Donner du sens à votre vie (échiquéenne)


En googlant « chess improvement » (one more time !), j’ai déroulé un fil qui m’a amené sur le thème du plus-equal-minus qui lui-même m’a amené sur cet article ci-dessous (adapté) de James Altucher (écrivain d’une petite vingtaine d’ouvrages, entrepreneur et investisseur ET joueur d’échecs avec elo de 1854) et apparemment friand de toutes ces idées de développement personnel, mais nul doute qu’on puisse se servir d’un autre auteur. Les américains sont assez portés sur ces notions : « Si vous faites comme moi, vous devriez réussir ! ». Et en tout logique, si ces types qui réussissent (tout du moins professionnellement) nous livrent leurs secrets , pourquoi ne pas en profiter ?

On se sent parfois un peu perdu quand plus rien ne va ou qu’on tente de changer notre vie. Quelles repères pour quels avantages ? Est-il utile d’avoir des règles qui vont nous guider ? Pas facile de changer certaines choses ? A vous de piocher dans ce qui va suivre et d’ouvrir la boite de Pandore !

Repérer les vrais raisons et les prétextes.

J’ai perdu parce que mon adversaire était plus fort que moi. Bon. Oui. Admettons. Mais que dire de votre dame lancée inconsidérément dans la bataille dès le 4eme coup, alors que vos pièces ne sont pas développées et votre roi est encore sur sa case de départ ?

C’est génial les blitz, on s’amuse réellement et quel suspense. Bon. Oui, admettons. Et si le blitz c’est bien parce que vous préférez vous détendre sans avoir à réfléchir sur une position compliquée ?

Je ne peux pas me passer d’aller jouer au club une fois par semaine car j’adore le échecs. Et si la vraie raison était de retrouver des amis le temps d’une soirée ?

Il y a toujours un prétexte et une vraie raison quand on vous parle ou au fond de vous-même.

Changer les curseurs entre vos attentes et la réalité est une des clefs du bonheur

Je voudrais devenir GMI (attente) mais je suis scotché à 1427 elo (réalité) depuis 3 ans. Frustration, rancœur… Et si on commençait simplement à sortir d’une ouverture en ayant une position équilibrée ou à maitriser des finales simples en les travaillant régulièrement avant de devenir GMI ? Et si je commençais à modifier mon alimentation, mon sommeil, mon rapport aux autres, ma créativité ? Simplement en changeant un tout petit rien dans mon quotidien. Peut-être ne pas se restreindre dans ses objectifs, mais placer la barre à un niveau accessible permet d’optimiser le ratio réalité/attentes.

Maitriser ses peurs et ses colères

Pourquoi sommes nous parfois en colère quand nous perdons ou que le bilan de nos parties fait chuter notre elo ? Ou que nous passons à côté d’une tactique si simple quand on en connait la solution ? Est-ce la peur que les autres joueurs se moquent de nous ? La peur de devenir définitivement un « mauvais joueur » ? La peur que finalement nos aptitudes ne nous emmènent jamais vers un jeu de qualité ? Que nos fonctions cognitives déclinent ?

S’il est important de se poser cette question sur nous-même, il est tout aussi important de comprendre les réactions de nos partenaires (bon.. encore qu’il est assez rare de voir un joueur balayer l’échiquier d’un geste rageur en fin de partie, sauf parfois avec de très jeunes joueurs !!).

La règle des 5/25

Parmi les 25 choses qui vous tiennent le plus à cœur, quelles sont les 5 que vous placez au dessus du panier ? Écrivez-les et appliquez-vous à suivre votre choix. Ça, c’est pour votre vie de tous les jours. Si les échecs en font partie tant mieux (que ce soit pour le top 25 ou le top 5 !). Mais avez-vous tenté de trouver vos 25 principales faiblesses/erreurs dépistées au cours de vos dernières parties ? Isolez les 5 principales et concentrez-vous sur celles-ci. Ne regardez jamais les 20 autres qui vont vous empêcher de vous intéresser à votre top 5. Elles seront travaillées en profondeur et cela évitera d’en travailler 25 superficiellement. Un des corollaires : savoir dire non est également une des clefs de la réussite. La vie est trop courte pour perdre du temps à dire oui (Derek Sivers) !

