau ? Premier réflexe : s’inscrire dans un club dans lequel vous trouverez des personnes toujours prêtes à vous faire partager leurs compétences. Vous pourrez y rencontrer aussi des partenaires de jeu à votre niveau. Reste les autodidactes qui avant de s’investir das  une vie associative, ou avant de franchir le stade de la compétition, préféreront tester le jeu par eux-même.

Alors, on commence par quoi ? Soyons clair : si globalement on retrouve les mêmes grands axes, il doit y avoir autant de méthodes d’entrainement/apprentissage qu’il existe d’entraineurs/coachs. Le plus dur étant certainement, quand on apprend  seul, de ne pas construire son apprentissage sur des fausses bases, avec de mauvais réflexes, tout en étant persuadé d’être sur le bon chemin sous prétexte qu’on a lu le bouquin du Grand Maitre ou vu l’intégralité des vidéos d’un bon joueur sympathique.

Ensuite, il faut un adversaire afin de mettre les leçons en pratique . Le club, donc. Mais aussi Lichess par exemple (qui permet de rencontrer des joueurs à votre niveau, mais avec la limite inhérente à cette forme de jeu, à mon avis : la concentration et l’honnêteté de votre partenaire inconnu. Internet permet également de se trouver des coaches. A vous de voir. Et on peut aussi jouer contre un programme (gratuit ou payant, ou sur Lichess toujours). Mais rien ne remplacera l’adversaire que vous aurez en face de vous, en chair et en os, qui va hésiter avant de saisir son cavalier, qui va réfléchir longtemps sur un coup anodin. Bref, apprendre à 2, c’est mieux !

Il va donc falloir être patient et accepter que, dans les premiers mois, il va y avoir des échecs (les vrais, ceux qui permettent de progresser !) avant de passer à un niveau supérieur. Et dernière précision : il y a peu de chance en vous lançant dans cette aventure à 25 ans, ou à 53 ans, que vous deveniez un joueur de niveau international, ou national, et encore moins que vous puissiez vivre de vos compétences échiquéennes !

Les grands thèmes à aborder seront à peu de chose près les suivants :

  • une aisance dans le déplacement des pièces, associé à la visualisation (l’art d’imaginer l’échiquier après avoir envisagé le déplacement des pièces sur plusieurs coups !),
  • une compréhension des moments qui permettent de passer de l’ouverture au milieu de partie, et du milieu de partie à une finale,
  • l’application des principes des ouvertures (et uniquement des principes)
  • les automatismes sur les finales élémentaires
  • le processus de réflexion
  • (18/07/2020) Ne pas oublier la tactique dès que le déplacement des pièces sera une seconde nature. Fourchettes, clouage, rayon-X, suppression du défenseur… résoudre des mats en un coup… tout ça quoi. Puis une fois ces thèmes compris, continuer avec des problèmes en 1 à 2 coups, passer à des séries mélangeant chaque thème. Puis compliquer avec des problèmes en 3 à 4 coups, les répéter inlassablement, de plus en plus vite. Et recommencer.

Le tout saupoudré de quelques notions simples de stratégie.

Et puis : jouer, jouer, jouer. Enfin pas de trop non plus, car ce sera aux dépends de l’apprentissage. Jouer des parties longues surtout afin de pousser vos raisonnement jusqu’au bout.. Commencer peut-être avec des temps de réflexion courts, afin d’habituer les neurones, puis progressivement être capable (face à un adversaire ou un logiciel) de tenir une heure, puis deux, puis trois !!!

Si la langue anglaise n »est pas une barrière, je vous conseille le guide de Dan Heisman, et les parties commentées de Chernev. Si vous désirez acquérir un livre, je donne quelques conseils par ici pour en choisir un. Un survol pour les supports informatiques ? d’autres conseils, . Une chaine vidéo ? Vous avez une petite liste sur la gauche de l’écran. D’autres conseils ? En cliquant sur les liens au dessus de cette page. Vous prenez de l’avance sur votre programme ? Piochez dans les articles écrits avec amour sur ce blog.

Vous voulez connaitre votre niveau ? Pas de problème : dès qu’un certain coronavirus le permettra de façon conviviale : inscrivez-vous dans un club, et faites des tournois !

Encore un conseil : tenez un cahier à jour en y notant ce qui vous semble essentiel, des débuts de partie, une pensée échiquéenne, une position critique, les analyses de vos parties, votre ressenti au cours d’une partie perdue (ou gagnée  !)

La préparation du joueur d’échecs


L’importance du travail préparatoire dans la carrière d’un joueur d’échecs n’est mise en doute par personne. La préparation se passe soit avec un secondant, ou seul avec un livre. Des brigades de secondants sont le privilège des joueurs d’élite. Pour les autres, les livres et bases de données représentent un bon support pour leurs préparatifs.

Comment travailler avec un livre? Cette question est toujours actuelle.

