Tata Steel Masters 2021


Quel bilan après le ronde 8 et avant la dernière ligne droite qui commencera demain  :

Personnellement, je retiendrais qu’aux âmes bien nées, le talent n’attend pas le nombre des années !

Alireza Firouzja, 1er au classement provisoire, a 17 ans (elo 2749 et 18ème joueur mondial, avec une performance de 2861)

Et c’est un jeune de 18 ans qui a fait chuter Magnus Carlsen (champion du monde en titre, premier joueur mondial avec 2862 elo) : Andrey Esipenko, âgé de 19 ans (elo 2677 et 60ème joueur mondial, avec une performance de 2854).

Et Maxime ? Ce n’est pas le tournoi dans lequel il va briller, à moins de finir avec un sans faute. 10ème sur 14, contre-performance, soucis dans les sorties d’ouverture…

 

   

 

MVL pas au top niveau.


Ouhlala… notre numéro 5 mondial n’a pas encore gagné la moindre partie dans le tournoi de Wijk aan Zee ! Heureusement que Tari, probablement pas rassuré malgré tout devant sa position pourtant légèrement en sa faveur, lui a proposé une nulle dans la 6ème partie jouée hier ! Reste qu’aujourd’hui, c’est du lourd : Fabiano Caruana.

 

Vachier-Lagrave, Maxime vs Anton Guijarro, David


C’est dans le tournoi de Wijk aan Zee (c’est tout de même plus poétique que le Tata Steel Masters), et la quatrième ronde s’est soldée par une nulle dans toutes les parties.

A titre d’exemple, j’ai jeté un rapide coup d’œil sur la partie de Maxime contre Anton. 2784 contre 2679. L’analyse sur Lichess a montré pour les deux : 0 imprécision, 0 erreur, 0 gaffe. La perte moyenne a été de 0.055 pions chacun pour cette partie. L’avantage maximum concédé par le joueur espagnol a été de 0.8 points, et 0.5 points par MVL.

Waouh !

En gros, le graphe de l’analyse ressemble à ça :

Alors que quand je joue avec un adversaire de mon niveau :

 

 

Tactique, toujours et encore.


Trois éléments entrent en compte dans la tactique : reconnaissance des schémas tactiques (les briques), le calcul et la visualisation (le ciment). Toutefois au cours d’un partie, il n’est pas rare de rater une attraction suivie d’une fourchette imparable. Que faire ?

Pistes pour travailler les schémas tactiques :

  • Exercices simples avec les schémas de base.
  • Sur ces positions de base, pas plus de 30-60 secondes par problème, arrêter au bout de 15-20 minutes ou quand vous butez sur 3-4 problèmes à la suite.
  • S’arrêter sur les raisons pour lesquelles vous n’avez pas résolu l’exercice : processus de réflexion, mauvaise considération des pièces sur l’échiquier, mauvais calcul au bout de 2 coups… etc
  • Continuer jour après jour (et sur plusieurs mois pourquoi pas), jusqu’à ce que vous puissiez passer moins de 15 secondes en moyenne par exercice.

Pistes pour travailler le calcul et la visualisation :

  • Utiliser les exercices tactiques d’un livre ou d’un site d’échecs.
  • Travailler 2 fois par semaine, 30-60 mn par session.
  • Repérer et calculer les coups forcés avant de proposer votre solution
  • Comprendre pourquoi on a échoué.
  • Éventuellement, écrire les variantes lors de la réflexion, et s’en affranchir progressivement.

La proportion de ces deux modes d’entrainement est à moduler selon vos faiblesses. Il est probable qu’un joueur débutant tirera profit de n’utiliser que la première méthode, pour petit à petit améliorer son calcul pur avec la deuxième méthode.  A chacun de trouver le bon équilibre.

 

Et après ?