La règle des 5×5.

Il est facile d’imaginer que si nous nous adaptons aux 5 conseils qui suivent, cela ne pourra que profiter à notre pratique des échecs :

  • Vous êtes la moyenne des 5 personnes avec qui vous passez le plus de temps.
  • Votre santé est la moyenne des 5 aliments que vous mangez le plus.
  • Votre état mental est la moyenne des 5 choses auxquelles vous pensez le plus.
  • Votre créativité est la moyenne des cinq œuvres d’art que vous passez le plus de temps à essayer de lire, de regarder ou de comprendre.
  • Votre capacité à être aimé est la moyenne des cinq choses que vous faites le plus et qui sont bienveillantes.

Persistance et passion = abondance.

Ne jamais abandonner ce qui nous tient à cœur ! C’est aussi une des clefs de la réussite, cela évite bien des remords.

La règle des 1%.

Si vous essayez de vous améliorer à hauteur de 1% chaque jour, le résultat final sera 367 fois mieux au bout d’un an !

Facile à appliquer, souvent gratifiant, et prétexte à se faire plaisir quand un objectif simple est atteint.

Ce que j’aimais quand j’étais enfant.

Quand vous aviez commencé à jouer aux échecs, quels étaient vos espoirs ? Où en sont vos rêves ? Avez-vous depuis 20 ans, pris le temps de vous y mettre ?

Plus-égal-moins ;

Bien éloigné du jeu d’échecs, cette approche a été une des philosophies de Ken Shamrock, combattant réputé de MMA. Pour apprendre n’importe quoi, vous devez trouver un mentor réel ou virtuel qui peut vous apprendre et vous guider, des partenaires de votre niveau avec lesquels vous pouvez vous entrainer et progresser, et des personnes à qui vous pouvez enseigner ce que vous venez d’apprendre.

Nous retrouvons ici une des philosophies du programme d’entrainement de Chess Dojo.

Nous sommes tous irrationnels, tout le temps

Nous ne pouvons pas nous échapper de notre patrimoine génétique, de notre éducation, de notre passé, de tout ce qui est arrivé au fond de notre cerveau au bout de plusieurs milliards d’années d’évolution. Nos interprétations de la vie et de ce qui semble pourtant évident au travers de nos inévitables biais cognitifs sont le résultat de tous ces facteurs. Pour vous et vos interlocuteurs.

Il ne faut donc pas s’attendre à ce que les gens en face de vous interagissent avec des réactions logiques et rationnelles. Il ne sert à rien de les persuader de faire ce que vous imaginez sincèrement bon pour eux. En d’autres termes : ne pas se battre pour ce qui ne pourra jamais être modifié vous simplifiera la vie.

Les 80/20 et les 64/4

Monsieur Pareto nous a dit que souvent des liens de cause à effet sont régis par ces chiffres. Par exemple (c’est une illustration, il n’y a aucun message politique) : 20% des humains possèdent 80% des richesses, alors que 20% des humains produisent 80% de ces richesses. Si vous trouvez les principale erreurs qui vous font perdre 8 parties sur 10, vous aurez progressé !

Imaginons que 20% de vos efforts vous procure 80% de réussite, et qu’on isole 20% de ces 20% qui procureront 80% de vos 80%… au final 4% de vos efforts (ou de votre temps) pourront produire 64% de réussite. Il vous restera 100-4=96% de votre temps à consacrer à ce qui vous plait le plus !

La règle de l’estime de soi

Savoir reconnaitre vos forces et vos faiblesses vous appartient. C’est votre domaine à vous, ne laissez personne le gérer à votre place.

Se rapprocher de la cible.