A lire sur le site d’A. Sokolov  : Les Echecs en noir et blanc

 

(Pas mis à jour depuis un certain temps déjà…)

Trouver un plan selon Steinitz


Steinitz aurait été un des premiers à formaliser l’analyse d’une position pour élaborer un plan. Comparer des traits caractéristiques chez les noirs et les blancs, se faire une idée de la position, et enfin choisir un (bon) plan. Et ce qui nous semble évident de nos jours était en complète opposition avec les idées de son époque qui privilégiaient les brillantes combinaisons romantiques du 19ème siècle !

Les éléments à analyser sont les points suivant :

  • Le matériel en présence
  • Les menaces directes
  • La sécurité des rois
  • Espace et centre
  • Contrôle des colonnes, rangées et diagonales
  • Activité des pièces
  • Structure de pions, cases fortes

Le matériel en présence

La différence est significative au delà d’une différence de 1 pion. Il faut alors se demander si cette différence est compensée par autre chose. Si ce n’est pas le cas, le plan serait de simplifier progressivement la position ou de préparer gentiment une attaque vers le roi.

Les menaces directes

Lorsqu’on a un avantage de matériel, il faudrait soit renforcer sa position , soit attaquer. Mais en aucun cas se reposer sur ses lauriers. Et même sur une position gagnante, il faut prendre chaque coup adverse au sérieux.

La sécurité des rois

Dès qu’un roi n’est plus en sécurité, il risque de subir une attaque, et donc un mat. Seule l’expérience permet de savoir si une attaque sur le roi en difficulté est viable avant d’en lancer l’analyse.

 

Profitez-en pour regarder la partie Englisch-Steinitz (1883… cela ne nous rajeunit pas) dans laquelle Steinitz bloque le cavalier et le fou blanc, et profite de sa paire de fous à partir du 22ème coup.

 

Le secret des échecs : le retour !


J’avais évoqué le « secret des échecs » ici. Cette ouverture, et ce qui l’entoure, est décryptée sur le site Pousseur de Bois.

A vous de vous faire une idée !

Faut-il perdre ?


Je ne parle pas de ces joueurs qui se débrouillent pour obtenir un elo inférieur à leur réel niveau et qui jouent ensuite dans une catégorie inférieure qu’ils dominent…

Non, ma question est : à quel moment faut-il abandonner ?

Exemple : ces joueurs qui avec leur roi dépouillé face à R+D+T+P continuent malgré tout contre un adversaire qui n’est pas pressé par le temps. Certes un pat est possible, certes l’adversaire peut avoir une défaillance, certes.

Savoir abandonner, c’est savoir être poli, et, pourquoi pas, être respectueux (disons que c’est ma façon de voir et ce qui suit n’engage que moi).

« Eh toi, bouffon, zyva, G pas peur de ta dame et tes 3 pions, si j’veux des boloss comme toâ j’en mange tous les jour ! J’te jure, mon p’tit frère il est plus fort que toâ ! Wesh ! »

L’horloge, la pendule, ze clock.

Alors, définitivement non. être mené au temps (genre 2mn contre 30 mn) alors qu’aucun mat en trois coups ne se profile à l’horizon n’est pas une raison suffisante pour abandonner.

L’avantage matériel et ou positionnel

A partir de quel différence de matériel peut-on estimer que la partie est perdue et que l’abandon respecte l’adversaire et économise nos forces pour la prochaine partie d’un tournoi ?

Grosse question, et je n’ai pas la réponse. Il faut certainement prendre en compte la différence de niveau, la position…

Entre joueurs de moins de 1400-1500, les imprécisions existent pendant toute la partie, et tant qu’on n’arrive pas dans une finale « théorique » perdante, il est toujours intéressant de continuer.

L’imminence d’un mat

On va passer sur les finales élémentaires, ou sur le pion qui ne peut qu’obtenir sa promotion.

Mais parfois la position est catastrophique en milieu de partie, le roi est cerné de toute part, c’est Fort Alamo et la bataille de Camerone sur l’échiquier !

Là, justement, ne pas abandonner est malgré tout une marque de respect pour l’adversaire à qui on ne volera pas la plaisir du mat.  Et puis, perdu pour perdu, quel plaisir de rechercher au maximum le moyen de retarder la funeste conclusion.

L’option de la nulle

Ne pas la négliger ! Personne ne perd, personne ne gagne.

La triple répétition, l’échec perpétuel, la recherche du pat sont des techniques qu’il ne faut pas oublier et abandonner trop tôt sans les envisager serait dommage.

Faut-il accepter une proposition de nulle, afin de ne pas perdre ?

Si vous courez après un titre, un classement, et que vous êtes « joueur », je serais tenté de dire non ! Sauf si vous estimez votre position catastrophique : sautez sur cette offre.