 

Plus le niveau des joueurs augmente, moins ces joueurs sont sujets à perdre des pièces « bêtement » ou sur un coup tactique. Les considérations stratégiques prévalent sur leur plan de jeu et la tactique est le support de leurs idées. La tactique est autant une arme offensive (punir l’adversaire !) que défensive (restreindre les mouvements de l’adversaire). Bien évidemment l’entrainement passe par la résolution d’exercices tactiques, régulièrement et en plus ou moins grands nombres.

Le soucis de ces exercices est qu’ils se concentrent essentiellement sur l’aspect offensif (gain d’une pièce ou mat) alors que ces situations ne surviennent qu’assez rarement, et souvent sur la faute de l’adversaire. Et enfin : dans ces exercices, nous en connaissons déjà l’issue, alors que dans la vraie vie, le gain ou le mat ne nous est pas indiqué du tout !

Il faut donc savoir appliquer dans les parties ce qui est appris de façon théorique.

  1. Posséder un livre qui montre les bases (fourchettes, clouage, suppression du défenseur, mat(s), suppression du défenseur, etc.)
  2. Résoudre des exercices sur chesstempo, chess.com ou Lichess en y passant le temps nécessaire (ne pas céder au mirages du blitz !)
  3. Jouer des parties « lentes ». Les blitz sont assez utiles pour travailler les ouvertures, mais c’est tout. La tactique défensive survient rarement dans les premiers coups de la variante : il faut donc du temps pour les calculer.
  4. Commenter vos coups avec vos mots à vous (à voix haute, comme si vous deviez les expliquer à un GMI !)
  5. Comprendre pourquoi la solution n’a pas été trouvée, et créer un recueils de ces positions qui vous ont posé un problème.
  6. Jouer en solitaire des parties commentées : se mettre à la place du joueur (Kasparov, par exemple) deviner son coup, le comparer au votre et voir ainsi comment il arrive à exploiter les faiblesses de l’adversaire ou à déjouer ses armes tactiques.
  7. Même si jouer contre un ordinateur a ses limites, lutter contre un fort programme afin de détecter vis faiblesses (régler l’ouverture sur vos ouvertures habituelles, si vous en avez)

synthèse de deux articles de Bryan Castro sur le site Better Chess Training.

Tentez son article sur chessable : « Improve your tactics and become a beast at the chessboard.« 

 

Il est vrai qu’une accumulation de problèmes tactiques ne donnera probablement pas les résultats espérés. De la Maza y consacrait la plupart de ses journées, et Tikkannen avait déjà un niveau très enviable lui permettant de tirer un profit différent de celui acquis par un joueur plus modeste. La résistance et l’endurance sont deux piliers d’un entrainement sportif, mais ne suffisent pas toujours. Jouer à l’instinct grâce à la mémorisation de « patterns » donne un avantage au joueur qui a cette aptitude. Être capable d’obtenir un gain grâce à coup apparemment anodin aboutissant sur une tactique inattendue est également une arme redoutable. Bryan nous indique bien de pratiquer ces résolutions d’exercices suivant deux méthodes différentes (reconnaissance visuelle vs calcul), avec la troisième étape consistant à reprendre les parties commentée des grand maitres. J’y rajouterai peut-être les exercices de parties en aveugle, les exercices des carrés concentriques (de la Maza), et les outils de Fritz (sur une position : repérer des pièces non défendues, des pièces en prise, ou des pièces pouvant poser un échec). Écrire les variantes permet certainement d’ordonner son esprit et expliquer les coups à haute voix est quelque chose que j’ai déjà lu quelque part (Dan Heisman ?) Le choix du site est une affaire personnelle. Lichess permet d’avoir accès à une analyse et d’archiver facilement la position difficile par un simple copier/coller. Toutefois certains problèmes sont difficiles à comprendre car le gain ne semble pas immédiat et mériterait une explication stratégique.