Vous avez un objectif personnel, mais entre le travail, la famille, la maison, le sport d’équipe avec les copains, pas facile de l’atteindre. Allez, on va dire que vous désirez pratiquer 1 heure d’exercices tactiques quotidiennement. Pourquoi pas 12 fois 5 minutes par jour au lieu d’une heure entière ? Scinder vos effort, briser la grosse difficulté en plusieurs petites difficultés, commencer facile … tout est bon pour se rapprocher de la cible..

La règle des 1000 heures.

Il semble admis que 10 000 heures soient nécessaires pour arriver à un niveau de maitrise (sport, art, création, écriture, jeu) avec un travail adapté. Mais imaginez que vous passiez 500 heures à bien travailler des compétences, et également 500 heures à travailler dans un autre domaine d’activité. Avec ces 1000 heures vous serez au top à l’intersection de tout ça. Exploitez vos connaissances pour devenir quelqu’un d’unique avec votre niveau d’expertise.

La règle du F+

Avoir les meilleurs notes à l’école est une bonne chose. Mais dans la vie, il n’est pas toujours possible d’être bien noté. Il n’est pas toujours facile d’avoir 100% de réussite. Peu de personnes y arrivent.

Si vous avez 10 décisions à prendre dans une journée, si vous arriver à en prendre au moins 5 de bonne, ce sera déjà pas mal. Au delà de 7-8, vous allez commencer à faire des erreurs. Si vous prenez 8 bonnes décisions sur 10, vous êtes soit une personnes extraordinaire, soit vous êtes dans une zone de confort !!

Actions positives.

L’empathie, la bienveillance, la gratitude sont des notions largement diffusées par les coaches du bien-être. Développer ces attitudes est certainement profitable à tout le monde. Consacrer 5 minutes à méditer sur ce qui vous rend heureux ne peut pas vous nuire. Mais lorsque vous vous sentez un peu déprimé, le fait de penser à trois actions positives et les réaliser dans la journée aura certainement plus d’effets car cela illuminera rapidement votre quotidien.

Bonnes relations + Amélioration des compétences + Liberté.

Si à la fin de votre journée vous avez rempli ces trois conditions, ce sera l’indicateur que vous approchez d’un certain bien-être. Est-ce que j’ai amélioré mes relations avec autrui ? Est-ce que mes compétences ont progressé ? Qu’est-ce que j’ai fait pour renforcer mon sentiment de liberté ? Le bonheur est fugace, mais il se construit.

Le fameux lâcher prise

On ne peut faire qu’avec ce qu’on a et on ne peut pas tout maitriser ! A chacun de donner le sens qu’il désire à sa vie. Une fois la boule de bowling lancée, on ne maitrise plus rien.

Vous êtes bien sur les Échecs sans peine… le seul blog amateur qui parle du jeu d’échecs !

Progresser aux échecs n’est pas seulement une question de calcul, de techniques de finales, ou de connaissances des ouvertures. Certains de ces thèmes vont probablement entrer en résonance avec vos idées et ainsi participer à votre parcours échiquéen.

d’après Try One (Or All) Of These If You Want To Add Value To Your Life

de James Altucher

L’entrainement par répétitions espacées


Si vous suivez ce blog depuis un certain temps, vous avez déjà probablement rencontré la méthode de Mr de la Maza ou celle de Hans Tikkanen et de Axel Smith : la méthode woodpecker. Le principe très résumé : on travaille des positions tactiques en boucle jusqu’à ce qu’on les maitrise. Ce qu’on faisait à l’école primaire quand on apprenait les tables de multiplications par cœur, ou qu’on chantonnait B-A BA, B-E BE (enfin, ça, c’était avant). « LaCig aleay antch antéT outlé téSet rouva fortd épour vueQu andla bisef utven ue. » sera plus facile à retenir si on respecte la cassure des mots !