Un article sur la nulle (enfin… le titre est tout de même No Draw !) : ici, pour la version traduite (sachant qu’il vous faudra remplacer tirage par nulle)

Vous en pensez quoi ?

Entrainement au chaos.


Une position chaotique, dans laquelle les principes généraux des échecs semblent avoir été oubliés dans les deux camps, survient souvent dans des parties de débutant. Mais aussi parfois dans les parties de joueurs expérimentés.

Selon un processus de réflexion souvent décrit ici, ou et même ailleurs si vous cherchez un peu,lorsqu’on cherche la suite à donner à un coup de l’adversaire, on aboutit au choix d’une réponse, qui elle-même donne lieu à plusieurs autres possibilités. Et notre pensée s’organise sur les quelques meilleurs réponses possibles, selon notre propre jugement. Mais… il y a souvent le petit caillou qui vient tout perturber. Ce coup improbable, inutile mais perturbant ou aussi le bon coup que l’on avait pas envisagé. Oups… Et à ce moment là, nos neurones s’affolent car tous nos projets s’effondrent.

Que faire ?

Ne pas céder à la panique. Puis prendre son temps et observer l’échiquier et ses pièces, froidement. Chaque rangée, chaque colonne, chaque diagonale. Découvrir ainsi les nouvelles interactions entre les pions et les autres pièces.

Puis de façon simple, se demander si vous êtes encore en phase d’ouverture, de milieu de partie, ou de finale. Chaque phase est régie par de grands principes qu’il faut alors appliquer, quand c’est faisable, pour réduire la position chaotique qui risque de survenir ou de s’aggraver.

Exercice.

Positionnez toute ou partie de vos pièces sur l’échiquier. Puis de façon aléatoire, repositionner quelques pièces un peu au hasard. Vérifier si un roi est en échec ; dans ce cas, déplacer le d’autant de cases pour qu’il ne le soit plus. Notez cette position qui va être ré-utilisée.

Puis examiner les cases, les colonnes,les rangées, les diagonales. Repérer les pièces en prise, et les pièces non protégées. Vérifier ‘il est possible de capturer une pièce non protégée, ou s’il est possible de protéger une pièce qui ne l’est pas. Repérer également les faiblesses. Mais au final, ce sera la sécurité du roi qui primera sur le choix du coup à effectuer. Si un principe lié à la phase du jeu s’applique, l’appliquer. Le fait de s’attarder sur tout l’échiquier avant de vérifier la sécurité du roi, permet de mieux détecter les attaques qui ne sont pas évidentes, celles qui sont à longue distance par exemple.

On ne peut rendre la situation moins chaotique que si le roi est en sécurité. Ensuite corriger les faiblesses s’il y en a, puis enfin rendre les pièces plus actives.

Après cette analyse, jouer le coup blanc, Puis procéder avec les noirs. Et recommencer l’opération autant de fois que vous le souhaitez.

Recommencer trois fois de suite cet exercice à partir de la position initiale. La troisième fois, votre analyse de la position devrait être plus rapide et vos choix de coups meilleurs.

D’après « Chaos trainer » (Hugh Patterson) sur le site The chess Improver.

En plus de l’exercice distrayant qui est proposé, on va surtout retenir le petit changement à effectuer dans le processus de réflexion. L’adversaire vient de jouer et on cherche le meilleur coup. Et on vérifie les échecs, captures et menaces qui risquent de s’ensuivre afin de contrer notre coup. Notre réflexion n’est pas parfaite, et il peut arriver que la réplique soit cinglante (mauvais calcul, mauvaise visualisation, reste à savoir pourquoi/comment), ou surprenante. Mais de toute façon, elle est inattendue. Le risque est grand de parer à l’urgence ou de céder à la facilité. Le jeu devient chaotique. Un cavalier se retrouve sur une colonne a ou h, on triple ses pions, on échange (bêtement ?) un fou contre un cavalier, etc. Les conseils procèdent finalement toujours de la même logique.

On respire, on ne cède pas à l’affolement, et on analyse. Comme lors d’une agression physique, ce sont des réflexes qui sont utilisés.

Plan d’urgence : s’occuper du VIP et le mettre à l’abri. Pièce mal protégée : on corrige le tir. Ouverture : on active ses pièces. Milieu de partie : on active ses pièces. Finale : on met le roi dans la bataille. Et bien évidemment si au cours de tout ça, une opportunité tactique se présente malgré tout (l’adversaire n’est pas infaillible, surtout en dessous d’un certain niveau, le mien !), il faut la saisir.

Pour le 22 juin, c’est (mal) parti !


Le virus est encore là, et il n’est pas question de lui laisser une chance de reprendre l’initiative. Mais il faut bien avouer que les consignes de la FFE pour rejouer en club (et on ne parle même pas des tournois, ou des interclubs) sont extrêmement dissuasives. Dites-nous en commentaire comment cela se passe chez vous !