 

https://c.pxhere.com/photos/c1/6c/chess_rook_thinking_game_board_leisure-562293.jpg!d

 

 

 

Tata Steel Chess 2021


Un des gros tournois de l’année, mais surtout le premier en face à face (Other The Board). Autrefois connu tout simplement sous le nom du tournoi de Wijk aan Zee, là haut dans le nord. Prévu initialement pour les employés du groupe industriel Tata Steel (il y a 83 ans), et puis progressivement, il est devenu un des tournois du circuit. MVL y participe, c’est le moment de vérifier si ses prétentions dans le tournoi (interrompu) des candidats est justifié. On en est actuellement à la 3eme ronde et c’est suivi (en direct lors des rondes) sur chess24.

 

 

 

 

Améliorez votre puissance de calcul aux échecs


En cherchant sur Google avec « calculation » « chess » « improving », je suis tombé sur un document du GMI Davorin Kuljasevic qui nous donne quelques conseils pour progresser.

PROPHYLAXIE

Le première étape, incontournable, est de deviner les intentions de l’adversaire : « Qu’est-ce que mon adversaire jouerait s’il pouvait rejouer ? » Cela montre parfois des intentions simples, parfois des combinaisons de quelques coups. Ces coups ne sont pas nécessairement dangereux en soi, ou peuvent être contrés facilement. Mais parfois la situation est plus compliquée avec un risque de plusieurs menaces après un seul coup. Parfois les intentions sont plus complexes et nous ne sommes pas en mesure de les anticiper facilement. Malgré tout, prendre conscience des intentions de l’adversaire est réellement la clé. Il est facile de s’y entrainer lors de la résolution de problèmes tactiques.

ECHEC-CAPTURE-MENACE

Ensuite il faut chercher en priorité les coups qui donnent une variante forcée : échec, capture, menace. Beaucoup de parties se décident après ce type de coup.

Pourquoi envisager un échec en premier ? C’est le seul coup qui laisse le moins de choix de réponses à l’adversaire. Il n’y a pas toujours la possibilité de placer un échec, mais il faut en permanence scanner l’échiquier pour cette option. N’oubliez pas que si un échec ne fonctionne pas (= ne sert à rien), il est intéressant de le mettre de coté pour éventuellement s’en resservir quelques coups plus tard.

Attention : envisager la sainte trilogie échec-capture-menace est simplement l’ordre dans lequel il faut aborder les coups dans la réflexion, cela ne juge en rien de leur puissance. Les exercices tactiques sont souvent résolus par la « force brute » : suite de coups successifs ne laissant que peu de chances à l’adversaire.

Bien sûr, il n’y a pas toujours de suite forcée, mais il est nécessaire, à chaque coup de l’adversaire d’évaluer la position pour l’envisager. « A chaque coup » est important : il y a souvent peu d’opportunités dans une  partie d’obtenir un avantage et il serait dommage de le rater pour ne pas avoir analysé une position qui semblait « calme ». Le calcul est délicat lorsqu’il s’agit de faire un sacrifice, mais procéder ainsi impose votre volonté à l’adversaire. Se méfier des coups réflexes (si la dame est menacée, on a rapidement tendance à la soustraire à cette menace, sans envisager d’autres solutions). Le temps est un facteur limitant dans ce processus, mais encore une fois, il serait dommage de ne pas réfléchir ainsi, car parfois le bon coup est un échec, une capture, ou une menace. Ces priorités sont à considérer autant pour vous que pour votre adversaire : cela permet au  moins de voir un coup intermédiaire dévastateur.

COUPS CANDIDATS

Il est possible de tomber sur le bon coup avec ce protocole, mais pas toujours. Soit il n’existe pas de tels coups, soit ils ne sont pas aussi efficaces que ce à quoi on pourrait s’attendre. Il faut alors trouver un coup « non-forçant » qui améliore notre position ou qui s’oppose globalement aux projets de l’adversaire.