C’est le moment d’évoquer les « chunks » : unité d’information dans la mémoire à long terme contenant un regroupement significatif de certaines pièces sur l’échiquier, ainsi que des mouvements et idées associés. Le chunk le plus connu : un roi derrière ses trois derniers pions défenseurs du roque et la menace d’un mat du couloir. Le chunk simple comprend quelques pièces. Les grands maitres utilisent probablement (à l’insu de leur plein gré ?) des super-chunks de 10-12 pièces.

Cette répétition de schémas tactiques (avec leurs chunks) permet de ne plus trop réfléchir quand on en rencontre un. Mais parfois cela se complique quand les déviations se succèdent à des suppressions de défenseurs et à des clouages permettant le gain d’une pièce. On tombe sur le problème qui nous semble intéressant, on le note quelque part (quand on le fait !), et on passe à autre chose. Un mois plus tard, devant la même situation, on enchaine bien les coups tactiques de la combinaison dans une position similaire, sauf que cela ne marche pas car on a tout oublié (ou que dans ce problème là, s’est intercalé une brochette/Rayon X). D’où la méthode de la Maza et Woodpecker. Les joueurs les plus modestes se contenteront d’un stock de 100 problèmes, les plus assidus pourront en travailler 300, et les acharnés iront jusqu’à 1000 positions qu’il faudra enchainer en une journée au bout de 5 à 10 cycles de répétitions. Pour ceux qui ont déjà tenté cette méthode, vous vous êtes probablement déjà rendu compte que certaines combinaisons sont facilement mémorisables, et que d’autres sont de vrais casse-têtes pour peu qu’il y ait au moins 4 à 5 coups, dont un sacrifice, sur une attaque de roque.

Il existe plusieurs solutions pour pallier à ce problème de mémorisation, dont celles basées sur les répétitions espacées. A partir d’algorithmes, un logiciel vous propose d’espacer la révision de ce qui vous semble facile et d’insister sur vos échecs. Cette notion n’est pas nouvelle : cf Mr Ebbinghaus et sa courbe de l’oubli (1885)

Anki est un freeware (mais payant sous Androïd) construit sur la technique des flash cards. Vous construisez vos questions et vos réponses, et le logiciel vous les propose en fonction de vos résultats. Cela peut servir autant pour des révisions de cours d’histoire, que pour des problèmes tactiques. Toutefois, construire ses 100 à 1000 flashcards à partir de positions existantes (livre, CT-Art ou vos problèmes ratés sur Lichess) est très chronophage : introduire l’image de la position, puis noter la solution… si la technique est assez facile avec des copier/coller, on ne peut pas dire que cela se fait en quelques secondes. Lorsqu’on n’a pas assez de temps pour consacrer 30 mn par jour aux échecs, la tache se complique un peu. Un des intérêts est toutefois que vous avez sous les yeux l’image de la position tactique et qu’il vous faut trouver la solution sans déplacer de pièces (on est parfois tenté sur Lichess de se dire que Db4+, cela doit fonctionner… et hop… il fallait jouer Tc2, mais comme ce n’est qu’un exercice, cela ne nous gêne pas trop alors qu’au cours d’une partie réelle, on perd) Non, là, il faut vraiment noter sa suite de coups et une fois qu’on a trouvé on confronte notre idée avec la solution. Si elle est bonne, le problème est reproposé au bout d’un certain temps, si on a faux, le problème revient très rapidement. Testez par vous même en installant Anki. Il existe de nombreux tuto. Et je crois qu’il existe aussi des paquets/decks à télécharger. Google sera notre ami. Sinon, une solution de facilité : simplement écrire la référence du problème tactique et aller voir la position sur le support ad’hoc avec sa solution.

L’autre solution est d’utiliser Lucaschess qui a déjà intégré des exercices avec cette possibilité de les travailler sur ce principe. Par niveau, par thème. Entrainement>Tactique>Apprendre les tactiques par répétition>Tactique avec Uwe Auerswald. Des réglages de ces répétitions sont proposés, mais c’est un peu une usine à gaz : il est sans doute préférable de ne pas y toucher. Les plus courageux pourront même créer leur série à eux. Mais la mise en place est loin d’être intuitive.

Chessable semble proposer un système de répétitions espacées que je n’ai pas testé.

Enfin, un site, Listudy (que je viens de découvrir) permettrait de le faire en ligne (autant pour des ouvertures, des finales que pour des positions tactiques).

Les pour et les contre peuvent s’opposer pour ces options, chacune ayant leurs avantages et leurs inconvénients. Les joueurs de blitz y trouveront leur compte mais les autre aussi : découvrir après analyse qu’on est passé à côté d’un coup tactique (souvent facile !) dans une partie 90+30 est parfois rageant. L’usage de ces techniques de répétition trouve certainement son intérêt lorsqu’on y associe aussi des exercices de réflexion et de visualisation (les mats de Laszlo Polgar, la méthode Stoyko, et les « Guess the move » avec des parties de grand maitres ou des livres tels que les 300 positions de Lev Alburt).

Une conclusion qui n’engage que moi : pour un adulte qui n’est plus sur les bancs de l’école depuis un certain temps, et dont les neurones disparaissent en masse chaque jour, même si de nouvelles connexions arrivent encore à ralentir les dégradations des fonctions cognitives liées à l’âge, cet entrainement par répétition est probablement un des plus adaptés à l’amélioration des aptitudes tactiques.

Attention toutefois : ce n’est que de la théorie ! D’autres techniques existent qui peuvent mieux vous convenir. S’il est probablement profitable de se concentrer sur un livre à la fois, ou une ouverture à la fois, tout en faisant un peu de tactique tous les jours, il est recommandé de se tenir à son programme d’entrainement et aux méthodes qui y ont associées pendant plusieurs semaines/mois, sans être tenté par de nouvelle techniques. Attendez le bon moment pour vous lancer dans ces techniques de répétitions espacées.

Alors… Anki ? Flashcards ? Lucaschess ? Chessable ? Parlez-nous de vos techniques de mémorisation !

James Kraai


Je viens de me rendre compte que depuis que je surfe sur Chess Dojo et que je relate ici leurs idées, j’ai toujours écris Kraii au lieu de Kraai !!! Jesse, merci de bien vouloir m’excuser.

Quels livres d’échecs pour Noël ?


Le choix est large et la production importante. Entre le bouquin du champion à la mode, celui qui vous promet d’écraser votre adversaire avec une ouverture rare, ou le meilleur recueil jamais publié de positions tactiques… si vous croyez au Père Noel, envoyez lui votre liste !

Je vais me contenter de vous orienter vers les bons conseils de Noël Studer, de Dan Heisman, du groupe Chess Dojo (par niveau et par les animateurs de la chaine), de Blitzstream et de Sylvain Ravot.

Ne négligez pas les livres orientés « développement personnel », notamment ceux recommandés par Noël Studer. Enfin, consultez the Patzer’s review qui décortique pas mal d’ouvrages.

Mes conseils ? je ne sais pas s’ils vont permettre de progresser (parce que, pour moi, hein… pas terrible !) Mais en tout cas je les ai trouvé intéressants :

  • Guide of the chess improvement de Dan Heisman
  • Les séries d’Artur Yusupov (préférez les versions anglaises)
  • Practical endgame play : mastering the basics de Efstratios Grivas (bon, oui… on a aussi celui de Jesus de la Villa qui, lui, est traduit en français)
  • Et avant d’étudier les structures de pions de Flores Rios, peut-être commencer par the Power of pawns : chess structures fundamentals for post-beginners de Jörg Hickl (recommandé dans une vidéo de Julien Song).
  • Et pas un seul bouquin sur les ouvertures ? Pour se faire plaisir: le FCO de Paul van der Sterren qui présente l’intérêt d’être assez généraliste sans entrer trop dans les détails
  • L’anglais sans peine (private joke)

Il s’agit ici de se faire plaisir, car un livre (apprentissage passif), seul, ne sert à rien.