Quatre procédés :

  • Logique : une simple réflexion permet de résoudre le problème.
  • Amélioration d’une variante : coup qui n’est pas apparu immédiatement lors de la réflexion mais qui s’impose pendant celle-ci.
  • Comparaison de coups candidats : comme son nom l’indique ! Évaluation des avantages et des inconvénient de chaque coup candidat.
  • Élimination de coups candidats : certains coups semblent bons, mais nettement inférieurs à d’autres.

Il y a aussi les positions critiques dans lesquelles un seul coup est jouable (en général pour ne pas dégrader une position à mon avis !)

Reste à choisir le bon coup candidat : ce ne sera pas le meilleur coup, certes, mais il ne faut pas perdre de temps à trouver le meilleur.

Il est aussi nécessaire d’envisager des coups contre-intuitifs : coups inattendus, ressource cachée, coup tranquille, retrait.

Ces coups n’apparaissent pas spontanément, d’autant plus qu’ils sont souvent à la base de coups tactiques (dans lesquels on commence par chercher avec échec-capture-menace !)

Mais ils ne sont pas à négliger, car même un bon joueur en face de vous n’y pensent pas et se trouve ainsi pris au dépourvu.

LES RÉPONSES DE L’ADVERSAIRE

On résume : évaluation des intentions de l’adversaire, puis choix du coup candidat. Il n’y a plus qu’à envisager les réponses de l’adversaire. Il faut se méfier de plusieurs biais/imprécisions dans cette étape.

  • Le coup réflexe : celui qui marche en général, mais qui est effectué sans s’assurer de la réponse adverse.
  • La fainéantise /étourderie : souvent quand on a un avantage et qu’on s’imagine que, quoi qu’on fasse, la partie est gagnée.
  • Enfin se méfier des pions empoisonnés qu’on vous offre sur un plateau

Dans la recherche de la réponse de l’adversaire, il ne faudra pas passer à coté des coups inattendus, des échecs intermédiaires, des retraits/reculs. En tout cas ne surtout pas se dire : « il va donc obligatoirement jouer ainsi« . Le moindre relâchement, après avoir réussi à gagner un avantage substantiel, peut amener à la perte d’une partie sur un seul coup non calculé. Des erreurs de visualisation ne sont pas rares non plus. Il faudra porter une grande attention aux contre-attaques et aux coups intermédiaires (dont  les échecss intermédiaires) facilement négligés dans l’excitation du combat.

VISUALISATION

Donc :

  1. prophylaxie
  2. coup candidat
  3. réponse de l’adversaire

Mais un défaut de visualisation peut entrainer de gros dommages. La bonne nouvelle est que cette aptitude est perfectible.

Déplacement des pièces : on oublie pendant la réflexion qu’une pièce a été déplacée, ou capturée. On ne visualise pas qu’une colonne a été ouverte ou fermée, etc. Quand on a ce soucis, il est utile de reprendre la réflexion depuis la position de départ. Mieux vaut réfléchir 5 fois 1 minute sur une bonne position dans sa tête que 5 minutes sur une mauvaise !

Concentration de pièces : quand il y a une accumulation de pièces dans un secteur de l’échiquier. C’est probablement la situation la plus difficile à gérer, notamment quand des cavaliers sont impliqués. Il n’existe pas vraiment de moyen d’améliorer la visualisation dans ces conditions.

Longues variantes : longues (plus de 5 coups) et forcées. On les rencontre surtout en fin de parties (finales de pions) ou quand de nombreux échecs interviennent. L’amélioration de cette aptitude réside simplement dans la résolution d’exercices, sans déplacer les pièces.

Enfin, Davorin préconise la résolution de problème simples avec peu de pièces : on peut se concentrer sur l’élément tactique, et l’absence de pièces parasites permet de mieux visualiser la position.

Il faut également s’habituer à calculer, car cette tache est parfois difficile et nous amène éventuellement à l’arrêter avant son terme en raison de la complexité.

 

 

 

 

Poids lourd contre camionnette.


Daniel Mallais (dont je vous recommande la chaine Youtube), nous parle d’une partie entre Ivantchuk (blancs) et Sladek (noirs), l’un classé à plus de 2700 et l’autre dans les 2000. 700 points de différence, donc aucune chance de gagner pour Sladek, probablement bien content d’avoir tenu aussi longtemps contre ce champion.

Quand on regarde la partie, qui se conclue contre un coup tactique imparable, on s’aperçoit que Sladek est entièrement responsable de la conclusion rapide ! Non pas qu’il ait spécialement mal joué (malgré un ou deux coups qui ont aggravé sa position), mais son adversaire a su trouver les bons coups et a finalement étouffé sa proie à la manière d’un boa constrictor.

Regardez (téléchargez) la partie et arrêtez-vous sur quelques (mauvais) coups. Ce n’est pas moi qui le dit, mais Stockfish. Auriez-vous fait mieux contre Ivantchuk ?

Placez vous du côté des noirs et trouvez le coup après :

  • 17. Cxa1
  • 18. Cc2
  • 23. Cd5

Quelle est la suite logique après la (mauvaise) réponse 23. … Cf4 ?

Daniel nous montre ensuite une autre partie avec Svidler qui améliore sa position coup après coup. De la même manière que le partie précédente, le joueur classé dans les 2000-2100 prend du retard dans son développement, d’autant plus qu’il avait choisi la défens scandinave, probablement jouable entre joueurs du même niveau, mais qui donne malgré tout de sérieux désavantages face à Svidler, avec +600 à 700 elo !

 

 

 

2000 elo : bilan et perspectives


Nous y voilà : Une nouvelle année démarre dans des conditions que nous n’aurions pas imaginées en janvier 2020. Et depuis le 17 mars 2020 notre mode de vie a bien changé. J’espère que les quelques lecteurs de ce blog n’ont pas eu à (trop ?) souffrir de cette situation et que leurs proches se portent bien. Espérons aussi que nos gestes barrières, associés à la mise en place d’une vaccination digne de ce nom, puisse ralentir la propagation de ce virus pour mieux nous permettre de se retrouver devant un échiquier.

La fréquentation du site a doublé en un an ! Effet Queen’s Gambit probablement : j’ai également remarqué que les principaux sites commerciaux échiquéens sont dévalisés avec beaucoup de ruptures sur leur matériel !

Sur ce blog, les trois articles les plus lus en 2020 (pas forcement les meilleurs, mais l’indexation et le référencement Google sont ainsi faits que cela doit influencer ce résultat) :

  1. Adapter son travail à son elo
  2. Conseils à un joueur d’échecs adulte
  3. Comment réfléchir aux échecs

Si l’essentiel du lectorat vient de France, les USA sont à part égale avec la Belgique quant à la fréquentation ! Surprenant, non ? Et loin derrière : nos amis Québecois.

A noter que « Les échecs sans peine » est référencé sur un site : Path to chess Mastery.

L’adhésion à quelques groupes Facebook dédiés aux échecs montre que beaucoup de jeunes joueurs se lancent dans l’aventure des échecs sans trop de repères. Pensons à ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un club à proximité, ou ceux qui ne bénéficient pas d’une connexion internet performante. Ou qui ont bien du mal à se procurer du matériel et des partenaires.

Nos clubs, qui dépendent du Ministère des Sports, ne peuvent pas ouvrir. Il est vrai que rester face à face, même avec un masque, pendant quelques heures, en manipulant des pièces potentiellement contaminées, n’est pas une situation rassurante. Tout comme prendre le métro tous les jours aux heures de pointe…

Reste à notre disposition le jeu en ligne avec ses avantages et ses inconvénients. A chacun ses gouts, mais j’avoue avoir un peu de mal à y prendre un certain plaisir.

Profitons donc de ce « temps libre » pour mettre en place un programme d’étude : systématiser les automatismes des processus de réflexion dans des parties d’entrainement, pratiquer des exercices tactiques quotidiens, se plonger dans le dernier livre à la mode, ou développer ses connaissances sur son ouvertures préférée (ou redoutée).