Être un bon joueur ou avoir un bon elo ?


Notre classement elo, censé refléter notre niveau, dépend de nos résultats dans des parties officielles. Mais on ne peut pas toujours participer à un tournoi tous les mois et les parties d’interclubs sont assez espacées. En outre, s’il est facile de perdre une partie, il est parfois aussi facile de ne pas briller dans un tournoi, avec une performance nettement inférieure à son elo, d’où un certain désappointement. Est-ce un soucis purement tactique ? de la fatigue passagère ? un tournoi au niveau élevé ? Ou faut-il remettre en cause tout le travail qui a été fait depuis plusieurs semaines, plusieurs mois ? Et en attendant le prochain tournoi, comment ne pas se décourager et avoir confiance dans son entrainement ?

Inversement, gagner trop de parties contre des adversaires inférieurs n’est pas valorisant et ne signifie pas qu’on est devenu meilleur. Si l’elo mesure une performance lors des parties permettant de comparer la force des joueurs, comment évaluer une progression ? Simplement se fier à la cote tactique sur Lichess ou sur le classement lors de parties en ligne ne suffit peut-être pas. D’autres indicateurs seront utiles.

L’ACTIVITÉ : Vous mesurez une quantité en rapport avec votre activité. Comme on dit : « Ce qui est mesuré est ce qui est fait« . Par exemple :

  • Nombre d’heures (à travailler un bouquin, la tactique, à résoudre des problèmes, à visionner des vidéos, à regarder Netflix)
  • Nombre de problèmes tactiques, nombre de blitz, nombre de parties officielles.

LES RÉSULTATS : on mesure le résultat d’une activité

  • votre classement tactique, selon les parties (rapides, longues)
  • le nombre d’erreurs lourdes dans une partie
  • les points perdus par coup (les centipawns sur Lichess par exemple)
  • la qualité de la partie (évaluée après une analyse dans Lucaschess ou dans Chessbase)

Ces exemples de mesures permettent de visualiser des impressions et des ressentis. Vous pensez que vous jouez trop et n’étudiez pas assez ? Hop… on prend un chronomètre et on mesure. Mais cela marche aussi pour comparer la durée du sommeil et les résultats aux échecs.

APPLICATION

  1. ÉVALUER VOS BESOIN : cela commence par savoir où sont les points faibles. D’autres mesures sont probablement nécessaires. Nombre de parties perdues avant la finale, quels types de finales sont perdues le plus souvent, existe-t-il un problème avec le temps, quelles ouvertures sont mal négociées, etc.
  2. FAIRE SIMPLE : ne mesurez pas tout ! Concentrez vous sur un problème à la fois au début.
  3. COMMENCER PAR LES MESURES D’ACTIVITÉ : il est difficile de noter chaque activité. Préparer un tableau, le remplir au jour le jour… il n’est pas impossible d’y prendre gout !
  4. MESURE RÉGULIÈRE DES RÉSULTATS : le progrès n’est pas immédiat. Relever les résultats, une fois par semaine ou par mois suffira.
  5. ÉVALUER ET AJUSTER : ces valeurs permettront aussi de comparer certains indicateurs. Votre cote (elo, ou sur un site) stagne mais votre cote tactique augmente : le soucis n’est donc pas la tactique

Le travail analytique est certes utile, mais n’est pas un but ultime. Il faudra trouver un équilibre entre le temps consacré à cette activité et le travail échiquéen pur. A cette fin, un minimum d’indicateurs suffira.

Garder une trace écrite permet de bien objectiver un progrès sur le long terme. Les améliorations sont souvent lentes à venir et il serait dommage d’abandonner un programme d’entrainement sous prétexte que les résultats ne suivent pas immédiatement en tournoi.

d’après « Measure and improve your chess« 

On peut être rebuté par ce travail statistique et il est possible de progresser sans ces éléments. A chacun de trouver un équilibre entre le plaisir de jouer et le plaisir d’apprendre.