J’avoue : le titre, avec le 2000 elo, est racoleur ! Désolé si je n’apporte pas de solution miracle pour atteindre ce niveau que je ne connaitrais jamais.

Joyeux Noël !


Pour le plaisirs des yeux, le cadeau qu’on aimerait peut-être trouver au pied du sapin !

Ajouter du positif, et soustraire du négatif


Toujours dans « The guide for chess improvment » Dan nous donne ces conseils.

Nos efforts pour s’améliorer doivent s’équilibrer entre :

  • La théorie (l’apprentissage dans des livres) et la pratique (surtout des parties lentes)
  • Ajouter du positif (reconnaitre des schémas tactiques par exemple) et soustraire du négatif (identifier et corriger ses erreurs, surtout celles qui se répètent)

Une mauvaise proportion de tout ça dans l’apprentissage aboutit un jour ou l’autre à un blocage.

On ajoute du positif : nouveaux principes, un nouveau schéma (ouverture, mat, finale…), lire un livre de parties commentées, mieux gérer son temps, améliorer son processus de réflexion.

On retire du négatif : corriger la valeur de base des pièces (1-3-5-10 utile pour un débutant uniquement), améliorer son processus de réflexion afin d’exploiter au mieux le temps disponible à la pendule,

La plupart des vidéos et des lives se contentent d’apporter du positif (théorie)

Attention, quand il s’agit d’apporter du positif, il s’agit surtout de le faire sur des choses utiles que vous risquez de rencontrer. Donc oubliez dans un premier temps la variante au 12eme coup de votre ouverture préférée et remettez à plus tard la maitrise du mat avec un fou et un cavalier !

Il est difficile de soustraire le négatif par soi-même. Au mieux, les erreurs d’ouverture sont perfectibles après chaque partie. Mais une mauvaise gestion du temps ou un processus de réflexion inadapté est plus compliqué à corriger sans l’aide d’un tiers (autre joueur, coach).

La plupart des blocages au progrès sont liés à des erreurs qu’on n’arrive pas à corriger. Au moins 75 % des erreurs sont dues au fait qu’on n’applique pas des concepts déjà appris. Le problème est que nous sommes peu objectifs lorsqu’il s’agit de se corriger soi-même.

On peut perdre une partie sans avoir fait de grossières erreurs, toutefois un joueurs expérimenté gagne souvent grâce aux fautes commises par un joueurs plus faible. Et avec deux joueurs à petit niveau, c’est finalement celui qui fait le plus d’erreurs qui perd. Bref, jouer contre un partenaire plus fort permet de voir ce qui ne va pas (soit avec votre analyse, soit avec les conseils de cet adversaire). Le fait de joueur contre quelqu’un qui se trompe  plus que vous, est que cela vous conforte dans votre façon de jouer, sans mettre en avant vos failles.

Profitez de vos tournois pour exploiter les connaissances des joueurs qui vous ont battu !

La plupart des erreurs (à corriger) sont parmi les suivantes :

  • mauvaise gestion du temps
  • mauvais processus de réflexion
  • ignorance des grand principes
  • se tromper dans les échanges par ignorance de la valeur des pièces
  • failles psychologiques (confiance en soi, manque de persévérance)
  • lacunes dans la visualisation
  • mauvaise évaluation d’une position

Attention ! Identifier ses erreurs ne signifie pas qu’il va être facile de les corriger. Et cela peut même soulever d’autres problèmes.

Notre temps est compté, il faut donc bien répartir son travail sur les points les plus sensibles.

Et avant de poursuivre cet apprentissage, prendre conscience des étapes à franchir avant d’aborder les autres.

Merci Dan. Et pour reprendre un peu Jonathan Rowson (Chess for Zebras), quoi apprendre n’est pas difficile (savoir). Mais le mettre en pratique (faire)…